Pour contacter la galaxie de la milice du président Nkurunziza…: Démenti.

Dans nos publications antérieures relatives à la réunion de la milice Imbonerakure du 2 octobre 2014,le représentant de la Mairie de Bujumbura s’est présenté sous une fausse identité d’un honnête citoyen, membre de la coalition RANAC; il s’est fait passé pour Yengayenge Côme alors qu’il se nomme Bikorimana. Ce dernier est joignable au 79387513 ou 75387513.
Nous présentons nos excuses à Monsieur Côme Yengayenge.

LA REDACTION.

CITATION DU 31 MARS 2015

« Apprenez-lui, si vous pouvez, à rire quand il est triste…
Apprenez-lui qu’il n’est aucune honte à pleurer,
Apprenez-lui à se moquer des cyniques et à prendre garde devant une douceur excessive…
Apprenez-lui à vendre ses muscles et son cerveau au plus haut prix mais à ne jamais fixer un prix à son cœur et à son âme. » (Extrait de la lettre d’Abraham Lincoln au professeur de son fils)

Trafic de drogue, l’autre motif du troisième mandat de Nkurunziza.

Depuis 2005 jusqu’en 2014, le Service national de Renseignement Burundais et la Police des Frontières et des Etrangers avaient saisi une quantité impressionnante de cocaïne et de marijuana. Des sources digne de foi estiment cette quantité à quelques centaines de kilos de cocaïne et de marijuana. Tout ce butin était stocké au Service national des Renseignements.
Cependant au cours de la remise et reprise entre le Lieutenant-Générale Adolphe Nshimirimana et le Générale-Major Godefroid Niyombare, cette quantité de cocaïne n’apparaît nulle part. La drogue a été réexportée. Voilà pourquoi l’aéroport International de Bujumbura a la mauvaise renommée de plaque tournante du trafic de la drogue. Ce commerce étant effectué par certains hommes de la galaxie du Président Nkurunziza.
Tel est l’autre motif qui pousse le président sortant Pierre Nkurunziza à s’accrocher au troisième mandat: défendre et protéger ce butin du trafic de drogue. Voilà l’autre épine dans la botte du Président Nkurunziza, la protection du réseau de ce trafic. Ne soyons pas étonnés qu’il reste sourd aux multiples demandes du monde entier qui exigent son départ au 26 Août 2015. Ce trafic de drogue ligote le président sortant.

Caton Nyabenda

CITATION DU 30 MARS 2015

« L’ère des leaders charismatiques et des sauveurs est révolue…Ce dont nous avons besoin, ce sont des lois et des institutions pérennes, et non d’un « remake » de tant d’échecs cuisants ». Mohamed Moncef Marzouki, ancien Président Tunisien

Les autorites burundaises viennent de refuser a Onesime Nduwimana de prendre le vol Bujumbura-Bruxelles dans l’avion de SN Bruxelles.

Ce Dimanche 29 Mars 2015 les autorités burundaises viennent de refuser a Onesime Nduwimana, l’ancien porte-parole du parti présidentiel, de prendre le vol Bujumbura-Bruxelles dans l’avion de SN Bruxelles. Son passeport diplomatique a été confisqué.
Ce matin 30 Mars il subit un interrogatoire dans les bureaux du Service National de renseignement. Manifestement le rouleau compresseur contre la fronde interne au CNDD-FDD est en marche.
Andy Nyandwi.

CITATION DU 28 MARS 2015

« Il aura à apprendre, je sais, que les hommes ne sont pas tous justes, ne sont pas tous sincères. Mais enseignez-lui aussi que pour chaque canaille il y a un héros, que pour chaque politicien égoïste il y a un dirigeant dévoué…Enseignez-lui que pour chaque ennemi il y a un ami » (Extrait de la lettre d’Abraham Lincoln au professeur de son fils)

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Lettre d’alerte au SG des Nations Unies

A Monsieur le Secrétaire Générale des Nations Unies
A NEW YORK.

Avec Copie aux membres du conseil de Sécurité.

Bruxelles, le 27 mars 2015.

Object : Alerte pour prévenir
un bain de sang au Burundi.

