Lettre des partis et organisations politiques de l’opposition au président du conseil de sécurité des Nations unies

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ILS ONT DIT

« Je suis dans mon troisième mandat. Selon la loi, je ne peux pas me présenter pour un autre mandat. Je ne peux pas. Je ne peux pas. Je pourrais gagner une autre élection, mais je ne peux pas… Parfois cela est une source de conflits, comme au Burundi. Personne ne doit être président à vie. » Barack Obama, président américain au siège de l’Union Africaine.

Sur les traces de la trahison de Rwasa.

Au président de l’UPRONA, Rwasa Agathon a donné le prétexte fallacieux de la pression de ses « électeurs ». D’après cet honorable député de Kiremba, ses électeurs ont insisté pour qu’il rentre dans les institutions pour soutenir Nkurunziza. Cette explication est un mensonge grossier,cousu de fil blanc. Car ce virement a été négocié avant la mascarade électorale.

En effet le deal de convoler en noces avec  Nkurunziza a été négocié par le biais d’Alain Guillaume Bunyoni. Cette transaction a eu lieu avant les élections. C’est ainsi que, le 29 juin 2015, par un lapsus délibéré de Willy Nyamitwe sur france24, ce conseiller de Nkurunziza déclarait qu’une partie de l’opposition avait participé aux élections en cachette sans en aviser les autres camarades de l’opposition. Effectivement, il avait été convenu que la CENI devait attribuer des voix à Rwasa Agathon même s’il n’avait pas participé aux élections officiellement.C’est bizarre! C’est une première d’avoir un élu qui n’a pas été élire! A côté de cette confidence de Willy Nyamitwe,  le 20 juin à Cologne, en marge d’une marche -manifestation, Aimé Magera, le tout puissant bras droit de Rwasa Agathon, confiait dans un cercle restreint qu’ils allaient participer aux élections législatives et communales du 29 juin. Mais curieusement Aimé Magera n’a pas été à l’ambassade du Burundi à Bruxelles pour voter. Dès lors de quelle participation parlait-il? Bien entendu il était question d’une « participation » via l’ordinateur de Pierre Claver Ndayicariye. C’est ce montage en faveur de Rwasa qui aura été à l’origine du temps relativement  long qu’a pris la publication des résultats de cette mascarade du 29 juin.

L’autre signe évident de cette transaction est le refus de Rwasa Agathon de retirer sa candidature aux présidentielles. Le projet de la lettre à adresser  à la CENI comportait 4 noms ( Syvestre Ntibantunganya, Ndayizeye Domitien, Rwasa Agathon et Jean Minani) mais  quand on a demandé à l’honorable Rwasa de contresigner la lettre, il a refusé. Le projet de lettre  a été modifié et une lettre sans le nom de Rwasa Agathon a été transmise. Rwasa qui avait en poche le contrat de mariage avec Nkurunziza ne pouvait pas retirer sa candidature.

Cependant le mariage a failli capoter à la veille de la rentrée parlementaire car une partie du contrat n’avait pas été honorée, celle de l’enveloppe financière. Rwasa hors de lui menaçait de ne pas siéger le lundi 27 juillet 2015. C’est ainsi qu’il a fait appel  aux bons offices de l’Afrique du Sud. L’argent a été versé. La paix est revenu dans le couple.

De tout ce qui précède Rwasa doit assumer son choix d’un confort financier et cesser de donner des prétextes fallacieux à ses anciens compagnons de lutte. Il leur droit un minimum de respect.

( Dossier à suivre).

Nyabenda Caton.

Le suicide politique de Rwasa

Faut-il en rire ou avoir la chair de poule? Tel est la question qui était sur toutes les lèvres des burundais qui ont suivi le débarquement de Rwasa Agathon à l’hémicycle de Kigobe ce lundi 27 juillet 2015. Pour ses fidèles, ceux-là même qui ont tout perdu en défendant bec et ongles Rwasa jusqu’au moment où nous rédigeons cet article, ils croient que c’est une sosie de Rwasa. Et pour preuve, lisez quelques unes de leur réactions:

« Jamais au grand jamais, umutama wacu ntiyovyubahuka ( notre sage ne peut pas oser)! »

« Rwasa ne peut pas oser nous trahir! Rwasa ne peut pas poignarder dans le dos les veuves et les orphelins qui ont perdu les leurs par la folie meurtrière de Nkurunziza »

« Non, c’est un mensonge, il n’est pas assis à la droite du tirant Nkurunziza! ».

