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Déclaration locale de l’Union européenne

La Délégation de l’Union européenne publie la déclaration suivante en accord
avec les Chefs de Mission européens au Burundi:
La violence, les exécutions extra-judiciaires au Burundi, et à Bujumbura
en particulier, persistent et le nombre de victimes, morts, blessés, réfugiés,
qu’elles provoquent ne cesse d’augmenter. L’Union européenne condamne toutes
les formes de violence, verbales ou armées, quels qu’en soient les auteurs. Les
récentes attaques contre les forces de l’ordre, des bâtiments et institutions publics
ne sont pas acceptables, pas plus que l’usage disproportionné de la force dans le
maintien de l’ordre public. La violence n’est en aucun cas la solution à la crise
politique actuelle.
La seule voie pour mettre un terme à cette crise est celle d’un dialogue
véritablement inclusif, assurant à tous sans exclusive aucune, et dans le respect
de toutes les opinions, la possibilité de participer librement, afin de parvenir à
ramener la paix dans le pays. L’Union européenne salue les efforts de l’Ouganda,
au titre de la Communauté de l’Afrique de l’Est, et de l’Union Africaine à cet
égard.
Dans cette perspective, l’Union européenne déplore les décisions de
suspension des activités et de gel des comptes bancaires d’organisations de la
société civile burundaise, alors que ces organisations jouent un rôle
indispensable dans le fonctionnement de la démocratie, et rappelle les principes
universels de respect des libertés civiles fondamentales auxquels le Burundi a
souscrit.

CITATION DU 26 NOVEMBRE 2015

 » Quand je désespère, je me souviens que tout au long de l’histoire, la voix de la vérité  et de l’amour a toujours triomphé. Il y a eu dans ce monde des tyrans et des  assassins et, pendant un moment, ils peuvent sembler invincibles, mais à la fin, ils tombent toujours. » Mahatma Gandhi

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L’Union Européenne persiste et signe, il y a le feu en la demeure Nkurunziza!

Clique ici pour lire la lettre en PDF

Monsieur le Ministre,
Nous vous remercions de votre courrier en date du 11 novembre 2015 en réponse à l’invitation de
l’Union européenne de tenir des consultations conformément à l’article 96 de l’accord de Cotonou.
Nous avons bien pris note de votre analyse et nous vous félicitions de l’esprit de dialogue dont il
témoigne.
Cependant, tout en prenant en considération les arguments contenus dans votre requête, tant l’Union
européenne que ses Etats membres considèrent que les éléments essentiels de notre partenariat ne
sont pas respectés et que l’ouverture de consultations sur le fondement de l’article 96 reste
pleinement justifiée. Cette évaluation est d’ailleurs en ligne avec les décisions du Conseil de paix et
de sécurité de l’Union africaine (UA) du 17 octobre 2015 et la Résolution du Conseil de Sécurité
des Nations Unies 2248 du 12 Novembre. Elles seront l’occasion d’échanges substantiels avec, pour
notre part, la volonté d’aboutir à un accord mutuellement satisfaisant, pour permettre la poursuite de
notre partenariat pour le bénéfice de la population du Burundi.
Nous vous saurions donc gré de bien vouloir nous confirmer votre acceptation de notre invitation
du 27 Octobre et de prendre les dispositions y afférentes.
Veuillez agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de notre haute considération.

cnared

DÉCLARATION SUR LES NÉGOCIATIONS INTER BURUNDAISES POUR METTRE FIN À LA CRISE BURUNDAISE

1. Les différents partenaires du Burundi appellent les leaders politiques burundais, dont ceux du Conseil National pour le Respect de l’Accord d’Arusha pour la Paix et la Réconciliation au Burundi et l’État de Droit (CNARED) de prendre positivement en mains les destinées du Burundi par rapport à la crise qu’il vit depuis plus de six mois.
2. Le CNARED saisit cette occasion pour communiquer au peuple burundais et à l’ensemble de la Communauté Internationale, sa lecture et ses positions par rapport à ces appels des partenaires bilatéraux et multilatéraux du Burundi.
3. Les graves événements que la Région des Grands Lacs a connus au cours de la deuxième moitié du 20èmesiècle : le génocide et les massacres massifs au Rwanda, la guerre civile atroce qui a durée plus de dix ans au Burundi, invitent les organisations régionales, africaines et internationales de demeurer vigilantes et réactives face à la situation politique et sécuritaire qui prévaut au Burundi.
4. Le CNARED exprime sa gratitude à tous ces partenaires du Burundi pour l’attention soutenue qu’ils ne cessent de manifester par rapport à la situation au Burundi.
5. Aujourd’hui, c’est aux organes de l’État et aux organisations politiques et citoyennes vecteurs et défenseurs de ces valeurs que le pouvoir NKURUNZIZA s’attaque. En érigeant la milice IMBONERAKURE, dont des éléments sont infiltrés dans la Police Nationale du Burundi, et en gérant la Force de Défense Nationale sous un angle politico-ethnique ; privilégiant les membres de l’ancienne branche armée du CNDD-FDD, Pierre NKURUNZIZA et le cercle autour de lui sont entrain de détruire le socle de la paix et de la sécurité au Burundi.
6. À travers la guerre stupide qu’il a engagée contre les partenaires bilatéraux et multilatéraux du Burundi, Pierre NKURUNZIZA est entrain de soumettre le peuple burundais à l’asphyxie alors que la signature et la mise en application de l’Accord d’Arusha pour la Paix et la Réconciliation au Burundi, ’assurait un rayonnement dans la Région, en Afrique et dans le monde.
7. Ceci c’était exprimé à travers le déploiement de membres de nos corps de défense et de sécurité dans des opérations de maintien de la paix dans plusieurs pays d’Afrique et d’ailleurs ainsi que la promotion d’un climat des affaires et de possibilités d’investissement que les nombreuses richesses naturelles dont le pays regorge suscitaient de la part des partenaires.

