CITATION DU 11 AVRIL 2015

« Si nous sommes maîtres des mots que nous n’avons pas prononcés, nous devenons esclaves de ceux que nous avons laissé échapper » (Winston Churchill)

Les élus Gélase Ndabirabe, Victor Burikukiye,Juvénal et les généraux Prime Niyongabo et Adolphe Nshimirimana ont tenu des propos d’appel à la haine politico-ethnique qu’ils regretteront toute leur vie!

Déstabilisation de la RPA: qui sont les acteurs?

Ce matin 10 Avril 2015, dans l’émission prisée des auditeurs de la RPA,  » KABIZI », le directeur de la radio, Monsieur Bob Rugurika, donnait les détails d’un plan de déstabilisation de cette radio la plus écoutée au Burundi.

Mais qui sont derrière cette déstabilisation? L’équipe qui planche sur ce plan est dirigée par les plus proches collaborateurs du chef de l’Etat Pierre Nkurunziza. Ainsi, ce Lundi 6 Avril 2015, dans le café Bel-Air, du Ministre de la Sécurité Publique Gabriel Nizigama,  situé à Carama, se sont réunis, de 15 h à 19 h30 min:

1. Gabriel Nizigama, Ministre de la Sécurité Publique;

2. Le Générale-Major Prime Niyongabo, Chef d’Etat-Major Générale de l’Armée;

3. Le Général de Brigade Ntakarutimana Etienne alias Steve, Administrateur Générale du Service Nationale de Renseignement;

4. Le Commissaire de police Gervais Ndirakobuca alias Ndakugarika, Chef de cabinet du Président Nkurunziza chargé de la Police;

5. Le Général de Brigade Miburo Emmanuel, Chef de Cabinet militaire du Président Nkurunziza;

6. Le Commissaire de police Bizimana Godefroid, Directeur générale-Adjoint de la police.

L’ordre du jour de la réunion comportait entre autres le plan d’assassiner le Directeur de la RPA et la fermeture de la radio. Au regard des personnalités qui participaient à cette réunion, il est inutile de préciser que le Président de la République est au courant de ce plan macabre. La déstabilisation de la radio RPA est donc une affaire d’Etat, mijotée au plus haut sommet de la République.

( Affaire à suivre)

(Sé) Pancrace CIMPAYE

 

CITATION DU 10 AVRIL 2015

« La démocratisation de l’Afrique  n’est donc pas un mirage, mais elle demeure fragile. Est-elle appelée à se consolider? Ou est-elle au contraire menacée de terribles retours en arrière? Les prochains grands tests auront notamment lieu au Burundi, au Bénin, au Congo-Brazaville,au Rwanda et en RD Congo. Les temps changent, les mentalités aussi. Pour les démocrates africains, la leçon d’Abuja constitue un formidable appel d’air. » Marwane Ben Yahmed, dans Jeune Afrique no.2830 du 5 au 11 Avril 2015

Gélase NDABIRABE: Contradiction=Trahison= Décapitation!

La coupe est pleine!La messe est dite! Passez-moi l’expression pour mieux définir le sens de  la déclaration du Sénateur Gélase Ndabirabe de ce 8 Avril 2015. Ce nouveau porte-parole du parti présidentiel affirmait sans ambages que les frondeurs du CNDD-FDD méritent la décapitation. Pour lui, le geste d’écrire au Chef de l’Etat pour lui demander de renoncer au troisième mandat est une haute trahison comparable à un commandant en guerre qui livre ses hommes à l’ennemi.

Cette déclaration fait froid au dos! On a la chair de poule quand on réalise qu’au parti présidentiel, la contradiction n’est pas un exercice démocratique mais une trahison. De ce fait cette déclaration de Gélase Ndabirabe précise deux faits:

1. La tête des frondeurs est mis à prix. Ils peuvent être exécutés à tout moment.Voilà pourquoi on leur a retiré la garde qui assurait leur protection;

2. L’opposition et la société civile, comme le déclarait le député de Bubanza, Juvénal, sont des ennemis à abattre. A ce niveau il devient aisé de comprendre pourquoi le camp présidentiel a toujours refusé la liberté d’expression,de réunion et d’association à l’opposition,à la société civile et à la presse. Il supporte mal la contradiction. Le pluralisme d’idées est une infraction.

