CITATION DU 28 SEPTEMBRE 2015

 » Quel dommage que tous les gens qui savent si bien comment diriger un pays soient occupés à conduire un taxi ou à couper les cheveux. » George Burns ( tirée de Jeune Afrique du 27 septembre au 3 Octobre 2015)

CITATION DU 27 SEPTEMBRE 2015

 » Dieu a deux bras étendus. L’un est assez fort pour entourer de justice, l’autre assez doux pour entourer de grâce. » Martin Luther King

Nkurunziza Pierre échappe à une attaque au mortier.

La nuit d’hier a connu dans la capitale de Bujumbura  un concert des armes sans précédent. Le premier foyer du dialogue des armes était localisé dans les quartiers Nord de Bujumbura. En effet un groupe de combattants a attaqué simultanément trois positions de la police-milice de Nkurunziza. Il s’agissait des positions de la zone Cibitoke, celle du Lycée municipale de Cibitoke et la position du centre Jeunes Kamenge. Cette attaque qui a commencé à 20h30 s’est terminé à 23 heures. D’une source de la police, Nkurunziza a perdu 17 hommes. Du côté de ces combattants on déplore un mort et trois blessés.

Alors que Nkurunziza était absorbé par cette attaque de Cibitoke et de Kamenge, une attaque fulgurante a frappé son palais. Ainsi trois mortiers 82 ont été largués sur le palais présidentiel. Deux mortiers ont atteint la cible pendant qu’un troisième est tombé dans les parages du palais. La garde de Nkurunziza  déboussolée a  alors ouvert le feu dans tous les sens; des tirs à la mitrailleuse ont été perçus à Kiriri.

On ignore encore les dégâts causés par ces deux mortiers. Mais le despote Nkurunziza qui a passé une nuit blanche a tôt le matin pris le chemin de Gitega. Il est allé se cacher au palais de Gitega, situé au centre du Burundi. Mais avant de partir pour Gitega, il a déployé un bataillon de sa garde dans Bujumbura rural pour débusquer ce mortier 82 sans succès. Ces hommes ont sillonné Bujumbura Rural depuis 6 heures du matin jusqu’à 13 heures, mais ils sont rentré bredouille; ils n’ont pas mis la main sur ce mortier.

La rédaction de Mpore Burundi a essayé d’identifier les hommes qui ont mené ces deux attaques. Mais les intéressés ont répondu que leur identité sera porter à la connaissance des burundais prochainement. Cependant le porte-parole de ce front a précisé l’objet de leur lutte: » Nous avons pris la résolution de faire recours au langage que Nkurunziza comprend mieux, celui des armes. Nous devons résister contre cette tyrannie  de Nkurunziza qui sème la mort et la désolation. Notre combat est noble est légitime. Nous le mènerons jusqu’à la résurrection de la démocratie et de l’Etat de droit au pays. Ntantambwe azoduterana!( il ne fera pas un pas en avant) ».

Nkurunziza Pierre devrait revenir à la raison à temps, et privilégier les négociations avec le CNARED. Refuser cette voie ouvre la voie à une guerre civile. Nkurunziza en portera toute la responsabilité. Et l’histoire le jugera en conséquence.

(Sé) Pancrace CIMPAYE.

La chute de Pierre Nkurunziza ( Suite et fin).

9° La corde ethnique et la régionalisation de cette campagne ethnique.

Au regard de la réaction à chaud des fidèles de Pierre Nkurunziza, la parade d’un péril hutu orchestrée par les tutsi ou plus précisément par les Hima, mérite qu’on s’appesantisse sur  cette corde ethnique dangereuse. Une telle campagne ethnique qui va de pair avec l’apologie de l’extermination de la composante tutsi est une menace contre le Burundi et contre la région entière. C’est aussi et surtout une menace contre le pouvoir autocratique de la clique de Nkurunziza car face à une telle menace, le monde entier va se liguer contre un autre génocide politico-ethnique dans la région. Les plaies du génocide rwandais ne sont pas encore complétement cicatrisées, le monde ne peut pas fermer les yeux face à un autre génocide fût-il piloté par Nkurunzia.

10° La naissance du CNARED.

En réponse à cette menace d’un génocide politico-ethnique, un mouvement citoyen qui regroupe toute l’opposition burundaise, toute ethnie confondue, et la société civile a vu le jour le 1er Août 2015 à Addis Abeba. Ce front qui lutte pour un retour à un Etat de droit au Burundi donne des frissons à Bujumbura qui avait longtemps misé sur la faiblesse d’une opposition divisée. Ce front commun d’un mouvement citoyen est le début de la fin de Pierre Nkurunziza. D’où cette  déclaration d’Alain Nyamitwe qui confiait cette semaine que les négociations avec l’opposition sont envisageables mais pas avec le CNARED. Ce dernier fait peur. Nkurunziza préfèrera négocier avec Rwasa Agathon et Concilie Nibigira! Ira t-il loin avec cette politique de l’Autriche? Je ne pense pas.

11° L’absence de NkurunzizaPierre sur la scène internationale ou le coup d’Etat rampant qui tétanise.

Depuis le 13 Mai 2015, date de la tentative de coup d’Etat  de l’armée, Pierre Nkurunziza ne peut plus sortir du Burundi. En principe, après sa mascarade électorale, il devait profiter de la tribune de l’Assemblée Générale des Nations pour expliquer les raisons de son coup de force. Mais n’ayant plus une armée pour veiller sur son fauteuil en son absence du pays, il est contraint de rester cloîtré au Burundi. Or tous les chefs d’Etat du monde se bousculent pour monter sur cette tribune des Nations Unies. Quel chef d’Etat, ce Nkurunziza Pierre  qui n’a même pas droit à la tribune des Nations Unies? Pourtant une forte délégation du CNARED est à New York. Alain Nyamitwe et NKURUNZIZA doivent comprendre que le CNARED est un acteur incontournable qui leur donnera du fil à retordre.

12° Nkurunziza Pierre, pas généreux du tout!

Le propre des dictateurs africains qui ont une longévité à la tête de l’Etat, c’est la générosité. Or notre Pierre Nkurunziza est tellement radin que sa propre sœur pour avoir  un peu d’argent de son frère-président, doit recourir à un chantage. Ainsi elle doit demander à le rencontrer via un ministre ou un membre de sa galaxie. Dans ce cas Nkurunziza croit que sa sœur à dévoiler ses misères et s’empresse d’accorder l’audience.

