bob_rugurika

Le directeur en exil de la Radio publique africaine raconte le muselage du pays alors que se déroule lundi un simulacre de législatives

C’était le 19 février dernier, à Bujumbura. Des milliers de Burundais descendaient dans les rues de la capitale du pays pour saluer la libération de Bob Rugurika, journaliste ayant passé un mois derrière les barreaux pour avoir enquêté sur une affaire impliquant de hauts responsables du régime. Il aura fallu des pressions internationales pour le faire libérer.

Aujourd’hui, le directeur de la Radio publique africaine, média connu comme l’une des voix les plus critiques du pays, est contraint de vivre en exil. La radio n’émet plus, ses locaux ont été incendiés à la mi-mai par les milices du pouvoir, au moment le plus fort de la contestation. Bob Rugurika était ces jours-ci de passage à Genève, collaborant avec l’ONG TRIAL, laquelle s’emploie à documenter depuis quatre ans la situation burundaise. Alors que se déroulent lundi des élections législatives contestées (lire ci-dessous), qui doivent être suivies de la présidentielle le 15 juillet, il témoigne des méthodes utilisées par le clan Nkurunziza pour prolonger son pouvoir.

Pierre Nkurunziza n’est pas prêt à renoncer à son troisième mandat présidentiel malgré la révolte et les pressions internationales. Pourquoi cet entêtement?

Pierre Nkurunziza ressemble à nombre de présidents africains qui n’ont tout simplement pas acquis la culture du partage du pouvoir. Mais au Burundi, il y a surtout la peur d’un clan qui, contrairement à ce qui s’est fait dans d’autres pays, n’a pas su négocier sa sortie avant qu’il ne soit trop tard. Ce clan craint les poursuites judiciaires pour des crimes, très graves, qui ont été commis durant ses dix ans de règne et se retrouve maintenant dans une logique de fuite en avant. Il y a aussi la volonté de garder la main sur le pillage du pays. Le Burundi possède des minerais, c’est la troisième plus grande réserve de nickel, mais en l’espace de dix ans, il est devenu le troisième pays le plus pauvre de la planète et l’un des plus corrompus d’Afrique. D’où ce sentiment de grande injustice qui a gagné la population.

On sait les médias burundais sous surveillance. Quelles enquêtes, en particulier, vous ont attiré des ennuis?

Dès le début du premier mandat présidentiel, le pouvoir s’est employé à éliminer toute opposition politique. Avec une particularité: on retrouve dans quasi toutes les affaires l’implication de l’ex-patron du service des renseignements, Adolphe Nshimirimana. La Radio publique africaine a documenté ces faits, ce qui nous a parfois conduits à devoir quitter le pays. Massacres de civils et d’activistes, complots judiciaires pour faire tomber des opposants, opérations pour armer de jeunes miliciens, trafic d’armes et de minerais, il y a eu beaucoup d’exactions entre 2006 et 2010.

A partir de 2011, l’épuration de l’opposition s’est encore accélérée, parce que celle-ci commençait à vraiment s’organiser. Les crimes ont alors atteint une autre dimension, avec des exécutions extrajudiciaires massives. Un dossier onusien documente 183 cas. Et puis, en septembre, trois sœurs italiennes ont été sauvagement assassinées pour avoir été les témoins de l’entraînement des milices burundaises en République démocratique du Congo. En janvier, on a sorti des témoignages montrant l’implication d’éléments du pouvoir, c’est là que j’ai été arrêté.

Que reste-t-il aujourd’hui de l’opposition et des voix critiques au Burundi?

L’opposition civile avait tous les atouts pour mener une campagne politique, mais elle a été complètement affaiblie par la brutalité du parti au pouvoir. Sur la trentaine de leaders de l’opposition, une vingtaine est sous mandat d’arrêt. Il faut rappeler que 600?personnes sont toujours détenues suite aux manifestations de mai. Beaucoup d’activistes de la société civile sont partis en exil avec les 120?000 Burundais qui ont déjà fui. Les autres se terrent, muselés par la peur. Quant aux médias indépendants, ils n’existent plus depuis mai, ils ont été éliminés. Le pouvoir a fermé toutes les portes de l’espace démocratique, laissant s’installer une situation de guerre.

La dimension ethnique, avec le spectre d’un retour du conflit entre Hutu et Tutsi, pourrait-elle émerger dans ce contexte de tension extrême?

Le régime a tenté d’utiliser ce levier, et le dernier signe à cet égard est l’alliance passée entre les miliciens hutu du FDLR actifs en République démocratique du Congo, ceux-là même qui ont participé aux massacres au Rwanda en 1994, et les milices burundaises. Mais ce levier ne fonctionnera pas. Car depuis les accords d’Arusha (ndlr: qui ont mis fin en l’an 2000 à une guerre au Burundi ayant fait 300?000 morts entre Hutu et Tutsi), la question ethnique est apaisée. Le cœur de la bataille politique se situe bien au sein même de la majorité hutu, où les héritiers de la rébellion du Front national de libération s’opposent au pouvoir en place. On trouve aujourd’hui au Burundi aussi bien des Hutu et des Tutsi côte à côte dans l’opposition, et des Hutu et des Tutsi qui se sont alliés pour piller le pays.

De quelle marge dispose la communauté internationale pour faire entendre raison à Pierre Nkurunziza?

Elle est étroite, parce qu’elle a bien trop tardé à réagir. Après les accords d’Arusha, la communauté internationale croyait accompagner un régime faible vers la consolidation de la paix. Cette posture l’a conduite à fermer les yeux sur les exactions du régime. Bien trop longtemps, si bien qu’il est trop tard pour la négociation. Ce qu’il faut, maintenant, c’est que les mécanismes de surveillance internationale se mettent en place dans une perspective de réduction des risques. L’Union africaine prévoit l’envoi sur le terrain d’experts militaires et d’observateurs, il faut que ce processus s’accélère. Car sans intervention, le régime poursuivra ses crimes.