En tout état de cause, le monde entier doit comprendre qu’il est grand temps qu’un Président de la République, car Gélase Ndabirabe est son envoyé spéciale, qui a une telle intolérance ne saurait plus aspirer à diriger le Burundi. Même si la loi le lui autorisait, cette déclaration de Ndabirabe disqualifie ipso facto son mentor, Pierre Nkurunziza. Monsieur le Président les Burundais ne peuvent plus accepter cette équation: CONTRADICTION= TRAHISON=DECAPITATION. Dans un pays démocratique, CONTRADICTION=RICHESSE.

 

(Sé) Pancrace CIMPAYE.

 

CITATION DU 9 AVRIL 2015

« …Mais là où les gueux et des gens affamés de richesses personnelles viennent aux affaires publiques, persuadés que c’est là qu’ils doivent faire leur main, il n’y a pas de bon gouvernement possible; car ils se battent pour commander et cette guerre domestique et intestine les perd, eux et tout l’Etat » (Socrate cité par  Joseph Ntamahungiro dans « Burundi: appel à exorciser notre mémoire collective », 8 Novembre 2006).

CITATION DU 8 AVRIL 2015

« L’élément capital pour une société civile, c’est qu’il y ait un Etat de droit. Sans lui on ne peut pas construire un pays qui réussit. Mais l’Etat de droit ne se limite pas à une  constitution et à de jolies lois: il faut aussi que la justice soit indépendante. »  Mo Ibrahim

CITATION DU 7 AVRIL 2015

« L’Angleterre s’écroule dans l’ordre, et la France se relève dans le désordre » Winston Churchill

Pierre Nkurunziza,le Laurent Gbagbo burundais

Au moment où le peuple burundais s’apprêtait à vivre une phase importante dans le processus de démocratisation du pays, du fait que, dans l’histoire du Burundi, c’est pour la toute première fois qu’un président de la République élu démocratiquement parvient à achever ses deux mandats, voilà que tout risque de tomber à l’eau. Le Président Pierre Nkurunziza met tout en œuvre pour pouvoir briguer un nouveau mandat, en violation de la loi fondamentale du pays. Une bonne partie des citoyens se déclare déterminée à lui barrer la route mais la répression s’annonce sanglante. Qui sera responsable au premier chef des crimes qui se perpétreront ? Bien sûr que c’est Nkurunziza ! En Côte d’Ivoire, Laurent Gbagbo a voulu, comme le Président Nkurunziza, se maintenir au pouvoir contre le vœu des ivoiriens. La suite est connue. Pierre Nkurunziza devra subir le même sort s’il ne se ravise pas à temps.

Le troisième mandat, une tricherie préparée sournoisement

Depuis un certain temps, des indices évidents montrent que l’actuel Président burundais qui va bientôt boucler dix ans à la tête du Pays tient mordicus à être candidat à sa propre succession. Plusieurs éléments illustrent cet entêtement du chef de l’Exécutif burundais. Pour s’en convaincre, qu’il suffise d’écouter les déclarations du 11 mars 2015 du patron du parti CNDD-FDD au pouvoir, sur la BBC, au sujet des prétendus désidératas des bagumyabanga (membres du CNDD-FDD) de voir Nkurunziza se porter candidat aux prochaines élections.[1] Qu’il suffise également d’écouter le discours du vice-président du CNDD-FDD prononcé à Muyinga et qui précise que les opposants au troisième mandat de Nkurunziza sont des fauteurs de trouble.[2] Qu’il suffise en outre de considérer les menaces proférées par le Président Nkurunziza ou les mises en garde lancées par son Ministre de l’intérieur à l’endroit des leaders de l’opposition, de ceux de la Société civile et des media hostiles au fameux troisième mandat.[3] Qu’il suffise enfin de voir le sort malheureux réservé aux anciens proches du Président et aux membres du parti au pouvoir qui osent manifester leur opposition à la candidature de Nkurunziza aux élections présidentielles de juin 2015.[4]

La course effrénée pour un mandat susceptible d’occasionner un bain de sang au Burundi est déjà engagée. Ce que ignore « notre Leader bien aimé », c’est que le monde nous regarde et que le moment venu, la Procureure de la Cour pénale internationale pourra le poursuivre et le traduire devant cette juridiction internationale, lui et son club.

