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ONU / UA ET LA CRISE BURUNDAISE : Une divergence de vue qui profite au dictateur

Pendant que les Nations unies et l’Union africaine (UA) se disputent sur la crise burundaise, le président Pierre Nkurunziza continue de massacrer en rond. En effet, alors que l’ONU privilégie la voie du dialogue et n’en démord pas, l’UA tient à l’envoi d’une force de prévention de 5000 hommes au Burundi. L’ONU et l’UA avaient-elles intérêt à étaler leurs divergences au grand jour ? La question mérite bien d’être posée. NKurunziza ne veut pas d’une force de prévention dans ce pays qu’il considère désormais comme son royaume et qu’il a fini par mettre sous coupe réglée. Les 5000 soldats de l’UA, s’ils étaient effectivement déployés, pourraient faire taire les armes et contraindre, de ce fait, le président Pierre Nkurunziza à dialoguer avec les opposants et les acteurs de la société civile. Une force de ce genre pourrait également réhabiliter les espaces de liberté, dont la liberté de manifester, toutes choses qui troubleraient le sommeil du maître de Bujumbura. Nkurunziza fera donc tout pour ne pas perdre le contrôle d’une situation qui reste jusque-là à son avantage. Ce pasteur qui voit, dans ses révélations, la main de Dieu sur son pouvoir, n’est pas prêt à faire la moindre concession. Mille cadavres derrière lui, mille autres devant lui, il avance et ira jusqu’au bout. Seule donc une force de prévention pourrait  contrarier les prétentions monarchiques de l’ancien professeur d’éducation physique et sportive. En refusant de soutenir l’UA dans sa position, l’ONU donne l’occasion à Nkurunziza de narguer l’institution panafricaine. Ce qui vient encore ternir son image qui était déjà fortement entamée. Et puis d’ailleurs, à quoi sert ce dialogue  politique préconisé par l’ONU ? Si ce dialogue devait se tenir par la seule volonté de l’ONU, il courrait fortement le risque d’accoucher d’une souris. L’ONU fait là un faux jeu, sommes-nous tentés de dire.

L’ONU a intérêt à revoir sa position et à s’aligner sur celle de l’UA

Car il est difficile qu’un dialogue politique entre Nkurunziza qui n’en veut d’ailleurs pas, et ses opposants politiques, puisse résoudre le problème burundais. Loin d’être la solution au calvaire que vivent les Burundais, ce dialogue n’aura pour seul effet que de permettre au président burundais de jouer la montre, tout en tissant sa toile répressive. L’ONU a donc intérêt à revoir sa position et à s’aligner sur celle de l’UA. A l’étape actuelle, le peuple burundais n’en demande pas plus. Le président Nkurunziza n’est pas un enfant de chœur, et il faudrait un remède plus efficace face à la crise burundaise, que ces divergences entre l’ONU et l’UA qui permettent à Nkurunziza de gagner du temps et de renforcer ses assises. L’ONU devrait donc soutenir, de tout son poids, l’UA dans sa volonté d’envoyer une force de prévention au Burundi. La crise burundaise n’a que trop duré, et il est temps d’arrêter Nkurunziza dans sa névrose profonde et meurtrière, par la force s’il le faut. Si l’ONU et l’UA ne parviennent pas vite à cette solution, il faut craindre un génocide au Burundi, car Nkurunziza est dans une logique de pis-aller. L’ONU et l’UA devraient donc se passer des sentiments, et montrer au Président burundais que le Burundi est loin d’être son salon dans lequel il reçoit qui il veut et en chasse qui il veut. En tout cas, Nkurunziza est déjà dans cette posture de président « démocratiquement » élu, qui tient à terminer son mandat, même s’il doit faire feu de tout bois. L’ONU et l’UA ont donc intérêt à taire leurs divergences et à trouver un antidote à la crise burundaise avant qu’il ne soit trop tard.

Adama SIGUIRE

RED TABARA: COMMUNIQUE DE PRESSE RELATIF A LA VISITE DU CONSEIL DE SECURITE.

Du 21 au 22 janvier 2016, le Conseil de Sécurité des Nations Unies a effectué une visite au Burundi . Cette visite  avait pour objet de demander à la dictature de Bujumbura d’autoriser le déploiement du contingent africain au Burundi, de rejoindre la table de négociations avec l’opposition en exil et de permettre une enquête sur  les cas de violation des droits de l’homme.

