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DECLARATION PORTANT CONDAMNATION DE L ‘AGRESSION DU SECRETAIRE GENERALE DE L’EAC

Ce 28 octobre 2015, le Secrétaire Général de la Communauté de l’Afrique de l’Est, le Dr Richard Sezibera a été agressé par le protocole et la sécurité du pouvoir de facto de Bujumbura. Le Dr Sezibera Richard faisait partie d’une délégation de la médiation des pays de la Communauté de l’Afrique de l’Est conduite par […]

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Du rififi à la police de Bunyoni.

Bunyoni chasse les familles des policiers.

Dans sa folie meurtrière contre des civils innocents, Nkurunziza a, depuis le 26 avril 2015 fait recours à la police. Mais aujourd’hui la lune de miel est presque fini. La police qui enregistre de nombreuses pertes refuserait de continuer une guerre fratricide atroce pour protéger un clan mafieux. La grogne est de plus en plus assourdissante. C’est ainsi qu’Alain Guillaume Bunyoni, le préposé au Ministère de la sécurité publique vient de sévir. Il vient de jeter dehors toutes les familles des policiers jusque là hébergés dans les camps de la police. Le délais limite de vider les lieux est fixé au 15 décembre 2015.

Une pétition.

C’est la consternation mêlée à une colère au sein de ce corps qui est majoritairement constitué par les anciens membres du mouvement politique CNDD-FDD. Ils sont furieux, nous rapporte notre source. Cette expulsion au moment où le panier de la ménagère est presque vide est un coup dure pour ces policiers qui peinaient à joindre les deux bouts du mois. C’est cruel de leur imposer de louer un logis pour leur famille. Pour manifester leur mécontentement, trois cents policiers viennent d’adresser une pétition à Alain Guillaume Bunyoni. Ce dernier vient quant à lui de mettre en place une commission chargée de dissiper le malaise.

Le drame des morts cachés.

Ce conflit de trop  vient s’ajouter à un drame « des morts non déclarés » qui secouait le corps de la police. A ce titre il sied de signaler que Nkurunziza a déjà perdu plus de quatre cents policiers en mairie de Bujumbura. Mais les familles des disparus n’ont pas le droit de savoir le sort des cadavres. Ainsi on  déclare à la famille qui cherche des nouvelles que le disparu à déserté, qu’il a rejoint l’opposition. Un tel traitement heurte les policiers encore vivants. Sous d’autres cieux on rend un vibrant hommage aux forces tombés sur le front mais chez Nkurunziza leur mémoire est salie. Un dénigrement que ces policiers supportent mal. La journée d’hier ( lundi 26 Octobre 2015) et cette nuit ont été meurtrières pour la police:  » Nous avons perdu plus de cinquante policiers. C’est la première fois que nos positions sont attaquées pendant la journée! » . Et le porte-parole de la police va déclarer qu’il y a eu un mort et un blessé! Un bilan qui ne varie jamais! Les 49 autres disparus seront considérés comme des déserteurs!

La force de substitution: les FDLR, la milice IMBONERAKURE et la garde présidentielle.

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Face à ce malaise, Bunyoni délègue Désiré Uwamahoro pour mobiliser les FDLR et la milice IMBONERAKURE. Ils vont faire le job sans pitié ni remords. En outre Nkurunziza déchaine sa garde qui est visible dans toutes les exécutions. Les deux éléments de substitution sont gracieusement payés, ils sont logés, nourris et bien équipés confie notre source.

A propos de l’équipement, précise notre source, Bunyoni vient de commander au nom de la police, des milliers de lance roquettes et des milliers de grenades. Cette commande a été effectuée auprès de la Hongrie. Pour Bunyoni, il faut renforcer sa force pour décimer toutes les voix discordantes opposées à leur pouvoir. Ce bras de droit de Nkurunziza répète à qui veut l’entendre que s’il devait y avoir des négociations un jour, elles prendraient au moins quatre ans. Autant dire que la négociation n’est pas la priorité de l’oligarchie de Bujumbura. Mais les massacres des civils innocents. Mais avec ces contradictions internes aux forces de sécurité , pourront- ils tenir longtemps? Laissons le temps au temps; et comme dirait Laurent Gbagbo, »s’il y a un autre Dieu, c’est le temps ».

(Sé) Pancrace CIMPAYE.

 

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Pour un Burundi libre et démocratique

Ce  document constitue  la seconde et dernière partie du texte « Burundi : le désastre » de Nestor Bidadanure, déjà publié sur ce site.

Au cours des trois mois de manifestations, le peuple burundais a surpris le monde par sa maturité et sa retenue. Il n’a pas cédé aux pillages et à la violence aveugle contre les policiers et les miliciens qui, pourtant, n’ont cessé d’attaquer les manifestants. Les quelques dérapages constatés contre les partisans du pouvoir ont vite été dénoncés par les opposants. « Vous avez le droit de vous défendre, disaient les leaders de la société civile, mais jamais celui de malmener les gens fussent-ils les pires criminels ». Résister sans ressembler de près ou de loin aux oppresseurs, telle fut et doit rester la consigne de la résistance burundaise : un véritable combattant de la liberté n’oublie jamais que l’objectif ultime de son combat est la libération de l’opprimé et de l’oppresseur.