Un mandat inconstitutionnel et qui risque de coûter cher au Burundi

Pour rappel, après avoir échoué dans sa tentative de modifier la Constitution pour pouvoir briguer un troisième mandat à la tête de la République du Burundi[5], le Président Pierre Nkurunziza et son entourage ont surpris l’opinion tant nationale qu’internationale lorsqu’ils ont inventé un nouveau subterfuge. Celui-ci consistait à dire que la loi fondamentale, dans son état actuel, ne comporte aucune disposition capable d’entraver une éventuelle troisième candidature de Nkurunziza. L’argument mis en avant était chaque fois que l’article 96 de la Constitution, dans la mesure où il dispose que « le Président de la République est élu au suffrage universel direct pour un mandat de cinq ans renouvelable une fois », lui reconnaît cette possibilité. Les tenants de cette thèse se fondent sur le fait que, en 2005, Monsieur Nkurunziza n’avait pas été élu directement par le peuple mais bien par ses représentants au Parlement burundais. Ce faisant, ils occultent délibérément le fait que l’article 96 de la Constitution doit se lire en combinaison avec l’article 302 du même texte qui prévoit que « à titre exceptionnel, le premier Président de la République de la période post-transition [qui n’est autre que Pierre Nkurunziza] est élu par l’Assemblée Nationale et le Sénat élus réunis en Congrès, à la majorité des deux tiers des membres ».

 

En effet, le mandat du Président qui, aux termes de l’article 103 de la Constitution, « débute le jour de sa prestation de serment et prend fin à l’entrée en fonctions de son successeur », doit être distingué du mode de scrutin ayant conduit à la prise de fonctions. L’exception porte donc sur le mode d’élection et non sur le nombre de mandats. Par ailleurs, la question ne devrait pas poser de problème en ce sens que, lorsque la lecture d’une disposition législative prête à confusions – ce qui ne nous semble nullement le cas ici –, l’interprétation historique peut aider à dégager l’esprit de la loi. Dans le cas d’espèce, la Constitution de la République du Burundi est issue de l’Accord d’Arusha pour la paix et la réconciliation au Burundi du 28 août 2000. De cet accord, il résulte qu’aucun Président ne peut diriger le pays plus de dix ans consécutifs. De fait, l’article 7 du Protocole II de l’Accord, prévoit, au paragraphe 1 (a) que « la Constitution stipule qu’à l’exception de la toute première élection présidentielle, le Président de la République est élu au suffrage universel direct ». Il ajoute, au paragraphe 3, que « [le Président] est élu pour un mandat de cinq ans renouvelable une seule fois. Nul ne peut exercer plus de deux mandats présidentiels ». Il apparaît donc clairement que Nkurunziza n’a aucunement le droit de rempiler pour un nouveau mandat en 2015.

 

Pierre Nkurunziza en route vers La Haye

 

Le projet du Président Nkurunziza de briguer un troisième mandat contre vents et marées constitue inexorablement un prélude aux crimes de droit international et plus particulièrement aux crimes contre l’humanité tels que définis à l’article 7 du Statut de Rome. L’attitude de Nkurunziza et de ses amis politiques qui rejettent les conseils qui fusent de toute part rappelle la situation de la Côte d’Ivoire avant et après les élections présidentielles de 2010.

Le Président ivoirien de l’époque, Laurent Gbagbo, appuyé par son entourage immédiat dont le tristement célèbre « général de la rue », de son vrai nom Charles Blé Goudé, avait organisé une campagne de violences afin de conserver le pouvoir illégalement et contre la volonté de l’électeur. Le plan commun visant à maintenir Laurent Gbagbo à la Présidence de la République devait être exécuté « par tous les moyens, y compris en commettant les crimes » qui leur sont actuellement reprochés.[6] Le résultat a été plus de 3000 personnes tuées pendant ces violences postélectorales.[7] Gbagbo et sa clique pouvaient compter notamment sur le zèle des forces de sécurité loyales à l’ancien président[8] et des « Jeunes Patriotes », milice qui avait été entraînée et armée par le Gouvernement de Laurent Gbagbo.[9] Le rôle de l’ancien Ministre de la Jeunesse, en l’occurrence Charles Blé Goudé, très efficace dans la mobilisation des masses, a été très déterminant dans l’intensification des violences.[10] Aujourd’hui, Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé sont locataires du Quartier pénitentiaire de Scheveningen se trouvant à La Haye. Ils sont présumés, chacun en ce qui le concerne, responsables de crimes contre l’humanité, en vertu des articles 7 et 25-3 du Statut de la Cour pénale internationale.[11]

Pierre Nkurunziza sait pertinemment qu’il achèvera sous peu ses deux mandats constitutionnels et que, du coup, il n’a pas le droit de se porter candidat aux élections présidentiels prochaines.[12] Néanmoins, tout semble indiquer que, à l’instar de Laurent Gbagbo, le Président burundais a conçu un plan, conjointement avec son entourage immédiat, pour se maintenir au pouvoir. Dans cette entreprise périlleuse, il compte entre autres sur la détermination de son Ministre de l’intérieur, Monsieur Edouard Nduwimana, qui défend bec et ongles le mandat à la fois illégal et illégitime de son patron.