Malheureusement, le pouvoir de facto de Bujumbura a rejeté du revers de la main les trois requêtes. C’est dire que le despote Nkurunziza vient de demander au monde entier de circuler qu’il n’y a rien à voir au Burundi ! Par ce rejet Monsieur Pierre Nkurunziza vient de confirmer  la poursuite des massacres du peuple burundais.

Dès lors le mouvement RED-TABARA  demande au Conseil de Sécurité des Nations Unies, à l’Union Africaine et spécialement aux pays de la Communauté Est Africaine de considérer Monsieur  Pierre Nkurunziza comme les despotes  Idi Amin Dada, Milton Oboté de l’Ouganda, Jean Bedel  Bokasa de la République Centre africaine, Juvénal habyarimana du Rwanda. Le despote Nkurunziza veut mettre le Burundi à feu et à sang.

En conséquence, le mouvement RED-TABARA, convaincu que Nkurunziza veut plonger le Burundi dans le chaos, ne ménagera aucun effort pour combattre militairement cette menace qui pèse non seulement sur le Burundi, mais aussi sur toute la sous- région. Nous demandons au monde entier de comprendre que Pierre Nkurunziza est devenu une menace pour toute la région des Grands Lacs africains.

Fait à Mwumba, ce 23 Janvier 2016

Pour RED-TABARA,

David IHOTORIHIRWA

Porte-Parole.

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Déclaration du CNARED-GIRITEKA en rapport avec l’attaque terroriste à Ouagadougou,

Le Conseil National pour le Respect de l’Accord d’Arusha pour la Paix et la Réconciliation au Burundi, de la Constitution et de l’Etat de Droit-le CNARED-GIRITEKA, suite aux actes de barbarie perpétrés par un groupe terroriste contre de paisibles citoyens inoffensifs Burkinabé ce 16 janvier 2016, déclare ce qui suit:

1. Les faits.

Dans la nuit du 15 janvier au 16 janvier 2016 des hommes armés ont attaqué un grand hôtel à Ouagadougou. Cette attaque aurait emporté la vie de près d’une trentaine de personnes et fait de nombreux blessés.

L’attaque aurait été revendiquée par une organisation terroriste liée à Al Qu’Aïda.

Cette agression se déroule quelques semaines à peine après l’installation du premier gouvernement post-transition.

Les forces de sécurité Burkinabé assistées par des forces de sécurité amies ont neutralisé les terroristes et mis fin à l’agression et libéré de nombreux otages.

2. La position du CNARED-GIRITEKA.

Le CNARED-GIRITEKA condamne avec force l’agression perpétrée contre le peuple Burkinabé par des terroristes obscurantistes, qui n’ont la foi que dans la violence aveugle et abjecte.

Le CNARED-GIRITEKA condamne ces actes dont le timing semble indiquer que l’objectif est le sabotage de la Démocratie renaissante dans le Pays des Hommes Intègres.

Le CNARED-GIRITEKA présente ses condoléances les plus affligées au peuple Burkinabé et à toutes les familles éprouvées et au gouvernement burkinabé. éplorées. Il souhaite un prompt rétablissement à tous ceux qui ont été touchés dans leur chair ou leur âme.

Le CNARED-GIRITEKA adresse ses encouragements et son soutien au peuple et au gouvernement Burkinabé, et est convaincu que la Démocratie retrouvée saura faire barrage à toutes les forces déstabilisatrices, ennemies du progrès du Burkina Faso et de l’Afrique.

Le CNARED-GIRITEKA lance un appel à toutes les forces démocratiques du continent Africain et du monde entier à se solidariser avec le peuple Burkinabé, car face à ces forces fossoyeuses de la paix et de la Démocratie, seule l’unité des peuples pourra constituer un rempart solide et infranchissable.

Fait à Bruxelles le 17 Janvier 2016

Pour le CNARED-GIRITEKA,

Léonard NYANGOMA,

Président du CNARED-GIRITEKA

 

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Burundi: l’ONU dénonce l’existence de massacres ethniques et de charniers

Le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Zeid Ra’ad Al Hussein, a averti que «tous les signaux d’alarme, y compris celui d’une dimension de plus en plus ethnique de la crise, sont en train de virer au rouge», ajoutant qu’un «effondrement complet de l’ordre public est imminent».