Monsieur le Secrétaire Générale,

Au nom de la coordination à l’étranger de l’Alliance des Démocrates pour le Changement au Burundi, j’ai l’honneur de m’adresser à votre haute autorité afin de vous faire part d’une préparation des massacres à grande échelle en cours au Burundi.
En effet depuis que de nombreuses voix exhortent le président sortant, son Excellence Pierre Nkurunziza à abandonner son projet de rempiler pour un troisième mandat, certains de ses proches collaborateurs ont pris l’option de préparer une répression dans le sang de toute voix discordante. C’est ainsi que des armes sont en train d’être distribuées à la milice Imbonerakure à travers tout le pays par de hauts responsables politiques et militaires. Une rébellion composée de cette milice est en train d’être mise en place notamment dans le sud du pays par le Lieutenant générale Adolphe Nshimirimana, bras droit du chef de l’Etat. Dans cette perspective de répression, les responsables politiques de la majorité présidentielle ou les militaires et policiers opposés à ce troisième mandat sont en train d’être limogés ou dépouillés des unités qui assuraient jusque-là leur sécurité. Autant dire que c’est une campagne de purge et d’intimidation qui est en cours.
Dans cette campagne, le Chef d’Etat-Major Générale de l’armée, le Générale-Major Prime Niyongabo a réuni les 21 et 23 février 2015 certains commandants d’unité et de régions militaires autour du sujet de soutenir mordicus le troisième mandat du président sortant. A ce titre il devait recommander à ces sous ordres de tirer sur tous les manifestants qui descendront dans la rue pour protester contre ce troisième mandat. De son côté, le Lieutenant-Générale, Adolphe Nshimirimana, chargé de mission du Président de la République, devait déclarer le 7 Mars 2015 devant une foule de miliciens Imbonerakure que : « De gré ou de force le président Nkurunziza sera candidat. Qu’il n’y a pas un autre homme qui a les compétences de diriger le Burundi pour le moment». Il devait ajouter que «… c’est impossible qu’il ne soit pas candidat. A moins que nous soyons tous morts !».
Monsieur le Secrétaire Générale,
Cette campagne de distribution d’armes et cette promesse d’un bain de sang des deux officiers généraux de l’armée est en train de se faire dans un Burundi où les institutions sont déstructurées à la suite d’une fronde interne à la majorité présidentielle. A ce propos le chef de l’Etat, de plus en plus isolé ou minorisé par cette fronde qui ne cesse de grandir et présente dans toutes les institutions, peine à assurer la cohésion de toutes les institutions. Les institutions de la République, y compris le Gouvernement sont en débandade, tout le monde attend d’être limogé; l’administration territoriale, spécialement les gouverneurs de province qui font partie de la fronde sont démobilisés et terrorisés par les miliciens, comme ce fût le cas au chef-lieu de la province Bubanza ce mercredi 25 Mars 2015.
Dès lors en l’absence de cette cohésion des institutions, dans un pays qui sort à peine d’un conflit armé, et où la milice Imbonerakure est érigée en une force de déstabilisation, les nouveaux responsables du pays vont être ces miliciens sans foi ni loi. Ces miliciens devenus puissants, ayant pour mission de défendre mordicus le troisième mandat du Président de la République sortant, ils vont écraser dans le sang de nombreux burundais qui refusent ce troisième mandat. Et plus le rendez-vous électoral approche plus la confrontation est perceptible.
Monsieur le Secrétaire Générale,
La menace des massacres de la grande majorité de burundais qui refusent ce mandat du président sortant est plus que réelle. Les préparatifs vont bon train et à une allure inquiétante. Pour ce faire, je supplie votre auguste institution, bouclier de la paix et de la stabilité, de prendre toutes les mesures urgentes qui s’imposent afin d’arrêter les massacres de burundais qui profilent à l’horizon. La peur de cette horreur tenaille mes compatriotes.
Monsieur le Secrétaire Générale,
Pour arrêter cet holocauste, vous devriez prendre, entre autres, des sanctions contre les responsables politiques, militaires et policiers impliqués dans ce plan macabre. En outre un embargo sur les armes devrait être imposé à l’actuel gouvernement burundais. De surplus la mission de la Représentation des Nations Unies au Burundi devrait être redéfinie. De ce fait le démantèlement de cette milice Imbonerakure et ainsi que le désarmement de la population civile devraient rentrer dans les attributions et les priorités du Bureau des Nations Unies au Burundi. De la même manière cette mission des nations devrait avoir le droit d’imposer un dialogue entre les acteurs politiques autour de la problématique des élections inclusives, apaisées, crédibles et démocratiques au Burundi.
Dans l’espoir d’une suite prompte et favorable à cette alerte, je vous prie d’agréer, Monsieur le Secrétaire Générale, l’expression de ma haute considération.

Pour l’ADC-IKIBIRI à l’étranger,
Pancrace CIMPAYE,
Coordinateur.

CITATION DU 26 MARS 2015

« Un pessimiste voit la difficulté dans chaque opportunité, un optimiste voit l’opportunité dans chaque difficulté » Winston Churchill

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Le Président Pierre Nkurunziza au coeur de l’armement de la milice Imbonerakure.

Au lendemain de la découverte des agissements du Lieutenant général Nshimirimana Adolphe au sud du Burundi, où il est en train de mettre en place une rébellion, Mpore Burundi a décidé de republier l’article du 19 novembre 2014 qui met à nu l’implication du président Nkurunziza dans ce plan:
« Le 19 avril 2014 le Président de la République, Monsieur Pierre Nkurunziza rencontrait à Ngozi tous les représentants de la milice Imbonerakure à travers tout le pays. Une onde de stupeur a traversé tout le pays. La question à la quelle même son porte parole n’a pas pu répondre convenablement était de savoir comment le commandant suprême des forces de défense et de sécurité burundaise pouvait oser réunir une milice au grand jour. A ceux qui doutaient encore de la teneur du message délivré ce jour-là, sachez que  la mission de déstabiliser les élections(avant ,pendant et après) par les armes suit son cours.

C’est ainsi qu’en date du 25 septembre 2014, une distribution des armes a été effectuée au palais présidentiel. Ce jour-là, des représentants des dix sept provinces du Burundi se sont succèdés de 11 heures à 16 heures. Les hommes qui supervisaient la distribution étaient:

1. Le Général de Brigade Juvénal Niyungeko alias Kiroho

2. Le ministre de la Sécurité Publique

3. Kazungu de la Documentation

4. Victor Burikukiye, Vice-Président du parti présidentiel.

Voici la quantité des armes distribuées par province: Bujumbura Rural (1004 fusils); Mwaro (401 fusils); Bubanza (315 fusils); Cibitoke (287 fusils); Kayanza (500 fusils); Ngozi (1500 fusils); Kirundo (300);  Makamba (350); Rutana (300); Ruyigi (306); Cankuzo (159); Muyinga (202); Gitega (220); Muramvya (200); Bururi (306); Karusi (296); Mairie de Bujumbura (1608).

Le jeudi 2 octobre 2014, le Président de la République Monsieur Pierre Nkurunziza  a tenu une réunion d’évaluation de la distribution de ces armes à son palais. Il réunissait tous les représentants provinciaux, responsables de cette distribution. Il les a chaleureusement remerciés du travail accompli et a promis une récompense conséquente. A ce titre chaque représentant provincial devra bénéficier de 10 millions de francs burundais pendant que chaque milicien armé aura un salaire mensuel de 100 milles francs burundais. Signalons à toutes fins utiles que l’enveloppe prévue pour toute cette opération est de 192 millions de francs burundais.