Le pouvoir qui cherchait un prétexte pour justifier la répression des manifestants s’est retrouvé face à un mouvement citoyen déterminé et discipliné. Alors que la lutte se poursuivait, des solidarités multiformes furent organisées par des citoyens envers les blessés et les plus pauvres. Le « prends soin de toi » est devenu « prenons soin les uns des autres ». Parallèlement le monde découvrait avec stupéfaction une police qui tirait à balle réelle sur un peuple non armé. Mais d’où venait cette haine des forces de police envers les citoyens qu’elles étaient sensées protéger ? Et comment éviter à la population le choix des armes face à un Etat dont la violence contre les citoyens paraît sans limite ? La réponse à la première question est venue des informations divulguées par les proches du pouvoir qui ont préféré prendre le chemin de l’exil plutôt que de participer à la répression de  leur peuple. On apprendra ainsi que le pouvoir a infiltré dans la police burundaise des miliciens extrémistes issus de la jeunesse du parti au pouvoir, les « imbonerakure » ; que ces miliciens ont été formés clandestinement par les forces génocidaires rwandaises, FDLR, Forces démocratiques de libération du Rwanda, basées dans l’Est du Congo.

Cette collusion entre le pouvoir dictatorial burundais et les forces extrémistes rwandaises n’est pas un hasard. Il relève d’une connivence idéologique avec les radicaux du parti au pouvoir, le CNDD-FDD (Conseil National de Défense de la Démocratie- Forces de Défense de la Démocratie).  Depuis le début des manifestations populaires contre la violation de la Constitution et pour le respect des droits humains, les radicaux du CNDD-FDD ont essayé d’ « ethniciser » le conflit politique au Burundi, sans succès. Le piège ethnique a tellement fauché de vies dans l’histoire burundaise et de l’Afrique qu’il faut une dose particulièrement élevée d’aveuglement pour oser encore emprunter un chemin qui mène droit dans le gouffre.  Alors que le pouvoir cherchait des marionnettes hutu et tutsi à manipuler, il a trouvé face à lui un mouvement de citoyens uni, lucide œuvrant pour le respect des lois et des droits humains. Des citoyens  qui savent désormais que la grandeur d’un être humain se mesure à sa capacité à défendre la justice et à construire la prospérité au sein de la communauté humaine et non aux hasards de sa naissance.

La société civile, les partis d’opposition, les confessions religieuses, les anciens chefs d’Etats, d’éminents hauts fonctionnaires de l’Etat, sans oublier une partie des membres du parti au pouvoir, ont donc tous dit NON à la tyrannie dans leur pays. Par sa cruauté, le pouvoir voulait fabriquer un peuple de soumis et il a au final un peuple rebelle. Frères dans la douleur et frères dans l’espérance telle est la culture sociale qui est en train d’émerger au sein des Burundais au fur et à mesure que la résistance se renforce. Chacun apprend à mettre de côté la suffisance pour épouser l’humilité. L’esprit de courage et d’invincibilité dans la défense du bien commun souffle sur le Burundi.

Les résistants burundais sont au sein du peuple, dans l’armée, dans la police et peut-être même au sein des cercles du pouvoir.  Dans l’ombre, des héros anonymes sont à l’œuvre.  Le serment des forces armées et de la police est de garantir la sécurité du pays et des citoyens et non de protéger la tyrannie. Tirer sur son peuple c’est la ligne rouge que ne doivent plus franchir, à aucun prix, les forces de sécurité ! De même, aucun burundais ne doit accepter d’être transformé en tortionnaire d’autres êtres humains. Qu’importe ce que vous avez été, vous pouvez encore changer, vous révolter et agir pour un Burundi meilleur. Du passé, on ne peut plus grand chose. Mais le présent et l’avenir restent ouverts. Vous pouvez commencer une nouvelle histoire de liberté. Celui qui vous ordonne de torturer et massacrer votre peuple vous déshumanise et ne sera pas là demain pour vous défendre quand vous serez face à vos victimes. En général, quand les tyrans sont arrêtés, ils nient avoir donné les ordres d’exécuter les innocents. Et même s’ils venaient à assumer demain la responsabilité de leurs ordres funestes, vous seriez condamnés pour avoir accepté l’inacceptable. Ne soyez plus les dindons de la farce.  Ne rampez plus, ne hurlez plus avec les loups, agissez pour la libération de votre terre.

Pour que la libération devienne la liberté et l’alternance devienne l’alternative, la lutte en cours au Burundi ne doit – cependant –  pas se limiter au seul renversement de Nkurunziza. Elle doit être une lutte pour un grand projet : un Burundi libre, démocratique et sans exclusion. Un Burundi où les droits humains seront garantis à l’ensemble des citoyens y compris à ceux qui font terriblement du mal aujourd’hui au peuple  burundais. Un pays où les familles des victimes d’hier et d’aujourd’hui connaîtront les circonstances de la mort des leurs. Un pays où chaque victime des crimes présents et passés aura un nom, la reconnaissance de toute une nation. Un pays où les contentieux du passé seront traités d’une manière qui tire la nation vers le haut et non vers le bas. Un pays sans corruption où le peuple pourra vivre dignement; un pays où la justice sera irréprochable et les droits des prisonniers respectés. Un pays où les nouveaux dirigeants ne seront pas là pour dilapider les maigres ressources de l’Etat mais travailleront pour le développement et la prospérité de tous. Un pays qui saura accueillir toutes les expériences de réussite dans le monde tout en inventant son propre développement. Un pays qui fera corps avec ses voisins pour construire une région sans guerre et sans pauvreté. Pour un tel pays, nul ne doit craindre de lutter.