8. C’est le constat qu’on tire des positions qui s’expriment aujourd’hui sur la situation au Burundi:
a) une persistance de l’impasse politique dans le pays, caractérisée par l’absence de dialogue entre les parties prenantes burundaises ;
b) une situation politique et sécuritaire qui peut remettre gravement en question les progrès notables qui ont été réalisés grâce à l’Accord d’Arusha pour la Paix et la Réconciliation au Burundi ;
c) des violations des droits de l’homme et des atteintes à ces droits qui se multiplient, notamment à travers des exécutions extrajudiciaires, des actes de torture et autres traitements cruels, inhumains ou dégradants, des arrestations arbitraires, des détentions illégales, des actes de harcèlement et d’intimidation commis contre des défenseurs des droits de l’homme et des journalistes perpétrés tant par les forces de sécurité et que par les milices et d’autres groupes armés illégaux ;
d) une impunité qui règne par rapport aux assassinats quotidiens, aux restrictions à l’exercice de la liberté d’expression, y compris pour les journalistes,
e) une dégradation continue de la situation humanitaire ; plus de 200 000 Burundais ayant cherché refuge dans les pays voisins ;
f) des déclarations publiques de très hauts responsables du pouvoir visant à inciter à la violence et à la haine contre des groupes de la société burundaise.
9. Faits par des structures aussi importantes de la diplomatie internationale que les Nations Unies, l’Union Africaine, l’Union Européenne et les États-Unis d’Amérique, ces constats constituent un démenti cinglant du discours de Pierre NKURUNZIZA et du cercle de ses inconditionnels. Une lecture objective de la résolution 2248 du Conseil de Sécurité des Nations Unies sur la situation au Burundi met en exergue la responsabilité des institutions de l’État burundais à travers un manque caractérisé d’engagement et d’entrain à faire répondre de leurs actes tous les responsables de violations du droit international humanitaire ou de violations des droits de l’homme. C’est la raison pour laquelle le Conseil de Sécurité rappelle au pouvoir de fait en place à Bujumbura que « le Burundi est un État partie au Statut de Rome de la Cour pénale internationale et qu’il s’est engagé à lutter contre l’impunité des crimes relevant de la compétence de la Cour » soulignant de passage « que la Cour pénale internationale est complémentaire des juridictions pénales nationales ». Les commanditaires et auteurs des crimes qui se commettent actuellement au Burundi, particulièrement ceux qui les commettent au nom de l’État, ne resteront donc pas impunis comme le voudraient Pierre NKURUNZIZA et le cercle avec lequel il contrôle le pouvoir à Bujumbura. La procureure de la Cour Pénale Internationale a déjà donné le ton en annonçant que des poursuites pourraient être engagées « à l’encontre de tous les acteurs burundais qui, par leurs actes ou leurs propos, concourent à perpétuer la violence et entravent la recherche d’une solution pacifique ».
10. Le Conseil de Sécurité des Nations Unies, l’Union Africaine, l’Union Européenne, le Président des États-Unis d’Amérique et le Représentant spécial de la Chine pour les Affaires africaines trouvent, à juste titre, que la solution à la crise que traverse actuellement le Burundi, passe par « le respect, dans la lettre et dans l’esprit, de l’Accord d’Arusha pour la Paix et la Réconciliation au Burundi ». Ceci correspond à la raison d’être de notre plate-forme et constitue le fondement de notre persistant appel pour des négociations « associant toutes les parties » pour arriver à une solution consensuelle qui aide « à préserver la paix et consolider la démocratie et l’état de droit dans notre pays ».
11. Le CNARED réaffirme haut et fort son adhésion et son engagement pour des négociations globales et inclusives comme la voie la plus appropriée et la plus efficace pour trouver une solution urgente à la crise burundaise. À cet effet le CNARED :

a) demande à l’Union Africaine de déclarer que le pouvoir de NKURUNZIZA résulte d’une procédure illégale qui a été menée en violation de l’Accord d’Arusha pour la Paix et la Réconciliation au Burundi et de la Constitution et dont les pressions exercées sur la Cour Constitutionnelle jusqu’à lui faire signer un arrêt dont elle n’était pas l’auteur, entrent dans le champ de l’article 23 de la Charte Africaine de la Démocratie, des Élections et de la Gouvernance ;
b) s’inscrit en faux contre les consultations intérieures que le pouvoir NKURUNZIZA a confié à la Commission Nationale pour le Débat Intérieur (CNDI). Il s’agit purement et simplement d’une manoeuvre pour retarder les négociations et/ou les contourner. Au vu de la composition de cette commission, le souci du pouvoir NKURUNZIZA est de récompenser les individus, partis et groupes politiques qui se sont beaucoup investis dans la défense du 3ème mandat de Pierre NKURUNZIZA ;
c) demande à la communauté internationale d’identifier les personnalités qui, au sein du cercle du pouvoir de Pierre NKURUNZIZA, constituent des entraves à la voie des négociations et les traiter conséquemment. Le CNARED est prêt à contribuer pour l’identification de ces personnalités et s’apprête, le cas échéant, à publier leur liste ;
d) demande instamment à la Cour Pénale Internationale (CPI), dont le Burundi est un État partie, d’ouvrir des poursuites judiciaires à l’endroit des personnalités politiques, militaires et policières intégrées au cercle du pouvoir de Pierre NKURUNZIZA qui, depuis le 25 avril 2015, n’ont cessé de s’illustrer dans les violations des droits de l’homme par des appels verbaux à la violence, des discours incendiaires à relents ethniques, des assassinats ciblés et des exécutions extrajudiciaires. Le CNARED est prêt à fournir une liste exhaustive de ces personnalités à l’instance judicaire internationale concernée. D’autre part, le CNARED demande aux instances politiques et parlementaires dont le Burundi fait partie de ne plus accueillir dans leurs activités des personnalités burundaises qui, au cours des dernières semaines, se sont illustrées dans des discours qui distillent un venin ethnique. L’East African Legislative Assembly (EALA) de la Communauté de l’Afrique de l’Est, le Forum des Parlements des Pays Membres de la Conférence Internationale sur la Région des Grands Lacs (FP-CIRGL), le Parlement Panafricain, les ACP, l’Union Internationale Parlementaire doivent désormais refuser d’accueillir les délégations burundaises, plus particulièrement si elles sont conduites ou comprennent des personnalités comme Pascal NYABENDA, Révérien NDIKURIYO et Gélase NDABIRABE respectivement président de l’Assemblée Nationale [illégale et illégitime] et du parti CNDD-FDD, président du Sénat [illégal et illégitime] et député de l’Assemblée Nationale [illégale et illégitime] du Burundi et en même temps porte-parole du parti CNDD-FDD pour leurs propos incendiaires et apocalyptiques qu’ils distillent à longueur de journée ;
e) s’inscrivant dans la voie de la Communauté de l’Afrique de l’Est, de l’Union Africaine et des Nations Unies, réitère son soutien au Médiateur désigné par la communauté internationale. Néanmoins, pour que cette médiation soit efficace et fonctionne sans interruption, il faudrait :
– qu’il traite sur le même pied d’égalité les parties en conflit par rapport à la crise burundaise. Il est incompréhensible qu’à deux reprises son émissaire se soit rendu auprès du pouvoir NKURUNZIZA sans que la même démarche soit entreprise auprès du CNARED. Nous exigeons que dans les meilleurs délais la médiation actuelle organise une rencontre avec une délégation du CNARED pour discuter des modalités d’organisation et de conduite des prochaines négociations ;
– qu’au vu de l’agenda électoral qui est en cours dans son pays et dans lequel le médiateur est impliqué, il lui soit adjoint au moins deux ou trois éminentes personnalités davantage disponibles pour la conduite des négociations inter-burundaises. Le CNARED est prêt à faire des propositions qu’il pourrait discuter avec l’autre partie en face. D’autre part, l’Union Africaine, les Nations Unies et les partenaires bilatéraux du Burundi devront être engagés de façon active et dynamique auprès de la
Médiation ;
– que la Médiation soit garantie des moyens matériels et financiers nécessaires pour son fonctionnement
et une bonne organisation des négociations. Le CNARED salue à cet effet les disponibilités ayant été
déjà exprimées pour aider la Médiation à répondre aux nombreux défis logistiques, techniques et
financiers devant être satisfaits dans l’organisation et la conduite de toute négociation.
f) rappelle que pour pouvoir réunir tous les protagonistes burundais, ces négociations devront être organisées
à l’extérieur du Burundi.
12. Le CNARED remercie encore une fois tous ceux qui, au Burundi, dans la Région, en Afrique et à l’échelle
internationale s’investissent jour et nuit pour que la crise burundaise trouve dans les meilleurs délais une
issue consensuelle. Le CNARED salue particulièrement la nomination d’un conseiller spécial du Secrétaire
Général des Nations Unies pour le Burundi ainsi que les explorations en cours pour le déploiement au
Burundi d’une force des Nations Unies pour le Maintien de la paix au Burundi.