En tout état de cause, la communauté internationale devrait convaincre à temps le Président Nkurunziza d’abandonner ce projet macabre de verser le sang des innocents pour garder le pouvoir. En effet au regards du mouvement de plus en plus inquiétant de cette milice à travers le pays et en mairie de Bujumbura, la situation risque de cheminer vers une implosion. Et pour cause la population sans défense commence à exécuter certains de ces miliciens. Une telle confrontation ne présage rien de bon! Dès lors une mise en garde contre Nkurunziza s’impose  dans les meilleurs délais! »

(Sé) Pancrace CIMPAYE.

CITATION DU 25 MARS 2015

 » Pour enchaîner les peuples, on commence par les endormir » Jean-Paul Marat

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Pour contacter la galaxie de la milice du président Nkurunziza…

Adolphe Nshimirimana, le chargé de mission du Président Nkurunziza, redevenu en réalité le véritable patron des services secrets burundais est en train de mettre en place une rébellion au Sud du Burundi. Ces agissements rapportés par la Radio Publique Africaine et confirmés par la population locale de Makamba rentrent dans un plan mis en place,depuis l’année passée, par le Président Nkurunziza et son club pour imposer son troisième mandat.
Pour rappel le 25 septembre 2014 de 11h à 16 heures, une distribution des armes a été effectuée au palais présidentiel. Le 2 octobre 2014 de 11h à 13 heures 30 minutes, le chef de l’Etat Nkurunziza Pierre en personne, a réuni certains représentants provinciaux de la milice pour évaluer l’état de l’opération de distribution des armes. Voici la liste de ces relais qui assistaient à la réunion et leurs numéros de téléphone:
1. Bubanza: Nitunga Aster (tél. 77734142);
2. Bujumbura-Rural: Ciza Philippe ( tél.79889782);
3. Bururi: Budunugu Gédéon (Il a refusé de donner son numéro);
4. Cankuzo: Havyarimana Juvénal (tél.77793383);
5. Cibitoke: Tubirabe Ruben (tél.79457175);
6. Gitega: Sindayihebura Sylvestre (tél.79935504 ou 78288829);
7. Karusi: Bavakure Domitien (tél.77757463);
8. Kayanza: Ndikumana Vianney (tél.77758652 ou 79989311);
9. Kirundo: Macumi Daniel (tél.79848683);
10. Makamba: Nibayubahe François (tél.79777955 ou 79360412);
11. Muramvya: Mbazumutima Laurent (tél. 79338252);
12. Muyinga: Misago Blaise-Pascal (tél. 79831072 ou 79360412);
13. Mwaro: Nduwayo Longin (tél. 79 311979);
14. Ngozi: Hiboneye Dieudonné (tél.79928184);
15. Rutana: Habonimana Nestor (tél.79483322);
16. Ruyigi: Hatungimana Pontien (tél.77712515);
17. Mairie de Bujumbura: Yengayenge Côme (tél.77746066).
Il sied de préciser que ce jour-là cinq numéros téléphoniques fixes ont été donnés à ces relais provinciaux. Il s’agissait des contacts de la cellule d’appuie située à la présidence de la république joignable au 22212947/ 22242178/ 22250818 et la cellule chargée de l’armement joignable au 22224921 ou au 22244820.
En tout état de cause le président Pierre Nkurunziza s’est préparé depuis longtemps à mener la guerre contre tout homme qui s’opposera à sa reconduction. Le monde ne devrait pas prendre à la légère la menace d’un bain de sang que Nshimirimana Adolphe a annoncé le 7 mars devant un parterre de jeunes Imbonerakura. Persoone ne dira qu’il n’était pas au courant de l’apocalypse.

Caton Nyabenda.

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Que cherche Nkurunziza chez le leader Alexis Sinduhije?

Ce samedi 21 mars 2015 une délégation du Président Nkurunziza composée par deux députés, Nzigamasabo alias Gihahe et Révérien de Makamba s’est rendu en Uganda pour rencontrer le leader du MSD, Monsieur Alexis Sinduhije. Malheureusement suite à un calendrier surchargé d’Alexis Sinduhije, il n’a pas pu rencontrer ces envoyés du Président Nkurunziza.
Cependant Alexis Sinduhije cherchant à savoir la raison de ce déplacement, il a joint au téléphone le député Révérien. A travers cet entretien téléphonique l’élu de Makamba a expliqué que Nkurunziza voudrait une organisation des élections apaisées et voudrait en discuter avec le leader du MSD. En outre, devait-il ajouter, au terme de cette discussion, le MSD serait autorisé à faire partie de l’ADC-IKIBIRI!
Répondant à cette préoccupation des élections apaisées et crédibles, le leader du MSD a donné les huit conditions qui doivent être remplies pour que ce processus soit crédible:
1. La libération des prisonniers politiques;
2. Le retour de tous les hommes politiques en exil;
3. La constitution du fichier électoral;
4. La mise en place d’une nouvelle CENI consensuelle;
5. La remise des partis politiques à leur leader légitime;
6. Les libertés politiques, d’association et de réunion garanties à tout le monde;
7. Le démantèlement de la milice Imbonerakure;
8. Renoncer au troisième mandat du président sortant.
Ce qu’il faut retenir de ce contact est que le président Nkurunziza cherche un allié politique fort de l’opposition. Cet allié temporaire, comme ce fut le cas de l’UPRONA en 2010, l’aiderait à traversé l’entrave de son troisième mandat contesté. Pour cette besogne Nkurunziza a identifié le MSD, le parti le plus fort de l’opposition. Il cherche donc à l’isoler. C’est la deuxième information qu’il faut garder, un choix qui explique la raison pour la quelle le Ministre Nduwimana Edouard refuse d’enregistrer le MSD au sein de la coalition ADC-IKIBIRI. Pourtant Nduwimana Edouard sait qu’il n’a pas les prérogatives de choisir quel parti doit s’allier avec tel autre. Nkurunziza croit à tort que cet isolement du MSD est une carte pour exercer la pression mais cela risque d’être une entrave à sa démarche.
De la même manière la descente de la police au domicile d’Alexis Sinduhije, dans la commune de Kinindo, ce lundi 23 mars 2015, soit deux jours après cette tentative de rencontre de Kampala, dévoile le véritable visage du président Nkurunziza. En effet au terme de cette perquisition la police a laissé aux sentinelles ce message: » Muramubwira ko ataco twatoye. Uti ariko turazi ko ari hafi » ( dites à Alexis Sinduhije que nous n’avons rien trouvé de compromettant. Mais nous savons qu’il n’est pas loin d’ ici).
Avec cette descente de la police à la résidence d’Alexis Sinduhije, Nkurunziza aurait appris que ses délégués sont allés rencontrer Alexis Sinduhije à Kampala au moment où il se trouvait à Bujumbura. Alors la question qui se pose est celle de savoir si Nkurunziza veut négocier avec Sinduhije Alexis ou l’arrêter. Quelle ambivalence! Quel paradoxe! Déboussolé par la fronde , il ne sait plus où donner de la tête.