Elections boycottées

Matériel électoral incendié, explosions de grenades, assassinats, défection du président de l’Assemblée nationale: le climat était tendu ce week-end au Burundi, où doivent se tenir aujourd’hui des élections législatives et régionales boycottées par l’opposition.
Le gouvernement burundais a cependant confirmé que les élections se tiendraient lundi. Ignorant les appels de l’opposition, de la société civile et de la communauté internationale à reporter les scrutins compte tenu de la grave crise que traverse le pays depuis l’annonce de la candidature du chef de l’État, Pierre Nkurunziza, à la présidentielle du 15 juillet.

L’officialisation de cette candidature à un troisième mandat – Pierre Nkurunziza a déjà été élu en 2005 et 2010 – a déclenché un mouvement de contestation populaire, surtout dans la capitale, Bujumbura, mais aussi dans quelques villes de province, violemment réprimé par la police. Des manifestations, longtemps quotidiennes, ont aussi été émaillées de heurts avec la Ligue des jeunes du parti au pouvoir, les Imbonerakure, qualifiée de «milice» par l’ONU. Au moins 70?personnes sont mortes dans les violences liées à la contestation, selon une ONG de défense des droits de l’homme burundaise. Mais plus de 100?000 Burundais ont aussi fui ce climat délétère et rejoint les pays voisins. La semaine qui vient de s’écouler a été marquée par un regain de tension. Ce week-end encore, trois morts ont été dénombrés à Bujumbura.

Et le chaos semble désormais s’étendre au sein même du parti au pouvoir: le président de l’Assemblée nationale, deuxième personnage de l’Etat, a annoncé hier s’être réfugié en Belgique. Il y a dénoncé le «forcing» électoral de Nkurunziza.
ATS

169-gervais-rufyikiri-16-juillet-2012-a-bruxelles

Lettre du Deuxième Vice-Président de la République Gervais Rufyikiri à Nkurunziza.

C’est probablement le document le plus fort jusqu’ici écrit contre le troisième mandat de Nkurunziza.
Il comporte de riches conseils adressés à Nkurunziza.
Je le considère comme le tout dernier avertissement du Peuple burundais à Nkurunziza.
‪#‎StopNkurunziza‬‪#‎Sindumuja
‬Excellence Monsieur le Président,
Le Burundi traverse actuellement une période de crise qui interpelle tout citoyen à donner sa contribution en vue d’une solution rapide.

L’élément déclencheur est votre candidature à un troisième mandat présidentiel interdit par la Constitution et par l’Accord d’Arusha pour la Paix et la Réconciliation au Burundi.

A part les avis des opportunistes spéculateurs, l’interprétation faite par des spécialistes du droit constitutionnel comme le Professeur Filip Reyntjens (Scenarios for Burundi, Analysis & Policy Brief n° 11, Université d’Anvers en Belgique, April 2015) et par des experts juristes de la Communauté Est-Africaine (Meeting of the Attorneys General/Ministers of justice and Constitutional affairs, Report of the meeting, Arusha, Tanzania, 15th May 2015), montre qu’il n’y a pas de doute que la Constitution burundaise à elle seule s’auto-suffit pour limiter le nombre de mandat présidentiel à deux seulement.

L’Accord d’Arusha en apporte une clarification supplémentaire.

Vos conseillers l’avaient aussi remarqué et ils vous avaient proposé une modification de la Constitution dont le projet a été rejeté en mars 2014 par l’Assemblée Nationale par manque d’une voix au vote.

C’est regrettable de voir qu’au lieu de tirer des leçons de cet échec, vous avez décidé de foncer et d’engager le peuple burundais sur la voie de l’illégalité.

Des voix se sont levées de l’intérieur du pays (message des Généraux ex-FDD, des membres du Conseil des sages du CNDD-FDD, des membres du CNDD-FDD à travers une pétition, des Evêques catholiques, des Pasteurs des Eglises protestantes, des Sheikh musulmans, de la société civile et des partis politiques de l’opposition) que de l’extérieur du Burundi pour vous dire que votre candidature au troisième mandat présidentiel est contre la Constitution et contre l’Accord d’Arusha, et qu’elle n’apporte aucune valeur ajoutée à la gouvernance politique du pays.

Les mêmes voix vous ont fait remarquer,qu’au contraire, il résultera de votre candidature au troisième mandat présidentiel une évolution des tensions politiques vers une véritable crise socio-politique, avec toutes les conséquences que vous êtes appelées à assumer, tel que le Secrétaire Général des Nations Unies Ban Ki-Moon vous l’a bien exprimé.

Quelques conséquences de cette crise méritent d’être soulignées :

1. Des Burundais ont fui en masse (dizaines de milliers) cette crise surtout vers les pays voisins où ils mènent une vie difficile avec beaucoup de décès dans des camps d’accueil.

2. Des manifestions contre votre candidature ont été organisées dans plusieurs localités du pays où vivent majoritairement des Tutsi et où vivent majoritairement des Hutu, notamment dans des quartiers de la ville de Bujumbura (Musaga, Nyakabiga, Kinindo, Jabe, Ngagara, Cibitoke, Kanyosha, Buterere, Mutakura, Kinama, Bwiza et Buyenzi) mais aussi dans plusieurs Communes des provinces rurales comme dans la Province Bujumbura Rural (Kanyosha rural, Mukike, Mugongomanga, Nyabiraba), Province Bururi (Matana, Bururi, Mugamba, Rutovu, Songa et Vyanda), Province Rumonge (Burambi et Buyengero), Province Gitega (Gitega centre au début, Ryansoro et Itaba), Province Ngozi (Ngozi centre, Kiremba), Province Mwaro (Rusaka, Gisozi), aux centres villes des Province Kirundo, Muyinga et Cankuzo.

Contrairement à certaines opinions qui tendent à coller une étiquette ethnique à ces manifestations,les Burundais ont fait preuve d’une grande maturité et ont témoigné des avancées très significatives dans la gestion de leur identité ethnique.