13. Le CNARED, qui est le principal interlocuteur face au pouvoir de fait de Pierre NKURUNZIZA. réitère sa volonté et son engagement à oeuvrer pour une issue pacifique de la crise burundaise.

Fait à Bujumbura le 23 novembre 2015
Pour le Directoire du CNARED
Léonard NYANGOMA, Président

CITATION DU 24 NOVEMBRE 2015

« Le sentiment d’injustice ne suffit pas pour vaincre l’injustice » François Mitterrand ( cité dans Jeune Afrique no.2859)

Quelle est la santé du CNARED?

Ces trois derniers jours une fausse alerte à l’implosion du CNARED fait cours sur les réseaux sociaux. Les nombreux burundais qui  croient en la force de cette plate forme citoyenne ne cessent de nous interpeller pour savoir la véracité de cette fausse alerte. Celle-ci n’est qu’une invention du pouvoir de facto de Bujumbura qui a le dos au mur.

Mais pourquoi l’oligarchie de Nkurunziza s’évertue t-elle à prédire l’implosion du CNARED en super forme?

Hier, l’oligarchie de Nkurunziza acculée aux négociations avec l’opposition rétorquait qu’il ne négocierait jamais avec le CNARED. D’où la mise  en place en catimini d’une commission interne à vocation de rejeter le CNARED; il est surprenant que le même pouvoir de facto s’emploi corps et âme dans la diffusion d’une fausse rumeur faisant état de la mort du CNARED.

Mais la raison de cette gymnastique est que Nkurunziza et son club qui se sont perdu dans une guerre contre le Royaume de Belgique viennent de découvrir que le CNARED est  devenu un interlocuteur de la communauté internationale qui compte. C’est ainsi qu’une délégation du CNARED a été reçue par la médiation Ugandaise la semaine passée. En outre la dictature de Bujumbura a appris à ses dépens que tous les envoyés spéciaux du monde dans la régions des grands lacs, ne cessent de rencontrer le CNARED  dans le but de trouver une issue rapide  et paisible à la crise que Nkurunziza a enfanté.

La force du CNARED, un cauchemar pour Nkurunziza.

Il a raison de broyer du noir Nkurunziza qui, pendant une décennie a dirigé le Burundi dans un environnement où il saucissonnait les partis politiques, y compris le sien. Il a régné sur le Burundi sans opposition compacte et solide. Pour une fois,il a aujourd’hui,en face de lui une opposition redoutable, le CNARED qui comprend des figures de proue de l’opposition comme:

Les anciens présidents de la République ( Honorable Jean Baptiste Bagaza, Honorable Sylvestre Ntibantunganya et l’ Honorable Domitien Ndayizeye), Monsieur Alexis Sinduhije, Maître François Nyamoya, Honorable Pie Ntavyohanyuma, Honorable Nduwimana Onésime, Honorable Gervais Rufyikiri, Honorable Léonard Nyangoma, Honorable Léonce Ngendakumana, Honorable Frédéric Bamvuginyumvira, Honorable Nditije Charles, Honorable Hussein Radjabu, Honorable Busokoza Bernard, Honorable Jean Minani, Madame Marina Barampama, Monsieur Chauvineau Mugwengezo, Honorable Alice Nzomukunda, Monsieur Audifax Ndabitoreye, etc. Ces quelques noms donnent du tournis à l’oligarchie ayant comme porte-parole Gélase Ndabirabe qui n’a que des insultes à la bouche. Imaginez  une table de négociations autour de la quelle on aura ces piliers du CNARED susmentionnés d’un côté et de l’autre côté Gélase Ndabirable, Ndikuriyo Révérien, Pascal Nyabenda, Concilie Nibigira, Agathon Rwasa et Pierre Nkurunziza! Ce dernier a raison de prier le bon Dieu pour que le CNARED soit détruit ou divisé en deux! Mais cette prière est loin d’être exhaussée.

Le CNARED avec un dossier des négociations à la main.