 

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Sondage : faut-il déployer d’urgence des Casques bleus au Burundi ?

pour ceux qui veulent voter au sondage de l’hebdomadaire jeune afrique: »Faut-il deployer ou non les casques bleus au burundi? »
Voici le site web ou il faut se rendre pour voter,il vous suffit de cliquer dessus!et vous entrer sur le site pour pouvoir voter,tres imortant de passer ce message.!!
le site web: http://www.jeuneafrique.com/293226/politique/sondage-faut-il-deployer-durgence-casques-bleus-burundi/
LARGE DIFFUSION

CITATION DU 13 JANVIER 2016

« L’autoritarisme prépare les violences de demain » Bertrand Badie, politologue français.

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Burundi: Perpétuité requise contre les putschistes: notre « motivation était légale »

Exclusif: la plaidoirie du principal accusé

Le procureur de la Cour suprême du Burundi a requis mercredi la perpétuité contre les 28 accusés du procès dit « des putschistes des 13 et 14 mai » derniers.

Depuis le 14 décembre, 28 militaires et policiers burundais sont jugés par cette Cour à Gitega (à une centaine de km de la capitale, Bujumbura). Les 13 et 14 mai derniers, l’armée et la police avaient profité du départ à l’étranger du président Pierre Nkurunziza pour le destituer. L’obstination, largement condamnée, du chef d’Etat à se présenter à un troisième mandat – formellement interdit par l’Accord de paix d’Arusha, qui avait mis fin à la guerre civile (1993-2005) – avait déclenché des manifestations incessantes dans la capitale depuis le 25 avril, durement réprimées. Mais l’armée s’était divisée et les putschistes avaient été vaincus.

Droits de la défense pas respectés

Le procès en cours à Gitega ne répond pas aux normes internationales, principalement parce qu’il ne respectecte pas les droits de la défense.

Les juges ont ainsi récusé les avocats des principaux accusés dès les deux premiers jours du procès, sous divers prétextes. Le Belge Bernard Maingain a ainsi été carrément accusé de complicité dans le putsch, tandis que Me Lambert Nsabimana et Me Onésime Kabayabaya étaient accusés d’entrave à la justice. La défense avait fait valoir – en vain – qu’elle n’avait pu avoir copie des pièces du dossier et que ses demandes d’enquêtes supplémentaires avaient été rejetées, tout comme ses demandes de convoquer des témoins.

Lundi, le principal accusé, le général-major Cyrille Ndayirukiye, un ancien ministre de la Défense, a rejeté les avocats commis d’office par la Cour au nom du droit de choisir ses avocats. Et parce qu’ils n’avaient pas eu le temps de prendre connaissance du dossier et encore moins de demander des actes d’instruction. Il a donc décidé d’assurer seul sa défense.

La Libre Belgique a eu accès au texte de celle-ci, que l’accusé a pu partiellement prononcer mercredi. La voici, en exclusivité.

MFC

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La plaidoirie du principal accusé

Monsieur le Président,

L’homme qui est aujourd’hui poursuivi devant votre haute cour a toujours eu la plus haute idée des fonctions suprêmes de l’Etat burundais, dont l’armée et la justice. Vous pouvez examiner l’ensemble de ma carrière et celle-ci en attestera.

Je pense aussi que cette très haute idée que je me fais de l’Etat et de ses missions, est basée sur le sens ultime de cette mission, servir le peuple burundais dans le respect de la loi.

Dans notre société burundaise, la loi du peuple burundais doit être le guide ultime de tous les serviteurs de l’Etat, dont le soussigné en sa qualité de militaire. Je n’ai jamais eu d’autre ambition ni d’autre perspective dans toutes les fonctions que j’ai eu l’honneur d’assumer.

Aujourd’hui, dans l’exercice de la magistrature judiciaire, vous êtes amené à poser un jugement de valeur sur les actes qui furent les miens du 13 au 15 mai 2015. Votre mission est de dire la loi.

L’exercice de cette mission de juger s’inscrit dans un cadre précis que les juristes ont mis en place, génération après génération et qui porte le beau nom de procès équitable. Devant toutes les juridictions au monde, sur tous les continents, progressivement se sont mises en place quelques normes essentielles à l’aune desquelles l’on apprécie si la justice peut être rendue par ceux qui sont tenus de la servir, à savoir les juges.