A l’initiative du Ministre, des manifestations dites « marches pour la paix », qui n’ont pourtant rien à voir avec le soutien à la paix, sont organisées à travers tout le pays, chaque dernier Samedi du mois, depuis le 28 février 2015.[13] Les discours de circonstance prononcés par les administratifs et les dirigeants du CNDD-FDD constituent un appel maquillé à la haine et à la vindicte populaire contre certaines personnalités des partis d’opposition, de la Société civile et les journalistes de certains média privés. Les leaders visés sont qualifiés par les responsables gouvernementaux et ceux du parti présidentiel d’ennemis de la paix dont l’objectif serait de prendre le pouvoir par la force. Le Président Nkurunziza leur promet une répression sévère. Il s’est exprimé ainsi à ce sujet : « tuzobirukako n’ibirenge bibashuhane » (en français, « nous les pourchasserons jusque dans leur denier retranchement »). La Jeunesse imbonerakure du CNDD-FDD et certains membres des corps de Police qui ne parviennent toujours pas à se soustraire de l’emprise du parti au pouvoir sont prêts à affronter les contestataires de ce mandat de tous les dangers. Comment ? Attendons voir mais ça sera certainement en provocant un bain de sang. C’est en quelque sorte ce que viennent d’annoncer les ex-rebelles des FDD réunis au sein de l’association des anciens combattants démobilisés.[14]

La situation est trop préoccupante si l’on sait que des armes ont été distribuées à des civils, que des jeunes ont subi des entraînements militaires et qu’ils attendraient le coup d’envoi pour semer la désolation dans le pays.[15] Alors, Monsieur Pierre Nkurunziza, faites attention, Madame Fatou Bensouda vous regarde ! Si la crise éclate dans le pays, vous et votre entourage immédiat serez les premiers à être interpellés par elle. A l’instar de Laurent Gbagbo et de Charles Blé Goudé, vous serez au moins poursuivis pour crimes contre l’humanité sur la base des articles 7 et 25-3 du Statut de Rome en vertu de la notion de « coaction » ou du « contrôle sur le crime ».

Scheveningen, encore évitable

Au sens de l’article 25-3 (f) du Statut de la CPI, « (…) la personne qui abandonne l’effort tendant à commettre le crime ou en empêche de quelque autre façon l’achèvement ne peut être punie en vertu du présent Statut pour sa tentative si elle a complètement et volontairement renoncé au dessein criminel ». Le principal texte régissant la Cour pénale internationale permet donc le désistement volontaire et il n’y a pas de poursuites dans ce cas.

Une sortie honorable de Nkurunziza de l’imbroglio actuel reste ainsi possible. Un certain nombre de décisions pourraient lui éviter de subir le même sort que son ancien homologue ivoirien. Entre autres actions urgentes qu’il devrait mener seraient :

  • Déclarer solennellement qu’il n’entend pas briguer un troisième mandat ;
  • Organiser une campagne accélérée de désarmement de la population civile et enquêter sur les allégations de distribution d’armes aux Imbonerakure ;
  • Arrêter les marches dites « pour la paix » et d’autres manœuvres en cours visant à semer la zizanie entre burundais;
  • Mettre fin à la persécution des opposants politiques, des leaders de la Société civile, des responsables des média et des frondeurs du partis au pouvoir opposés à son éventuel troisième mandat ;
  • Créer les conditions propices à la préparation des élections démocratiques, libres, transparentes, apaisées et inclusives.

 

En agissant de la sorte, Son Excellence Pierre Nkurunziza aura ramené la sérénité dans le pays et aura épargné son Peuple d’une terrible catastrophe. En conséquence, il n’ira pas à Scheveningen.

Par

 SENTORE Richard

Juriste burundais

Bruxelles-Belgique

[1] https://soundcloud.com/bbc-gahuza

[2] http://www.iwacu-burundi.org/marche-de-la-paix-ou-campagne-du-cndd-fdd/

[3] Voir notamment http://www.jeuneafrique.com/Article/DEPAFP20150215120736/ ; http://www.jeuneafrique.com/Article/ARTJAWEB20150220172655/

[4] Voir entre autres à ce sujet http://www.iwacu-burundi.org/cndd-fdd-lheure-des-purges-a-sonne/

[5] Voir à ce propos http://www.jeuneafrique.com/Article/ARTJAWEB20140321160144/burundi-cndd-fdd-constitution-burundaiseburundi-l-assemblee-nationale-retoque-le-projet-de-revision-constitutionnelle-de-nkurunziza.html