Que retenir? Un chef d’Etat radin , qui n’est pas généreux même à l’égard de sa famille, ne peut pas protéger son pouvoir. Au lieu de  protéger son pouvoir, il se fait des mécontents autour de lui. Une aubaine pour l’opposition. Radin, il ne peut que provoquer des fissures dans son pouvoir.

13° La justice internationale.

S’il était facile hier de massacrer son peuple en toute impunité, aujourd’hui la cour pénale internationale et la compétence universelle de certains pays comme la Belgique  sévissent. Ainsi la diaspora burundaise, très active sur le dossier ainsi que la société civile burundaise attendent de pieds ferme la présence de Nkurunziza  en Europe pour faire valoir cette compétence de la justice internationale. A ce titre Nkurunziza Pierre est un prévenu libre qui tôt ou tard sera derrière les barreaux. Pour ses partisans comme Ntahimpera et Nzorijana, ils doivent intégrer cette perspective qui attend leur champion.

En définitive le pouvoir autocratique de Nkurunziza ne peut que tomber. Ce pouvoir qui a les mains sales, ce pouvoir sans armée, ce pouvoir sans appuie budgétaire, ce pouvoir qui attise la haine ethnique, ce pouvoir radin, ce pouvoir qui a un Nkurunziza prisonnier et pantouflard, ce pouvoir qui a l’Eglise catholique sur son dos, ce pouvoir qui se moque de Dieu, ce pouvoir qui s’isole diplomatiquement et qui a les Etats Unis d’Amérique sur son dos, ce pouvoir qui a un Nkurunziza qui a peur de son peuple et de sa sécurité, ce pouvoir qui a Nkurunziza retranché derrière une vitre blindée, ce pouvoir qui tire sur le chef d’Etat-Major de l’armée, ce pouvoir qui assassine un Lieutenant-Général comme Adolphe Nshimirimana, ne peut que sombrer dans une décadence irréversible. Ce pouvoir en décadence confronté à un grand mouvement citoyen comme le CNARED n’ a d’autre destin que la disparition. Les fidèles de cette oligarchie peuvent déjà composer le requiem. L’enterrement est imminent. Nkurunziza aura t-il la possibilité de prononcer l’oraison funèbre de ce jour? Seul l’avenir nous le dira. Les opprimés et les victimes de la barbarie meurtrière de Nkurunziza ont le droit d’espérer un Burundi meilleur dans un avenir proche.

(Sé) Pancrace CIMPAYE.

CITATION DU 24 SEPTEMBRE 2015

 » Que l’on me donne six heures pour couper un arbre, j’en passerai quatre à préparer ma hache. » Abraham Lincoln

La chute de Nkurunziza (suite)

Avant de revenir sur les éléments qui finiront par avoir raison de Nkurunziza, laissez-moi partager avec vous  quelques commentaires des défenseurs de l’oligarchie de Bujumbura. Ces commentaires acerbes sont riches en renseignements et viennent réconforter le diagnostic que j’ai fait du mal qui ronge le Burundi. Monsieur ou madame Ntahimpera (domintah@yahoo.fr) et Nzorijana (nzorijana@gmail.com) confirment sans détour que la crise  politique que la clique Nkurunziza impose au Burundi est ethnique. Pour ces auteurs des commentaires que nous vous livrons, les tutsi veulent détrôner les hutu au pouvoir et  » Pancrace Cimpaye est à la solde des HIMA ». Je vous propose les commentaires dont il est question:

  1. NTAHIMPERA ( domintah@Yahoo.fr) écrit ce 22 septembre 2015 à 17 h 31 minutes ceci:

« … Vous êtes à la solde de l’impérialisme occidental, il paie votre loyer, votre déplacement,vos courses, tout, et vous racontez que vous allez sauvez le Burundi avec les anciens putchistes notoires, de tristes mémoires-Bagaza, Buyoya( ntegamarangara) qui ont endeuillés le pays et vous y ajouté de nouveaux putchistes, PIE, RUFYIKIRI,ct….et donc vous voulez remettre les Hima au pouvoir vous n’êtes que leur instrument. Vous avez une mémoire courte. Le cnared n’est pas CREDIBLE, pour ces raisons et autres, vous n’êtes pas LEGITIME.

Le peuple burundais aspire à la paix et à la réconciliation, vos histoires des élections et mandats c’est du passé, attendez 2020 si vous êtes capables de vous présentez devant le peuple ».

A 17h 38 minutes, dans une colère perceptible il ou elle écrit cette phrase:

 » Vous rencontez (comprenez  » racontez ») n’importe quoi, vous êtes à la solde des HIMA »

 

2. NZORIJANA ( nzorijana04@gmail.com) écrit à son tour, le même jour à 14h51, ceci:

 » Pancrace Cimpaye est malade, il faut qu’il soit examiner à l’hôpital, tout ce qu’il écrive c’est de la folie et n’a aucun sens. Il passera encore plus de 20 ans en dehors de son pays natal et regrettera toujours de ce qu’il dit et ce qu’il écrive ».

N.B: 1°J’ai omis de corriger les fautes contenues dans ces deux commentaires pour vous donner une idée exacte des hommes et femmes qui veulent gouverner le Burundi à vie.

2° Je reviendrai sur ces commentaires. ( A SUIVRE)

(sé) Pancrace CIMPAYE;

CITATION DU 23 SEPTEMBRE 2015

 » Le courage est la plus grande des vertus car c’est celle qui présuppose toutes les autres » Winston Churchill

La chute de Pierre Nkurunziza.

La fin des despotes comme Pierre Nkurunziza est connu: la sortie par la petite porte à la Mobutu. Cette triste réalité devrait rassurer nos compatriotes qui sont découragés par l’étendue des atrocités de l’oligarchie de Pierre Nkurunziza. Ce dernier va partir. C’est une question de temps.Mais pourquoi Nkurunziza doit-il tomber comme une feuille morte dans un proche avenir? Le tableau suivant devrait vous rassurer:

1° La destruction de l’armée.

Dans son aventure de s’éterniser au pouvoir de force et malgré un bilan largement négatif, Nkurunziza est parvenu à diviser l’armée en deux parties: celle qui le soutien et celle opposée à son aventure. C’est dans ce conflit dichotomique qu’il faut situer la tentative d’assassiner le chef d’Etat Major de l’armée, le général-major Prime Niyongabo. En outre le coup de force manqué du 13 Mai 2015 rentre dans le même registre. Cette division de l’armée pousse Nkurunziza à se cacher, à fuir les burundais et à changer de résidence à tout bout de champ.