Les différentes composantes ethniques se sont montrées très solidaires dans leur combat pour le respect de la Constitution et de l’Accord d’Arusha, tout comme les manifestants appartiennent à différentes organisations politiques et non politiques, y compris des membres du CNDD-FDD.

La preuve en est l’ambiance de fête qui a caractérisé les Burundais dans la capitale et dans les autres milieux de l’intérieur du pays pendant la journée du 13 mai 2015, signe que la contestation du 3ème mandat est un mouvement soutenu par beaucoup de burundais, les uns acceptant avec beaucoup de courage de se montrer dans les rues, beaucoup d’autres préférant cacher leur sentiment par peur de la répression.

Les manifestations ont été suivies d’une répression surdimensionnée de la part de la Police qui a tiré des balles réelles sur les manifestants causant la mort de plus de 70 personnes jusqu’à présent et de centaines de blessés.

D’autres centaines de manifestants ont été arrêtés et emprisonnés.

Les grenades qui sont lancées ces derniers jours tant dans les quartiers de la ville de Bujumbura que dans les autres provinces du pays signalent que la crise prend d’autres formes d’insécurité et de criminalité.

Les actions prioritaires du moment devraient viser le redressement de la situation et le rétablissement de la confiance entre tous les citoyens et l’Autorité.

Un dialogue franc, sincère et inclusif sur toutes les questions liées à cette crise est la seule voie à suivre dans la logique de ce principe :

le courage est mis à l’épreuve lorsque l’on est dans la minorité, tandis que la tolérance est mise à l’épreuve lorsque l’on est dans la majorité.

3. Un pays de plus en plus isolé par ses partenaires et une économie qui s’affaiblit à vive allure.

La Communauté Internationale en général et plus particulièrement les Etats-Unis, l’Union Européenne et ses pays membres, l’Union Africaine, la Communauté Est-Africaine, la Conférence Internationale sur la Région des Grands Lacs et l’Afrique du Sud vous ont adressésplusieurs messages vous demandant de faire un choix qui met en avant les intérêts du peuple burundais.

La fin de non-recevoir que vous avez réservée à leurs conseils les ont poussé à prendre diverses mesures notamment la délocalisation debureaux (cas de la Banque Mondiale délocalisée à Nairobi et du Fonds Monétaire International délocalisé à Kigali), l’encouragement des étrangers « non essentiels » à quitter le Burundi, ainsi que l’annonce de la suspension des aides oude la coopération bilatérale.

Je vous demande, Monsieur le Président, de vous interroger sur l’avenir économique du Burundi privé des aides extérieures pour une économie qui, en condition normale, dépend à 52% des appuis des partenaires techniques et financiers.

La tendance est catastrophique,quand on sait que sur une moyenne de recettes collectées d’environ 50 milliards de Fbu par mois, l’OBR a enregistré une baisse d’environ 10 milliards de FBu et de 16 milliards de FBu respectivement pour les mois d’Avril et Mai, soit une perte cumulée de 26% des recettes escomptées pour les deux mois.

En plus, les devises sont actuellement rares sur le marché financier burundais.

A quoi servira de gagner des élections par ailleurs contestées et qualifiées d’inconstitutionnelles si vous perdez en même temps les moyens pour satisfaire les besoins fondamentaux de la population ?

Excellence Monsieur le Président, Un dérapage du processus démocratique s’observe:
des partis politiques fragilisés par une fragmentation initiée et catalysée d’une manière directe ou indirecte par des services de l’Etat, notamment par le Service National des Renseignements et par le Ministère de l’Intérieur ; une intimidation et des menaces des responsables et des membres des partis politiques de l’opposition qui créent un climat d’insécurité et entravent considérablementune compétition équitable entre les partis politiques ;
des leaders de la Société Civile intimidés, menacés et contraints à vivre dans la clandestinité ou à s’exiler; le droit des citoyens d’être informés, leur liberté d’opinion et d’expression sont fortement restreints, les rumeurs occupent tout l’espace faute de médias capables de donner une information diversifiée ; ainsi que l’instrumentalisation des Institutions Publiques qui, dans les conditions normales, devraient délibérer et prendre des décisions en toute indépendance (cas de la Cour Constitutionnelle et de la Commission Electorale Nationale Indépendante –CENI).

C’est étrange, Monsieur le Président, pour un pays qui se veut être démocratique, de voir le traitement et les sanctions qui ont été infligés aux membres du CNDD-FDD (frondeurs comme on les appelle) pour avoir eu le courage de s’exprimer contre votre candidature au 3ème mandat présidentiel.

Alors qu’ils prévenaient une crise qu’ils voyaient venir, qu’ils exprimaient une peur fondée par rapport aux conséquences évidentes de cette crise et qu’ils vous proposaient la meilleure attitude à prendre pour ne pas rater ce tournant historique pour le Burundi, ils ont été marginalisés et humiliés, exclus ou suspendus du parti, démis de leurs fonctions au service de l’Etatavec interdiction de réintégration dans un service quelconque de l’Etat, intimidés et même menacésde mort :
bref, ils sont considérés comme de « pires ennemis du Parti et de la Nation ». A l’heure où je vous écris ce message, certains vivent dans la clandestinité à l’intérieur du pays tandis que d’autres ont pris le chemin d’exil. Ils méritent, Monsieur le Président, autre chose que ce traitement injuste, qui cache mal un esprit de méchanceté et d’intolérance.

Vous le dites assez souvent : « Mu Burundi hari intumva » (au Burundi, il y a des sourds).
L’histoire risquera de vous classer en tête de liste de cette catégorie de burundais si on considère comment vous avez tourné le dos à tous les acteurs tant de l’intérieur que de l’extérieur qui, d’une manière courtoise, vous ont adressé des messages vous conseillant d’abandonner votre ambition de briguer un troisième mandant anti-constitutionnel.