[6] CPI, Chambre préliminaire I, Le Procureur c. Laurent Gbagbo, ICC-02/11-01/11, Version publique expurgée, Décision relative à la confirmation des charges portées contre Laurent Gbagbo, 12 juin 2014, § 268 ;

CPI, Chambre préliminaire I, Le Procureur c. Charles Blé Goudé, ICC-02/11-02/11, Document public, Décision relative à la confirmation des charges portées contre Charles Blé Goudé, 11 décembre 2014, § 184

[7] http://www.lemonde.fr/afrique/article/2015/03/11/cote-d-ivoire-laurent-gbagbo-et-charles-ble-goude-seront-juges-ensemble-par-la-cpi_4591609_3212.html

[8] Rapport d’Amnesty International, mai 2011, p.37, disponible sur http://www.amnesty.ch/de/laender/afrika/elfenbeinkueste/dok/2011/kriegsverbrechen-durch-beide-konfliktparteien/der-bericht-abils-ont-regarde-sa-carte-d2019identite-et-l2019ont-abattu.bb-franzoesisch-84-s

[9] Idem, p.26

[10] Ibidem

[11] http://www.icc-cpi.int/fr_menus/icc/situations%20and%20cases/situations/icc0211/Pages/situation%20index.aspx

[12] https://www.youtube.com/watch?v=Xf2rEeOhpkk

[13] Voir http://www.isanganiro.org/spip.php?article8828

[14] http://www.rfi.fr/afrique/20150401-burundi-ex-rebelles-soutien-pierre-nkurunziza-menaces-constitution-election-preside/?aef_campaign_date=2015-04-01&aef_campaign_ref=partage_aef&dlvrit=1448817&ns_campaign=reseaux_sociaux&ns_linkname=editorial&ns_mchannel=social&ns_source=twitter

[15] Voir notamment http://www.rfi.fr/afrique/20150107-onu-denonce-le-silence-armee-burundaise-presence-rdc-imbonerakure-nkurunziza-kabila-onu/ ;

http://burundiintwari.com/?p=2281

CITATION DU 06 AVRIL 2015

« Je ne crois jamais une statistique à moins de l’avoir moi-même falsifiée » Winston churchill

B.Diarra, représentant spécial de l’UA au Burundi remercié

Coup de théâtre au Burundi. C’est une information RFI, le gouvernement burundais vient de demander dans la plus grande discrétion le rappel de l’ambassadeur Boubacar Diarra, représentant spécial de l’Union africaine pour le Burundi et pour la région des Grands Lacs, qui avait son siège à Bujumbura depuis fin 2012. La raison de ce divorce diplomatique : le pouvoir burundais reprocherait au diplomate africain de s’être aligné sur les pays occidentaux, notamment sur la question du 3e mandat pour le président burundais, source d’énormes tensions politiques à quelques semaines du début des élections.

 

Officiellement, l’ambassadeur Boubacar Diarra a été rappelé à Addis-Abeba vendredi 3 avril pour une réunion sur la région des Grands Lacs. Mais en réalité, il quitte définitivement le Burundi. Le diplomate d’origine malienne paie au prix fort son franc-parler, selon nos sources à l’Union africaine, car le gouvernement burundais le trouvait de plus en plus gênant, notamment sur la question du 3e mandat du président Pierre Nkurunziza.

 

C’est le chef de l’Etat en personne qui se serait chargé de faire passer le message à la présidente de la commission de l’Union africaine, au cours de sa visite au Burundi il y a une dizaine de jours. Nkosazana Dlamini Zuma avait tenté, elle aussi, de le convaincre de renoncer à briguer un 3e mandat présidentiel en juin. Elle n’y est pas parvenue assurent toujours nos sources à l’Union africaine.

 

Le ministre burundais des Relations extérieures, Laurent Kavakure, a confirmé dimanche soir à RFI le rappel de l’ambassadeur Diarra. Ce rappel ferait donc suite « à une évaluation globale de ses prestations et par le gouvernement du Burundi, et par l’Union africaine  », explique le chef de la diplomatie burundaise. Et celui-ci d’affirmer que « cela n’a rien à voir avec le dossier du 3e mandat ».

 

Mais ici, de nombreux diplomates soulignent la dimension exceptionnelle qu’avait prise la carrière du brillant représentant de l’Union africaine au Burundi. « Un homme de principe » devenu un des porte-paroles de la communauté internationale. Ce que le pouvoir burundais ne pouvait plus supporter, jugent-ils.

