Que retenir du dernier sommet sur le Burundi en Tanzanie?

Ce 6 Juillet 2015, un sommet qui devait réunir 5 chefs d’Etat de la Communauté Est Africaine n’a réuni que deux Chefs d’Etat, le tanzanien, Jakaya Mrisho Kikwete et Yoweri Kaguta Museveni, l’Ougandais. Que faut-il retenir de ce sommet?

1. La réunion  des Ministres  a reconnu que les élections du 29 juin 2015 s’étaient mal déroulées. Le sommet  qui n’est pas revenu sur cette décision des ministres a t-il confirmé le constant par son silence? Le Médiateur nous le dira.

2. Le Sommet a sauté pieds joints la problématique du troisième mandat qui a déjà tué plus de 100 paisibles manifestants, un troisième mandat qui a déjà produit plusieurs centaines de milliers de réfugiés et plus de 1500 prisonniers politiques;

3. Le sommet de ce lundi estime à tort que la milice IMBONERAKURE peut être désarmée en quinze jours et ainsi permettre une élection paisible le 30 Juillet au lieu du 15 Juillet;

4. Le même sommet voudrait qu’ après que Nkurunziza ce soit autoproclamé Président du Burundi qu’il forme un gouvernement qui intègre l’opposition qui n’aura pas participé aux élections. Une telle perspective équivaudrait à confier à Nkurunziza la conduite d’un gouvernement de transition d’union nationale pendant… 5ans!

5. La plus douloureuse décision sera cette recommandation de faire entériner ces décisions par tout le continent africain. Pourtant l’Union Africaine et le monde entier estiment que les conditions pour une élection digne de son nom ne sont pas réunies.

6. La seule chose positive de ce sommet aura été la nomination de l’ancien président de l’initiative régionale sur la paix au Burundi, le président Yoweri Kaguta Museveni. comme Médiateur. A ce titre il sied de saluer cette nomination d’un Médiateur d’un haut rang. Aux grands maux, les grands remèdes! Espérons qu’il saura ramener Nkurunziza à la raison et qu’il comprendra que la crise burundaise est loin d’être une affaire des tutsi qui en veulent à Nkurunziza.

7. De ce sommet, le peuple burundais doit comprendre que la solution à la crise burundaise viendra en priorité des burundais.

(Sé) Pancrace CIMPAYE

ILS ONT DIT

« Nous souhaitons que les chefs d’Etat s’investissent personnellement dans cette affaire en raison de sa gravité. Le Burundi glisse actuellement dans le chaos. La situation sécuritaire se dégrade à vue d’œil. Près de 140000 personnes sont réfugiés dans les pays voisins. L’armée est divisée. Il y a des fissures très nettes à l’intérieur du parti au pouvoir. Le président de l’assemblée nationale a trouvé refuge en Belgique en disant qu’il a eu peur pour sa vie. Le deuxième vice-président, membre du parti au pouvoir, a également fui à l’étranger. Ce pays  est en réel danger! »Abdoulaye Bathily, Médiateur de l’ONU dans la crise burundaise.