Puisse la communauté internationale, qui dispose des instruments de pression sur le pouvoir de Bujumbura, entendre le cri de souffrance et de résistance du peuple burundais. A notre époque, nul ne devrait oublier que l’indifférence à la souffrance des peuples pour cause de calculs géostratégiques ou de maigres intérêts économiques a toujours été, dans l’histoire la source de terribles tragédies humaines. Ce que les peuples qui souffrent de la tyrannie demandent aux humanistes de tous les pays, ce n’est pas simplement la condamnation des crimes du passé mais bien plus leur opposition aux tyrannies du présent. Car il faut bien le dire c’est aussi à cause de ceux qui savent mais se taisent que le peuple burundais continue de mourir.

Mais que nul ne s’y trompe, la souffrance du peuple burundais révolte de nombreux citoyens dans le monde. Que ce soit en Afrique ou ailleurs dans le monde, ils sont nombreux à être révoltés par les images inouïes des crimes du pouvoir actuel.  Les résistants burundais ne sont pas seuls !

Par Nestor Bidadanure

Philosophe et écrivain

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JOINT PRESS RELEASE | Office of the Special Envoy of the Secretary-General for the Great Lakes in Africa

The Team of International Envoys Support to the AUPSC Communique on Burundi Nairobi, 24 October 2015 – The Team of international Envoys for the Great Lakes Region of Africa welcomes and strongly support the African Union Peace and Security Council’s (AUPSC) forward-leaning October 17 Communiqué regarding the ongoing crisis in Burundi. The Envoys fully agree that « only a genuine and inclusive dialogue, based on the respect of the Arusha Agreement, would enable the Burundian stakeholders to find a consensual solution to the crisis facing their country, preserve peace and consolidate democracy and the rule of law ». They endorse the AU PSC’s call for an earliest possible resumption of the mediation process under the leadership of President Yoweri Museveni of Uganda and for the full cooperation of the Burundian Government and all other concerned stakeholders with the Mediator. They further welcome the request to the Chairperson of the Commission to initiate consultations with the EAC Mediator with a view to “speedily convening, in Kampala or in Addis Ababa, at the AU Headquarters, an inter‐Burundian dialogue involving all concerned stakeholders, both those who are in Burundi and those outside of the country, in order to find a consensual solution to the current crisis.” Amidst a deepening humanitarian, political and security crisis, the Envoys stand ready to support the AU, the East African Community (EAC), President Museveni in his capacity as mediator, and Burundian stakeholders to pursue with urgency a credible, all-inclusive dialogue. We support the AU’s demand for immediate cessation of violence and accountability on all sides. We share the AU’s concern about the non-inclusive and non-consensual nature of the June and July 2015 general elections and the rejection of the recourse to armed rebellion to resolve the current crisis. The Envoys support the AUPSC’s decision to impose targeted sanctions against all those contributing to the violence and impeding the resolution of this crisis. The Envoys further support the AUPSC’s decision to launch an in-depth investigation into the violations of human rights and other abuses against civilians in Burundi and to deploy additional human rights observers and military experts. Given the stakes of escalation, the Envoys commend the request to the AU Commission to expedite and finalize, in consultation with the EAC and the East African Standby Force, the contingency planning in order to respond to the possibility of much wider-spread violence, should the situation so require. The African Union, along with the East African Community, has a crucial leadership role to play in resolving the crisis in Burundi with the support of the United Nations and other international partners. The Envoys express support for implementing the strong steps taken by the AUPSC at its 551 meeting to find a peaceful solution to the current crisis in Burundi. The team of international special envoys is composed of the Special Envoy of the United Nations Secretary-General to the Great Lakes Region Said Djinnit, African Union Special Envoy Ibrahima Fall, U.S. Special Envoy for the Great Lakes Region of Africa Thomas Perriello, European Union Senior Coordinator for the Great Lakes Region Koen Vervaeke, and Belgian Special Envoy for the African Great Lakes Region Frank De Coninck.

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Au foyer présidentiel!

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Pour le repos du Héros de la Démocratie…

Aujourd’hui le peuple burundais célèbre le vingt- deuxième anniversaire de l’assassinat du Président Melchior Ndadaye, héros de la démocratie. Le 21 Octobre 1993, le Burundi a perdu un leader politique visionnaire. Ce jour-là le Burundi a perdu un grand homme politique charismatique.

Hélas sa disparition qui a donné naissance à un certain Nkurunziza Pierre est un grave accident de l’histoire burundaise. A ce propos la noble vision politique de l’illustre disparu a fait place aux déboires de Pierre Nkurunziza. Deux visions diamétralement opposées. Et pour cause le héros de la démocratie proposait au burundais un pays havre de paix pour tous où la justice sociale, l’équité , le respect des droits de l’homme règnent en maîtres absolus. Nkurunziza de son côté met le pays à feu et à sang. L’injustice, la violation des droits de l’homme, les exécutions extra judiciaires, la torture, la corruption, la concussion, le trafic  d’influence, l’exclusion et la haine ethnique sont érigés en mode de gouvernement.