LE NON DIT DES AGISSEMENTS DE CINQ JOURNALISTES DE LA RPA

LE NON DIT DES AGISSEMENTS Dis-moi qui te paie, je te dirai qui tu es. Dis-moi ce qui te hante, je te dirai qui tu paies. Le point commun est l’obsession de rester au pouvoir et aussi l’obsession de gagner plus grâce au pouvoir. Quand ils sont au pouvoir, les dictateurs se servent et donnent des miettes aux esprits faibles, disposés à trahir pour tenter d’avoir les miettes du roi.

 

Les traîtres se recrutent aussi chez les journalistes. Non seulement ceux qui acceptent ferment les yeux et les oreilles devant la spoliation des biens publics, les tueries mais aussi ils trahissent leurs confrères. Le Burundi est riche aussi en traîtres, en mpemuke ndamuke.

 

Cinq journalistes de la Rpa au service de la Documentation contre la Rpa

 

Ces derniers jours, des informations circulaient à propos des journalistes de la Rpa qui travaillaient et qui travaillent toujour avec la Documentation et qui sont souvent en réunion pour déstabiliser la Rpa. Ce vendredi 03 avril 2015, ces journalistes ont voulu créer un incident à la Rpa pouvant conduire à la fermeture. Qui sont ces journalistes?

 

* Raymond Zirampaye;

 

* Florine Mukeshimana : Son mari travaillait au palais présidentiel et il vient d’entrer à la Documentation. Sa grande sœur Janvière dirige l’ENS et est déjà presque désignée pour remplacer le 2 è Vice-Président Rufyikiri si le Président Nkurunziza arrive à limoger d’abord le président de l’Assemblée nationale.

 

* Jean Pierre Nsabimana : Son épouse est conseillère du ministre de la justice;

 

* Emmanuel Ndamwizigiye et Merveille Sindayigaya : Anciens rebelles recrutés à la Rpa par Alexis Sinduhije quand il dirigeait la radio pour faciliter les contacts avec les rebelles FDD et FNL de ce moment.

 

Ces journalistes ont été recrutés par la Documentation en même temps que d’autres que ce soit à la Rpa ou dans d’autres radios. La même démarche a été initiée à la Présidence de la République par Willy Nyamitwe, conseiller du Président.

 

La Documentation a recruté plus de 10 journalistes, tous connus à la rédaction de Burundinews mais nous ne communiquerons pas leurs noms comme ils n’ont pas participé à la manifestation de ce vendredi.

 

Ils sont payés 300 000 francs bu chaque mois par la Documentation.

 

Leurs missions à la Rpa définies par le général Adolphe Nshimirimana

 

Les missions confiées par Adolphe à ces journalistes sont les suivantes :

 

* Tous les jours, ils sont chargés de rapporter à la Documentation ce qui se dit à la réunion de rédaction et chez Nyamitwe les sujets sensibles à traiter et les démarches prévues. Quand il faut appeler les autorités, ils avertissent Nyamitwe et ce dernier dit à la personne d’éteindre son téléphone. Comme conséquence, la Rpa a rarement les autorités en ligne.

 

* Renseigner la Documentation sur les identités des personnes qui vont à la radio. Les mêmes journalistes sont aux aguets pour connaître toute personne qui va à la Rpa. Ainsi, deux agents de la Poste venus informer la Rpa ont été licenciés à la suite d’une dénonciation par deux de ces 5 journalistes. En effet, Raymond Zirampaye et Florine Mukeshimana ont enregistré les deux agents à leur insu et la cassette a été envoyée au directeur de la Poste qui a viré les deux agents de la Poste.

 

* Donner les sources d’informations de la Rpa.

 

Bob Rugurika surveillé par ces journalistes pour le compte de la Documentation

 

Ces journalistes payés par la Documentation ont été convoqués par le général Adolphe Nshimirimana pour passer un moment difficile. Adolphe a remontés leurs bretelles car il n’a pas été averti de la sortie du dossier de l’assassinat des trois sœurs de Kamenge alors qu’ils touchent chaque mois 300 000 frs chacun. Un de ces journalistes qui a rapporté à Burundinews nous a confié qu’Adolphe était en colère car ils ne comprenaient pas pourquoi il était cité à cette radio alors qu’il paye plus de 10 journalistes pour protéger le pouvoir.

 

Depuis la sortie de prison de Bob Rugurika, les menaces de mort sont fréquentes. C’est la même équipe qui renseigne ses mouvements à Nyamitwe et à Kazungu. Raymond Zirampaye a été surpris au moment où il parlait au téléphone en train de dire que Bob Rugurika n’est pas encore arrivé, qu’il a vérifié que sa voiture n’est pas arrivée tout en signalant qu’il change souvent de voiture dans ces jours.