Nkurunziza sans résidence protégée.

La peur au  ventre, Nkurunziza redoute même son ombre. Il a peur de passer une nuit au palais présidentiel habituel de Bujumbura. Il avait déménagé vers Ngozi mais il vient de découvrir que s’il devait s’enfuir à partir de Ngozi que le Rwanda voisin risque de ne pas être très coopératif; dès lors il a décidé de déménager vers Gitega, au centre du Burundi. Mais ceux qui connaissent ce palais de Gitega savent bien que l’édifice est loin d’être un rempart.

3° Nkurunziza en déplacement avec une unité pléthorique.

L’autre épée de Damoclès qui est sur la tête de Nkurunziza, c’est ce dispositif sécuritaire pléthorique qui l’accompagne dans ses déplacements. En effet il se déplace dans une colonne de 17 véhicules avec deux compagnies. Le long de sa route, on détache tout un bataillon. Autant dire que quand le président à vie de Ngozi bouge sa sécurité est surveillé par plus ou moins 1000 hommes. La question qui se pose est celle de savoir qui surveille les milles hommes? Et si le danger venait de cette sécurité pléthorique?

4° Un cortège qui roule à tombeau ouvert.

Conscient du forfait d’usurpation du pouvoir, Nkurunziza exige une vitesse de 180km par heure. A cette vitesse, même un oiseau qui lui couperait la priorité suffirait pour mettre le cortège sens dessus dessous, sans qu’une seule balle siffle!

5° Les sanctions économiques et le divorce avec le FMI.

Le gouvernement du Burundi fonctionne avec  un appuie budgétaire de 52%  qui vient des partenaires économiques étrangers. Or le coup de force de Nkurunziza et sa clique pousse ces bailleurs de fonds à fermer le robinet. Bientôt Nkurunziza sera incapable de payer les fonctionnaires. Or le malaise qui mine l’armée conjugué avec un manque de la solde constitueront un cocktail explosif contre le pouvoir en place. Tabu Abdallah, Ministre des Finances, qui s’est permis de solder plusieurs comptes en faveur de la mascarade électorale n’a même pas pu participer à Washington à une réunion du FMI. Par ce geste il a presque divorcé d’avec les institutions de Bretton Woods pour cet exercice budgétaire.

6° L’arrogance contre les américains et les diplomates étrangers.

Cette semaine passée, la police-milice de Nkurunziza a arrêté et retenu toute une nuit durant un véhicule avec une immatriculation de l’ambassade des Etats Unis. Le lendemain le véhicule devait être fouillé de fond en comble sans rien trouver de suspect. C’est un geste maladroit qui affiche une animosité du pouvoir en place à Bujumbura contre les Etats Unis d’Amérique.

En date du 17 septembre le Ministère des Affaires étrangères burundais devait sortir une note verbale où il précise que tout contact avec la plus haute autorité burundaise devra préalablement passer par le tamis du ministère. C’est dire que Nkurunziza ne recevra plus les diplomates étrangers en poste à Bujumbura ou les envoyés spéciaux. Il a décidé de couper tout contact avec le monde; un isolement irrationnel motivé par une arrogance aveugle. Mais Nkurunziza est-il suffisamment fort pour narguer le monde entier? Est-il suffisamment puissant pour cracher à la figure du monde entier?

7° L’Eglise catholique opposée à cette dérive totalitaire.

Ce n’est plus un secret pour personne, la toute puissante Eglise catholique burundaise est opposée à la dérive totalitaire de Nkurunziza. Ce coup de force contre la loi n’a pas été salué par le clergé. L’absence de cette force morale du côté de Pierre Nkurunziza est un handicap majeur qui devrait le pousser réfléchir deux fois.

Dieu et les gri-gri de Nkurunziza.

Le Dalaï Lama décrit bien le jeu de Nkurunziza avec la religion. Pour le Dalaï Lama:  »  La religion ne transforme pas les hommes en criminels;ce sont les criminels qui utilisent la religion comme alibi de leur soif de pouvoir ». Nkurunziza a pris la religion et Dieu comme un jouet ou un somnifère devant l’aider à endormir les burundais pendant que la corruption, la concussion, les massacres, la haine , la vengeance sont les outils de travail du même chrétien.

Dieu ne peut pas cohabiter avec les maux suscités encore moins avec les gri-gri que Nkurunziza va jusqu’à importer de l’Afrique de l’Ouest. Le Dieu d’Amour, le Dieu des opprimés , le Dieu des veuves et des orphelins ne pourra tolérer pendant longtemps ce jeu de Nkurunziza.

9° La corde ethnique et la régionalisation de cette campagne ethnique.

La dictature de Bujumbura en perte de popularité est dans une campagne de caresser la corde ethnique hutu. Pour cette oligarchie, la crise qui mine le pays procède d’une volonté des tutsi de revenir au pouvoir. Pour ce faire ce pouvoir en perte de vitesse entend fédérer tous les hutu du Burundi et du Rwanda pour mener un combat ethnique contre les tutsi. C’est dans cette dynamique que le recrutement des FDLR pour renforcer la milice qui sème la désolation au Burundi a été effectué. Répondant à cette sollicitation, les milieux hutu rwandais de la diaspora sont devenus dans leurs écrits des porte-parole de Nkurunziza et ses meilleurs avocats. ( A SUIVRE)

(Sé) Pancrace CIMPAYE.

 

CITATION DU 22 SEPTEMBRE 2015

« On n’est pas heureux: notre bonheur,c’est le silence du malheur. » Jules Renard

CITATION DU 21 SEPTEMBRE 2015

« La religion ne transforme pas les hommes en criminels: ce sont les criminels qui utilisent la religion comme alibi de leur soif de pouvoir. » Dalaï Lama

CITATION DU 20 SEPTEMBRE 2015

« Je ne perds jamais. Soit je gagne, soit j’apprends. » Nelson Mandela

QUI A TUE ADOLPHE NSHIMIRIMANA?

La question est sur toutes les lèvres. Cette préoccupation de savoir la main qui a liquidé le Lieutenant-Général Adolphe Nshimirimana est  devenue une hantise pour ses proches et ses ennemis. Cette préoccupation empoisonne les relations entre le fief du Général, Kamenge, et Nkurunziza. Ce dernier a ordonné, hier soir le 18 septembre 2015, une fouille-perquisition de ce quartier qui avait pourtant renoncé à toute manifestation contre son mandat de trop. Nkurunziza qui a perçu la grogne qui sévit dans ce quartier, redoute une attaque imminente  qui viendrait de ce berceau de la lutte armée de 1993.