Comme j’ai eu l’occasion de l’exprimer lors du Conseil des Sages du Parti CNDD- FDD du 3 avril 2015 auquel j’ai assisté pour la dernière fois, je vous conseillerais, de défendre les intérêts du peuple burundais avant vos intérêts personnels et de retirer votre candidature présidentielle parce qu’elle viole la Constitution et l’Accord d’Arusha.

Les conseils donnés par différentes personnalités considérées comme des sages des divers communautés et groupes influents burundais, comme les Evêques catholiques, Pasteurs des Eglises Protestantes et Sheikh Musulmans, mais aussi de la communauté internationale comme l’ancien Président Sud-Africain Thabo Mbeki et le Président Sud-Africain Jacob Zuma (qui a joué ungrand rôle dans les négociations de paix au Burundi pendant qu’il était encore Vice-Président de l’Afrique du Sud), l’Ancien Secrétaire Général des Nations Unies Koffi Annan (qui a suivi de prèsle processus de négociation d’Arusha pendant qu’il était Secrétaire Général des Nations Unies -de Janvier 1997 à Décembre 2006-), l’actuel Secrétaire Général des Nations Unies Ban Ki-Moon, l’ancien premier Ministre Belge Guy Verhofstadt, et des anciens Ministres Belges comme Louis Michel et André Flahaut, ne peuvent en aucun cas être ignorés.

Par contre, vous devrez vous méfier et vous éloigner de plus en plus des courtisans opportunistes qui vous tiennent les mains et les jambes liées et vous encouragent à persévérer dans l’erreur, visiblement parce qu’ils pensent que vous êtes la seule personne à défendre leurs intérêts et biens surtout mal acquis.De ce qui précède, je vous conseillerais, Monsieur le Président, d’œuvrer pour préserver les acquis de paix, pour maintenir au moins la pente des progrès socio- économiques et pour créer des conditions favorables à une cohésion des membres du CNDD-FDD. Pour y parvenir, le Conseil de Paix et de Sécurité de l’Union Africaine donne des pistes claires publiées dans un communiqué du 13 juin 2015 à Johannesburg afin de restaurer un climat apaisé au Burundi. Notamment, l’annonce du retrait de votre candidature au 3ème mandat sera un signal fort de votre volonté à vous approprier ces décisions.

Je vous prie d’agréer, Excellence Monsieur le Président, l’assurance de ma haute considération.

Gervais Rufyikiri
Deuxième Vice-Président.

maggybarankitse-natural

Menacée de mort, Marguerite Barankitse a du se résoudre à fuir le Burundi

Menacée de mort, Marguerite Barankitse a du se résoudre à fuir le Burundi. A Bruxelles, la présidente et fondatrice de la maison Shalom dénonce le système du Cndd-Fdd et voit en la réaction de la jeunesse burundaise une note d’espoir pour l’avenir du pays.

Madame Barankitse, pourquoi arrivez-vous maintenant en Belgique? Dans quelles conditions avez-vous quitté le Burundi?

M. B. En fait, j’avais d’abord refusé de fuir. J’ai été menacée depuis le mois de février, je figurais sur la liste des cinq personnes, membres de la société civile, qui devaient être éliminées. Par après, lorsqu’il y a eu des manifestations contre la candidature de Pierre Nkurunziza, comme c’est le devoir de la Maison Shalom de s’occuper des blessés, dans un devoir de travail humanitaire, j’ai soigné les blessés, j’ai mis notre ambulance au service des nécessiteux. J’étais alors recherchée et j’ai appris le 14 juin qu’il y avait un mandat d’arrêt contre moi pour soutien aux insurgés. Et puis mes enfants m’ont dit: “Pars, sois notre voix!”

Vous étiez donc à Bujumbura ces dernières semaines?

J’avais quitté Ruyigi pour plusieurs raisons. A Ruyigi, je suis chez moi, à la Maison Shalom, il est donc facile de me repérer, c’est un petit village. Par ailleurs, il y avait aussi beaucoup à faire dans la capitale. Nous y avons ouvert un grand centre avec trois projets pour nous occuper des filles domestiques qui sont victimes de viol. Ce projet, je voulais le mettre en place et nous avons aussi ouvert des centre de rééducation pour les enfants mineurs en conflit avec la loi. Des enfants qui sont à la prison centrale de Mpimba, donc je voulais mettre tout cela en place car ces jeunes sont une bombe à retardement si l’on ne s’en occupe pas. Et comme la Maison Shalom veut créer une nouvelle génération qui cassera le cycle de violence, je m’étais dit que cela valait la peine de me rendre à Bujumbura.

Quelle a été votre action à Bujumbura depuis les premières manifestations?

En fait, il faut bien comprendre que cette situation s’est installée depuis 2010 avec des exécutions extra-judiciaires, l’impunité… Alors, personnellement, j’ai ressenti cette candidature comme une humiliation. Le peuple burundais s’est senti humilié, comme si le président avait considéré les citoyens comme ses esclaves, comme si nous n’avions rien à dire, que lui seul faisait la loi dans la justice, dans l’armée, dans l’enseignement, dans la santé,… Tout ça a entraîné un climat de beaucoup de frustrations. Les jeunes sont sortis dans la rue pour protester contre cette candidature et moi, j’étais fière de les voir. Même si j’ai pleuré quand j’ai vu qu’on tirait à balles réelles, j’ai vu ces jeunes résister et moi, ça m’a portée, ça m’a poussé à résister, à rester debout. Oui, il y avait ce sentiment de colère mais aussi d’espérance en voyant ces jeunes. Ils étaient dignes, ils ne volaient pas, ils chantaient l’hymne national, j’en avais des larmes de joie.

Comment l’analysez-vous cette jeunesse?

J’ai vu une jeunesse porteuse de beaucoup d’espoirs. Si on leur créait de l’emploi, si on leur donnait des opportunités, le pays deviendrait un paradis. Cette jeunesse est une richesse qu’il faut sauvegarder coûte que coûte.

On parle beaucoup moins de la situation à l’intérieur du pays, quelle est-elle? Notamment à Ruyigi?