C’est une profanation la présence de Pierre Nkurunziza sur la tombe du Héros Melchior Ndadaye déposant une gerbe de fleur. Qu’est ce qu’il a retenu de la mémoire de cet illustre disparu? Rien. Pendant combien de temps allons- nous supporter cette profanation? En ce jour du 21 octobre 2015, la classe politique burundaise responsable doit se lever comme un seul homme pour arrêter cette supplice que nous imposons à nos héros en confiant une gerbe de fleur à Nkurunziza. Avec sa présence au mausolée du Prince Louis Rwagasore, le 13 octobre 2015 et au palais des martyrs de la démocratie le 21 octobre 2015, Rwagasore et Ndadaye se retournent dans leur tombe. La colère des disparus est grande! Et pour preuve  au cours des cérémonies de ce mercredi 21 octobre, deux éminentes personnalités de l’oligarchie de Nkurunziza viennent de tomber en syncope devant la tombe du Héros Ndadaye Melchior. Il s’agit du célèbre général Miburo Emmanuel alias COMATER ( commandant terroriste), chef de cabinet militaire de Pierre Nkurunziza et la ministre  de l’éducation Janvière Ndirahisha.

Pour le repos des deux dignes fils du pays, la mise  en place d’un ordre nouveau s’impose. Ce devoir de mémoire nous appelle tous. Pour le respect de la mémoire du héros de la démocratie, Nkurunziza doit tirer sa révérence. Un geste qui lui garantirait peut être une survie politique. Un départ qui fermerait  la parenthèse de sang qui vient de durer 22 ans. Et si Nkurunziza continue de travestir l’héritage du héros de la démocratie, des foudres risquent de s’abattre sur sa tête. Miburo et Ndirahisha ,en syncope, est un avertissement!

(Sé) Pancrace CIMPAYE.

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Burundi : Peuple en danger

Le jour se lève sur Bujumbura, et le monde regarde le Burundi tomber. Il ne se passe plus de jour sans que l’on dénombre des assassinats. Assassinats ciblés, dit-on. Festival de crimes auquel s’ajoutent la ronde frénétique des enlèvements et diverses formes de tortures, de brutales intimidations. L’empire de la peur, exactement. Le crime rôde, et les criminels viennent frapper aux portes. Les préposés au crime sont dans la rue. Ici et là… Tout près de chez vous. Hécatombe silencieuse. Le monde n’entend pas les cris sourds des victimes. A l’intérieur de ce factice silence, ceux qui tombent sous les balles de la soldatesque et des escadrons tentent encore d’appeler au secours. Un peuple est pris en otage par une bande de criminels, lancée dans une course infernale vers sa propre ruine. Mais combien comptera-t-on de victimes avant que de voir ces coupe-jarrets parvenir au bout leur nuit ? Au bout de leur équipée insensée ? On le sait désormais : Pierre Nkurunziza et son clan, après avoir fait main basse sur le Burundi au travers d’une élection aussi contestée que dantesque, ont choisi de défier le monde et de brandir leur « bon droit » issu d’une logique corrompue. Emportés dans une fuite en avant, un peu plus convaincus chaque jour de l’impasse vers laquelle ils se sont projetés, ils semblent avoir décidé de mener dans leur pays une guerre de fin du monde. Une guerre contre leur peuple, et, si possible, en entraînant dans leur folie les pays voisins. L’enfer est en eux.

Le chemin choisi par ces incurables maquisards est sans retour possible. Comment pourraient-ils s’arrêter, d’eux-mêmes ? L’Etat burundais se réduit, depuis le braquage électoral de Pierre Nkurunziza, à une diagonale de siphonnés qui n’excluent plus de rayer ce pays de la carte de la région. Des dizaines de personnes assassinées, des enlèvements, tortures et autres exactions. Une campagne de terreur est en cours depuis la contestable réélection en juillet dernier de Pierre Nkurunziza. Le projet mortifère fut confirmé par l’ex général Léonard Ngendakumana, un proche du dirigeant burundais, qui n’a pas hésité à déclarer que la violence était un moyen « compréhensible » d’atteindre des objectifs politiques. Le Burundi s’effondre et le monde détourne le regard pour ne pas compter les morts avec le peuple burundais. Face à la stratégie de la terreur adoptée par le pouvoir burundais contre tous les opposants présumés à ses desseins, ce que l’on désigne comme la « communauté internationale » multiplie les communiqués. Entre attentisme, sanctions symboliques et impuissance, ceux disposant du pouvoir de sauver des vies continuent de s’en remettre à un improbable « dialogue » entre protagonistes burundais. Comme si le profil du régime en action au Burundi laissait encore espérer la moindre possibilité de négociation aussi normale que conventionnelle. Or la seule urgence aujourd’hui est de savoir comment encore sauver le Burundi de la logique du chaos.