Mais avant de répondre à cette question pertinente de l’auteur du crime, il est important de brosser le portait de l’homme qui est parti le 2 Août 2015. Qui était Adolphe Nshimirimana? L’homme qui avait fait main basse sur toutes les affaires du pays était le véritable chef de l’Etat burundais. Et pour cause, tous les collaborateurs de l’ancien président Pierre Nkurunziza ( les vice présidents de la république, les présidents du parlement, les ministres, etc.) sont unanimes sur un point: « A la fin de chaque entretien avec Nkurunziza, son seul commentaire était toujours: je vais soumettre vos propositions à mes conseillers ». « Mes conseillers » voulant dire Adolphe Nshimirimana. Nkurunziza n’avait donc pas le droit de prendre une décision sans s’en référer au Général Adolphe Nshimirimama. Des fois, quand Adolphe échappait aux écrans radars de Nkurunziza, dans une randonnée ou dans des soirées bien arrosées, Nkurunziza devait attendre la réapparition du général empêché ou inaccessible.

A côté de ce pouvoir décisionnaire, Adolphe Nshimirimana est l’homme qui composait les éléments de la garde rapprochée de Nkurunziza. Dans le même registre sécuritaire, c’était lui le véritable patron de la milice Imbonerakure. C’est aussi l’homme qui avait la mission de dompter la composante tutsi afin qu’elle soutienne mordicus la dictature en place. A ce titre, dans ses soirées festives, Adolphe Nshimirimana avait toujours autour de lui un cercle de tutsi, un écran de fumée pour prouver que cette dictature n’est pas ethniste. Et dans cette opération de charme, le général clamait haut ce crédo: » Twiyicira abahutu! Ivyo ntibibaraba! « ( nous ne tuons que les hutu, cela ne devrait pas émouvoir outre mesure la communauté internationale ou les défenseurs des droits de l’homme, ça ne les concerne pas). Et certains naïfs y croyaient!

L’autre pouvoir qu’il détenait, et non pas des moindres, était le pouvoir économique. En effet les contrats ou l’attribution des marchés publics passaient par lui. Il n’est donc pas étonnant qu’on découvre sur ses comptes bancaires une somme colossale de huit milliards de francs burundais( plus ou moins cinq millions de dollars américains) pour un seul homme dans un pays misérable comme le Burundi. Ajoutons à ce tableau  le contrôle des douanes, de l’Office Burundaise des Recettes où il plaçait ses fidèles courtisans.

Cette description des pouvoirs étendus du général Nshimirimana Adolphe ne saurait passer sous silence le fait que la composition du Gouvernement rentrait dans ses prérogatives.En somme le Lieutenant Général Nshimirimana Adolphe faisait ombrage au chef de l’exécutif burundais comme le faisait à l’époque un certain Hussein Radjabu. Et dans les deux cas Nkurunziza sait se débarrasser d’un bicéphalisme qui empiète sur ses plate bandes. Autant dire que l’assassinat spectaculaire du 2 Août 2015 n’a pas besoin d’un Sherlock Holmes pour identifier à qui profite la mort d’Adolphe Nshimirimana.

Au demeurant l’exécution du Général Nshimirimana Adolphe est un signe évident que le Burundi a à faire à un homme froid et impitoyable qui doit être traité comme tel.  Il a raison l’ancien chef de cabinet du Président Ntibantunganya et président de la Commission de suivi de la Crise burundaise, Monsieur Bansubiyeko Mamès qui disait : »Pendant dix ans, le Burundi vient à être dirigé (sic) par un voyou. Comment ça se fait que nous n’ayons rien vu? »De ma part je réalise que le Burundi a été dirigé pendant dix ans par un sanguinaire qui n’hésite pas de poignarder dans le dos ses camarades de combat. La voie de sortie de la crise burundaise passe par la mise à l’écart de ce dangereux personnage. Autrement le Burundi continuera à enterrer ses fils et filles, un bain de sang qui risque d’évoluer en un génocide politico-etnique comme le prédisait l’honorable Léonce Ngendakuma.

(Sé) Pancrace CIMPAYE.

NKURUNZIZA Pierre, l’autre victime du troisième mandat.

Alors qu’il était Ministre d’Etat chargé de la bonne gouvernance et de l’Inspection générale de l’Etat, Pierre Nkuruniza a informé le président Ndayizeye qu’il possède une défaillance psychologique qui l’empêche de se suivre tout le Conseil des ministres. Il devait par la suite demander une dérogation de quitter le conseil des ministres, avant sa fin,pour aller jouer ou nager. Nkurunziza a gardé la même pratique  même quand il était président de la République.

Aujourd’hui avec son troisième mandat de malheur, il a perdu son mentor, le Lieutenant Général Adolphe Nshimirimana. Une perte qu’il faut mettre dans le registre des victimes du troisième mandat. Cette perte aurait affecté Nkurunziza au point que sa défaillance psychologique s’est accentué. Autiste au drame qui frappe le Burundi, il serait devenu bipolaire! Ces troubles sont très aigues ces derniers jours. En effet, le Nkurunziza Pierre, incapable de s’asseoir dans un Conseil des Ministres pendant plus de quatre heures supportent très mal que la sécurité lui interdise ses bains de foule favoris!  En outre Nkurunziza Pierre est au bord de la dépression quand son cortège doit rouler à tombeau ouvert, à une vive allure qui oscille autour de 180km par heure. Au delà de cette vitesse, Nkurunziza Pierre qui a besoin de l’espace pour déstresser supporte mal qu’il soit retranché dans son palais de Ngozi; pour des raisons de sécurité, il a déserté le palais de Kiriri. Pour résumer la détresse de l’ancien Président Nkurunziza Pierre, une source proche de sa galaxie confiait en kirundi ceci  » …ari mugusara kubera atagishobora kuja mubikorwarusangi vya samedi! »( …il est au bord de la dépression nerveuse à cause de l’incapacité de pouvoir participer aux travaux communautaires de samedi).

En tout état de cause Nkurunziza Pierre devrait comprendre que ce troisième mandat qui tue, ce troisième mandat qui exile des milliers de burundais, ce mandat qui détruit les corps de défense et de sécurité, ce mandat qui détruit la presse privée, ce mandat qui détruit la société civile, ce mandat qui isole le Burundi, finira par le rendre fou!

