Coopération Pays-Bas-Burundi : « Les élections tenues ou à venir ne sont pas crédibles »

Le communiqué publié par le ministère du Commerce Extérieur et de la Coopération au Développement des Pays-Bas dont Iwacu a reçu une copie est très clair : « les élections législatives tenues plus tôt cette semaine, et les élections présidentielles prévues pour le 15 Juillet, ne sont pas crédibles », écrit la ministre Lilianne Ploumen.
Pour les Pays-Bas, la violence électorale en cours au Burundi «prend une tournure de plus en plus inquiétante. » D’après madame Ploumen, « cette violence a éclaté après l’annonce controversée, par le président Pierre Nkurunziza, fin avril, de briguer un troisième mandat. »

Et si le président Nkurunziza prête encore serment…

Le communiqué est très précis sur les sanctions « si l’actuel président Nkurunziza prête serment pour un troisième mandat, sans l’existence d’une réconciliation nationale ». Les Hollandais qui ont la réputation d’être directes  ne tournent pas autour du pot : « Dans ce cas, l’aide directe au gouvernement burundais sera définitivement abrogée. » Plus clair on ne trouve pas…

Pour rappel, le gouvernement néerlandais a déjà décidé de suspendre, entre autres, le programme de réforme de l’armée et de la police, un programme qui avait donné un résultat positif jusqu’ici car, selon différents observateurs, les forces de sécurité avaient commencé à adopter une attitude professionnelle et retenue.

Les Pays-Bas regrettent qu’il soit devenu de plus en plus compliqué de trouver un compromis entre le gouvernement et l’opposition.

La ministre demande au gouvernement burundais et toutes les parties concernées de suivre les recommandations de l’Union africaine et de la Communauté Est Africaine, pour « trouver une solution basée sur le consensus et le dialogue ».

Madame Ploumen insiste aussi sur la nécessité de désarmer « les jeunes affiliés aux partis politiques et de rétablir le fonctionnement des médias indépendants ». La population burundaise, après des décennies de conflit, « a droit à la sécurité, la stabilité et la paix » conclut le communiqué.

election

Burundi: l’ONU juge les élections ni crédibles, ni libres

La Mission d’observation électorale de l’ONU au Burundi, la seule mission d’observation indépendante qui était présente dans le pays lors des législatives et des communales du 29 juin, a livré ce jeudi soir des conclusions sans appel.

Premier constat : les élections communales et législatives se sont déroulées dans un climat politique tendu, de peur et d’intimidation dans certaines parties du pays. La mission onusienne parle de restrictions des libertés d’expression, de réunion, d’information.

Si la commission électorale a bien géré le processus d’établissement de la liste électorale, c’était avant la crise. La Menub rappelle que l’opposition critique son manque d’indépendance et le départ de deux de ses commissaires en exil. D’un point de vue technique, la mission de l’ONU n’adresse en revanche aucun de reproche envers la commission électorale. Les observateurs onusiens ont pu visiter 145 centres de vote dans les 18 provinces. Ils disent que là où ils ont été, le vote s’est déroulé normalement.

De manière générale, note ce communiqué, de nombreux Burundais se sont rendus aux urnes. Mais vu les arrestations et les restrictions dans les libertés, la mission onusienne estime que l’environnement n’était pas propice pour des élections libres, crédibles et inclusives. Elle dit toutefois regretter le boycott des scrutins par l’opposition.

Ce communiqué fait écho à un autre, celui du gouvernement sorti à quelques heures d’écart. Le gouvernement affirme que lundi, à la mi-journée, 95 % des électeurs inscrits sur les listes électorales étaient allés voter. Bujumbura assure que le scrutin a été libre, malgré « quelques cas d’intimidation dans les quartiers dernièrement objet de perturbation ». La mission des observateurs électoraux, dit le gouvernement, est de rapporter les faits, pas d’invalider les scrutins.