Pourtant Agathon Rwasa qui criait sur tous les toits qu’il ne reconnaissait pas les élections organisées en solo par Nkurunziza en violation de l’esprit et de la lettre de l’Accord d’Arusha pour la Paix et la Réconciliation a intégré les institutions issues de cette mascarade électorale.

C’est un gros risque, une lourde responsabilité ou plutôt  irresponsabilité qu’il a prise qui risque de lui coûter cher. A ce titre  entre lui et la base le divorce sera consommée et sa crédibilité consumée. D’un autre côté Nkurunziza qui n’a pas hésité d’humilier, de détruire et de jeter comme un malpropre son partenaire UPRONA, ne fera pas de détails quand viendra le moment de jeter dehors Rwasa. Et comme ils ont assassiné Datus, l’inséparable de Rwasa, en accusant Aimé Magera, ou assassiné Zedi Feruzi en accusant Chauvineau Mugwengezo, ainsi  Nkurunziza n’hésitera pas de liquider  Rwasa pour accuser par suite sa base mécontente ou l’opposition trahies.

En tout état de cause Rwasa Agathon en acceptant de communier avec le tirant Nkurunziza qui a assassiné tant de militants du FNL, devient collégialement responsable de ces assassinats. En substance le même Rwasa aux côtés de l’homme qui a brigué un troisième mandat illégal devient complice de  cette violation  de l’Accord d’Arusha pour la Paix et la Réconciliation au Burundi. En intégrant le parlement de Nkurunziza, Rwasa vient de se mettre la corde au coup. Un suicide politique de mauvais goût. Mais un bon débarras pour l’opposition. Comment en est-il arrivé à ce suicide? Quel est le vraie vvisage de Rwasa? Nous vous donnerons dans nos éditions ultérieures les témoignages de ses anciens compaggnons. (Dossier à suivre)

Nyabenda Caton.

CITATION DU 25 JUILLET 2015

« Courez tous après le chien, jamais il ne vous mordra; buvez toujours avant la soif, et jamais elle ne vous adviendra » François Rabelais , dans Gargantua.

BURUNDI : Face au simulacre d’élections, l’UE doit prendre des sanctions !