Pancrace CIMPAYE.

CITATION DU 24 MARS 2015

« Nous gagnons notre vie avec ce que nous recevons, mais nous lui donnons un sens avec ce que nous donnons » Winston Churchill

Bob-Rugurika

Une incarcération finissant dans l’apothéose

« Chers Jeunes, vous devez démontrer que le peuple Africain est un peuple majeur. Cela va nous coûter la vie peut être, mais nous sommes là pour prendre les risques. Nous sommes là pour oser et vous êtes là pour continuer la lutte coûte que coûte ».
Thomas SANKARA.

Trente jours de détention abusive ne passent pas inaperçus dans la vie d’un être humain. Ma profession de journaliste m’amène souvent à combattre la morgue des puissants au prix d’indicibles tribulations. Le dossier brûlant des trois sœurs italiennes trucidées à Kamenge a remué les tripes du pouvoir en place. Triple assassinat ignoble ! Summum de la sauvagerie !

Ces victimes sont : Sœur Lucia Pulici (75 ans), Sœur Olga Raschietti (83 ans) et Sœur Bernadette Boggia (79 ans).

La Radio Publique Africaine, sous ma direction, ne pouvait pas rester inerte face à ces crimes ignominieux. M’embastiller irrégulièrement devenait pour mes bourreaux l’unique façon de dire : « Motus et bouche cousue ! »

Les personnalités impliquées n’auraient pas dû m’expédier en prison. Il fallait étaler au grand jour les preuves irréfutables de leur innocence. Et les porter à la connaissance de l’opinion publique. Pour démontrer le caractère mensonger des enquêtes menées par la Radio Publique Africaine via son Directeur. Sorte de contre-enquête. Chose qui n’a jamais été faite jusqu’ici.

Voilà pourquoi beaucoup sont enclins à croire que les personnes pointées du doigt par notre médium ont les mains sales dans cette affaire. Du reste, ce triple assassinat n’est pas leur première exécration. Des faits antérieurs suffiraient largement pour preuve de mon assertion. J’y reviendrai.

Je devenais alors une cible à abattre pour mes détracteurs. Afin de m’enterrer et enterrer ce dossier faisant couler des flots d’encre et de salive.

C’était sans compter sur la bravoure d’un peuple las d’un système violant outrageusement les droits humains.

Remerciements tous azimuts

Qu’il me soit permis d’exprimer ma profonde gratitude à toutes les personnes ayant dit non catégoriquement et véhémentement à ma détention. Depuis mon arrestation jusqu’à ma libération, elles m’ont apporté soutien et réconfort en empruntant moult procédés.

La voix des ondes a été pour elles leur principal cheval de bataille. Tout un chacun s’est exprimé : du burundais le plus connu jusqu’au citoyen lambda.

Mention très bien aux diplomates accrédités à Bujumbura et aux autres excellences venues me voir à la Prison Centrale de Muramvya. Leur apport a raffermi mes convictions liées à la défense des sans voix. La quintessence de leurs conseils sagement prodigués reste gravée pour de bon dans mon for intérieur. Quel patrimoine moral et intellectuel !

Le Nonce Apostolique m’a oint par des prières d’une richesse inestimable. Dois-je le ressasser, toutes les provinces du pays tirées vers le haut par la contrée de Muramvya ont manifesté leur indignation. Des étrangers ont effectué des pérégrinations vers mon lieu de détention pour me ragaillardir.

Les associations féminines et actives dans la défense des droits humains étaient tout le temps à mes côtés. Idem pour les associations des jeunes qui ne m’ont jamais lâché.

La communauté estudiantine de l’Université Lumière du Burundi (Campus Kinindo) m’a envoyé une lettre pleine de motivation dans un style poétique et pathétique. Histoire de revigorer mon moral. Afin que je reste dans de bonnes dispositions psychologiques. Quelle missive réconfortante !

Au sein du Gouvernement burundais figurent des personnes empreintes de justice. Elles se sont battues à leur manière pour obtenir ma libération.

Certains membres du Parlement burundais ont manifesté leur désarroi et plaidé pour ma cause.

Des membres du parti au pouvoir (CNDD-FDD) ont dénoncé le caractère injuste de ma détention. Et ont donc pris fait et cause pour la personne de Rugurika. Je leur en sais infiniment gré.

L’appareil judiciaire burundais comporte certaines femmes et certains hommes intègres. Le saviez-vous ? Ils se sont inscrits en faux contre mon emprisonnement qualifié d’abject, illégal et abusif. Hommage vibrant à ces patriotes que la patrie n’a pas l’habitude de chanter.

Toutes ces personnes susmentionnées ne m’ont pas laissé sombrer dans les ténèbres de l’oubli. Grâce à elles, je suis arrivé au bout de mes peines.

Panégyrique à l’endroit de la presse burundaise et de la société civile

Le style dithyrambique suffit-il pour porter au pinacle la presse et la société civile ? Quelle détermination ! Quel dynamisme ! Voilà un duo qui a volé la vedette aux fossoyeurs de la justice en mobilisant toute la population burundaise. Pour crier haro sur les injustices criantes et autres bourdes graves commises par les « seigneurs » de la haute cour.