Le dialogue ? La bande de criminels qui sévit à Bujumbura n’en a cure. Dans le discours officiel relayé par les affidés du régime, le monde opposé à leurs desseins est devenu leur ennemi. Ils ont raison contre le reste du monde. Seul compte leur propre droit. Droit de vie et de mort sur leurs concitoyens « déviants ». La raison a déserté ceux qui, quotidiennement, exhortent les escadrons de la mort à liquider leurs compatriotes et à diffuser dans la capitale et les campagnes les méphitiques relents de la terreur. C’est ainsi qu’ils veulent gouverner le Burundi.

Dans ce contexte, la prescription d’un dialogue entre les Burundais et le clan de Nkurunziza relève, depuis plusieurs mois déjà, de l’extravagance. La suffocante réalité dans ce qui est devenu le Nkurunzizaland a, depuis un bon moment, pulvérisé l’hypothèse du dialogue. Cette réalité exige un autre traitement, autrement plus vigoureux, urgent et décisif. Il ne s’agit plus d’échafauder des solutions politiques en y incluant des criminels patentés. Il faut désarmer ces derniers. Le dossier burundais ne relève plus du schéma politique. A l’heure actuelle, seule compte l’urgence de porter assistance à un peuple en danger.

Francis Laloupo, journaliste à Africa no.1 et professeur de géopolitique.

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COMMUNIQUE DE PRESSE : -ASSASSINAT DE CHARLOTTE UMUGWANEZA -SIX CADAVRES RETROUVES DANS LA PROVINCE DE KAYANZA

Samedi 17 octobre, nous avons été informés que le corps sans vie de Charlotte Umugwaneza a été retrouvé sur la route RN1 vers Bugarama.

Cette dame était d’origine rwandaise, sa famille étant arrivée au Burundi dans les années cinquante. Elle était membre du comité exécutif de l’OLUCOME, office de lutte contre la corruption, dont le directeur général Ernest Manirumva avait été assassiné il y a quelques années. L’affaire Manirumva avait agité le Burundi car les enquêtes menées à l’époque avaient identifié les commanditaires de l’assassinat dans l’appareil d’état burundais. Un procès de lampistes avait été mené en son temps et pour la première fois dans l’histoire judiciaire, l’on avait vu les avocats des parties civiles et l’avocat du principal lampiste condamné, Hilaire Ndayizamba, s’insurger contre le verdict de la Cour de Bujumbura et réclamer que l’arrêt prononcé soit cassé afin qu’une enquête digne de ce nom soit menée et qu’un procès équitable soit mené.

C’est l’une des collaboratrices directes de feu Ernest Manirumva qui vient d’être assassinée. Elle était aussi une militante active du MSD.

Elle avait charge de famille, trois enfants et deux orphelins. Son mari est burundais.

Elle avait quitté son domicile en vue de préparer un déménagement, souhaitant quitter le quartier sans sécurité où elle résidait.

Le réseau d’informateurs a été avisé qu’elle avait été enlevée et qu’elle devait se trouver retenue aux services de la documentation… Depuis plus de nouvelles sauf ce corps à tout jamais torturé et abîmé par ses meurtriers.

charlotte

Dans un premier temps, certains services officiels ont signalé que le cadavre retrouvé n’était pas celui de Charlotte.

Quelle naïveté lorsque l’on sait que des tests ADN permettent d’identifier aisément les personnes, qu’elles soient victimes ou ….. assassins.

Face à ce type d’arguments méconnaissant les progrès de la science en matière criminelle, les autorités se sont rétractées.

Devant ce nouvel assassinat qui vient s’ajouter à la liste des victimes d’exécutions extrajudiciaires constitutives de crimes contre l’humanité, imprescriptibles en droit pénal, nous réclamons que Monsieur le Procureur général du Burundi sollicite l’assistance de services de police étrangers, dotés d’outils de recherche concernant l’ADN. Nous demandons à tous les membres de la communauté internationale, africaine d’abord et de la CPI et des Nations Unies ensuite, de déléguer une équipe d’enquêteurs de police capables d’effectuer les constatations scientifiques requises sur les corps des victimes mais aussi en d’autres lieux où l’on pourra effectuer des constatations nécessaires à la manifestation de la vérité, et ce indépendamment des témoignages qui restent à recueillir dans les règles de l’art.

Nous attirons une fois encore l’attention du Procureur général du Burundi sur sa responsabilité écrasante en cette période d’exécutions extrajudiciaires qui ne sont pas élucidées.

Nous rappelons que des dispositions pénales répriment les entraves aux enquêtes judiciaires.

Nous rappelons qu’en ne réprimant pas les auteurs, coauteurs et complices d’enlèvements, de tortures et d’exécutions extrajudiciaires frappant des civils et émanant d’autorités appartenant à l’appareil d’Etat, et constitutives de crimes contre l’humanité, le Procureur général, les membres du Parquet et les officiers de police judiciaire construisent un état d’impunité judiciaire qui contribue à l’appel au meurtre. La systématisation des enquêtes non élucidées et l’absence totale d’assistance aux familles de victimes, parties civiles, engagent la responsabilité de leurs auteurs.

L’équipe d’enquête qui soutient nos efforts, les témoins clandestins des assassinats, les avocats qui partagent la position des parties civiles, les parties civiles elles-mêmes, n’abandonneront jamais leur combat pour la vérité judiciaire. Elles n’hésiteront pas à réclamer l’arrestation des magistrats et policiers qui furent les premiers complices de ces crimes, fût-ce par leur passivité.