Par Frédéric TRIEST ( Secrétaire Exécutif-Adjoint d’EURAC).
Au vu des circonstances dans lesquelles se sont déroulées les élections communales et législatives du 29 juin 2015 et présidentielles du 21 juillet 2015 au Burundi, le Réseau Européen pour l’Afrique Centrale (EurAc) et ses membres appellent l’Union Européenne (UE) à ne pas reconnaître les résultats de ces élections età prendre les sanctions appropriées à l’encontre du Président Nkurunziza et de son gouvernement.
Le 25 avril 2015 le parti au pouvoir (CNDD-FDD) annonçait la candidature de Pierre Nkurunziza à un troisième mandat présidentiel. Cette candidature, qui va à l’encontre de la Constitution burundaise et des Accords d’Arusha (2000), constitue une menace directe pour l’alternance démocratique et la stabilité non seulement du Burundi mais aussi de la région des Grands Lacs dans son ensemble. Des dizaines de milliers de personnes ont suivi l’appel des organisations de la société civile et de l’opposition politique en sortant dans la rue pour exprimer leur désaccord avec la décision du CNDD-FDD.             
La période électorale qui s’est achevée le 21 juillet 2015 par l’élection présidentielle a été marquée par une violence croissante. Les autorités burundaises ont fait le choix de la répression et de la restriction des libertés au travers de l’édiction de lois restrictives, de pressions politiques exercées sur l’opposition, du musèlement des médias libres et de la société civile, d’intimidations et d’arrestations injustifiées. Les trois radios indépendantes du pays Bonesha, Isanganiro et Radio Publique Africaine ont été empêchées de diffusion depuis le début des manifestations, pour être finalement détruites le 14 mai 2015 lors d’attaques menées par des personnes non identifiées.
Les manifestations ont été réprimées avec une force excessive, la police burundaise a utilisé des gaz lacrymogènes ainsi que des balles réelles pour disperser la foule. Les Imbonerakure, milice de jeunes du CNDD-FDD, ont également pris part à des actions d’intimidation et de violence en toute impunité. Plus de 80 personnes ont déjà été tuées, des centaines d’autres blessées et près d’un millier arrêtées. Plusieurs cas de torture ainsi que des exécutions extrajudiciaires ont été reportés comme celle du président du parti d’opposition UPD, Zedi Feruzi. La tentative avortée du coup d’Etat du 13 mai 2015 par le Général Godefroid Niyombare n’a fait qu’empirer la situation en permettant au gouvernement de justifier les violences sous prétexte d’arrêter les putschistes. La peur d’un nouvel éclatement de violence a déjà conduit plus de 150 000 burundais, parmi lesquels des activistes, journalistes et opposants politiques, à se réfugier dans les pays voisins.
Malgré de nombreux appels de la communauté internationale (Nations-Unis, Union-Africaine, Communauté de l’Afrique de l’Est (CAE), UE), des partenaires du Burundi (Etats-Unis, Allemagne, Belgique, Pays-Bas), et de la société civile burundaise, et malgré les menaces de sanctions à son égard, le gouvernement burundais s’est entêté à enfoncer le pays dans une grave crise politique.
Dans ce contexte, les élections communales et législatives du 29 juin 2015 ont été boycottées par les partis d’opposition, ce qui a conduit à une victoire écrasante du parti au pouvoir le CNDD-FDD. Les élections présidentielles, initialement prévues en date du 26 juin 2015, ont été successivement reportées au 15 puis au 21 juillet 2015 suite aux pressions de la CAE. Ces reports n’ont pas permis de rétablir les conditions nécessaires au déroulement d’élections démocratiques, telles que le désarmement des Imbonerakure, le retour des réfugiés burundais, la possibilité d’une campagne libre pour tous les candidats, le dialogue politique, ou encore la définition d’une date consensuelle pour la tenue des élections. En conséquence, l’opposition politique et la société civile ont appelé au boycott de l’élection présidentielle.
A un jour de l’élection présidentielle, le médiateur ougandais qui tentait de renouer le dialogue entre le camp présidentiel et l’opposition a finalement quitté le pays en ajournant sine die les négociations. En cause, l’absence du camp gouvernemental au quatrième jour de discussion portant sur le calendrier électoral et un nouveau report de l’élection présidentielle. Cet épisode confirme un peu plus que les autorités burundaises n’ont jamais montré une volonté réelle d’organiser des élections apaisées, transparentes et reposant sur un dialogue entre les acteurs concernés.
Des explosions et des tirs ont été entendus la nuit précédant l’élection présidentielle, faisant au moins deux morts. Des violences ont également été signalées peu avant l’ouverture des bureaux de vote. Le scrutin a été marqué par un faible taux de participation, largement inférieur à celui des élections communales et législatives du  29 juin 2015.
Il existe un risque très élevé de voir le Burundi basculer dans la violence généralisée, voire dans la guerre civile. Les combats qui ont eu lieu les vendredi 10 et samedi 11 juillet 2015 dans la forêt de Kibira dans les provinces de Kayanza et Cibitoke en sont un premier signal. Bien que l’origine et le bilan de ces affrontements restent encore flous, plusieurs sources avancent l’implication des putschistes du 13 mai 2015. Si une telle rébellion armée contre le régime en place devait être fomentée, elle laisserait craindre des graves troubles pour le pays dans les mois à venir.
L’UE ne peut cautionner de telles entraves à la vie démocratique et à la stabilité régionale. Elle doit donccondamner fermement les décisions et mesures prises par les autorités burundaises ces derniers mois etutiliser tous les leviers dont elle dispose pour contraindre Pierre Nkurunziza et les responsables du CNDD-FDD à restaurer l’Etat de droit au Burundi. EurAc et ses membres appellent l’UE et ses Etats-membres à :
·      ne pas reconnaitre les résultats des élections du 29 juin 2015 et du 21 juillet 2015 ;
·      entamer les procédures prévues dans l’article 96 de l’Accord de Cotonou afin de suspendre toute aide budgétaire et sectorielle directe aux autorités burundaises, comme le demande le Parlement européen dans sa Résolution du 9 juillet 2015 sur la situation au Burundi. EurAc insiste sur le fait que, dans la mesure du possible, cette procédure devrait conduire à augmenter les moyens destinés au soutien direct à la population, à la société civile et aux médias indépendants du Burundi ;
·      divulguer une liste de personnes responsables de violations des droits humains au Burundi qui seront ciblées par des sanctions individuelles (gel des avoirs et restriction de visas) et, si nécessaire, saisir la Cour pénale internationale. Les Conclusions du Conseil sur le Burundi du 22 juin 2015 font d’ailleurs mention de possibles mesures restrictives et le Parlement européen s’est exprimé en faveur de leur adoption dans sa Résolution du 9 juillet 2015. Un consensus doit donc urgemment être trouvé entre Etats-membres afin d’arrêter les noms des hauts responsables politiques et des membres des forces de sécurité ciblés par ces sanctions.