Cette force redoutable du CNARED composée par des hommes et des femmes rompus aux techniques de négociations se réunira le 30 novembre 2015 pour finaliser le dossier des négociations. C’est cette nouvelle qui a fait perdre la raison à Bujumbura qui se trémoussait encore dans un rêve d’organiser un pseudo-dialogue entre Rwasa, Concilie Nibigira et Nkurunziza en l’absence de l’opposition. Au demeurant le CNARED, nanti d’un dossier de négociations dans une semaine, son moral est au zénith. En revanche l’oligarchie de Bujumbura, perdu dans une guerre contre le monde entier spécialement contre la Belgique, a le moral en berne; elle supplie le ciel pour qu’il lui prête une partie du CNARED. Malheureusement Nkurunziza devra se contenter de Concilie Nibigira et de Rwasa Agathon car le CNARED qui a la noble mission de sauver le Burundi ne saurait trahir l’espoir de tout un peuple. Le CNARED reste la seule alternative crédible et salutaire pour un Burundi nouveau et meilleur pour tous. Qui accepterait de perdre cette position combien honorable?

(Sé) Pancrace CIMPAYE.

CITATION DU 11 NOVEMBRE 2015

« Rien n’est plus dangereux que lorsque l’ignorance et l’intolérance sont armées de pouvoir. » Voltaire

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Cap sur quelques signes avant-coureurs d’un génocide politico-ethnique au Burundi

Peu après l’expiration de l’ultimatum lancé par Nkurunziza, je lance ce cri d’alarme, le peuple burundais dans son ensemble est en danger. Tout le monde sait très bien qu’un génocide politico-ethnique est en cours au Burundi. A part des discours, des communiqués, des mots, des résolutions, des négociations annoncées mais qui ne commencent pas, etc. tout semble indiquer que le peuple burundais est abandonné à lui-même. Un terrorisme d’Etat a été instauré et des crimes contre l’humanité sont commis au quotidien et le monde observe. Pauvre Burundi ! L’Histoire récente est pourtant riche en leçons, en la matière. Tous les génocides : celui des juifs, des arméniens et récemment des Tutsi au Rwanda ont été préparés et exécutés par les pouvoirs en place. Ces pouvoirs ont utilisé les moyens de l’Etat mais aussi leur armée et leurs miliciens pour commettre ces crimes abominables qui ont emporté des milliers, voire des millions de citoyens innocents. Le schéma est toujours le même. Pour le cas du Burundi, des preuves irréfutables montrent qu’un génocide politico-ethnique se prépare depuis belle lurette.

1. Nkurunziza et son parti CNDD-FDD contrôlent tous les organes étatiques et sécuritaires, y compris l’armée et la police depuis plus de dix ans. Dès le lendemain de sa prise de pouvoir, Nkurunziza et son parti ont créé une milice Imbonerakure composée par les jeunes affiliés au parti mais aussi les anciens combattants, les démobilisés FDD. Deux hauts cadres du parti CNDD-FDD dont l’ancienne Vice-Présidente de la République affirmaient déjà en 2006, que les miliciens étaient au nombre de 30.000. D’après le site web « Burundi news », certains miliciens étaient envoyés au Soudan où ils s’entrainaient avec les Janjawid 2 . L’armement et les entrainements de la milice Imbonerakure ont bien continué jusqu’à la création d’une journée dédiée aux anciens combattants en 20113 au cours de laquelle les miliciens défilaient en tenue presque militaire et comme des militaires. Plusieurs rapports4 ont épinglé le comportement de ces miliciens depuis des années dénonçant leur comportement sous l’œil complice des forces de l’ordre. L’on se souviendra que ces Imbonerakure ont été envoyés pour s’entraîner en République Démocratique du Congo à Kiliba Ondesi5 . Le Président de APRODH Pierre Claver MBONIMPA est entrain de payer le prix pour avoir dénoncé ces entrainements : sa famille ne cesse d’être décimée !

2. Le 8 avril 2014, Jeffrey Feltman, sous-Secrétaire général chargé des affaires politiques a informé le Conseil de sécurité évoquant des rapports récents faisant état de « l’armement et de l’entrainement de la jeunesse du parti au pouvoir, Imbonerakure ». L’un de ces rapports, c’est le document confidentiel6 daté du 3 avril adressé aux départements des affaires politiques et du maintien de la paix de l’ONU, ainsi qu’aux envoyés spéciaux pour la région des Grands Lacs des Nations Unies et des Etats-Unis.

3. Aujourd’hui, ce n’est plus un secret pour personne, les Interahamwe qui ont commis le génocide contre les Tutsi au Rwanda sont bien installés au Burundi et ont été intégrés à l’armée, à la police, au service national des renseignements et même à la présidence de la République7 . Tous ces miliciens Imbonerakure, Interahamwe et ex-Mayi-mayi portent des tenues policières ou militaires, menacent, intimident, agressent et tuent des citoyens paisibles en toute impunité avec la complicité des forces de police ou autres agents de l’Etat.

4. Des discours du Président de la République Pierre Nkurunziza, du président du sénat Révérien Ndikuriyo, du Président du parti CNDD-FDD au pouvoir Pascal Nyabenda et du porte-parole de ce parti Gélase Ndabirabe appellent bien à la haine et certains font recours au même jargon utilisé au Rwanda à la veille du génocide contre les Tutsi. On retiendra le plan « Safisha », « Kora », « Guguna », « Kumesa », etc.

5. Nkurunziza Pierre a divisé les forces armées burundaises dans le seul objectif de casser les équilibres établies par Arusha, d’affaiblir les FDN et ainsi instaurer un terrorisme d’Etat sans que celles-ci puissent intervenir de façon concertée pour stopper sa barbarie.

6. Plusieurs lois contraignantes ont été votées toujours dans cette logique d’imposer par tous les moyens ce troisième mandat « maudit » car volé. Je pense à la loi sur la presse et plus particulièrement celle annoncée par Nkurunziza dans son discours du lundi 02 novembre 2015, une loi anti-terroriste qui instaurera certainement la peine de mort. Cette loi annoncée et qui sera mise en place rapidement bouclera la boucle toujours dans l’agenda caché de commettre un génocide politico-ethnique conformément aux lois élaborées par les concepteurs de ce génocide.

7. Tous ces crimes de génocide sur fond de terrorisme d’Etat se commettent dans un blackout total. Toutes les radios et TV privées ayant été anéanties. Les citoyens burundais n’ont plus droit à l’information à l’exception notable de celle véhiculée par les planificateurs de ce terrorisme d’Etat et de ce génocide politico-ethnique.