Le noyau qui avait décidé mon arrestation balbutiait des arguments construits sur du sable mouvant pour justifier ma détention. Mais sans convaincre une population terrassée par une kyrielle d’évènements malheureux : crimes de sang et crimes économiques dans une atmosphère très délétère. Qui va nous sortir de cette cangue ?

Les professionnels des médias et les acteurs de la société civile m’ont indéfectiblement soutenu. Des marches manifestations dans ce qu’ils ont appelé « mardi vert » illustraient de fort belle manière ce soutien.

Mardi de chaque semaine était consacré auxdites manifestations pour réclamer ma libération. Même sous une pluie battante, mardi vert a eu lieu ! Jamais la presse et la société civile n’ont capitulé. Combat âprement mené tous les jours. Beaucoup d’émissions radiodiffusées avaient pour but de réclamer à cor et à cri ma mise en liberté. Stratégies médiatiques menées de main de maître par une presse dont le patriotisme et le professionnalisme ne sont plus à démontrer.

Travaillant en symbiose, la presse et la société civile s’organisaient pour que ma famille puisse me ravitailler en vivres tous les jours.

« Sacrifice, ô toi seul peut-être es la vertu ! » disait Alfred de Vigny. Rabâchons-le, les sacrifices faits pour moi méritent une attention particulière. Imaginez les dépenses onéreuses en carburant pour se rendre tous les jours à Muramvya.

Les Organisations des Professionnels des Médias (OPM) et la Société Civile (SC) ne cessaient de dépêcher des gens qui se relayaient nuit et jour pour subvenir à mes besoins. Ce qui, bien entendu, apportait un sacré coup de main à ma famille. Quel esprit d’entraide !

Touché au plus profond de moi-même, une gêne m’habitait en constatant que j’étais le prisonnier le plus dispendieux. Mes compagnons de bagne ne bénéficiaient pas du même soutien moral et financier. Solidarité oblige, nous partagions tout ce que je recevais dans une ambiance débordante d’enthousiasme. La nuit, avant les repas et avant de dormir, nous nous réunissions autour de la prière avec mon ami Edouard MISAGO (alias FUNDI), un membre influent du FNL aile d’Agathon RWASA qui croupit en prison pour avoir refusé d’adhérer aux propositions d’un général tout puissant au Pays de MWEZI GISABO. Jamais ces images ne me quitteront.

Reconnaissance aussi vis-à-vis des personnes ayant eu recours aux réseaux sociaux (twitter, facebook, etc) pour plaider en ma faveur. Des plaidoiries capables d’émouvoir les âmes les plus dures.

La voix de la presse résonnait sur les cinq continents.

Une manipulation vaine autour de mon arrestation

Des sbires du régime en place ont voulu abuser l’opinion nationale et internationale. La prégnance de leurs déclarations n’avait aucune pertinence. Une armature flasque basée sur le mensonge et la calomnie. Le bât blesse quand c’est un ‘’confrère’’ qui a poussé l’effronterie jusqu’à publier des articles fulminants visant à me couvrir d’opprobre. Et à taxer de « monstrueux » les résultats de mes enquêtes sur la mort des trois sœurs italiennes. A l’image d’un blog animé par un quidam proche de la famille présidentielle. Objectif poursuivi : défendre les personnes impliquées dans ce dossier. Histoire de voler à leur secours. Quelle misère !!!

A ma grande déception, j’ai appris par la voix des ondes qu’un parmi les présumés assassins est venu afficher son orgueil tout près du portail de la Radio Publique Africaine. Comme pour dire : « Votre Directeur Bob Rugurika croupit en prison alors que nous (lui et ses congénères) sommes en liberté ! » Il s’agit de Guillaume Harushimana. Quelle provocation !

Il a exhibé un cercueil devant ledit portail pour montrer à la face de l’opinion que la Radio Publique Africaine cherche à le liquider. La voix des sans voix taxée de meurtrière par un parmi ses bourreaux. Histoire de persifler davantage les travailleurs de notre station. On aura tout vu dans ce pays !

Pour les familles de ces illustres disparues et toutes les personnes qui leur sont chères, c’était une façon d’enfoncer le clou en remuant le couteau dans la plaie ! Décidément ! Le loup se fait volontiers passer pour l’agneau, faisant du même coup passer l’agneau pour le loup.

Certaines personnalités œuvrant dans les ONG locales ont voulu entrer dans la danse pour tromper les diplomates vivant à Bujumbura.

Fort heureusement, toutes ces tentatives ont été battues en brèche par le professionnalisme ayant guidé la RPA dans ses investigations. Et le rôle oh combien important joué par les activistes de la société civile et les professionnels des médias. Comme quoi la vérité finit toujours par triompher.

La société civile occidentale mobilisée pour la cause burundaise

Des ONG internationales ont tout fait pour obtenir ma libération. Leur champ d’action reposait sur un foisonnement d’articles et de rapports visant à décrier la dérive totalitaire observée lors de mon arrestation.

Je me garde de dévoiler les stratégies utilisées ainsi que la mobilisation faite pour que je sorte de prison. Cela ferait l’objet d’un très long chapitre car lesdites stratégies sont nombreuses et variées.

Le monde est devenu un village planétaire. Américains, européens, asiatiques et africains ont plaidé pour moi. Jamais je n’oublierai cet engagement salutaire venu de l’extérieur.

Sous les verrous et dans mon subconscient, je les voyais suer sang et eau en courant de manière effrénée pour obtenir ma libération.

Les grands de ce monde parvenaient à lire lesdits rapports et articles grâce à ces ONG internationales. Des rapports tirant à boulets rouges sur mes détracteurs devenus tristement célèbres pour leurs nombreux impairs.

Tous ces faits et gestes sont louables à plus d’un titre. Et j’en suis fortement pénétré.