CITATION DU 22 JUILLET 2015

« Si chacun ne conservait que ce dont il a besoin, nul ne manquerait de rien, et chacun se contenterait de ce qu’il a » Gandhi

Bilan des affrontements de ce 20 Juillet 2015

A la veille de la mascarade électorale du 21 juillet 2015, de violents affrontements entre les forces du despote Nkurunziza et la résistance populaire armée ont eu lieu principalement dans la province de Bujumbura et en mairie de Bujumbura. Dans cette dernière localité, d’une source hospitalière et policière, nous apprenons que l’on déplore 9 policiers tués et 13 blessés. Nous ignorons le bilan des pertes du côté du peuple en armes.

Mais de la même source policière, nous apprenons que la grogne a monté d’un cran  au sein de la police car depuis ces affrontements plusieurs dizaines de policiers ont perdu la vie. Une colère perceptible contre un pouvoir qui les mène vers une guerre,  juste pour protéger les intérêts sectaires d’un petit groupe. C’est d’ailleurs ce mécontentement qui les poussent à nous livrer les détails des pertes.

Signalons que cette résistance armée s’attaque principalement à la police ainsi qu’aux miliciens Imbonerakure.

Andy Nyandwi.

 

 

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Burundi : un ancien président met en garde contre le danger d’un génocide

Le sénateur burundais Sylvestre Ntibantunganya, ancien président de la République (1994- 1996), a exhorté dimanche la communauté internationale à éviter que le Burundi ne sombre dans une crise comme celle de 1994 au Rwanda.

« A la communauté internationale, il faut dire ceci : ne nous trouvons pas demain devant une situation comme celle qui a eu lieu au Rwanda il y a une vingtaine d’années et que cette communauté internationale ne vienne ici pour verser les larmes de crocodile alors qu’elle observe ce qui se passe, qu’elle voit qui bloque, qu’ elle voit qui ne cherche pas une solution », a-t-il déclaré après la suspension du dialogue politique inter-burundais dimanche.

Le dialogue, ouvert mercredi, a été suspendu en raison du retrait de la mouvance présidentielle, annoncé samedi.

« Il faut que les Burundais sachent, que la région sache, et que la communauté internationale sache qui est l’obstacle maintenant parce que quand vous négociez, au bout du temps, vous trouvez une solution qui vous arrange tous », a-t-il déclaré.

Pour lui, la sécurité au Burundi est menacée et cette insécurité peut compromettre la sécurité dans la région.