8. Le 6 février 2014, le Président de l’ADC-IKIBIRI, Léonce Ngendakuma adressait une correspondance au Secrétaire Général des Nations-Unies dans laquelle il lançait un cri d’alarme et demandait une « prévention d’une catastrophe humanitaire en perspective au Burundi »

9. La fermeture du BNUB au Burundi rentre dans cette stratégie de Nkurunziza et son parti de se préparer à commettre des crimes abominables en l’absence des témoins gênants. Les quelques observateurs des droits de l’homme de l’Union Africaine qui sont au Burundi sont enfermés dans un hôtel, ils ne sortent que quand il s’agit des shows organisés par Nkurunziza et sa clique. Il semblerait d’ailleurs qu’aucun texte ne régit ce déploiement des observateurs des droits de l’homme qui ne font que compter les morts.

10. Nkurunziza et sa clique instrumentalisent plus particulièrement la justice mais aussi l’administration, les corps de défense et de sécurité. Le pauvre Valentin Bagorikunda, procureur général de la République signe les yeux fermés n’importe quoi ! Cette liste n’est pas exhaustive. Ce cri d’alarme est lancé à tous les hommes et femmes du monde entier en particulier ceux des pays démocratiques. N’oubliez pas les Burundais qui, aujourd’hui vivent dans la peur, interpellez vos gouvernements pour qu’ils interviennent de toute urgence pour stopper la folie meurtrière de Nkurunziza et son parti CNDD-FDD. Demain, ça sera trop tard si un autre génocide est consommé en Afrique des Grands Lacs alors que tout le monde l’aura vu venir. Que faire ?

1. Le Conseil de Sécurité des Nations Unies s’est réunie ce lundi, il faudrait de toute urgence une résolution qui autorise l’envoi immédiat d’une force de maintien de la paix au Burundi pour sécuriser la population et désarmer les milices sur tout le territoire national.

2. Il faut des sanctions immédiates contre Pierre Nkurunziza et tous les concepteurs de ce plan macabre ainsi que les exécutants. Nkurunziza n’est plus un homme crédible avec qui négocier, il faut plutôt l’arrêter vivant et le juger. Ce n’est pas pour rien qu’il se cache déjà et ne répond plus au téléphone ! Pourquoi négocier avec un criminel de son rang ? Pour lui donner des honneurs et une porte de sortie digne d’un homme responsable ? Après autant de burundais massacrés et de sang versé de tous ces jeunes, j’ose espérer que les politiciens nous épargneront ce spectacle désolant. L’impunité des crimes d’Etat doivent être combattus partout dans le monde et plus particulièrement au Burundi.

3. Le Conseil de Sécurité des Nations Unies doit de toute urgence autoriser l’ouverture d’une radio privée qui couvre tout le territoire national afin de donner un message de paix, de réconfort à la population burundaise pour contrecarrer les médias de la haine contrôlés par le pouvoir dont la RTNB. A mes compatriotes burundais : Le peuple burundais est aujourd’hui comme un orphelin de père et de mère qui habite une région où règne la loi de la jungle et des gangsters qui rançonnent les citoyens, qui pillent, qui violent, qui torturent, qui tuent de façon abominable. Dans cette jungle, les jeunes qui ne sont pas tués, sont castrés avec de l’acide. Même des cadavres sont torturés. Des jambes sont coupées et des cœurs sont enlevés aux cadavres. Quelle atrocité ! Du jamais vu au Burundi. Quelle haine ! Les images parlent d’elles-mêmes. Willy Nyamitwe, bras droit et conseiller principal de Pierre Nkurunziza, a beau démentir qu’il n’y aura pas de génocide au Burundi, les faits têtus sont là pour le démentir. Le fait de tuer systématiquement des familles entières et des couples sans armes rime à quoi ? La famille Nkezabahizi (cameraman à la RTNB) a été décimée pourquoi ? Le père Panta Léon Hakizimana et ses deux fils jumeaux Frank et Fleury Hakizimana ont été massacrés pourquoi ? Tous ces centaines de cadavres retrouvés ligotés, les bras au dos, c’est quoi ? Et pourtant, tous ces jeunes qui sont préalablement arrêtés par la police, on les retrouve dans les buissons, sur les rues et dans les rivières, etc. Tous ces membres des partis d’opposition de l’UPD, du MSD, etc. qui sont assassinés à travers tout le pays, c’est quoi ? La ligne rouge a été dépassée, en plus des discours incendiaires de Nkurunziza, de Ndikuriyo, de Ndabirabe, de Bunyoni et bien d’autres, on observe ces dernières semaines des massacres dans des endroits sacrés pour le peuple du monde entier et en particulier les Burundais, rien ne peut justifier de tirer sur un cortège funèbre, empêcher les citoyens d’enterrer leurs morts et de faire leur deuil. Tirer un obus sur un bus avec des femmes, des vieillards, des enfants, catégories des personnes vulnérables ! Des élèves du secondaire sont enlevés de leurs classes et on retrouve leurs corps mutilés et assassinés, comme ce jeune élève du Lycée Municipal de Cibitoke ! D’autres citoyens innocents sont massacrés dans les bistrots comme ce fut le weekend passé à Kanyosha. Que faire devant ces crimes d’Etat abominables et toutes ces actions de haute trahison : 1. Le Burundi appartient à tous les Burundais sans distinction aucune d’appartenance ethnique, politique ou autre. Donc, dans ces moments très difficiles, la seule arme redoutable reste l’unité, l’entraide et la solidarité. J’exhorte les membres du CNDD-FDD qui sont opposés à la destruction du Burundi comme Nation d’être les premiers à être solidaires avec ceux qui sont aujourd’hui pourchassés pour avoir refusé un mandat illégal, de trop et maudit. 2. La résistance et le refus de cette folie meurtrière incombe à tout citoyen. Le Burundi doit être libéré rapidement et se doter d’un gouvernement digne et responsable dont la première mission PDF Pro Evaluation 5 sera celle de sécuriser les citoyens et leurs biens, mettre hors de l’état de nuire toutes les milices qui sont sur le sol burundais : Imbonerakure, Interahamwe et les Mayi-mayi.

3. Le Burundi est dans une situation de guerre, une situation de crise sécuritaire grave ! Nkurunziza ne décrétera jamais un couvre-feu pour des raisons que l’on peut bien deviner. A chaque compatriote burundais de prendre ses responsabilités. Aux citoyens du monde et à la communauté internationale :

1. Le peuple burundais a besoin du soutien de vous Toutes et de vous Tous. Usez de tous vos devoirs de citoyens pour faire un plaidoyer auprès de vos gouvernements pour que des mesures soient prises de toute urgence pour protéger la population burundaise en danger.