Dans le monde rural, les gens sont pris de force, obligés de se rendre à des meetings présidentiels. Et puis les Imbonerakure sont beaucoup plus présents à l’intérieur du pays pour mater la population. C’est vraiment triste! Vous savez, je me dis que nous sommes dirigés par un malade mental. Il y a un an, j’ai vu le président et lui ai demandé : “Vous rendez-vous compte que le peuple burundais est en train de mourir ?”

Comment la population réagit-elle?

Que voulez-vous d’une population qui ne vit en-dessous du seuil de pauvreté, qui ne gagne rien. Si le président arrive au stade et leur donne trois kilos de riz, ils vont aller danser. Pas parce qu’ils aiment ce président mais pour avoir ces kilos de riz, un pagne, un t-shirt. Il a su profiter de l’ignorance – ce sont des personnes illettrées – pour les manipuler. La plupart comprend mais n’a pas d’autre choix. Moi, j’ai pu voyager car je pouvais payer le ticket. Je pouvais parler, savoir ce qu’il se passe dans le monde. Mais maintenant, toutes les radios privées ont été détruites, tous les journalistes exilés, que voulez-vous…la population n’entend que la radio nationale qui ne fait que les éloges du président.

La RTNB serait devenue la nouvelle Rema?

Mais oui! D’ailleurs, il y a déjà des chansons de propagande qui tournent. On ne nous montre que le président, on nous dit que tout va bien. Personne ne l’écoute d’ailleurs maintenant, les paysans n’écoutent plus. Maintenant ils écoutent RFI et Voix d’Amérique.

Le monde rural est donc bien conscient de la situation actuelle…

Oui, on a arrêté les gens qui essayé de fuir par le nord. Il y a encore des déplacés et on nous empêche de leur apporter de l’aide à Kirundo. Les paysans voient très bien ce qu’ils se passent, ils en sont témoins. Prenez le cas de Ruyigi en septembre 2014, le président était présent pour l’une de ses croisades. Personne ne voulait y aller, les gens ont été amenés de force!

Et avez-vous l’impression que les bailleurs ont réellement compris ce qui était en train de se passer au Burundi?

C’est très difficile de comprendre quand vous n’êtes pas de la même culture. Comment comprendre tous les méandres? Ce n’est pas toujours facile.

Est-ce qu’ils ne réagissent pas trop tard?

Je ne dis pas ça parce que je suis en Belgique mais je crois que le premier rôle, c’est aussi les Burundais. Je m’adresse à tout ce gouvernement burundais, ceux qui étaient dans le système: comment en est-on arrivé là? Pourquoi ont-ils été lâches? La communauté internationale, en quelque sorte, n’arrive pas à saisir le vrai conflit. C’est à nous d’aller leur expliquer concrètement. Leurs interlocuteurs, ce sont ceux qui sont au pouvoir. Alors, c’est normal, parce qu’ils n’entendent qu’un seul son de cloche. Peut-être que le président de la République les a trompés en disant qu’il est populaire dans les campagnes, que c’est seulement en ville qu’on ne le veut pas. Car quand les diplomates se rendent à des cérémonies officielles, on amène les paysans de force donc ils ont vu cela et ne peuvent juger que sur des choses concrètes. C’est nous qui vivons à l’intérieur, au milieu de cette population, nous qui pouvons peut-être leur faire comprendre qu’ils se trompent.

La société civil est menacée et fuit, les radios privées ont été incendiées, les artistes fuient également, que faut-il faire selon vous pour éviter un massacre à huis clos?

J’en appelle à la Cour pénale internationale! Il n’y a que treize personnes à arrêter, c’est tout! Il suffit d’arrêter Pierre Nkurunziza, la tête, et puis les autres. Cela suffirait pour ramener le calme.

Vous êtes aujourd’hui en Belgique, comment allez-vous poursuivre votre combat?

Je crois que, maintenant, avec les réseaux sociaux, c’est facile. Il n’y a pas une journée où je ne discute pas sur Skype,… Il y a donc moyen de rester en contact. Pour le moment, je crois qu’il faut aussi qu’on se focalise sur l’après-crise pour ne pas réparer encore une fois les pots cassés. Il faut déjà réfléchir, être visionnaire. Qu’allons-nous faire au cas où?! C’est pour ça que je vais rencontrer la diaspora burundaise ici, les journalistes pour chercher des relais, c’est très important. Et puis, qui sait, peut-être que je retourner demain.

C’est votre intention?

Oui!

Sans inquiétude?

Si, je ne suis pas un ange. Et puis la vie vaut mieux que la mort. Luttent ceux qui vivent. J’ai mes enfants, je peux retourner tout près… La gestion quotidienne de la maison Shalom ce n’était pas moi, moi je suis la grand-mère. Donc je vais continuer. Peut-être que physiquement, je ne vais pas les prendre dans mes bras mais ils me verront. Il y a l’internet, il y a tout ce qu’il faut. Mais la mort dans l’âme (elle verse une larme) et je souffre de ne pas être avec eux, mes enfants, ça me fait mal. Quitter son pays, personne ne te dira qu’on est heureux de vivre en dehors de son pays. Lorsque je suis allée aider les déplacés et que je donnais des conseils, je me suis rendue compte qu’à mon tour j’étais réfugiée. C’est la première fois, même pendant les dix ans de guerre civile, je n’étais pas condamnée rester. Il y avait un danger réel mais je n’étais pas visée personnellement. Et il n’y avait pas ce système d’assassinat de l’Etat car c’est bien l’Etat qui est en train de tuer ses propres citoyens. C’est impensable!