Dans mon propre pays, le Burundi, force m’est de constater qu’au moment où la justice doit être prononcée me concernant, ces garanties essentielles n’ont pas été respectées.

Toute instruction préliminaire d’un procès et toutes instructions d’audience doivent être faits à charge et à décharge. La partie poursuivante et la défense doivent être placés sur pied d’égalité pendant la procédure pour permettre d’échanger les moyens de preuve et les arguments de droit.

Permettez-moi, Monsieur le Président, de vous dire que cette garantie fondamentale ne m’a pas été reconnue ni avant ni pendant mon procès.

Aucun de mes avocats n’a eu copie des pièces de mon dossier et il en fut à fortiori pour le soussigné. Je n’ai pas eu le temps ni le loisir d’analyser ces pièces pour préparer ma défense.

Simultanément toutes mes demandes d’instruction ont été rejetées.

J’ai demandé maintes fois l’audition du ministre de la Défense et du chef d’Etat-major de l’époque ainsi que de l’ancien chef du service de renseignement, tous les trois étant des acteurs majeurs de ces jours cruciaux du mois de mai 2015.

Leurs témoignages et leur confrontation avec le soussigné auraient donné de précieuses informations sur les personnes concernées par ce dossier au sommet de l’appareil d’Etat et sur le choix douloureux qu’elles ont estimé devoir faire dans l’intérêt de la loi ainsi que sur leurs trahisons et sur les motivations de ces trahisons. Le récit des discussions entre les différents protagonistes les 13 et 14 mai dernier sont évidemment cruciaux et nous disposons de nombreux témoignages susceptibles de vous donner un éclairage complet sur ces événements.

La tenue de ces mesures d’instruction préliminaires ou d’audience aurait permis également de solliciter d’autres témoignages utiles à la manifestation de la vérité judiciaire. En effet, l’action entreprise ne visait pas à causer préjudice à qui que ce soit. Elle visait uniquement à garantir le respect des accords d’Arusha et de notre Constitution ainsi que des lois du peuple burundais.

Ces mesures d’instruction élémentaire n’ont pas été respectées à aucun stade de la procédure.

Pour me défendre, j’avais demandé l’intervention de trois avocats, Me Onésime Kabayabaya, Me Lambert Nsabimana et Me Bernard Maingain. Tous trois ont ma confiance.

Les premier et second jours du procès, ils ont tous les trois été récusés pour des motifs divers.

Me Maingain n’est pas burundais mais il a pris en charge nombre de défenses dans la région sans se soucier d’autre chose que la mission d’auxiliaire de la justice et peu lui importe l’origine ethnique ou sociale ou autre de ceux qui le consultent. Il a la confiance de nombre de mes concitoyens et reçoit leurs confidences en respectant scrupuleusement le secret professionnel. Il exerce son métier sans qu’on lui ait fait le moindre reproche disciplinaire ou pénal depuis plus de 37 ans.

Les avocats que j’avais choisis au Burundi sont de la même trempe et de la même qualité à mes yeux. Ils travaillent avec le plus grand respect de la loi et une haute idée de leur fonction d’auxiliaires de la justice. Ils n’ont jamais été mêlés à quelque violation de la loi que ce soit. Ils ont ma totale confiance. Je leur fais confiance depuis le début de mes difficultés judiciaires.

Ils ont aussi la réputation de servir la loi sans se laisser intimider. J’avais la conviction que leur parole serait libre à la barre ce qui est évidemment important. Pour ces hommes assumer une défense dans ces conditions n’est pas facile mais tous trois l’ont accepté. Ils m’ont tous les trois confié les nombreuses pressions dont ils furent l’objet depuis qu’ils ont signalé leur intervention.

Ils ont même été menacés dans leur existence physique au point que des négociations étaient menées pour leur assurer un minimum de protection.

Lors de l’audience d’introduction, ils avaient fait le choix de dénoncer d’abord devant vous les irrégularités de procédure qu’ils avaient constatées, de mettre en place un calendrier d’audience susceptible de favoriser une instruction complète de l’audience, de négocier un temps suffisant pour leurs plaidoiries. Ils ont tous trois été écartés des débats en deux jours d’audience. L’un sous le prétexte d’une complicité dans le putsch ce qui est une accusation absurde et les autres sous le prétexte d’une entrave à la justice alors qu’ils se contentaient de demander le respect des règles du procès équitable.