Nyabenda Caton.

 

 

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« Voie de sortie de la crise burundaise » par Christian Daziano, ancien ambassadeur de France au Burundi

L’avenir a eu droit de cité ce jour de l’an 2000 quand, sous l’égide de Nelson Mandela, toutes les factions burundaises et les représentants de la Communauté internationale, dont la France, ont signé l’Accord d’Arusha. La volonté de Pierre Nkurunziza de se succéder à lui-même a plongé le Burundi dans une crise politique majeure et continue de rencontrer une vive résistance au sein de la population. Cette résistance ne faiblit pas, même si elle a aujourd’hui changé de forme. Après les manifestations durement réprimées et une tentative de coup d’État, des assassinats ciblés de personnalités emblématiques sont désormais quotidiens.

La communauté internationale désemparée

Face à ces événements, la communauté internationale paraît désemparée. Les pays de la région sont incapables d’ébaucher un projet de sortie de crise. Le fait que l’homme fort de la sous-région, le Rwandais Paul Kagame, arrive également au terme de son second mandat présidentiel et entend bien modifier la Constitution pour continuer à diriger le pays n’est pas étranger à l’inertie des pays voisins. L’Union africaine, tout en dénonçant les violences et les conditions de la réélection de Nkurunziza, brille surtout par la faiblesse de ses réactions. L’Union européenne, principal bailleur de fonds du pays, et l’ONU prônent le dialogue  sans véritablement se saisir du dossier burundais. Pourtant, tous ces protagonistes ont concouru à la longue et difficile négociation de l’Accord d’Arusha, dont ils sont signataires et garants, et à sa coûteuse mise en œuvre, notamment à travers des opérations de maintien de la paix de l’UA, puis de l’ONU, ainsi qu’aux programmes de désarmement, de démobilisation et de développement.

Comment sortir de l’impasse actuelle ?

En premier lieu, il convient de prendre acte que la Constitution burundaise et l’Accord d’Arusha ont été violés, mais également que Pierre Nkurunziza dispose de soutiens non négligeables dans le pays. Il est donc urgent de renouer les fils du dialogue entre tous les partis burundais afin de trouver une sortie de crise acceptable. Pierre Nkurunziza prétendra accomplir la totalité de son troisième mandat, alors que ses opposants, arc-boutés sur l’Accord d’Arusha et la Constitution vont demander son départ immédiat. Il conviendra de trouver une position médiane entre ces deux exigences contradictoires et sans doute organiser une période transitoire au cours de laquelle pourront être organisées de nouvelles élections législatives et présidentielles. S’il apparaît inévitable de modifier la Constitution, il faudra rechercher l’assentiment du plus grand nombre possible de Burundais. La convocation d’une Conférence nationale, réunissant toutes les forces vives du pays, et pas seulement les politiques, est l’une des seules voies qui permettrait au pays de panser les plaies nées au cours des derniers mois. Enfin, les responsables burundais devront s’interroger sur les suites qu’il convient de réserver aux auteurs de la tentative de coup d’État. Leurs motivations plaident en faveur d’une amnistie qui permettrait de réconcilier tous les Burundais.

S’appuyer sur les acquis de l’Accord d’Arusha

Un pareil projet devra s’appuyer sur les acquis de l’Accord d’Arusha qui doit demeurer le fondement des institutions et de la société burundaises. Cet Accord et les arrangements qui ont suivi sont fondés sur une représentation dans les institutions des différentes ethnies du pays qui assure la sécurité de la minorité. La sauvegarde de cet acquis fondamental, imposé en son temps par Nelson Mandela, est essentielle pour maintenir la paix civile au Burundi. Pour aider les Burundais à mettre en œuvre un pareil plan, la Communauté internationale devra, d’une voix unanime, exercer les pressions convenables sur tous les protagonistes de la crise.

Le salut avec l’ONU en première ligne

Un régime de sanction ciblée, qui viserait des personnalités sans pénaliser la population, devra sans doute être envisagé. Une seule organisation internationale, l’ONU, dispose de la légitimité nécessaire pour mettre en œuvre un tel plan. Il est grand temps, si l’on veut éviter le pire au Burundi, que le Conseil de sécurité se saisisse de ce dossier en espérant que chaque membre du Conseil saura, comme cela a été le cas dans le passé, faire taire ses intérêts particuliers et œuvrer sans arrière-pensée pour la paix dans ce pays si attachant. La Communauté internationale a le droit et le devoir d’agir au Burundi à travers l’Organisation des Nations unies qui est en charge de la préservation de la paix dans le monde.

* Christian Daziano, ancien diplomate, ancien ambassadeur au Bénin et au Mozambique, a été ambassadeur de France au Burundi (1999-2003) et membre du comité de suivi des Accords d’Arusha (2000-2003)