CITATION DU 26 JUIN 2015

« Nous pouvons changer le monde et en faire un monde meilleur. Le changement est entre vos mains. » Nelson Mandela

CITATION DU 25 JUIN 2015

« Au cours de ma vie, je me suis entièrement consacré à la lutte du peuple africain. J’ai lutté contre la domination blanche et j’ai lutté contre la domination noire. Mon idéal le plus cher a été celui d’une société libre et démocratique dans laquelle tous vivraient en harmonie et avec des chances égales. J’espère vivre assez pour l’atteindre. Mais si cela est nécessaire, c’est un idéal pour lequel je suis prêt à mourir. » Nelson Mandela

burundi manifestations nkurunziza répression bujumbura_0_1

Burundi: appel à la reprise immédiate du dialogue

Au Burundi, à une semaine des législatives et des communales, la facilitation internationale appelle à la reprise immédiate du dialogue dans les conditions fixées par l’Union africaine. L’équipe de facilitation internationale s’est réunie ce lundi 22 juin, pour la première fois, à Bujumbura. Elle regroupe des membres de l’Union africaine (UA), de l’ONU, de la Communauté est-africaine et de la Conférence internationale pour les Grands Lacs (CIRGL). De leur côté, les ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne (UE), réunis en conseil au Luxembourg, ont appuyé, une nouvelle fois, ces recommandations allant même jusqu’à menacer les parties prenantes et notamment le gouvernement de sanctions.

L’Union européenne parle d’impasse politique au Burundi et de risques pour la région tout entière. Elle parle également d’une seule voie de sortie possible qui est celle du respect des recommandations de l’Union africaine mais aussi du sommet des chefs d’Etat de la communauté d’Afrique de l’Est.

Il s’agit d’un appel à respecter « pleinement » les conditions identifiées par ces deux organisations sur notamment la reprise du dialogue et la nécessité d’un consensus.

Pour la première fois, les ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne vont plus loin. Ils disent que non seulement les conditions propices à l’organisation des élections ne sont pas réunies actuellement, mais selon le communiqué du conseil des ministres de l’UE, « il est fort probable que ces conditions ne puissent pas être réunies dans les délais prévus par la Constitution burundaise ». L’UE exhorte ainsi le gouvernement du Burundi à « accepter la réalité de ce constat » et à « répondre dans les meilleurs délais » aux décisions du Conseil de Paix et de Sécurité de l’UA par des actes concrets.

Le message est clair. L’Union européenne appelle ainsi à un nouveau report des élections législatives et communales qui sont, jusqu’à présent, fixées à lundi prochain. Elle brandit également une double menace, à savoir celle de sanctions ciblées contre ceux qui commettraient des violences, mais aussi celle de faire usage de l’article 96 des accords de Cotonou, c’est-à-dire de suspendre toute coopération avec le Burundi.

L’équipe de facilitation internationale, réunie, pour la première fois, à Bujumbura ce lundi, est composée est composée d’Ibrahima Fall pour l’Union africaine, d’Abdoulaye Bathily pour les Nations unies ainsi que du Secrétaire général de la Communauté d’Afrique de l’Est, Richard Sezibera, et du Secrétaire exécutif de la Conférence internationale pour les Grands Lacs (CIRGL), le professeur Ntumba Luaba.

Première rencontre ce mardi

Le dialogue politique, que l’Union africaine avait appelé de tous ses vœux, va donc enfin commencer vers la mi-journée à moins d’une semaine des législatives et des communales voulues par le pouvoir du président Pierre Nkurunziza. Mais cette première réunion sera plutôt consacrée à une évaluation du travail abattu pendant la première phase du dialogue politique alors conduite par le représentant officiel de l’ONU pour les Grands Lacs, Said Djinnit. Celui-ci a dû démissionner de son poste de facilitateur principal après sa récusation par l’opposition et la société civile burundaise.

Puis les choses sérieuses devraient commencer très vite et avec elles, les difficultés. L’Union africaine a appelé à un calendrier électoral consensuel, mais le pouvoir de Nkurunziza a fixé à lundi les législatives et les communales, et il en a fait une ligne rouge à ne pas franchir. Même chose pour la question du troisième mandat du président burundais, non négociable pour le gouvernement. Du coup, une source proche de la facilitation reconnaît qu’ils auront une faible marge de manœuvre, d’autant que l’opposition et la société civile en font les points essentiels à discuter, à côté des conditions pour la tenue d’élections libres et crédibles dans ce pays. Elle pose également un préalable à tout dialogue : la libération des milliers de manifestants contre le troisième mandant arrêtés et la levée des mandats d’arrêt lancés par un certain nombre de leaders de la contestation au Burundi.

L’opposition demande toujours un report des élections

Toutes les parties sont invitées à reprendre le chemin de la table des négociations dès ce mardi matin. Certains partis d’opposition répondront présents sans condition préalable. C’est le cas de l’ex-chef d’Etat, Sylvestre Ntibantunganya, candidat au poste suprême. Il est pour une révision du calendrier électoral : « La date prévue par le gouvernement doit absolument être rediscutée parce que même dans le communiqué des chefs d’Etat de l’Union africaine, il est plutôt recommandé que les protagonistes burundais cherchent ensemble des dates consensuelles. Les dates du 29 juin pour les élections législatives et communales et la date du 15 juillet pour l’élection présidentielle doivent obligatoirement être revues. Il y a des conditions aujourd’hui qui ne sont pas du tout réunies pour permettre des élections libres et transparentes ».