« Il y a donc un devoir d’agir rapidement car j’ai vu en 1994 les erreurs qui ont été commises par la région au Rwanda. Je ne dirais pas que les dimensions seront les mêmes, mais j’ai l’ impression qu’il y a une option délibérée de laisser la situation évoluer dangereusement vers des risques de violences », a averti M. Ntibantunganya.

Samedi soir, le CNDD-FDD (au pouvoir) et d’autres formations proches du pouvoir, dont les Forces Nationales de Libération (FNL) et la Coalition des partis Politiques pour une Opposition Participative (COPA), ont claqué la porte après la diffusion en ligne d’une déclaration « d’allure putschiste par l’opposition ».

Certains partis et coalitions d’opposition exigent dans cette déclaration la création d’un « Conseil National pour le Respect des Accords d’Arusha et de l’Etat de Droit au Burundi ».

Cet accord, conclu en 2000 et qui a mis fin à la guerre civile burundaise, limite à deux le nombre des mandats du président de la République,alors que le président Pierre Nkurunziza, élu en 2005 et réélu en 2010, briguera un troisième mandat au scrutin présidentiel qui aura lieu mardi.

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Communiqué du porte parole du secrétaire général des Nations Unies.

Le Secrétaire général prend acte de la suspension sine die du dialogue inter-burundais, entamé sous la facilitation de l’Ouganda le 14 juillet 2015, conformément aux recommandations du sommet des Chefs d’État de la Communauté de l’Afrique de l’Est (EAC) du 6 juillet 2015. Le Secrétaire général salue les efforts du président ougandais Yoweri Museveni et de l’EAC, et appelle les organisations et les partenaires du Burundi à œuvrer de concert afin d’aider les Burundais à régler pacifiquement leurs différends.

Le Secrétaire général note que la suspension du dialogue intervient alors qu’aucun accord n’a été trouvé sur un ensemble de questions susceptibles de contribuer à la création d’un environnement propice à la tenue d’élections crédibles et pacifiques, conformément aux recommandations pertinentes de l’EAC et de l’Union africaine.

Dans ce contexte préoccupant, et suite à la décision du gouvernement du Burundi d’organiser le scrutin présidentiel le 21 juillet, le Secrétaire général appelle les autorités à tout faire pour assurer la sécurité et la tenue pacifique de ce scrutin. De même, il appelle toutes les parties à s’abstenir de commettre toute forme de violence qui pourrait compromettre la stabilité du Burundi et de la région.

Le Secrétaire général réitère son appel à la reprise d’un dialogue franc entre toutes les parties et les exhorte à éviter de saper les progrès accomplis en matière de démocratie depuis la signature des Accords d’Arusha.

Le Secrétaire général rappelle que conformément au mandat du Conseil de sécurité pour une observation du processus électoral avant, pendant et après les élections, la Mission d’observation électorale des Nations Unies au Burundi (MENUB) continue de remplir ses fonctions et qu’elle a déployé à cette fin des observateurs sur tout le territoire du Burundi. Le Secrétaire général invite toutes les parties à faciliter l’accomplissement de leur mission et demande en particulier au gouvernement d’assurer la sécurité des observateurs.

 

http://www.un.org/sg/statements/index.asp?nid=8847

Arrêt des négociations au Burundi à deux jours de la présidentielle

Après des discussions houleuses samedi, aucun représentant du parti au pouvoir au Burundi ne s’est présenté dimanche à Bujumbura pour poursuivre le dialogue avec l’opposition. À deux jours de la présidentielle, la médiation est ajournée « sine die ».

À deux jours d’une présidentielle controversée au Burundi, la médiation ougandaise a « ajourné sine die », dimanche 19 juillet, en l’absence des délégués du camp présidentiel, le dialogue entamé entre le pouvoir et ses adversaires pour sortir le pays de la crise qu’il traverse depuis fin avril.

Aucun représentant du gouvernement, du parti au pouvoir CNDD-FDD ou de ses alliés ne s’est présenté dimanche à l’hôtel de Bujumbura où se tiennent les discussions, ajournées la veille après des débats houleux, au cours desquels le pouvoir avait accusé ses adversaires d’être « tous des putschistes ».