Ce procès se tient après avoir décapité la défense de toute possibilité d’intervention en ma faveur. C’est dès lors un procès sans respect des droits de la défense.

Avant-hier, j’ai appris que vous aviez commis d’office des avocats.

A supposer même que tout ceci soit légal, ce qui n’est absolument pas le cas, vous conviendrez que dans ce cas, j’ai le droit de rencontrer mes avocats et ceux-ci doivent pouvoir échanger avec moi, prendre connaissance du dossier, l’obtenir en copie, le lire, solliciter des mesures d’instruction complémentaires, déposer des mémoires pour faire valoir mes droits en justice.

Ils ont d’ailleurs eu la grande honnêteté de vous le rappeler avant-hier. Un avocat commis d’office ne peut être réduit au rôle de témoin impuissant d’une procédure. La robe de l’avocat ne peut être simplement le prétexte à une mise en scène dont il serait le spectateur impuissant. C’est pourtant ce que vous essayez de faire les concernant. En effet, après avoir commis d’office ces avocats, vous les forcez à assister impuissants aux audiences pour tenter de tirer avantage de cette présence au niveau procédural mais personne, dans le monde entier, n’est dupe de cette mise en scène.

Vous m’avez ainsi imposé de poursuivre seul ma défense sans même le moindre délai pour l’organiser et me préparer personnellement puisque je suis privé d’avocat. Une nouvelle fois, les droits élémentaires de la défense sont bafoués.

Enfin, et ce n’est pas la moindre des choses, je vous rappelle les conditions particulières de détention dans lesquelles les parties citées devant vous se trouvent. Nous les assumons avec dignité. Sous prétexte d’un risque d’attaque de la prison, vous avez renforcé les conditions carcérales de mes codétenus et de moi-même. Dans ce cadre, les conditions carcérales ne peuvent être ni inhumaines ni dégradantes. C’est pourtant ce qui arriva. Nous reconnaissons toutefois qu’il y a eu un léger assouplissement de ces conditions mais des atteintes aux droits de l’Homme subsistent notamment l’isolement, le non accès aux activités d’intérêt collectif de la prison et le droit au culte. L’exemple le plus fragrant est celui du refus à ce droit même le jour de Noel 2015.

Les conditions de promenade ont été réduites à plus qu’un minimum. Les possibilités d’activité sportive ou physique limitées. L’espace vital dans la prison diminué totalement. Je sais que le Haut-commissariat aux Droits de l’Homme des Nations Unies qui a accepté de suivre mon cas et celui de mes codétenus a rédigé de nombreux rapports concernant notre situation de détention. Je demande ici que ces rapports soient déposés au dossier de procédure.

Je ne suis pas sûr que c’est en plaçant des policiers devant les portes des cellules et en leur donnant l’ordre d’abattre les détenus en cas d’attaque que ces conditions de détention répondent aux standards élémentaires de respect des droits de la personne humaine.

Toutes ces violations des droits de l’homme devraient m’amener à ce stade à arrêter de me défendre car je suis convaincu que les standards du procès équitable ne sont pas rencontrés.

Mais je veux aller plus loin.

Oui, il me faut redire que les actes posés par le soussigné l’ont été en conscience et connaissance de cause. Dès que l’autorité, fut-elle suprême donne des ordres allant dans le sens de la violation de la loi et mettant en danger le peuple, même le plus discipliné des militaires ou policiers est en droit de refuser l’ordre et ce pour l’intérêt supérieur du pays.

Quant à savoir le pourquoi du recours à des moyens lourds dont vous m’accusez, je me demande par quel moyen nous aurions pu tempérer la folie meurtrière d’une police et d’un service de renseignement surarmé à l’endroit d’une population innocente et sans défense. Par ailleurs, ces moyens lourds n’ont été utilisés qu’à titre dissuasif. Les images de l’événement en disent long.