Nous demandons une fois encore, que de premières sanctions soient prises à l’encontre de ces personnes.

A l’heure où nous terminons ce communiqué, nous recevons une nouvelle information selon laquelle six corps auraient été retrouvés en province de Kayanza. Ceci reste à établir mais manifestement, la chaine de commandement des exécutions extra-judiciaires au Burundi, échappe à tout contrôle ou intervention, tant préventivement que dans le cadre de la recherche et de la poursuite des crimes commis.

Pour notre part, nous continuerons notre travail pour que justice soit rendue pour ces crimes contre l’humanité.

Bruxelles, le 19 octobre 2015

Bernard Maingain

Avocat au Barreau de Bruxelles

Rapporteur au Tribunal Russell pour le Burundi sur les exécutions extrajudiciaires de civils par des autorités de l’appareil d’Etat ou par des groupements paramilitaires liés à l’appareil d’Etat

 

Tél. : 32.475.60.87.64.

e-mail : bm@xirius.be

Bujumbura demande l’extradition de 12 figures de l’opposition et de la société civile.

Ministere Justice burundais

Monsieur Pierre Nkurunziza échappe à un complot à Rumonge.

Nous l’avions déjà évoqué, Monsieur Pierre Nkurunziza est l’autre victime collatérale du troisième mandat. A ce titre nous avions souligné le fait qu’il est devenu prisonnier de sa sécurité. Il ne sait plus faire un pas sans ses chiens de garde; finis les bains de foule tant adulé par le président à vie du Burundi.

Ce  vendredi, journée internationale de l’alimentation, il avait prévu de se rendre à Rumonge, mais avant hier tard dans la nuit la sécurité lui a intimé l’ordre de ne pas se rendre à Rumonge. Pourtant toute la province de Rumonge  était au courant que Monsieur Pierre Nkurunziza allait présider ces cérémonies. Butore Joseph a été dépêché in extremis en lieu et place de Nkurunziza.

Le complot de Rumonge.

Pourquoi Nkurunziza a été sommé de s’absenter à Rumonge? Un complot visant son élimination physique aurait été concocté par certains éléments de l’armée rentrés de l’AMISOM en Somalie sans avoir touché leur solde pendant 9 mois. En effet les militaires en Somalie viennent de passer 9 mois sans être payés alors que l’Union Européenne a toujours versé cette solde chaque mois. Du reste tous les autres contingents des autres pays sont payés régulièrement. Le détournement de cette solde des militaires burundais a été effectué à l’insu du Chef d’Etat Major de l’armée. Les principaux artisans de l’opération sont feu Adolphe Nshimirimana, Alain Guillaume Bunyoni, Tabu Abdallahet Pierre Nkurunziza. Le Général-Major Prime Niyongabo  qui est au courant de cette colère des militaires de l’AMISOM, n’avait cessé de répéter à Bunyoni que cette solde risque de causer un malheur au pays. Dès lors les deux hommes se regardent en chiens de faïences, une tension qui était perceptible déjà dans les derniers jours de Nshimirimana Adolphe.

Le malheur a failli arrivé ce vendredi 16 octobre.D’une source de la garde rapprochée de Nkurunziza, avant hier soir, une information faisant état d’un complot contre Nkurunziza le lendemain à Rumonge a été rapportée au palais. C’est ainsi qu' »on nous a signifié que le déplacement vers Rumonge était annulé sans plus de détails. » La même source confie que l’information de ce complot circule sous le manteau. La hiérarchie préfère cacher un complot consécutif à un malaise provoqué par un détournement de la solde du contingent burundais en Somalie. Ils ne pourront pas arrêtés tous les militaires qui ont été en somalie. Ils sont nombreux!

Au demeurant Nkurunziza Pierre est pris à son propre piège. Désormais il a un autre front, celui de ses militaires à qui il a volé une solde de neuf mois. Pauvre Nkurunziza!

(Sé) Pancrace CIMPAYE.

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INVITATION AUX CEREMONIES DU 22 ème ANNIVERSAIRE DE L’ASSASSINAT DU PRESIDENT MELCHIOR NDADAYE.

A L’occasion de la célébration du 22 ème anniversaire de l’assassinat de Son Excellence Melchior Ndadaye, héros de la Démocratie, le  CNARED, invite les burundais ainsi que les amis du Burundi aux cérémonies qui auront lieu ce 21 Octobre 2015 à 17h30.

  • La messe en mémoire du héros à 17h30: Eglise Saint Roch, Chaussée d’Anvers no.60- 1000 Bruxelles (Accessible à pieds à partir de la gare du Nord).
  • La réception : Rue Marcq no.25-1000 Bruxelles (Accessible à pieds à partir de l’Eglise Saint Roch).

 

Le CNARED remercie d’avance ceux qui se joindront à lui pour honorer la mémoire de cet illustre disparu.