>> À voir sur France 24 : « Burundi : un Conseil national de transition pour ‘faire partir Nkurunziza' »

Ceux-ci avaient reproché en retour au camp présidentiel de vouloir gagner du temps, pour ne pas aborder avant le scrutin mardi la question du report de la présidentielle, exigé par l’opposition et la société civile qui jugent que la Constitution interdit au chef de l’État de se représenter.

Le ministre burundais de l’Intérieur Edouard Nduwimana avait annoncé tôt dimanche vouloir « interrompre » les pourparlers « pour déterminer si nous continuons ce dialogue parce […] que pendant que nous étions en train de dialoguer, d’autres étaient en train de préparer autre chose ».

« Il faut être deux pour dialoguer »

La candidature du président Pierre Nkurunziza, qui brigue un troisième mandat, a plongé depuis fin avril le Burundi dans une grave crise émaillée de violences ayant fait plus de 80 morts. Ce petit pays d’Afrique des Grands Lacs, à l’histoire post-coloniale jalonnée de coups d’État et de massacres entre Hutu et Tutsi, a été traumatisé par une longue guerre civile.

Le gouvernement a déjoué à la mi-mai une tentative de coup d’État militaire, et finalement mis fin à la mi-juin à un mois et demi de manifestations quasi-quotidiennes à Bujumbura par une brutale répression. Mais il a essuyé depuis une série d’attaques à la grenade et est confronté, depuis une semaine, à des combats et escarmouches entre armée et rebelles au nord du pays, dans la zone frontalière avec le Rwanda.

« Il faut être deux pour dialoguer, l’absence du gouvernement signifie que nous devons suspendre jusqu’à ce qu’il soit prêt à continuer le dialogue » a expliqué le médiateur ougandais, Crispus Kiyonga à la presse. « Nous avons attendu, passé des coups de fil et nous n’avons vu personne du gouvernement; nous n’avons reçu aucune réponse à nos appels téléphoniques », a-t-il déploré.

« Le dialogue n’est pas terminé », a néanmoins assuré le médiateur. « Dès que nous serons prêts, nous reviendrons » aux discussions, a-t-il affirmé, « nous devons donner une chance au gouvernement […] personne n’a dit qu’il quittait la table des négociations ».

« Les masques sont tombés »

« Le gouvernement a été vraiment irresponsable, en refusant de sauver le Burundi alors que ce pays s’enfonce dans l’abîme », a réagi Jean Minani, chef de la délégation de l’opposition aux discussions, après l’ajournement du dialogue.

Léonce Ngendakumana, président de l’ADC, principale coalition de l’opposition burundaise, a estimé que « le gouvernement a pris l’option de s’isoler et de poursuivre les pseudo-élections, pour qu’on reprenne les discussions après les élections, ce qui n’aura pas de sens ».

« Le processus est au point mort » et « la situation sécuritaire peut dégénérer à tout moment », s’est inquiété dimanche un cadre de l’EAC.

Selon Innocent Muhozi, représentant de la société civile, le camp présidentiel « cherche depuis le début le fait accompli électoral, tout en faisant semblant de négocier ». « Les masques sont tombés », a-t-il estimé.

Avec AFP

Les frondeurs du CNDD-FDD annoncent leur structure.

Abaryumyeko (Abagumyabanga baryumyeko) du CNDD-FDD communément surnommés frondeurs rendent publique leur structure provisoire de coordination.