CITATION DU 3 JUILLET 2015

« La principale qualité d’un révolutionnaire, c’est l’amour. L’amour des hommes, l’amour de la vérité, l’amour de la justice… » Ernesto Che Guevara

ndandaye-nkurunziza

Elections du 29 Juin 2015: Ndadaye Melchior assassiné pour la deuxième fois…

Après la mascarade électorale du 29 juin 2015, le héros de la démocratie, son Excellence Melchior Ndadaye, se retournant dans  sa tombe dit à Nkurunziza:  » Toi aussi, mon fils! » Tel Jules César s’adressant à son fils Marcus Brutus venu le tuer, Ndadaye Melchior doit être amer au lendemain du coup de force contre la démocratie de ce lundi 29 Juin 2015; par ces pseudo-élections qui consacrent le monopartisme et enterrent du coup les vertus de la démocratie, le héros de la démocratie a raison de se sentir trahi par ceux-là même qui avaient pris les armes pour la Défense de la Démocratie en 1993.

La trahison est à son comble quand on réalise que l’oligarchie de Pierre Nkurunziza vient de parfaire le tableau des raisons qui ont poussé, à l’époque, le peuple en armes d’emprunter la lutte armée. Il a raison le Général-Major Niyombare Godefroid de constater avec amertume que : « Ils ont complètement oublié pourquoi nous sommes allés au maquis! Nous y sommes allés pour défendre la démocratie, pour nous battre contre l’exclusion et l’injustice. Notre objectif était de promouvoir l’équité! Hélas l’objet de ce combat a été travesti ou jeté à la poubelle! »

Effectivement l’oligarchie de Nkurunziza vient d’immoler, sur l’autel des intérêts égoïstes, la démocratie; ce groupe mafieux est parvenu à détruire la presse privée et la société civile. La liberté d’opinion et d’association deviennent un vain mot. A ce titre l’exécution de tout homme à une voix dissonante ou supposé comme tel est devenu le mode de faire taire l’opposition. Les emprisonnements arbitraires par une justice sous les bottes de cette dictature rentrent dans cette dynamique d’instaurer un parti unique au Burundi. La propagande dangereuse de la haine ethnique devient le crédo de ce pouvoir. Ces actes barbares et anachroniques constituent une déclaration de  guerre au peuple burundais. Celui-ci  ne lâchera plus d’un iota les acquis de la démocratie.

Cette guerre que Nkurunziza et son club imposent au peuple burundais est perdu d’avance. Et pour cause Nkurunziza a en face de lui un front de Hutu et de tutsi qui réfléchissent « Nation » et non « Ethnie »; Nkurunziza a en face de lui une grande partie de l’armée qui refuse sa délinquance monolithique et ethnique; Nkurunziza a contre lui tout un peuple qui avait jubilé, sur tout le territoire burundais et à l’étranger, à l’annonce de son renversement le 13 Mai 2015; enfin Nkurunziza est parvenu à se mettre sur le dos toute la communauté internationale qui ferme les robinets de l’appuie économique.  L’oligarchie de Bujumbura est en passe d’imposer un embargo économique au peuple burundais juste pour couvrir ses crimes économiques et de sang. C’est dans cette même dynamique que Nkurunziza et sa clique ont décidé de brûler tous les quartiers de Bujumbura dits  » Tutsi ».

Le sang de ces innocents est une malédiction! La haine ethnique que Nkurunziza ravive est une malédiction! L’assassinat de la démocratie au Burundi, 22 ans après l’assassinat du héros de la démocratie, est une trahison  qui crie vengeance au ciel. Et le héros de la démocratie, son Excellence Melchior Ndadaye qui doit être remonté,répète sans cesse le « Tu quoque mi fili » de Jules César. Une malédiction à l’adresse du traître qui vient d’assassiner Ndadaye Melchior pour la deuxième fois!

(Sé) Pancrace CIMPAYE.