cnared

DÉCLARATION DU DIRECTOIRE DU CNARED APRÈS SA DEUXIÈME RÉUNION TENUE À BRUXELLES

1. Du 09 au 12 septembre 2015, le Directoire du CNARED a tenu sa première réunion à Bruxelles, en Belgique. Cette réunion avait à son ordre du jour de compléter son organisation, son fonctionnement par l’amendement de son Acte Constitutif et l’adoption de son Règlement d’Ordre Intérieur. Le Directoire a également arrêté la stratégie globale à poursuivre ainsi qu’une feuille de route/plan d’action pour son exécution. 2. Au début de cette réunion, le Directoire du CNARED a tenu d’abord à s’incliner et à rendre hommage au peuple burundais aujourd’hui engagé dans une lutte pour le respect de l’Accord d’Arusha pour la Paix et la Réconciliation au Burundi, de la Constitution et de l’État de droit au Burundi. Une pensée particulière a été réservée à tous les compatriotes qui ont perdu leur vie au cours des campagnes et des manifestations contre le troisième mandat aux fonctions présidentielles de Pierre NKURUNZIZA ainsi qu’à toutes les victimes des répressions féroces que mène le cercle du pouvoir, notamment contre des jeunes soupçonnés d’avoir participé à ces campagnes et manifestations. Le CNARED exprime également sa solidarité à l’endroit des centaines de compatriotes qui croupissent aujourd’hui dans les prisons burundaises pour le simple fait d’avoir exercé un droit fondamental que leur reconnaît la Constitution en s’opposant contre ce troisième mandat de Pierre NKURUNZIZA. C’est un troisième mandat qui viole l’Accord d’Arusha pour la Paix et la Réconciliation au Burundi et dont le caractère anticonstitutionnel est avéré malgré la parure légale qu’a tenté de lui donner le cercle du pouvoir de Bujumbura par des pressions sans nom sur la Cour Constitutionnelle, y compris par des usages de faux. 3. Cette recherche d’un troisième mandat présidentiel de Pierre NKURUNZIZA par le cercle qui contrôle le pouvoir à Bujumbura a conduit le Burundi dans une situation politique et sécuritaire qui met quotidiennement en danger les acquis de l’Accord d’Arusha pour la Paix et la Réconciliation au Burundi. 4. Des centaines de personnes ont perdu la vie. Parmi elles, des manifestants assassinés par des membres de la Police Nationale ou des milices IMBONERAKURE « infiltrés » dans cette police. Les personnes, particulièrement des jeunes, soupçonnées d’avoir participé à ces manifestations, sont poursuivies par des IMBONERAKURE et arrêtées. Plusieurs finissent par disparaître mystérieusement. Il y a aussi des membres des corps de défense et de sécurité, dont des dizaines de policiers. Il y a enfin des populations civiles non impliquées dans les manifestations. Pendant les manifestations contre le troisième mandat de Pierre NKURUNZIZA, plusieurs centaines de personnes ont été blessées. Plus d’un millier ont été arrêtées et incarcérées, en même temps que près de 200.000 burundais ont pris le chemin de l’exil. 5. D’autre part, depuis la tentative de coup d’État du 13 mai 2015, les Forces de Défense et de Sécurité, si patiemment construites grâce à l’Accord d’Arusha pour la Paix et la Réconciliation au Burundi et les différents accords de cessez-le-feu qui l’ont enrichi et complété, sont menacées chaque jour de désintégration. Ce qui peut conduire à des violences politico-ethniques et entrainer des conséquences régionales incontrôlables. 6. Des inquiétudes sont ressenties au sein de la Communauté de l’Afrique de l’Est (CAE), de la Conférence Internationale sur la Région des Grands Lacs (CIRGL), de l’Union Africaine (UA) et de l’Organisation des Nations Unies (ONU) qui suivent la dégradation de la situation. La Communauté de l’Afrique de l’Est a déjà tenu trois sommets extraordinaires sur le Burundi. Le Conseil de Paix et de Sécurité de l’Union Africaine a tenu une réunion au niveau des Chefs d’État alors que les membres du Conseil de Sécurité des Nations Unies ont, non seulement visité le Burundi, mais aussi tenu plusieurs réunions sur le pays.Le pays est chaque jour isolé de ses partenaires bilatéraux et multilatéraux. Son économie s’affaiblit quotidiennement. Que sera l’avenir économique du Burundi privé de ses aides extérieures pour une économie qui « en condition normale, dépend à 54% des appuis des partenaires techniques et financiers » ? 7. Les mascarades électorales à tous les niveaux qui ont été organisées n’ont pas rempli les conditions exigées par les standards internationaux. Les observateurs de la Communauté de l’Afrique de l’Est et de la MENUB en ont souligné la non crédibilité. Des États et Organisations internationales, comme les États-Unis d’Amérique, l’Union Européenne, l’Union Africaine et les Nations Unies en sont arrivées à préconiser la recherche d’une voie politique négociée entre les différents partenaires politiques burundais afin d’éviter que le pays ne sombre dans des actions violentes. 8. Enfin, la crise est en train d’atteindre son paroxysme avec l’assassinat de l’ancien Chef d’État-Major Général des Forces pour la Défense de la Démocratie (FDD), ancien Chef d’État- Major Général Adjoint de la Force de Défense Nationale (FDN) et ancien Administrateur Général du Service National de Renseignement (SNR), le Lieutenant-Général Adolphe NSHIMIRIMANA, du Colonel Jean BIKOMAGU, Chef d’État- Major Général des Forces Armées Burundaises (FAB) de 1993 à 1996 et de l’assassinat du Président et du porte-parole du parti UPD-ZIGAMIBANGA ; les attentats contre le défenseur des droits de l’homme Pierre-Claver MBONIMPA et récemment du Chef d’ÉtatMajor Général de la Force de Défense National (FDN) le Général-major Prime NIYONGABO. Les assassinats ciblés et les harcèlements des opposants qui sont quotidiennement rapportés. Sans oublier de nombreuses autres menaces d’assassinats de personnalités politiques, morales et de la société civile qui constituent des signes du climat politique et sécuritaire de plus en plus délétère qui s’enracine au Burundi. Le tout se passe dans un environnement de pré-guerre civile.

9. Face à cette situation, le Directoire National du CNARED a adopté les décisions, résolutions et recommandations suivantes : I. CONCERNANT LES INSTITUTIONS DU PAYS 10. La question fondamentale qui se pose aujourd’hui est relative à la légalité, la légitimité, la crédibilité nationale et internationale ainsi que les capacités et les ressorts dont disposent les institutions actuelles autoproclamées qui gouvernent le Burundi. 11. Le CNARED ne reconnaît pas le pouvoir actuel au Burundi issu des mascarades d’élections organisées par le cercle du pouvoir. Pour stabiliser le pays, de nouvelles élections doivent être organisées. Une période de transition destinée à assurer une bonne préparation de véritables élections pluralistes, inclusives et crédibles est nécessaire. Elle sera dotée d’un programme en rapport avec la préparation de ces élections, des institutions de transition ainsi que d’un chronogramme de l’exécution du programme arrêté. 12. En dehors de cette voie de négociations, le CNARED se réserve le droit de prendre les dispositions nécessaires pour faire face à la situation, y compris en ce qui concerne la mise en place de mesures palliatives par rapport à l’illégalité et à l’illégitimité du régime qui gère aujourd’hui l’État burundais. À cet égard, fort du mandat implicite découlant du mouvement citoyen lancé depuis le 23 avril 2015, le CNARED incarne à partir du 26 août 2015 la légitimité et la souveraineté de la République du Burundi. Le Directoire du CNARED a par conséquent mandaté expressément le Bureau du Conseil pour entreprendre dans les meilleurs délais les actions politiques et diplomatiques soutenues afin d’engager les membres de la communauté internationale à prendre des mesures concrètes contre Pierre NKURUNZIZA et son cercle du pouvoir illégal et illégitime, notamment des sanctions ciblées. 13. Le CNARED exhorte toutes les forces opposées au troisième mandat de Pierre NKURUNZIZA à combiner et coordonner leurs actions dans l’unité, la confiance et la solidarité afin de réussir ensemble et pour tous. Aujourd’hui, le leadership politique, moral, social et civil burundais doit écrire une nouvelle page de l’histoire du Burundi. C’est en négociant que cela pourra être fait pour résoudre des problèmes dont aucune des parties en présence n’est jusqu’aujourd’hui parvenue à trouver des solutions qui mettent fin à la grave crise créée par la recherche effrénée d’un troisième mandat à la Présidence de la République par Pierre NKURUNZIZA. II. CONCERNANT LE RÉTABLISSEMENT DES LIBERTÉS PUBLIQUES 14. Le CNARED constate que depuis l’annonce de la candidature de Pierre NKURUNZIZA, les libertés publiques ont été gravement mises en danger à travers : – L’interdiction de manifester ;