1. Depuis le mois de mars 2015, des membres du CNDD-FDD opposés au 3ème mandat du Président Pierre Nkurunziza, surnommés « Frondeurs du CNDD-FDD », ont mis en place une structure provisoire de coordination des actions visant à faire respecter la Constitution de la République du Burundi et l’Accord d’Arusha pour la paix et la réconciliation. Ladite structure est composée notamment des membres suivants :
1. Onésime Nduwimana: Représentant;
2. Honorable Moïse Bucumi : Représentant Adjoint;
3. Léonidas Hatungimana : Porte-Parole;
4. Honorable Aimé Nkurunziza: chargé de la Diplomatie;
5. Honorable Oscar Ndayiziga: chargé de la Propagande et de la Mobilisation des jeunes;
6. Geneviève Kanyange : chargée de la Mobilisation des femmes;
7. Frédiane Coyitungira: chargée de la logistique

2. Ce comité de coordination est appuyé par des membres du Conseil des Sages notamment le Président de l’Assemblée Nationale Honorable Pie Ntavyohanyuma, le Deuxième Vice-Président de la République Gervais Rufyikiri et l’ancien Président du Parti CNDD-FDD Honorable Jérémie Ngendakumana.
Pour des raisons de sécurité, les noms des autres membres de la structure de coordination et du Conseil des Sages qui résident actuellement au Burundi ne sont pas révélés.
3. Abaryumyeko du CNDD-FDD profitent de cette occasion pour informer la communauté burundaise et internationale qu’ils adhèrent à l’initiative lancée en date du 15 juillet 2015 de mettre sur pied un Conseil National pour le Respect des Accords d’Arusha pour la paix et la réconciliation et de l’Etat de Droit au Burundi.
4. Abaryumyeko du CNDD-FDD appellent tous les Burundais à boycotter les élections présidentielles du 21 juillet 2015 parce que la candidature de Nkurunziza Pierre viole la Constitution de la Républque du Burundi et l’Accord d’Arusha pour la paix et la réconciliation qui limitent le nombre de mandats présidentiels à deux seulement.
5. Abaryumyeko du CNDD-FDD demandent aux pays et aux organisations régionales et internationales partenaires du Burundi de ne pas reconnaître les résultats de ce simulacre d’élections déjà passées ou en vue qui ne sont ni libres, ni transparentes, ni inclusives et de ne pas reconnaître les institutions qui en seront issues.

Fait à Cankuzo, le 20 juillet 2015
Hatungimana Léonidas
Porte-Parole
Cantacts :
Tel : +25775399894
Whataspp : +25776570597

CITATION DU 20 JUILLET 2015

« Entre la guerre et le déshonneur, vous avez choisi le déshonneur et vous aurez la guerre. » Wiston Churcill

La force des armes et non des urnes.

Nkurunziza obnubilé par sa reconduction de demain 21 juillet 2013 a claqué la porte des négociations avec l’opposition ce dimanche 19. Pour  l’oligarchie de Nkurunziza, le train de la mascarade électorale qui a débuté le 29 juin doit poursuivre sa route. Ainsi donc demain le despote Nkurunziza va s’autoproclamer « Président à vie du Burundi ».

Mais que se passe t-il dans la tête de Pierre Nkurunziza et ses mousquetaires? L’histoire de ce troisième mandat et de la présidence à vie étaient programmés d’avance. En effet à la veille des élections de 2010, Alain Guillaume Bunyoni, le bras droit de Nkurunziza, confiait à quelques fidèles ceci: « Nous n’avons pas été au maquis pour diriger cinq ans seulement! ». Après 10ans de règne, le même refrain revient « Nous n’avons pas été au maquis pour diriger 10 ans seulement! »

En 2010, cette oligarchie, aidé par le célèbre informaticien ivoirien Aidara Sheriff, devenu par la suite ambassadeur Extraordinaire et plénipotentiaire du Burundi en Côte d’Ivoire, a truqué les élections et a gagné le pari de demeurer au pouvoir. Cette année, la même volonté de rester au pouvoir va être définitivement concrétiser par la mascarade électorale de demain.En 2020, le même Nkurunziza redira « Nous n’avons pas été au maquis pour diriger 15 ans seulement! » Ainsi de suite.

Ce crédo du passage au maquis qui revient de façon récurrente signifie que Nkurunziza et sa clique ne quitteront pas le pouvoir par la voie des urnes. Seule la voie par la quelle ils sont passé, le maquis, est autorisé à les mettre sur la touche. En définitive « ils sont au pouvoir par la volonté des armes, ils ne partiront que par le coup des mêmes armes ». Autant dire qu’ils ont enterré dès leur arrivée toute idée d’une alternance via les urnes. Seule la force des armes et non celle des urnes compte. Aux armes citoyens…!

