La répression interne de Nkurunziza, un suicide…

Le rouleau compresseur du Président sortant Pierre Nkurunziza est en marche pour écraser les membres de sa galaxie qui s’opposent au troisième mandat. L’ancien sénateur Richard Nimbesha a ouvert le ban. Il avait ouvertement déclaré en premier que la candidature du président Nkurunziza serait une violation de la loi burundaise et celle des saintes écritures. Un conseil de guerre du parti s’est réuni, et cet élu de Bubanza a été chassé du parti de Nkurunziza.

Le mercredi 18 février 2015, un mercredi des cendres, un mercredi début du carême dans l’Eglise catholique, le président Pierre Nkurunziza a  frappé très fort par le limogeage du Général Major, Godefroid Niyombare, qui venait de passer juste un trimestre à la tête des services secrets burundais. « Pour préserver la paix et la stabilité », cet officier général avait conseillé au numéro un burundais de ne pas se présenter aux élections pour la troisième fois. Nkurunziza, va t-il aller jusqu’à dégrader cet officier, comme la radio trottoir le raconte?

Manifestement Nkurunziza ulcéré par l’opposition interne à son mandat est prêt à toutes les réactions-sanctions maladroites. Les troisièmes victimes sont les ambassadeurs accrédités à Kinshasa et à Bruxelles. A ce titre ces deux diplomates ont été rappelés avant la fin de leur mandat. Leur tort est de n’avoir pas défendu suffisamment le troisième mandat de son Excellence Monsieur le président à vie. De surplus ils seraient accusés de faire parti de la fronde. A  côté de son appartenance à la fronde, l’ambassadeur Moïse Pasteur Nzeyimanaun n’a pas pu sauver la face de son Excellence Adolphe Nshimirimana, envoyé spécial du président Pierre Nkurunziza, qui est parti à Kinshasa sans rendez-vous  du 12 au 20 janvier 2015. Pendant une semaine, aucune autorité congolaise n’a accepté de le recevoir. Il est rentré bredouille! l’ambassadeur Nzeyimana n’a pu faire des miracles! Certainement que Kinshasa, comme voisin, a surement vu la fumée de la maison Nkurunziza qui brûle.

Avec le limogeage de l’ambassadeur Félix Ndayisenga, Nkurunziza vient de publier au cœur de l’Europe la fracture et la fragilité de son pouvoir. Le chef de l’exécutif burundais vient de dire aux européens que la  question de son troisième mandat est non négociable. Pourtant Bujumbura qui attend des gestes financiers de Bruxelles n’avait pas intérêt à transmettre un tel message aux partenaires européens. Ces derniers ont probablement la même lecture que Niyombare Godefroid et ses amis.

Tout compte fait cette répression interne de Nkurunziza est tout simplement du harakiri. Un suicide qui peut enterrer définitivement le  parti des combattants de la liberté, le CNDD-FDD. Rappelons que même son porte-parole, Monsieur Léonidas Hatungimana est opposé à son mandat de tous les dangers.

Andy Nyandwi.

CITATION DU 26 FEVRIER 2015

 » Les institutions ne sont légitimes que si elles sont socialement utiles » Un prélat du Burkina Faso dans Jeune Afrique no. 2743