 

Pour tout contact :

Bakunda Athanase ( 0485633857)

Cimpaye Pancrace ( 0492512361)

Ndahabonima Jean Berchmans (0485177485)

Ndagijimana Philippe ( 0487104696)

 

Fait à Bruxelles, le 14 Octobre 2015

Pour le CNARED,

(Sé) Pancrace CIMPAYE

Porte-Parole Adjoint.

ketty

Poème : « Les petits hommes » par Ketty Nivyabandi

Les animaux ne parlent plus
Les tambours se sont tus
Le Tanganyika s’est lentement éloigné
De ses rives ensanglantées
Par le cauchemar de ces hommes
Dont la petitesse transperce
Le sommeil profond des anciens.
Petits hommes aux appétits de géants
Ils parlent, ils parlent sans cesse
Au noms de petites gens
Dont ils ignorent les noms et les maux,
Et qui elles pourtant,
Les observent du haut front de leurs multiples malédictions.
Ils s’érigent des statues de poussière
Dans leurs demeures illuminées de ténèbres
Ils se mirent dans des glaces éclaboussées de pots de vin
Et sur leurs traces traînent de boueuses empreintes…
Ils parlent, ils parlent sans cesse,
Au nom d’un peuple qu’ils pillent sans merci.
Des bouches de leurs ventres à six têtes,
Il pleut des paroles qui blessent, qui rabaissent,
Des paroles frigides et stériles
Qui pilonnent de leurs longs ongles fourchus
La chair d’une terre hoquetant,
Dont ils sucent sauvagement les seins fanés
Pour quelques gouttes vermeils de vie…
Les animaux ne parlent plus
Les tambours se sont tus
Le soleil pleure l’éclat de ses rayons
Depuis que d’étranges hommes
Des hommes aux petites idées
Des hommes aux petites actions
Des hommes aux petites ambitions
Des hommes sans imagination
Se sont hissés, les uns sur les petites épaules des autres
Et, de la cime de leur ruine,
Ont bandé les yeux à un petit pays
Au teint ombré de crépuscule, qui
Il était une fois,
Rêvait de devenir grand.

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Le discours du Prince Louis Rwagasore.

Reproduction intégrale du discours prononcé par le prince Louis Rwagasore, le 19 septembre 1961, au lendemain de la victoire de son parti, l’UPRONA, aux élections législatives du 18 septembre 1961
Mes chers compatriotes,
J’ai l’honneur et le plaisir de m’adresser à vous en ce moment décisif. Le peuple murundi vient de choisir ses dirigeants nationaux et de se prononcer sur son avenir dans un climat de calme et de paix qui l’honorent.
Dans toute compétition, fut-elle politique, il y a un gagnant et un perdant, et l’UPRONA, de par votre libre volonté est sorti vainqueur des élections législatives et formera demain le premier Gouvernement du Burundi autonome.
Mais le vainqueur et le perdant sont tous des Barundi, membres de la même famille nationale, enfants d’un même Mwami. Le Burundi a besoin de tous, à quelques partis politiques qu’ils appartiennent. C’est pourquoi, mes chers compatriotes, la victoire électorale d’aujourd’hui n’est pas celle d’un parti mais le triomphe de l’ordre, de la discipline, de la paix, de la tranquillité publique.
Car sans autorité forte, aucun pays ne connaît l’ordre, la paix, la tranquillité. Sans autorité forte, point de progrès. C’est aussi le triomphe de la démocratie telle que le peuple murundi la comprend et la veut, c’est-à-dire la véritable justice sociale plutôt que des formes extérieures d’une démocratie de surface. L’heure est arrivée de se pencher sur les véritables problèmes de la nation : problèmes économiques surtout, problèmes de la terre et de l’émancipation sociale du petit peuple, problèmes de l’enseignement et tant d’autres, auxquels nous cherchons et trouverons des solutions qui nous sont propres.
Il faut surtout que les habitants du Burundi se sentent en paix et en sécurité, que personne ne se croit menacé et que chacun ait confiance dans la protection du Gouvernement. C’est pourquoi ce Gouvernement qui sera formé bientôt aura comme premier devoir de sévir sévèrement contre tout fauteur des troubles, les irresponsables quels qu’ils soient. J’exhorte surtout plus spécialement les partisans et amis de l’UPRONA à se montrer dignes de la victoire du Parti. Les militants actifs doivent agrandir le cercle de nos amis, tendre loyalement et cordialement la main aux adversaires d’hier et non étaler de l’orgueil ou de l’insolence.
Le Comité National de l’UPRONA sera sans pitié pour ceux de ses partisans qui ne respectent pas ce mot d’ordre impératif de courtoisie, de tolérance et de respect d’autrui, car le Parti ne tolérera pas que le prestige, l’honneur et l’avenir de la Patrie soient compromis par des paroles ou des gestes irréfléchis de quelques exaltés.
La campagne électorale est terminée, le passé doit être oublié et il ne faut plus penser qu’à l’avenir qui est prometteur si nous voulons et si nous agissons en conséquence.
Par conséquent, les hommes qui permettront de décourager ou importuner les étrangers ou les adversaires politiques, sous prétexte de la victoire du Parti Nationaliste seront considérés comme des ennemis de la Patrie et seront punis de manière exemplaire.
Aux voleurs, agresseurs et bandits de toute espèce, nous annonçons une répression énergique et impitoyable, un châtiment dont ils se souviendront.
Le peuple murundi vient de faire son choix et nous n’avons pas le droit de le décevoir en exerçant le pouvoir qu’il nous a délégué pour assouvir nos rancoeurs ou notre orgueil. Nous lui devons au contraire, de nous servir de ce pouvoir pour rassurer tous les hommes, augmenter le nombre de nos amis et apaiser les querelles entre Barundi.
Il appartient aux partisans de l’UPRONA, les plus importants davantage encore que les plus humbles, de donner l’exemple de cette volonté de concorde, de patience et de tolérance.
Nous avons fait notre politique en acceptant toutes les conséquences qui en découlent, mais c’est pour servir le pays et le peuple ; le Parti ne permettra pas que personne fasse dévier notre idéal et notre but.
A cette heure de la victoire du Parti, fût-il le mien, je ne suis pas grisé par le succès, car pour moi et mes amis, la véritable victoire ne sera atteinte qu’après l’accomplissement d’une tâche difficile mais exaltante ; un Burundi paisible, heureux et prospère.
Nous ouvrons nos bras à tous ceux qui veulent collaborer avec franchise et bonne foi. Nous sommes des hommes d’honneur, des hommes réfléchis et calmes et nous voulons donner au peuple ce qu’il lui a été promis.
Au peuple belge, j’ai l’honneur d’adresser un message de gratitude, la responsabilité que, vous belges, vous portiez, vous allez bientôt la transférer sur nos épaules et nous sommes conscients de nos devoirs.
Nous vous demandons de nous aider à entreprendre l’avenir avec confiance, de continuer à nous aider avec générosité, à nous guider dans le respect de notre dignité, de nos intérêts et de notre propre conception de l’intérêt national.
Nous sommes devenus des enfants libres et adultes mais nous suivrons la tradition de notre peuple qui veut que les enfants restent respectueux et témoignent leur affection.
Vous nous jugerez à nos actes et votre satisfaction sera notre fierté.
Que Dieu nous aide et nous éclaire et que notre Mwami bien aimé en reste longtemps encore le sage garant, le père de la Nation.
Vive le Burundi.