Nyabenda Caton.

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Burundi: report du dialogue après 4 jours de discussions agitées

A un jour de l’élection présidentielle, le médiateur ougandais qui tentait de mettre fin à la crise qui dure depuis avril a finalement quitté le pays, en ajournant sine die les pourparlers. En cause, l’absence du camp gouvernemental aux discussions. Pas un ministre, ni un représentant du parti au pouvoir ou de ses alliés n’a répondu à la convocation du ministre ougandais de la Défense. Or la question qui était censée être mise sur la table était celle du calendrier électoral et d’un nouveau report de la présidentielle. Retour sur ce premier round de négociations.

Au premier jour, jeudi 16 juillet, le ministre ougandais de la Défense avait déjà attendu le camp présidentiel, toutes les parties étaient convoquées à 14h. Finalement les ministres de l’Intérieur, des Affaires étrangères, le porte-parole du CNDD-FDD et tous leurs alliés ne sont arrivés que deux à trois heures plus tard. « Nous n’avons pas été informés », avaient-ils expliqué.

Les discussions commencent et les accusations réciproques aussi. Les prises de paroles sont interminables. La médiation – elle – fait tout pour aller vite et établir les thématiques à aborder. Pour l’opposition, la première urgence, c’est de reporter la présidentielle. Mais uncommuniqué couperet du gouvernement tombe alors que ses délégués viennent de rentrer dans la salle. Il appelle les Burundais à aller voter le 21 juillet.

Il faudra attendre samedi, troisième jour des négociations, pour que l’ordre des priorités soit établi. Dix points, puis quatre : sécurité, calendrier électoral, gouvernement d’union national et troisième mandat. La sécurité et le retour des réfugiés en premier, selon le souhait du gouvernement.

L’opposition bataille peu et n’a qu’une hâte, en arriver au débat sur le calendrier électoral. Alors que le sujet doit être mis sur la table, le gouvernement brandit un document signé par plusieurs partis d’opposition et publié depuis plusieurs jours, qui annonce la création prochaine d’un conseil national. Le gouvernement y voit l’équivalent d’une tentative de putsch. Le camp présidentiel obtient un premier ajournement jusqu’à dimanche pour consultation et finalement ne se présente pas.

Le report est un « malentendu », selon le gouvernement

Constatant l’absence du camp présidentiel, le médiateur ougandais a donc décrété un report sine die. Le ministre burundais des Affaires étrangères assure que c’est un malentendu et que la délégation gouvernementale avait expliqué la veille qu’il lui serait difficile de se libérer à cause de l’élection des administrateurs communaux et de la messe.

« Il me semble qu’il y a un problème de communication, le gouvernement avait clairement indiqué au facilitateur que ce dimanche était difficile pour nous dans la mesure où c’est le jour où se sont tenues les élections des administrateurs communaux par les conseils communaux. Et c’est aussi un dimanche, le matin au Burundi on va à l’église », avance Alain Aimé Nyamitwe.

L’opposant Agathon Rwasa, lui, n’y croit pas : « c’est un blocage parce que pour le pouvoir et le CNDD-FDD il faut aller jusqu’au bout pour après imposer sa volonté. Mais je pense que ça n’augure rien de bon. Plutôt que désamorcer la crise, ça risque de la renforcer. »

Mais pour l’ex-président Domitien Ndayizeye, le dialogue finira par porter ses fruits. « Je pense que tant que la facilitation n’a pas dit son dernier mot, on a pas à désespérer. Les points de vue qui sont défendus aujourd’hui continueront à être défendus jusqu’à ce qu’il y ait une bonne organisation des élections pour le Burundi et pour tout le monde », estime-t-il.

Cet épisode inquiète dans les milieux diplomatiques qui y voient un mauvais signal pour l’avenir du pays.