 

Emmanuel Ndamwizigiye aurait même discuté avec une autre personne un plan de mettre du poison au cafétéria de la Rpa.

 

Adolphe Nshimirimana voulait mettre des armes à la Rpa et demander à la Police de fouiller dans le but de fermer la radio. Dans ce plan, l’équipe des journalistes espions devait servir pour déposer les armes à la Rpa.

 

Le plus dangereux a été Serge qui a démissionné. Il aurait dit à Adolphe que Bob dispose des informations à faire tomber le pouvoir s’il n’est pas tué ou mis en prison. Quand il a été voir Bob dans la prison de Muramvya, devant les européens que Serge accompagnait, Bob a parlé des journalistes qui ont conseillé qu’il soit mis en prison. Serge a compris que Bob est au courant. La visite a eu lieu le jeudi et Serge a démissionné le vendredi car il avait compris que Bob allait sortir de prison et il ne voyait pas comment travailler avec lui.

 

La préparation et l’action contre la Rpa de ce vendredi

 

Ce jeudi 2 avril 2015 soir, les cinq journalistes étaient en réunion avec Willy Nyamitwe, le conseiller du Président. Ils étaient à Sororezo à Gahahe Hotel. Pour montrer à Nyamitwe que nos sources sont fiables, Willy Nyamitwe est passé par une petite porte de l’hôtel et il a fait passer les 5 journalistes par la même petite porte. Il a même dit à un des journalistes qu’il est habitué de l’endroit pour ses réunions louches.

 

Il a été décidé alors d’apporter des cadenas le vendredi; donc le lendemain, à 4 hrs du matin pour empêcher les journalistes de la Rpa d’entrer à la radio. Des bagarres étaient prévues et le ministre de l’intérieur devrait fermer l’association qui dirige la radio. Manque de chance pour Nyamitwe, les journalistes ont évité la bagarre. Mbonimpa de l’Aprodh a convaincu les 5 journalistes de quitter les lieux.

 

Le ministre de l’intérieur, Edouard Nduwimana, qui n’a pas beaucoup de choses à faire dans son bureau comme il a eu ses visas pour fuir le Burundi, était devant la Rpa pour contempler ses obligés en train de travailler pour gagner les 300 000 frs. Adolphe et Ndakugarika sont passés deux fois devant la Rpa pour contrôler le travail.

 

Les actions continuent car les cinq journalistes sont tenus de poursuivre leurs actions sous peine de rembourser l’argent. Pauvres guignols de la radio!

 

Légalité des mutations contestées

 

Il est très étonnant de voir des salariés contester une mutation alors qu’ils ne sont pas à leurs premières mutations. Florine Mukeshimana travaillait à Ngozi il y a six ans. Philibert Musobozi était chef de l’antenne de Ngozi.

 

L’article 49 du règlement d’entreprise dit bien que tout salarié peut être muté ou déplacé pour des raison de service sur tout le territoire du Burundi. La radio prend en charge les frais de déplacement et de déménagement.

 

Les contrats de travail signés par tous les salariés de la Rpa y compris les cinq journalistes, prévoient bien une clause de mobilité sur tout le territoire du Burundi.

 

Ces salariés disent que la Rpa n’a pas cotisé à l’INSS pour eux. Manque de pot, Burundinews a leurs numéros à l’INSS. Nous avons décidé de ne pas les publier.

 

La Documentation a la mission de fermer la Rpa avant le congrès du CNDD-FDD qui va désigner le Président Nkurunziza pour un troisième mandat. Pauvre Nkurunziza qui n’a rien compris de ce qui se passe autour de lui. Personne ne lui a dit que Pascal Nyabenda confie en privé qu’il est opposé au troisième mandat mais qu’officiellement il est pour.

 

A suivre le dossier des journalistes de la Rpa. Espérons que les cinq ou six autres ne suivront pas le mouvement pour ne pas obliger Burundinews à sortir leurs dossiers.

CITATION DU 4 MARS 2015

« Ceux qui sont destinés à être grands sont caractérisés par la patience, ils sont forgés par les épreuves. Leurs racines se fortifient dans le secret. Le silence les construit et ils apprennent dans l’humilité, souvent même dans l’humiliation. Mais quand vient leurs temps, ils sortent non pas comme des lionceaux mais comme des lions. » Sagesse Africaine

De nouveaux gouverneurs de province.