Par RFI

Attribution - Non Commericial - No Derivs Creative Commons© European Union 2013 - European Parliament----------------------------------------Pietro Naj-Oleari:European Parliament,Information General Directoratem,Web Communication Unit,Picture Editor.Phone: +32479721559/+32.2.28 40 633E-mail: pietro.naj-oleari@europarl.europa.eu

Déclaration des coprésidents de l’Assemblée parlementaire paritaire ACP-UE sur la situation au Burundi

Fortement préoccupés par la situation au Burundi, M. Louis Michel et M. Fitz A. Jackson, Coprésidents de l’Assemblée parlementaire paritaire ACP-UE (APP), appellent à une action urgente, ferme et concertée de l’Union africaine, de l’Union européenne et de la Communauté d’Afrique de l’est pour éviter le déclenchement d’une nouvelle guerre civile.
Les Coprésidents exhortent également les autorités burundaises à rétablir la confiance de tous les Burundais, en commençant par un retour au plein respect des Accords d’Arusha de 2000.
Les coprésidents estiment que nul ne peut continuer à fermer les yeux face aux troubles, au chaos et aux massacres qui ont suivi l’annonce de la candidature du Président Pierre Nkurunziza pour un nouveau mandat. Les affrontements entre opposants et forces de l’ordre ont déjà fait trop de morts, la violence et la pression sur les medias privés ont amené des journalistes à la clandestinité, et des leaders de l’opposition sont en exil ; l’assassinat de Zedi Feruzi, n’a pas encore été élucidé, déplorent les coprésidents.
Les coprésidents constatent que la réaction du Président Pierre Nkurunziza aux protestations contre sa nouvelle candidature a conduit à un climat politique de plus en plus autoritaire et autocratique. Le gouvernement a déclaré que les manifestations sont désormais assimilées à une insurrection contre l’ordre légal. Cette situation commence à réveiller la fibre ethnique, déclarent, avec inquiétude, les coprésidents.
Il y a 21 ans, au Rwanda, nous avons assisté à des conséquences dramatiques et inhumaines de la distribution d’armes au sein de la population, rappellent les coprésidents. Nous ne pouvons pas reproduire deux fois la même erreur: il est impératif de désarmer immédiatement les groupements de jeunesse affiliés à des partis politiques.
Les Coprésidents appellent l’Union européenne, l’Union africaine et la Communauté d’Afrique de l’est à agir sans délai et à adopter des mesures fortes afin de contenir la propagation des actes de violence et pour signifier sans équivoque qu’un gouvernement qui serait issu d’élections organisées contrairement aux Accords d’Arusha ne serait pas reconnu par la communauté internationale.
Les Coprésidents demandent que les autorités burundaises respectent et protègent les droits fondamentaux de tous les Burundais, y compris la liberté d’expression et de réunion des opposants, ouvrent sans délai l’espace médiatique, permettent le retour au pays des leaders d’opposition en exil, libèrent inconditionnellement tous les prisonniers politiques et cessent le harcèlement contre la société civile.
Il faut empêcher un drame humain qui risque de contaminer toute la région des grand Lacs, implorent les Coprésidents.
Suva (Fidji), 17 juin 2015

Communiqué du Conseil de l’Union Européenne

Conclusions du Conseil sur le Burundi

 

Le 22 juin 2015, le Conseil a adopté des conclusions sur le Burundi.

L’impasse politique au Burundi, la dégradation de la situation sécuritaire et économique, comportent des effets graves pour la population et des risques pour la région toute entière. Face à cette situation critique, l’UE salue la mobilisation de la région pour trouver une issue. Les décisions sur la situation au Burundi adoptées par le Sommet de l’Union Africaine (UA) le 13 juin, ainsi que les conclusions du Sommet de la Communauté d’Afrique de l’Est (CAE) du 31 mai dernier, fixent un cadre incontournable pour permettre au Burundi de sortir de la crise.En rappelant les conclusions du Conseil du 16 mars et du 18 mai 2015, l’UE partage la conviction exprimée par l’UA, la CAE et les Nations Unies (NU) que seuls le dialogue et le consensus, dans le respect de l’Accord d’Arusha et de la Constitution du Burundi, permettront de trouver une solution politique durable dans l’intérêt de la sécurité et la démocratie pour tous les Burundais. Elle appelle, et s’engage à soutenir, tous les acteurs burundais à reprendre le dialogue sur toutes les questions faisant l’objet de divergences entre les parties.L’Union européenne appelle à respecter pleinement les conditions identifiées par l’UA et la CAE, indispensables à la crédibilité et au bon déroulement du processus électoral de façon pacifique, inclusive et transparente, et dans le plein respect pour les libertés politiques, y compris la liberté d’expression. L’UE appelle à un renforcement de la coordination, soutient les efforts de médiation conduits par l’UA, la CAE et les NU, et se tient prête à appuyer la mise en œuvre des mesures concrètes récemment annoncées par l’UA. Tant la CAE que l’UA ont clairement déclaré que des conditions propices à l’organisation des élections ne sont pas réunies actuellement. Il est fort probable que ces conditions ne puissent pas être réunies dans les délais prévus par la constitution burundaise. L’UE exhorte le gouvernement du Burundi à accepter la réalité de ce constat et à répondre dans les meilleurs délais aux décisions du Conseil de Paix et de Sécurité de l’UA par des actes concrets.Tout comme le Haut-Commissaire des Nations Unies pour les droits de l’homme, l’UE exprime sa forte préoccupation quant au nombre de victimes et aux cas de violations graves des droits de l’homme depuis le début de la crise, notamment les abus attribués aux forces de sécurité et membres des Imbonerakure. Elle demande aux responsables de cesser tout acte provoquant ces violences et exhorte les autorités burundaises à faire toute la lumière sur ces évènements et à amener les responsables devant la justice. L’UE réitère qu’il ne peut y avoir d’impunité pour les personnes responsables de violations graves des droits de l’Homme, et que ces personnes doivent être tenues individuellement responsables et rendre des comptes devant la justice. Dans ce contexte, l’UE attache une importance particulière au déploiement immédiat des observateurs des droits de l’Homme et des experts militaires annoncés par l’UA.L’UE est déterminée à adopter, le cas échéant, des mesures restrictives ciblées à l’encontre de ceux dont l’action aurait conduit ou conduirait à des actes de violence et de répression, à de graves violations des droits de l’Homme, et/ou entraverait la recherche d’une solution politique dans le cadre proposé par l’UA et la CAE. A titre préventif, le Conseil demande à la Haute Représentante d’initier un travail préparatoire en ce sens.L’UE rappelle les obligations de l’accord de Cotonou en matière de respect des droits de l’homme, des valeurs démocratiques et de l’Etat de droit et la possibilité d’entamer les procédures de consultations prévues dans l’accord, y compris à l’article 96.
En fonction de la réaction du gouvernement burundais aux décisions du Conseil de Paix et de Sécurité de l’UA et des développements à venir, l’UE est prête à entamer ces procédures, y compris dans le domaine de la coopération, pour assurer que le Burundi respecte les dits engagements.
L’UE souligne que les obligations de l’accord de Cotonou s’appliquent également à l’ensemble des états parties à l’accord.L’UE exprime également sa vive préoccupation par rapport au flux continu de réfugiés vers les pays voisins. Elle réitère son soutien aux organisations humanitaires présentes dans la région qui répondent aux besoins immédiats des refugiés. Elle salue les autorités des pays d’accueil pour leur politique d’ouverture et d’accueil à l’égard des populations cherchant refuge au-delà de leurs frontières.