– La destruction des stations de radios ; – Les arrestations arbitraires, détentions illégales, torture des manifestants ; – Les menaces à l’encontre des partis d’opposition et de personnalités de la société civile en vue de les exclure du champ du dialogue politique. 15. C’est au prix d’une violence institutionnelle illégale que le cercle autour de Pierre NKURUNZIZA occupe le pouvoir au Burundi. 16. Pour le CNARED, la restauration de l’État de Droit implique : a) La restauration de la liberté de manifester paisiblement sur l’ensemble du territoire burundais, ce droit ne peut être réservé à ceux qui soutiennent la junte en place. La liberté de manifester implique aussi le droit de ne subir aucune pression à l’occasion de la participation à une manifestation et d’être protégé par les autorités publiques dans l’exercice de cette liberté. Le CNARED exige un moratoire pour la restauration de cette liberté à bref délai. b) La liberté de la presse ne peut être un droit formel. Il faut rappeler que l’équipe de Pierre NKURUNZIZA a profité des événements du 13 mai, pour cibler et détruire des médias dont l’indépendance et la liberté étaient unanimement reconnues et appréciées. Ces radios sont notamment la Radio BONESHA-FM, la Radio ISANGANIRO, la Radio RPA et Télé- RENAISSANCE. Le CNARED demande à la communauté internationale d’exiger sans atermoiement la restauration de ces organes de presse au Burundi. Le CNARED demande que le financement de ces organes de presse soit une priorité de tout programme de financement dans le secteur des médias. c) Aujourd’hui, les avocats sont menacés dans l’exercice de leurs activités lorsqu’ils prennent la défense de personnes qui ont la qualité d’opposants. L’appareil judiciaire est perverti dans ses missions essentielles, le parquet se prêtant à la rédaction de rapports qui ne visent que l’opposition, en vue d’utiliser le bras de la justice pour réprimer plus durement encore ceux qui ont eu le courage de dire non au pouvoir en place. La défense, n’est pas une incantation intellectuelle. Ce sont des équipes d’avocats qui vont sur terrain, qui collectent des preuves et qui dénoncent les dérives arbitraires des pouvoirs. L’opposition est privée de l’organisation de la défense libre et indépendante à laquelle ses militants ont droit. Le CNARED exige que des processus de sécurisation soient mis en place avec l’aide de la communauté internationale, en faveur des avocats qui rendront visite aux prisonniers et qui organiseront la défense des opposants. La communauté internationale ne peut laisser se développer une zone de non-droit. Il faut être dans l’action pour que la vérité judiciaire ne soit pas une vérité alibi au service d’une junte militaire. d) Le cercle au pouvoir tente de transformer les leaders de la société civile et les leaders de l’opposition politique au troisième mandat en terroristes et délinquants. Ils ne parviendront pas à réussir dans cette entreprise criminelle qui s’inscrit dans la crainte de devoir négocier avec un mouvement soutenu par des millions de burundais œuvrant ou non dans la clandestinité. Ce n’est pas avec des manœuvres aussi grossières que l’on divisera le peuple burundais et ses représentants légitimes. Ici encore, il y a lieu de permettre aux avocats du CNARED d’agir en toute liberté au Burundi et de prendre librement position pour la défense, au Burundi et ailleurs. Mais il y a plus. Il faut que la junte au pouvoir à Bujumbura soit informée que le CNARED, toujours ouvert à une négociation sans à priori, se rendra en organisation unie et forte à toute négociation et que ses représentants refuseront la division de leur représentation. III. CONCERNANT LE BRADAGE DES RICHESSES NATIONALES 17. Le CNARED rappelle aux opérateurs économiques privés travaillant ou désireux de travailler au Burundi que les élections de 2015 y ont été irrégulières et que les diverses institutions issues de ce processus électoral sont illégales. En conséquence, et faute d’un accord politique instaurant les modalités de régularisation juridique de la situation, ni l’Assemblée Nationale, ni le Gouvernement ne peuvent valablement siéger. 18. Le fait actuel d’hommes et de femmes siégeant malgré tout dans ces institutions, constitue une usurpation du pouvoir légal. Dans ces conditions, le CNARED attire l’attention des opérateurs économiques privés sur les conséquences juridiques découlant de leurs actes de collaboration avec l’autorité illégale du Burundi, notamment sur le fait que l’attribution de marchés décidée par un pouvoir inconstitutionnel ou la signature de contrats par celui-ci sont conséquemment illégales. 19. Toutes les attributions de marchés ou contrats intervenus illégalement à travers les autorités usurpant le pouvoir légal seront donc nuls et non avenus, et résiliés sans que les entreprises complices puissent prétendre à une quelconque indemnisation. 20. Par ailleurs, la lutte contre la corruption étant une préoccupation majeure du CNARED, tous les faits de corruption repérés seront impitoyablement poursuivis en justice et l’assistance des États de la nationalité des entreprises qui s’adonnent à la corruption sera réclamée dans le cadre de la coopération judiciaire et policière internationale. 21. Le CNARED attire enfin l’attention des opérateurs économiques privés sur le fait que la présente résolution constitue un obstacle juridique à quelque entreprise qui tentera de s’abriter derrière l’engagement de bonne foi avec le pouvoir de Bujumbura. La bonne foi sera inopérante dès lors que le caractère illégal de ce pouvoir est constitutionnellement établi et connu des opérateurs économiques. IV. CONCERNANT LE RECRUTEMENT ÉVENTUEL DE MERCENAIRES PAR LE CERCLE AU POUVOIR AU BURUNDI 22. Des informations précises ont été transmises au CNARED selon lesquelles des mercenaires ou anciens militaires pourraient être recrutés par le gouvernement burundais. Certaines personnalités politiques africaines soutiendraient cette initiative.