Attention à la désapprobation internationale

La communauté internationale via certaines institutions a clairement montré sa position : « Libérez Bob Rugurika immédiatement et sans conditions ! » Et de renchérir : « Sa détention relève de l’arbitraire politique et bafoue la liberté d’expression à la veille des élections » Et de conclure : « Impossible de tenir des élections apaisées, libres et démocratiques dans un contexte aussi nocif »

Une certitude : la communauté internationale ne porte pas un regard débonnaire sur les problèmes qui nous assaillent. Au contraire, il s’agit d’un regard sévère et ponctué d’une extrême vigilance. Peut-il en être autrement ? Les crimes de sang ont atteint des dimensions paroxysmiques. Un degré de barbarie qui bat tous les records. Les personnes citées par la Radio Publique Africaine dans le triple assassinat des trois religieuses italiennes se retrouvent pour la plupart dans les ignominies ci-dessous.

Des cas qui rempliraient un roman de série noire. Signalons les massacres d’une trentaine de personnes en 2006 à Muyinga et retrouvées dans la rivière Ruvubu. L’assassinat odieux en 2009 de l’ancien Vice-président de l’Observatoire de Lutte contre les Malversations Economiques (OLUCOME) en la personne d’Ernest Manirumva. Les massacres de Gatumba en 2011 où 40 personnes furent tuées. Entre 2011 et 2013, les Nations Unies ont relevé 163 cas d’exécutions extrajudiciaires. Deux parmi ces cas avaient trait à des religieux provenant d’Italie et de Croatie. Et lynchés à Kiremba en 2011. Tout récemment, le triple assassinat à Kamenge des trois religieuses italiennes n’a pas fini de défrayer les chroniqueurs nationaux et internationaux. Affaire ayant fait écrouer votre serviteur.

Les gouvernements américain, français, britannique, belge et allemand ont exprimé leur cinglante désapprobation par rapport à ma détention. C’est dans ce sens que leurs ambassadeurs accrédités ici et d’autres personnalités venues de l’extérieur se sont rendus à Muramvya pour me dire : « On ne te laissera pas moisir en prison »

Le Parlement Européen a pris la résolution de demander ma libération au Gouvernement de la République du Burundi. Ce qui, de toute évidence, ne pouvait pas laisser indifférents mes bourreaux vu la portée de ce message. La coopération entre l’Europe et le Burundi risquait d’être mise à mal si mes détracteurs avaient dressé le mur de l’entêtement.

Loin de moi l’idée de m’octroyer des valeurs mirifiques. Pas de vantardise ! Tant s’en faut ! Mais j’ai saisi la portée de ce message. Il met en avant la protection des femmes et hommes des médias ainsi que les activistes de la société civile. Ce sont les garants de la démocratie. Nos dirigeants ont du mal à le comprendre. Pourquoi ?

Les auteurs de mon incarcération avaient juré de me maintenir en détention. Mais la désapprobation internationale leur a donné du fil à retordre. Et les a amenés à revenir à la raison. Tant mieux ! Il n’est jamais trop tard pour bien faire. Et bravo aux magistrats qui ont dit le Droit sans états d’âme.

Ainsi, le Burundi venait d’éviter la réprobation internationale. Cette dernière l’aurait davantage enfoncé dans le creux de la vague.

La nuit la plus longue de ma vie

La matinée du mercredi 18 février 2015 a suscité beaucoup d’allégresse dans l’opinion nationale et internationale. Le Directeur de la RPA venait d’être libéré provisoirement par la Cour d’Appel.

Ma libération sous caution (15.000.000 francs bu) a été saluée par toutes les personnes qui m’avaient soutenu. Extrême jubilation. Et ça se comprend. Leur lutte n’a pas accouché d’une souris. Des messages de félicitation fusèrent de partout. Et arrivèrent par saccades à Muramvya.

Hélas et trois fois hélas, je n’étais pas autorisé à sortir de prison juste après ce jugement. Des interrogations voire des inquiétudes m’envahissaient. Qui pouvait remettre en cause la décision prise par la Cour d’Appel ? D’où venait cette force maléfique ?

Jusqu’à 19 heures, j’étais sous les verrous. Trente minutes après, un séisme aux dimensions incommensurables s’abattit sur moi lorsque je vis une cohorte de policiers entrer dans les enceintes de la prison. Pour me sortir de prison la nuit ! Pourquoi avoir attendu la nuit pour me libérer ? J’y voyais, avec raison, un plan macabre d’élimination physique. Des images lugubres défilèrent dans mon esprit. Je devenais la nième victime d’un noyau connu pour ses exécutions extrajudiciaires. Que fallait-il faire ?

Le Président de l’OLUCOME Gabriel Rufyiri, ma consœur Agnès et une parenté durent interpeller la Radio Publique Africaine. Pour crier au scandale. Le journaliste Gilbert Niyonkuru de ladite Radio m’interrogea pour s’enquérir de la situation. En direct sur les antennes de la Radio la plus écoutée du Burundi, je fis vivre ma peur au monde entier.

A gorge déployée, j’ai demandé à tous les citoyens de dire non à ce plan ourdi par une poignée d’individus. Mes bourreaux, je les connais. Ils se comptent sur les doigts d’une main. Mais ont une influence démesurée dans les sphères du pouvoir. Toutes les conspirations visant à m’éliminer sont l’œuvre de cette clique.
Leurs tentatives ont, jusqu’ici, échoué. Grâce à qui ? Au Bon Dieu qui me protège comme un père le fait pour son enfant. Il n’est pas superflu de le mentionner.

Ma foi en Dieu m’a permis d’escalader des montagnes dont les versants sont abrupts. L’altitude épuisante. Mais ça, c’est une autre histoire ! J’y reviendrai dans les prochains jours.