2. Au lieu d’apprêter des avions pour rapatrier les étrangers vivant au Burundi et abandonner les Burundais à leur sort comme ce fut au Rwanda, prenez plutôt des mesures de sécuriser tous les habitants de ce pays. Ça serait une honte pour les pays démocratiques de sauver uniquement les leurs et laisser les Burundais génocidés par un pouvoir que certains pays ont soutenu pendant 10 ans.

3. Si rien n’est fait, et qu’un génocide politico-ethnique est consommé au vu et au su du monde entier, les survivants et les générations futures accepteront difficilement les larmes de crocodile des représentants des pays démocratiques qui auront assisté à cette hécatombe sans rien faire. Je ne saurai terminer ce cri d’alarme sans adresser un message de sympathie à toutes ces familles qui ont perdu les leurs. Je pense aux nombreux orphelins, victimes des orphelins de 1972 comme s’ils n’avaient pas souffert de cela et comme s’il n’y en avait pas assez au Burundi. J’ose espérer que, tôt ou tard, ces criminels seront jugés et punis sérieusement à la hauteur des crimes abominables qu’ils commettent au quotidien.

cnared

DÉCLARATION DU DIRECTOIRE DU CNARED APRÈS SA RÉUNION EXTRAORDINAIRE DU 30 OCTOBRE AU 01 NOVEMBRE 2015

1. Du 30 Octobre au 1er Novembre 2015, le Directoire du CNARED a tenu une réunion extraordinaire. Après une évaluation des activités politiques et diplomatiques du CNARED depuis sa création le 1er août 2015, les membres du Directoire ont passé en revue la situation politique et sécuritaire prévalant aujourd’hui au Burundi avant d’analyser la stratégie globale du CNARED pour mettre fin au chaos engendré par le 3ème mandat de Pierre NKURUNZIZA,

2. Avant d’entamer les travaux à proprement parler, les membres du Directoire du CNARED ont tenu, encore une fois, à s’incliner et à rendre hommage au peuple burundais qui, jour et nuit, consent des efforts et des sacrifices sans limites pour défendre l’Accord d’Arusha pour la Paix et la Réconciliation au Burundi et les multiples acquis auxquels il a fait parvenir le pays en matière de paix, de sécurité, de concorde nationale, de démocratie, de respect et de promotions des droits de la personne humaine et des libertés publiques, acquis contre lesquels le pouvoir en place est parti à l’assaut à travers le 3 ème mandat de Pierre NKURUNZIZA. Au stade actuel, les Burundais, la Région, l’Afrique et la communauté internationale découvrent hébétés les véritables raisons qui poussaient Pierre NKURUNZIZA et le cercle autour de lui à chercher un mandat qu’ils savaient être en violation de l’Accord d’Arusha pour la Paix et la Réconciliation au Burundi et contre la Constitution du Burundi qui trouve sa source dans cet Accord, notamment dans son le chapitre I du Protocole II. Comme le CNARED n’a cessé de le rappeler depuis sa création, la violation de ces textes et des principes fondamentaux qu’ils édictent dans l’organisation et le fonctionnement de l’Etat a conduit le pays dans l’abime et sème le désordre et une désolation sans commune mesure. Aujourd’hui, les Burundais, la Région, l’Afrique et la communauté internationale s’interrogent : que faire pour sortir de l’engrenage criminel dans lequel Pierre NKURUNZIZA et le cercle autour de lui enfoncent chaque jour le Burundi ?

3. Le Directoire du CNARED constate que les positions et comportements des plus hauts responsables qui gèrent illégalement les institutions de l’Etat ne font qu’enfoncer le Burundi dans des violences qui prennent des dimensions d’un génocide programmé. Cela se constate à travers les positions de la frange du CNDD-FDD qui demeure fidèle à Pierre NKURUNZIZA. Ces positions ont été exprimées à travers les deux dernières déclarations signées par le président à la tête de cette frange, Pascal NYABENDA, et portées à la connaissance du public par la voix de son porteparole, Gélase NDABIRABE. Jamais l’on n’avait entendu dans la vie du Burundi un pouvoir qui justifie ses crimes par d’autres crimes du genre que le pays a connus au cours des décennies passées. Jamais l’on avait vu un pouvoir qui, pêle-mêle, s’attaque sans discernement à tous ceux qui, au Burundi, dans la Région, en Afrique et dans le monde condamnent la dérive autoritaire et criminelle d’un pouvoir uniquement soucieux de défendre ses intérêts et non ceux du peuple burundais.

4. C’est malheureusement ce que cette frange du CNDD-FDD toujours fidèle à NKURUNZIZA sert quotidiennement au Burundi et au monde à travers des diatribes sans fondement contre l’Union Africaine, l’Union Européenne et d’autres partenaires bilatéraux et multilatéraux du Burundi. De même, Pierre NKURUNZIZA et ceux qui gravitent autour de lui dans le contrôle du pouvoir, distillent malicieusement un discours dégradant à l’endroit de ses opposants qu’il qualifie de « putschistes » ou de « terroristes » dans l’unique but de les exclure des négociations globales et inclusives auxquelles les Burundais, la Région, l’Afrique et la Communauté internationale ne cessent d’appeler les protagonistes de la crise actuelle. Cela rappelle étrangement la stratégie de certains responsables politiques et militaires qui, entre 1995 et 2000, s’opposaient viscéralement à toute négociation avec le CNDD qu’ils qualifiaient alors de « Groupe Tribalo-Terroriste Génocidaire » ! Malheureusement, les déclarations du président du Sénat de facto, Révérien NDIKURIYO, que d’aucuns considèrent comme un des animateurs assidus de la milice IMBONERAKURE, vont dans le sens d’accréditer cette assertion. Au lieu de plaider pour la consolidation de l’unité nationale dont le Sénat qu’il dirige est constitutionnellement un des garants, Révérien NDIKURIYO annonce l’apocalypse pour les quartiers et autres provinces contestataires du troisième mandat. Pour lui, la solution est de les « raser » ! Et comme pour chauffer davantage la hargne et la détermination de ceux à qui cette sale besogne sera confiée, il promet que les parcelles dont les propriétaires seraient disparus au cours de cette extermination pourraient être aisément récupérées à leur faveur ! Signe que cette déclaration extrêmement dangereuse du président du Sénat relève de la stratégie globale de l’Etat-NKURUNZIZA, ce denier vient, à son tour, de donner officiellement autorisation aux éléments des forces de l’ordre qui lui demeurent fidèles d’utiliser tous les moyens matériels à leur disposition contre tout résistant qui n’acceptera pas, endéans cinq jours, de courber l’échine et de se rendre sans conditions à ces éléments des forces de défense et de sécurité toujours fidèles à Pierre NKURUNZIZA.