23. Le CNARED constate que ce type de recrutement constitue l’aveu même des carences et faiblesses d’un pouvoir qui s’est maintenu en violation de l’Accord d’Arusha pour la Paix et la Réconciliation au Burundi et de l’État de Droit au Burundi. 24. C’est aussi l’aveu des divisions criantes existant au sein des Corps de Défense et de Sécurité du Burundi. Aujourd’hui, des pans entiers de la Force de Défense Nationale (FDN) soutiennent les forces qui réclament le respect de l’Accords d’Arusha pour la Paix et la Réconciliation au Burundi et de l’État de Droit. 25. Le CNARED ne peut accepter la présence de forces étrangères sur le territoire burundais sauf celles qui viennent sur une base légale, à la suite d’une résolution du conseil de sécurité des Nations Unies ou d’une résolution de l’Union Africaine, sur base d’un mandat précis et en vue de protéger les populations civiles. 26. Le CNARED invite les militaires ou mercenaires tentés par une autre manœuvre, à ne pas participer à des actes illégaux. Qu’ils sachent que des preuves concernant leur identité seront collectées systématiquement et qu’ils seront poursuivis par les autorités judiciaires burundaises dès la restauration de l’État de Droit. V. CONCERNANT LA DÉSOBÉISSANCE CIVILE 27. Le CNARED rappelle le constat de la prise de pouvoir illégale par Pierre NKURUNZIZA et son équipe, consécutive aux scrutins de 2015 qui se sont déroulés dans un contexte de violence grave dont les auteurs appartiennent à l’armée, aux corps de police et au service national des renseignements. 28. À l’heure actuelle encore, des personnes sont tuées de sang froid parfois par de hauts gradés au sein de l’appareil policier et militaire burundais. Des personnes sont enlevées et l’on ignore où elles se trouvent actuellement, de très nombreux autres sont torturées. 29. Le Service National des Renseignements distribue en outre des armes à des milices IMBONERAKURE qui font régner la terreur spécialement dans les campagnes où de nombreuses victimes sont recensées. 30. Tous les appels à l’aide formulés par la population et ses leaders religieux, sociaux et politiques ont abouti à des marques d’appui, à des sanctions économiques limitées, à des interventions de médiateurs et conciliateurs mais Pierre NKURUNZIZA et ses complices n’ont pas rencontré une force capable d’arrêter cette violence inadmissible et de restaurer l’État de Droit.

31. Face à cette situation d’illégalité du pouvoir et de violence qu’il engendre, le CNARED reconnait le droit inaliénable de la population burundaise à la désobéissance civile, dans la tradition historique des luttes contre la ségrégation raciale, contre l’apartheid et contre les dictatures. La conscience démocratique de la population est inaliénable et le CNARED appelle solennellement le peuple burundais à exercer pacifiquement ce droit de désobéissance et de résistance. 32. Le CNARED réitère par ailleurs son appel aux États membres de la CAE, de l’UA, de l’UE et à tous les partenaires bilatéraux et multilatéraux du Burundi à assumer leurs responsabilités pour imposer à Pierre NKURUNZIZA le respect de l’Accord d’Arusha et rendre possible l’organisation d’élections démocratiques, au besoin par la contrainte afin d’éviter que la violence ne s’impose comme solution alternative pour asseoir les revendications démocratiques légitimes. VI.CONCERNANT LA PROBLÉMATIQUE DES NÉGOCIATIONS 33. Pour le CNARED, les négociations auront pour bases les principes fondamentaux suivants : – Tout mettre en œuvre, de la part de toutes les parties, pour éviter que la persistance de la crise ne conduise à une guerre civile dont le glissement rapide dans des dimensions ethniques est redouté; – Tout construire dans le respect de l’Accord d’Arusha pour la Paix et la Réconciliation au Burundi et de la Constitution de la République du Burundi ; – Respecter l’option démocratique qui doit se construire sur un pluralisme politique réel, ouvert et responsable, une société civile et une presse libres, dynamiques et également responsables. 34. Concernant la Médiation, en date du 6 juillet 2015, le Sommet Extraordinaire des Chefs d’État des pays membres de la Communauté de l’Afrique de l’Est (CAE) a désigné le Président de l’Ouganda, Son Excellence Yoweri Kaguta MUSEVENI comme Médiateur dans les négociations inter burundaises. Le CNARED exprime sa confiance et son soutien au Médiateur, Son Excellence le Président Yoweri Kaguta MUSEVENI. Il lui demande de tout mettre en œuvre pour que ces négociations reprennent le plus rapidement possible. 35. Le CNERED demande en conséquence que le Médiateur jouisse du soutien, non seulement de la Communauté de l’Afrique de l’Est (CAE) mais également de la Conférence Internationale sur la Région des Grands Lacs (CIRGL), de l’Union Africaine (UA) et de l’Organisation des Nations Unies (ONU). Son mandat doit être fermement soutenu par le Conseil de Paix et de Sécurité de l’Union Africaine et le Conseil de Sécurité des Nations Unies, l’Union Européenne et les États-Unis d’Amérique. Pour cette raison, le Médiateur sera appuyé par un panel composé de représentants de l’Organisation des Nations Unies (ONU), de l’Union Africaine (UA), de la Conférence Internationale sur la Région des Grands Lacs (CIRGL) et de la Communauté de l’Afrique de l’Est (CAE). Les envoyés spéciaux de l’Organisation des Nations Unies, de l’Union Européenne, de l’Union Africaine, des États-Unis et de la Belgique dans la Région des Grands Lacs seront également invités à ces négociations. 36. Enfin, pour que ces négociations puissent impliquer l’ensemble des représentants des acteurs intéressés, le CNERED considère que les prochaines négociations doivent se tenir à l’extérieur du Burundi. 37. Au terme de sa réunion, le Directoire du CNERED a de nouveau remercié la Communauté de l’Afrique de l’Est (CAE), la Conférence Internationale sur la Région des Grands Lacs (CIRGL), l’Union Africaine (UA), l’Organisation des Nations Unies (ONU) et l’ensemble de la communauté internationale pour les efforts qu’ils ne cessent de déployer en assistant les réfugiés burundais victimes de la candidature au troisième mandat de Pierre NKURUNZIZA et en assurant la promotion de la recherche d’une solution politique négociée à cette crise.

FAIT À BRUXELLES, LE 12 SEPTEMBRE 2015

LE PRÉSIDENT DU CNARED

Léonard NYANGOMA