Désiré Uwamahoro au passé Interahamwe.

Désiré Uwamahoro est ce policier impliqué dans presque tous les crimes de sang du règne de Pierre Nkurunziza. Hier, cet auxiliaire de feu Adolphe Nshimirimana avait été tellement cité dans les dossiers noirs, que les décideurs de Bujumbura avaient décidé de le mettre sur la touche. C’est ainsi que jusque récemment, le précédent Ministre de la Sécurité Publique, Gabriel Nizigama, répondait à ceux qui venaient intercéder en faveur de ce boucher ceci: « Je ne peux pas donner du travail à ce voyou Uwamahoro Désiré ».

Pourquoi Alain Guillaume Bunyoni, le nouveau patron de la Sécurité Publique décide t-il de donner du travail à ce « voyou »? Pourquoi  va t-il jusqu’à lui confier une unité anti-émeutes?  Une unité qui vient de démontrer à Mutakura que sa mission est de réprimer dans le sang toute velléité à l’opposition au pouvoir de facto de Bujumbura. Les compagnons d’armes de Désiré Uwamahoro dans le maquis, sont tétanisés par le retour de cet homme en ce moment précis. A cet effet, précisent-ils, Désiré Uwamahoro quand il a rejoint le CNDD-FDD, il venait des rangs des Interahamwe. Si on recours à ses services, c’est par rapport à ce passé. D’un côté, c’est un rouleau compresseur qui doit anéantir dans le sang l’opposition, d’un autre côté cet ancien compagnon de la milice Interahamwe est mieux placé pour galvaniser la troupe Interahamwe  pour la cause ethnique au Burundi. Et au regard de la férocité qui caractérise les hommes de Désiré Uwamahoro, notamment le geste d’arracher un cœur à un mort, il n’ y a pas de doute que la composante Interahamwe fait partie de cette unité spéciale. La coalition contre un péril hutu dans la région est en marche. Ce péril hutu devenu la ligne de défense de Bujumbura.

Réaffirmons-le une fois de plus, cette nomination de désiré Uwamahoro, pour le moins surprenante rentre dans cette campagne de mobilisation ethnique hutu dans la région. La déclaration incendiaire du 3 octobre de Gélase Ndabirabe rentre dans la même campagne. De la même manière, la manifestation de ce samedi 10 octobre devant la mission diplomatique belge contenait le même message ethnique.

En tout état de cause, le Rwanda a mille raisons de s’inquiéter! Le CNARED a raison de tirer la sonnette d’alarme! La communauté internationale devrait cesser de n’être que préoccupé; elle doit prendre des mesures drastiques à la hauteur de cette campagne ethnique qui finira par embraser toute la région après avoir décimé tout le peuple burundais. Adama Dieng , ce conseiller spéciale des Nations Unies chargé de la lutte contre le génocide devrait retourner à Bujumbura pour arrêter cette campagne ethnique de Nkurunziza. En substance il devrait obtenir l’envoie de Désiré Uwamahoro devant la cour de La Haye.

(Sé) Pancrace CIMPAYE.

CITATION DU 11 OCTOBRE 2015

 » Dans la vie politique, on ne se fait pas, on ne se crée pas de véritables amitiés. On a quelques bons compagnons. » François Mitterrand ( Cité par Jeune Afrique no.2856)