5. Dans les faits, cette stratégie criminelle est en cours depuis des mois. Depuis le début des manifestations contre le 3ème mandat de Pierre NKURUNZIZA, une vague de répression aveugle et sanglante s’est abattue sur le Burundi. Cette répression est beaucoup plus féroce dans les quartiers de la capitale et dans les communes du pays qui ont pris les devants dans la contestation du 3ème mandat présidentiel de Pierre NKURUNZIZA.

6. Ainsi, des massacres qui prennent l’allure d’un génocide politico-ethnique sont observés. Pour faciliter ces massacres, des agents de la police de protection des institutions se placent dans les quartiers résidentiels et simulent des attaques de groupes armés. Par la suite, des agents du service national des renseignements (la documentation), de la brigade anti-émeute et de la police de protection des institutions, appuyés par des miliciens IMBONERAKURE sont déployés dans ces quartiers résidentiels pour soi-disant poursuivre ces groupes armés. Ils entrent systématiquement dans les maisons habitées, forcent certains habitants ciblés d’avance de sortir de leurs maisons, leur ordonnent de s’agenouiller et les massacrent le plus souvent chacun d’une seule balle dans la tête. Au cours de ces opérations terroristes, des familles entières sont décimées et des maisons saccagées ou incendiées. Les derniers de ces crimes ont eu lieu à Mutakura-Cibitoke, le 1er Juillet et le 3 octobre 2015, ainsi qu’à Ngagara, le 13 octobre 2015, quand une famille entière d’un cameraman de la Radiotélévision Nationale du Burundi a été décimée. Des assassinats et tentatives d’assassinats ciblés augmentent aussi dans le pays, tous planifiés par le Service National des Renseignements.

7. Cette situation politique et sécuritaire plus que délétère conduit chaque jour à l’effondrement total de l’économie burundaise. Depuis fin avril, l’économie burundaise est pratiquement à l’arrêt, les recettes internes sont en chute libre. En outre, depuis qu’il a décidé de s’octroyer un troisième mandat anticonstitutionnel, Pierre NKURUNZIZA a fermé les oreilles aux conseils des partenaires du Burundi qui lui ont toujours conseillé de renoncer à ce troisième mandat. Cet entêtement de Pierre NKURUNZIZA, combiné aux violations graves des droits de l’homme et à la remise en cause des acquis démocratiques du Burundi, a obligé les partenaires du Burundi à prendre des sanctions économiques. Celles-ci visent à contraindre Pierre NKURUNZIZA à rejoindre la table des négociations. Cette asphyxie totale de l’économie burundaise ne fait qu’aggraver la souffrance du citoyen ordinaire déjà étranglé par la misère qui s’accentue. En effet, outre la violation de l’Accord d’Arusha pour la Paix et la Réconciliation au Burundi, Pierre NKURUNZIZA et le cercle autour de lui sont des champions dans la corruption et les malversations économiques et financières, y compris en ce qui concerne le bradage des richesses nationales. C’est ainsi que les crimes politiques et économiques de Pierre NKURUNZIZA et du cercle autour de lui font qu’aujourd’hui le Burundi est classé au premier rang des pays les plus pauvres du monde !

8. Cette situation qui se dégrade dangereusement conduit le CNARED à adresser encore une fois un appel vibrant à toutes les forces vives du Burundi, à la Région, à l’Afrique et à la communauté internationale pour qu’elles prennent les mesures qui s’imposent pour éviter que le Burundi ne tombe inéluctablement dans un chaos total. Ne pas agir vite signifierait laisser aux forces aujourd’hui au pouvoir à Bujumbura de continuer leur œuvre destructrice. Une telle situation risquerait d’entraîner l’ensemble de la Région des Grands Lacs dans un engrenage de la violence, dont on peut deviner les dimensions effarantes, quand on se souvient de la crise régionale consécutive au génocide Rwandais en 1994.

9. Au regard de cette situation :

a) Le CNARED salue les récentes prises de position de l’Union Africaine (lors de sa 551ème Réunion tenue le 17 octobre 2015) soutenues dans la suite par le Conseil de Sécurité des Nations Unies ainsi que par les Envoyés Spéciaux de l’Organisation des Nations Unies, de l’Union Africaine, de l’Union Européenne, des Etats-Unis d’Amérique et de la Belgique dans la Région des Grands Lacs. Il s’agit d’une avancée importante qui peut aider à maîtriser cette situation au Burundi qui se dégrade au jour le jour. Le CNARED appelle les membres du Conseil de Sécurité des Nations Unies à saisir dans ses dimensions dangereuses la situation qui prévaut au Burundi. Pour cela, le Conseil devrait adopter une résolution vigoureuse qui contraigne le pouvoir de Bujumbura à mettre fin à une stratégie criminelle qui constitue une menace pour la paix et les droits humains au Burundi en même temps qu’elle porte les germes d’une extension de cette crise au niveau de toute la Région.

b) Le CNARED apprécie les positions de l’Union Africaine laquelle, à travers la Présidente de la Commission et le Conseil de Paix et de Sécurité, ne cesse de déployer des efforts pour accélérer la recherche d’une solution négociée à la crise burundaise. Le CNARED s’inscrit dans la ligne d’action de l’Union Africaine et réitère son soutien à une médiation consensuelle, capable de contribuer à la résolution du conflit burundais. Le CNARED se tient prêt à répondre, à tout moment, à une invitation de la médiation pour le montage du schéma que les négociations devraient vite emprunter afin de bloquer et mettre fin définitivement aux risques de dérapages de la crise burundaise. C’est un devoir auquel aucun acteur burundais qui travaille pour la paix, la sécurité, la concorde nationale, la démocratie, les droits de l’homme et les libertés publiques ne peut se dérober.