Nkurunziza Pierre, une Arme de Destruction Massive.

Quand le président sortant Pierre Nkurunziza demande un troisième mandat au prix du sang, la question qui revient sur toutes les lèvres, y compris parmi ses pairs, est celle de savoir la raison de cette obstination avec un bilan largement négatif.
« Bilan largement négatif », est un euphémisme, car l’action de Pierre Nkurunziza, pendant ces dix ans, est pire. pendant une décennie Nkurunziza a brillé par la destruction de tous les secteurs de la vie nationale. A ce titre
1. Nkurunziza a détruit la démocratie par la destruction des partis politiques, la destruction de la presse et de la société civile;
2. Nkurunziza a détruit l’économie burundaise par une corruption hors pair, la concussion et le trafic d’influence jamais égalés; Nkurunziza a détruit la monnaie burundaise qui devient dans la région une monnaie de singe;
3. Nkurunziza vient de détruire les corps de défense et de sécurité, socle de la stabilité du pays. Il vient de transformer ces corps en une milice au service d’un groupe mafieux. Il a osé déclarer haut et fort qu’il détruira certaines unités de l’armée, une tâche qu’il est en train d’accomplir avec brio par des mutations irréfléchies et ethniques;
4. Nkurunziza est en train de détruire les excellentes relations diplomatiques que le Burundi a toujours eu aves la communauté internationale. Il est en train de réussir avec brio l’isolement diplomatique du Burundi.

5. Plus grave et plus triste, Nkurunziza vient de détruire le CNDD-FDD; hier, ce parti  de libération adulé est devenu un cauchemar pour une grande majorité de burundais. Du parti de libération Nkurunziza l’a fait passé pour un club d’aliénation du peuple burundais. Quel dommage!
En tout état de cause, Nkurunziza est devenu une arme dangereuse de destruction massive. La seule chose qu’il est en train de réussir c’est la multiplication des camps de réfugiés des burundais dans tous les pays limitrophes du Burundi; c’est aussi les tombes des compatriotes assassinés par ses miliciens.
Dès lors, un troisième mandat pour parfaire cette destruction est une provocation inadmissible; une mascarade électorale pour reconduire cette machine de destruction massive est une déclaration de guerre contre le peuple burundais.
(Sé) Pancrace CIMPAYE.

CITATION DU 22 JUIN 2015

« Le fait de s’incliner n’humilie pas l’agresseur mais l’élève » Gandhi

Présidentielle: Deux mandats suffisent.

Ce petit commentaire est tiré du courrier des lecteurs de Jeune Afrique no.2840 du 14 au 20 Juin 2015. Il est signé DJEFF B. MUNGBONDZ:
« En Afrique, partout dans les pays où les chefs de l’Etat achèvent un deuxième mandat, grande est la tentation d’en accomplir un troisième, en dépit de la Constitution et de l’opposition des populations. Heureusement la plupart de ces chefs d’Etat sont désormais pris à leurs propres pièges:les injustices sociales qu’ils ont eux-mêmes contribué à alimenter font naître des résistances. Et plus rien ne sera plus comme avant.
Le peuple africain veut du changement. Le continent a besoin d’une nouvelle génération de dirigeants politiques, prête à accepter les règles du jeu démocratique. Deux mandats suffisent pour mettre en œuvre un programme. Nombre de pays, ailleurs, s’y tiennent; pourquoi pas sur le continent? La vie est courte, particulièrement en Afrique. Nos dirigeants devraient éviter de sacrifier celle de leurs compatriotes par pur calcul égoïste. »

CITATION DU 21 JUIN 2015

« Tout Prince qui est sans défense est exposé au mépris. » Machiavel

Gervais Rufyikiri: Reviendra, Reviendra pas?

Depuis ce jeudi 18 juin 2015, le numéro trois de l’Exécutif burundais, Monsieur Gervais Rufyikiri est à Bruxelles. D’aucuns pensent qu’il a jeté l’éponge pendant que le Conseiller du Ciel et de la Terre de Nkurunziza, Willy Nyamitwe déclare le contraire. Cependant le numéro trois de l’Exécutif qu’on a vu à l’aéroport de Bruxelles ce jeudi, cherchant lui même ses bagages, sans protocole, sans assistance de l’ambassade du Burundi à Bruxelles, est un homme qui n’est plus au service de la dictature de Nkurunziza.
Comment Nyamitwe peut oser déclarer que Monsieur Rufyikiri Gervais est en mission et qu’il rentrera la semaine prochaine? Signalons qu’ à bord de du même avion il y avait le ministre de la Justice qui a bénéficié de toute l’attention des services de l’ambassade du Burundi à Bruxelles. Ce Ministre est pourtant un sous-ordre du Deuxième Vice-Président de la République!
Rappelons à la dictature de Nkurunziza qui n’a que SOLIDARITE ETHNIQUE HUTU comme crédo, que Gervais Rufyikiri qu’on a humilié ce jeudi 18 juin 2015 est un éminent hutu avec une matière grise respectable! Va t-il revenir à l’aéroport de Bujumbura portant lui même ses bagages? Seul l’avenir nous le dira.

(Sé) Pancrace CIMPAYE