Dans sa fureur de nettoyer  et de réprimer la fronde interne au CNDD-FDD, le président Pierre Nkurunziza vient de proposer de nouveaux gouverneurs de province. Les provinces concernées sont:

Bubanza: Tharcisse Niyongabo

Bujumbura-Rural: Emmanuel Masumbuko

Bururi: Madelaine Bamwizere

Karusi: Laurent Mbonihankuye

Muramvya: Emmanuel Niyungeko

La sixième province est Rumonge qui est nouvelle avec Juvénal Bigirimana comme gouverneur.

( A suivre)

LA REDACTION.

Troisième mandat: Nkurunziza fait le point!

Lundi 30 Mars 2015 quand le chef de l’Etat burundais, Monsieur Pierre Nkurunziza, rentre de Gitaza, il réunit un cercle de ses « fidèles »pour faire le point sur le troisième mandat. Le message, sans équivoque, qu’il livre s’articule sur quatre points:

1. Au niveau du parti, je vais écraser tout le monde qui se mettra au travers de ma route vers le troisième mandat(uwuzoja munzira nzomuhitana).

2.Au niveau du parti, j’ai confiance en personne pour me succéder à la tête du pays et nous protéger (ntanumwe nizigiye yonsubirira kandi akadukingira).

3. Au niveau de la communauté internationale, je n’ai peur de personne car même Omar El-Béchir, le Président Soudanais règne tranquillement sur le Soudan malgré les attaques et les menaces de la communauté internationale ( Ivya opinion ya kominote internasiyonale, ntaco ntinya kuko na El Béchir aracariho kandi arahangamye).

4. Réunissez demain les jeunes Imbonerakure  pour qu’ils donnent lecture de la déclaration de mise en garde à tous ceux qui s’opposeront à notre élection (Nimukoranye  vijana basomere abamenyeshamakuru ryatangazo ryoguha gasopo izo mburakimazi zigomba kutubuza kwitoza).

Cette mise au point se passe de commentaires. Mais il est important de retenir que la déclaration de menace faite par Monsieur Moïse Bukuru le lendemain 31 mars 2015 à l’Hôtel Méridien, émane du commandant suprême des armées. Rappelons que Moîse Bukuru, au nom des Imbonerakure, entouré du député Nzigamasabo alias Gihahe a promis une répression sanglante contre tout mouvement qui s’opposera au troisième mandat du président sortant, Pierre Nkurunziza.

Caton Nyabenda.

CITATION DU 3 MARS 2015

« …nous avons en tant que voisins quelques motifs sérieux d’inquiétude. Le climat politique est tendu, des risques d’explosion existent et nous craignons que cette spirale potentielle de violence soit exploitée contre nous par les forces négatives qui opèrent dans l’est de la RD Congo. Nous avons surtout, en premier lieu, des craintes pour le peuple burundais. Ce sont nos frères et nos sœurs. Tout ce qui les affecte nous affecte. » Paul Kagamé, Président Rwandais (dans Jeune Afrique no.2829 du 29 Mars au 4 Avril 2015).

Le Président de l’Assemblée Nationale Pie Ntavyohanyuma dans l’œil du cyclone.

La machine pour destituer l’actuel président de l’Assemblée Nationale, l’Honorable Pie Ntavyohanyuma serait en marche. Une campagne de collecte de 71 signatures requises pour sa destitution va bon train. D’une source proche du chef de l’Etat sortant,le successeur désigné serait l’épouse du Lieutenant Général Nshimirimana Adolphe, l’honorable Bénigne Rurahinda. Une dame que son mari de général avait voulu imposer à ce poste dès le début de cette législature.
IMG-20150402-WA0011
Aux dernières nouvelles Ntavyohanyuma, tel l’ancien porte parole du parti présidentiel, serait interdit de quitter le pays. C’est ainsi que le Ministre des Finances vient de lui refuser les frais de mission à l’étranger.
Pourquoi Pie Ntavyohanyuma est dans le viseur du Président Nkurunziza? La faute de cet élu de Kayanza est que presque tous ses conseillers ont signé la lettre des frondeurs opposés au troisième mandat du président Nkurunziza. Mieux, au cours de la réunion du Conseil des Sages, Ntavyohanyuma avait recommandé au chef de l’Etat de quitter le pouvoir, une position que même le Président du Sénat, l’honorable Ntisezerana Gabriel, avait épousé avant de se rétracter suite aux menaces.
Cette répression de la fronde est éloquente. C’est le troisième mandat de Nkurunziza ou le chaos!

Amandla…Ngawetu.