10. Le CNARED demande en conséquence à toutes les forces vives de la nation de combiner et coordonner leurs actions dans l’unité, la confiance et la solidarité afin de résister ensemble, et pour l’intérêt de tous, aux sirènes de la violence d’Etat contre un peuple pacifique que le 3ème mandat de Pierre NKURUNZIZA martyrise et paralyse aujourd’hui. Le CNARED appelle la population burundaise, dans toutes ses composantes, à rester sereine et à continuer à résister au Coup d’Etat constitutionnel de Pierre NKURUNZIZA en rejetant catégoriquement et vigoureusement les messages de haine et de division subtilement distillés et propagés par les serviteurs du cercle au pouvoir à Bujumbura. C’est ensemble et pour tous que les Burundais parviendront à mettre hors d’état de nuire tous ceux qui cherchent à pousser le Burundi à l’apocalypse. Le CNARED recommande alors :

a) aux partis et groupes politiques œuvrant au Burundi, de condamner sans ambages ni fuites en avant les dérapages que trahissent aujourd’hui les discours et autres messages des plus hauts responsables du pouvoir de facto de NKURUNZIZA. Se taire, c’est pécher par complicité et en conséquence se mettre du côté de causes négatives sans lendemain. Il s’agit ici d’un combat pour la paix et la dignité du peuple burundais aujourd’hui agressé dans sa quiétude et dans sa vie dans la concorde nationale qui se consolidait chaque jour depuis la signature et la mise en application de l’Accord d’Arusha pour la Paix et la Réconciliation au Burundi ;

b) rappelle aux confessions religieuses, leur place dans la société. Elles n’ont pas droit d’être muettes face aux stratégies qui, quotidiennement, enlèvent la vie à des êtres humains. La violence doit être condamnée et ses commanditaires et auteurs doivent être réprouvés. Sinon, ce serait pécher par compromission et/ou lâcheté ;

c) rappelle aux organisations de la société civile leur devoir citoyen d’être toujours des porteparoles des sans voix, particulièrement en ces moments où les droits humains et les libertés fondamentales des citoyens subissent des épreuves sans précédent. Le CNARED exprime sa solidarité aux organisations, leaders et activistes de la société civile aujourd’hui dans le viseur de Pierre NKURUNZIZA et du cercle du pouvoir autour de lui à cause de leur engagement et de leur détermination à lutter contre le 3ème troisième mandat de Pierre NKURUNZIZA. Le CNARED fait un clin d’œil aux organisations dites de la société civile qui analysent et se comportent de manière complaisante face à cette question. Ils pèchent par omission, de manière volontaire et regrettable.

d) exprime aux organisations des femmes et des jeunes, son appréciation positive et son soutien à l’endroit de celles qui se sont levées pour dire non à un 3ème mandat de Pierre NKURUNZIZA. Ce mandat est en train de détruire le Burundi harmonieux qui s’édifiait depuis la signature et la mise en application de l’Accord d’Arusha pour la Paix et la Réconciliation au Burundi. Le CNARED salue particulièrement le courage des jeunes qui depuis la déclaration de la candidature de Pierre NKURUNZIZA pour un mandat illégal et illégitime n’ont cessé de dire non à la violation de cet Accord dans lequel ils voient un instrument efficace pour l’émergence d’un Burundi Nouveau protégé des excluions et des violences à caractère ethnique qui, au cours des dernières décennies, n’ont fait que fragiliser le Burundi. Le CNARED exhorte la jeunesse burundaise à œuvrer ensemble, dans ses diversités ethniques, politiques et sociales pour réclamer des négociations rapides entre les protagonistes politiques burundais en vue de trouver une solution rapide à la présente crise. C’est la voie la plus rassurante pour chacun et pour tous ;

e) rappelle aux membres des corps de défense et de sécurité, les missions qui leur sont confiées par l’Accord d’Arusha pour la Paix au Burundi et la Constitution qui en découle. « Les corps de défense et de sécurité doivent refléter la volonté résolue des Burundais, en tant qu’individus et en tant que nation, de vivre égaux, dans la paix et l’harmonie. Ils doivent enseigner à leurs membres à agir en conformité avec la Constitution et les lois en vigueur, ainsi qu’avec les conventions et accords internationaux auxquels le Burundi est partie, et exiger d’eux qu’ils respectent ces textes. Les corps de défense et de sécurité sont au service du peuple burundais. Ils doivent être un instrument de protection de tout le peuple burundais et tout le peuple doit se reconnaître en eux » (Article 241). D’autre part, « ni les corps de défense et de sécurité, ni aucun de leurs membres ne peuvent, dans l’exercice de leurs fonctions (a) porter préjudice aux intérêts d’un parti politique qui, aux termes de la Constitution, est légal, (b) manifester leurs préférences politiques, (c)avantager de manière partisane les intérêts d’un parti politique, (d) être membre d’un parti politique ou d’une association à caractère politique et (e) participer à des activités ou manifestations à caractère politique » (Article 244). C’est pourquoi, les membres des corps de défense et de sécurité doivent en ces jours agir avec discernement et refuser d’être entraînés dans la défense de causes uniquement partisanes ou, pire, de se soumettre au service d’un individu ou d’un groupe uniquement soucieux d’intérêts sectaires. Le CNARED appelle les membres de corps de défense et de sécurité à refuser et se protéger contre les stratégies du pouvoir de facto qui tendent à les dresser les uns contre les autres sur base des appartenances ethniques et/ou de leurs appartenances politiques lors de la guerre civile (1994- 2006). Ce que le peuple burundais attend de ses corps de défense et de sécurité est qu’ensemble leurs membres se dressent et agissent comme un rempart de la paix et de l’unité de tous les Burundais. 11. Pour sa part, le CNARED réaffirme son engagement vis-à-vis du peuple burundais, de la Région, de l’Afrique et de l’ensemble des partenaires du Burundi à tout mettre en œuvre pour qu’une solution politique soit rapidement trouvée à la crise actuelle. Pour cela, il appelle chacun des protagonistes et partenaires burundais et étrangers à ses responsabilités. L’histoire récente, au Burundi et dans la Région, a démontré que l’inertie de la Région, de l’Afrique et de la communauté internationale a laissé émerger et se consolider jusqu’à laisser éclore des situations déshumanisantes dont la Région porte toujours des stigmates et vit des conséquences. Le CNARED rappelle que des déclarations du genre « plus jamais ça » ne suffisent plus. Il faut agir rapidement et efficacement pour que le « plus jamais ça » soit traduit en réalité.

Bujumbura, le 4 octobre 2015

Pour le Directoire du CNARED,

Leonard NYANGOMA

Président du CNARED