Alertée, la population de Muramvya décida de venir en masse et s’agglutiner autour de la prison. Sorte de pression pour que mes détracteurs renoncent à leur sinistre projet. J’ai appris que des patriotes venant de Bujumbura et autres provinces du pays se sont rendus à Muramvya durant cette nuit de triste mémoire. Quelle mobilisation ! A la guerre comme à la guerre !

Notons au passage que tous les policiers ne sont pas pernicieux. En prison, j’ai échangé avec des policiers imbibés d’un patriotisme sans pareil. Et farouchement opposés à toute sorte de violation des droits humains. « Nous sommes victimes d’un mauvais système ! » m’ont-ils affirmé. Et de renchérir : « Quelques individus en mal de gloire facile jettent le discrédit sur l’ensemble de notre institution. Votre cas, Monsieur Rugurika, heurte la conscience de tous les policiers épris de paix et de justice. Croyez-moi, ils pullulent dans tout le pays. »

La pression interne et externe devenait énorme. La tension était vive et perceptible sur les visages des policiers chargés de faire la sale besogne. Eux-mêmes paraissaient débordés d’affliction. Comme pour dire : « Nous n’y sommes pour rien. Et exécutons les ordres venant d’en haut ! » Atmosphère irrespirable !

D’ordinaire, je n’ai pas la couardise dans mes veines. Mais là, franchement, une frousse bleue m’a flanqué. Vive l’opinion nationale et internationale qui s’est levée comme un seul homme pour ne pas que je sois enlevé cette nuit-là.

Acculés et dépassés par les évènements, mes tortionnaires décidèrent de me laisser passer la nuit en prison. Quitte à être libéré le lendemain matin.

Connaissant la méchanceté légendaire de mes bourreaux, je n’ai pas fermé l’œil toute la nuit. Un autre coup fourré n’était pas à exclure. Une nuit blanche sur fond de peur irrépressible.

Mention spéciale à Yvette Murekasabe venue de la RPA Ngozi pour relater les faits saillants survenus au cours de cette nuit morose. Bravo pour ce travail remarquable.

Une libération accueillie en grande pompe

Le lendemain matin, j’entendis des chants venant des prisonniers. En substance, ces chansons contenaient des messages d’espoir et demandaient que Bob Rugurika soit libéré pour être le porte-parole des laissés-pour-compte. Quelle scène attendrissante ! J’avais presque les larmes aux yeux.

Un policier devenu mon ami à Muramvya vint me dire qu’une foule nombreuse est venue assister à ma libération. Des gens venant des quatre coins du pays étaient là. Sans parler des ressortissants de Muramvya qui, autour de la prison, avaient passé la nuit à la belle étoile. Pour contrecarrer toute tentative visant à m’occire. Jamais je n’oublierai cet engagement salutaire prouvant une fois de plus la maturité du peuple burundais.

J’ai quitté la prison de Muramvya sous une clameur généralisée. C’était un jeudi matin du 19 février 2015. Date ayant coïncidé avec le 4ème anniversaire de mon mariage. Imaginez-vous !

Le trajet reliant Muramvya et Bujumbura était truffé d’individus joviaux qui laissaient éclater leur joie.

Certaines radios ayant combattu pour ma libération retransmettaient en direct toutes les péripéties liées à ma libération. Cris de bonheur et chants parnassiens ont agrémenté notre voyage pour descendre sur Bujumbura.

Liesse indescriptible d’une population libérée depuis le chef-lieu de Muramvya jusqu’à Bujumbura en passant par Bugarama, Mubimbi, Mageyo et Kwa Muswahili. Foule immense tout le long de cet itinéraire. Jamais je n’avais vu un tel déferlement de la population pour saluer la libération d’un journaliste. En réalité, la portée de ce message va au-delà de ces images.

A Kamenge, les routes étaient remplies d’individus qui chantaient et dansaient. Bujumbura vibrait dans une extase débordante et collective. Nous fûmes accueillis comme des héros venant de libérer tout un peuple. Notre cortège avançait sous un tonnerre d’acclamations et d’applaudissements frénétiques.

Des personnes venues nombreuses étaient massées autour de la Radio Publique Africaine. Et chantaient à tue-tête les bienfaits de notre radio avant d’entonner l’hymne national du Burundi. Incroyable mais vrai ! Des chansons d’un charme fou à la gloire de notre station. « La libératrice de tout un peuple ! » pouvait-on entendre à travers lesdites chansons.

Je devais, coûte que coûte, me rendre à l’antenne. Et prendre le micro pour saluer la vaillance et la bravoure du peuple burundais. Qui a refusé de cautionner les turpitudes d’une poignée de personnes.

Emu, je l’étais, ça se sentait à travers ma voix. Cette dernière laissait transparaître mon courroux vis-à-vis des dirigeants qui se prennent pour des potentats. En instrumentalisant la justice pour en faire ce qu’ils veulent.

Certaines personnes me reprochent d’avoir été trop virulent dans mes propos. Qu’elles ne m’en tiennent pas rigueur, je venais d’échapper à la mort.

Une heure après, mes « névroses » avaient complètement disparu. Le soutien massif autour de moi m’avait rasséréné. Le moral était à son beau fixe.

Le peuple : Force herculéenne et rempart de toutes les nations

L’hallali a sonné. Le peuple a envahi les rues avec une détermination plus forte que la tyrannie de la clique nuisible. Et se sentait libéré au même titre que moi. Qui pouvait empêcher les foules de descendre dans les rues ce jour-là ? Personne. Nul ne peut aller à l’encontre d’un tel raz-de-marée.

Sous d’autres cieux, c’est du déjà vu, du déjà vécu. Notre chère patrie fera-t-elle exception ? Ma réponse tombe comme un couperet : non !!!

La journée du 19 février 2015 est un signal fort à l’adresse du pouvoir en place. Le ras-le-bol de la population se sent comme le hareng sent le poisson.

Ces mobilisations populaires ont des messages particuliers :

– Stop aux nombreuses dérives totalitaires maintes fois décriées par la presse, la société civile et la communauté internationale. Trop c’est trop !!!

– Stop aux gabegies plusieurs fois observées. Elles donnent du Burundi l’image piteuse d’un Etat voyou indigne de figurer sur la liste des pays modernes et civilisés.

Stop au vol éhonté des deniers publics. Ils maintiennent la population dans une précarité sans nom.

Séparons le bon grain de l’ivraie et agissons en conséquence

Je suis de ceux qui rejettent la globalisation et l’amalgame. Le pouvoir en place compte certaines personnalités responsables, probes et compétentes.

Au sein des Forces de Défense et de Sécurité, figurent des femmes et des hommes soucieux de la sécurité et la stabilité de ce pays. Ils font honneur à la patrie en se distinguant dans les différentes missions de maintien de la paix à travers le monde. Rien qu’en pensant à ces patriotes, je me sens fier d’être burundais.

Parmi nos dirigeants, pullulent d’anciens exilés. Et qui jurent de ne plus prendre la poudre d’escampette. D’autres ont vu leurs compagnons de lutte périr sur le champ de bataille. Ils claironnaient à tout bout de champ que le but de leur lutte était de transformer le Burundi en un havre de paix. Une nation paisible, heureuse, prospère et libérée des avatars vécus dans le passé. « Finies les frustrations et les injustices d’antan » martelaient-ils d’un ton acéré.

Que constatons-nous aujourd’hui ? Les crimes de sang et les crimes économiques ont pris une ampleur démesurée et inégalée. La paupérisation gagne du terrain au grand dam des petites gens abandonnées à leur triste sort. Le coût de la vie est exorbitant. Il s’agit d’une gestion à tous égards désastreuse. Est-ce le Burundi radieux et promis dans les discours des ex rebelles aujourd’hui au pouvoir ? Quelle démagogie !

Des individus en infériorité numérique par rapport aux vrais patriotes enfoncent le Burundi dans un précipice. Face à cette dérive, allons-nous assister béats en retenant notre révolte ? Une poignée d’individus macabres peut-elle nous narguer éternellement ?

Beaucoup s’en offusquent mais ne réagissent pas ! Passivité inacceptable ! Et ont le toupet de dire : « Nous sommes ligotés par une clique ayant fait main basse sur toutes les institutions : Gouvernement, Parlement, Parti au pouvoir, Magistrature » Est-ce raisonnable ? Non à cette attitude pusillanime !

Non à ces brebis galeuses qui font du Burundi leur propriété privée ! Sinon, nous serons tous coupables de non-assistance à peuple en danger ! Il faut réagir très vite car il y a péril en la demeure !

Les récentes manifestations observées lors de ma libération sont des signes qui ne trompent pas. Les signes des temps dirais-je. Finis les propos lénifiants visant à tromper la vigilance du peuple. Celui-ci n’acceptera plus qu’une oligarchie, d’où qu’elle vienne, le prenne en otage. Pardi ! Et vous serez mes témoins.

Vers qui regarder ?

Pour finir, identifions-nous aux parangons de vertu ayant servi la patrie avec honneur et altruisme. Parmi eux, figure l’octogénaire Valentin Bankumuhari, féal compagnon de lutte du Prince Louis Rwagasore.

Pétitionnaire du Burundi à la Tribune des Nations Unies en 1962, il a dit ceci : « La formule du progrès, c’est la justice sous toutes ses formes »

Faisons nôtre cette devise venant d’un patriote hors du commun.

Bob Rugurika

Les frondeurs du CNDD-FDD de plus en plus forts.

Serions-nous entrain de progresser vers la naissance d’un camp de frondeurs du CNDD-FDD plus forts que le camp du chef de l’Etat Nkurunziza? Telle est la question qui est sur toutes les lèvres cet après midi à l’annonce de la lettre que 17 hauts cadres du parti présidentiel ont adressé au numéro un burundais. Cette lettre signée entres autres par Messieurs Onésime Nduwimana, porte parole du CNDD-FDD, Hatungimana Léonidas, porte parole du président Nkurunziza, Evariste Nsabiyumva, ancien porte parole du parti et ancien président du groupe parlementaire CNDD-FDD, Moïse Bucumi, député et ancien ministre , demande au président sortant de ne pas rempiler pour un troisième mandat.

Les signataires de la lettre soulignent la tension qui tourne autour de ce troisième mandat. En outre ils font part au chef de l’Etat que les opposés à ce mandat qui violerait l’esprit de l’Accord d’Arusha risque d’utiliser ce prétexte pour replonger le pays dans les affres des troubles; cette situation endeuillerait le pays et replongerait le Burundi dans une misère sans nom.Ils terminent leur correspondance en demandant au Président sortant  d’organiser un congrès légal qui élirait un autre candidat, un candidat élu par une grande majorité de congressistes et capable drainer beaucoup de burundais pendant les élections.

A ce propos le président Nkurunziza serait tenter d’organiser un simulacre de congrès où on exigerait aux congressistes préalablement, maison par maison ,une signature de reconnaissance de la candidature de Nkurunziza. Autant dire que cette lettre ne fléchira pas la position du président Nkurunziza; car le message livré hier à  Rumonge, par son allié et fidèle parmi les fidèle, Joseph Ntakarutimana est sans équivoque: le président Nkurunziza briguera un troisième mandat! Le limogeage du général-major Niyombare Godefroid et du porte parole Onésime Nduwimana rentre dans cette dynamique de briser les reins des ennemis du troisième mandat de Nkurunziza. Mais curieusement plus les jours passent , plus le camp de cette fronde contre ce mandat de tous les dangers se renforce. Et Nkurunziza perd les pédales  et sévit l’opposition interne par des limogeages irréfléchis et contreproductifs. Il aurait tenter de renvoyer son deuxième vice-président, Monsieur Gervais Rufyikiri qui fait partis de cette fronde qui se renforce. Est-ce cette taille de la fronde qui pousse Nkurunziza à faire les yeux doux au  leader du MSD?

Pancrace CIMPAYE.