Comme je l’ai dit à la barre il y a 48 heures, monsieur Nkurunziza a goûté au fruit défendu et personne n’a douté que cette violation de la loi était d’une gravité extrême et qu’elle portait un coup de poignard insupportable dans les accords d’Arusha. Tout comme la corruption endémique qui sévissait dans notre pays et qui n’était plus poursuivie, tout comme les nombreux assassinats politiques jamais suivis d’enquêtes dignes de ce nom, la violation du pacte fondateur à l’occasion des élections consommait la rupture entre le Président et son peuple.

Cette rupture fut suivie d’une répression sanglante et prévue de longue date de toute forme de contestation par la population. Au moment où nous intervenons le 13 mai, le peuple burundais est déjà atteint dans sa chair. Des militants tombent sous les balles de policiers, de faux policiers et de miliciens Imbonerakure. Le droit de manifester est désormais ouvertement réprimé sauf au bénéfice de ceux qui soutiennent Monsieur Nkurunziza et les pressions sur la société civile et sur les militants des droits de l’homme atteignent un niveau d’intensité considérable.

Ici encore, vous m’avez privé du droit de faire entendre les témoins des faits de contexte qui permet de comprendre notre action. Car la motivation de l’action des dirigeants de l’armée, du chef d’Etat major et du ministre de la défense lors des réunions préparatoires, n’était nullement de réaliser un putsch comme d’aucuns l’ont rappelé. Il ne s’agissait pas de ramener au pouvoir des personnes sans légitimité démocratique, ce pourquoi le peuple burundais se bat depuis des années.

Il s’agissait pour les personnes impliquées dont moi-même de démettre un homme qui avait goûté au fruit défendu et de neutraliser sa capacité de violer la loi, pour restaurer le processus démocratique. Ce sont en tous cas les ordres clairs que le Chef d’Etat-major et le Ministre de la Défense de l’époque nous ont donnés et que nous avions choisi d’exécuter en âme et conscience.

Nous voulions aussi que cette intervention soit exécutée sans effusion de sang. Tous les dirigeants militaires, du moins officiellement, partageaient cette vision et tous étaient convaincus que le peuple burundais dans sa toute grande majorité, soutenait notre démarche. La liesse populaire le 13 mai à Bujumbura en atteste d’ailleurs. Notre intervention a été comparée à la révolution des œillets au Portugal et à d’autres mouvements de forces armées lorsque celle-ci décide d’agir avec bienveillance pour la restauration de la loi. Ce fut exactement notre motivation.

Notre seule erreur fut de croire que tous ceux qui préparaient cette intervention avaient la même sincérité et la même honnêteté. Ce ne fut pas le cas.

Dans un procès respectueux des droits de la défense et des normes du procès équitable, il y aurait eu tant de témoins à inviter à la barre et tant d’éléments factuels à soumettre à votre analyse et à votre jugement mais tout cela nous a été interdit.

Voilà l’histoire qui a tourné tragiquement alors que nous nous devions de poser ces actes pour préserver la loi et la démocratie au Burundi.

Il reste à savoir pour vous si le souci du respect de l’accord d’Arusha et de la Constitution, si la volonté de respecter les droits fondamentaux des burundais, si la volonté d’organiser des élections libres et démocratiques sont des motivations justifiant une condamnation.

Les faits survenus depuis le 13 mai 2015 nous confortent dans l’idée que l’état de nécessité justifiait notre démarche de militaires. A aucun moment le moindre geste n’a été posé pour la restauration des libertés fondamentales. Le peuple burundais souffre comme il a rarement souffert. Le peuple burundais n’a pas pu participer à des élections libres et les dénonciations à ce sujet ont plu de partout. A aucun moment, une solution de compromis n’a été recherchée avec l’opposition. Les événements récents de Kampala en sont la triste illustration.

J’assume dès lors comme militaire le choix effectué même si cette démarche a échoué. La motivation était légale. Le principe de proportionnalité quant au choix des voies et moyens a été respecté, les militaires voulant agir en causant le moins de préjudice possible à la population et ayant agi en ce sens tout au long des événements.

Aujourd’hui nous sommes en prison mais la loi fondamentale n’est plus respectée et le contrat social qui devrait unir tous les citoyens semble oublié. L’on refuse même d’en discuter.

Aujourd’hui, à la faveur d’un procès bâclé, l’on tente de nous faire passer pour des boucs émissaires et l’on nous réclame des condamnations pénales et le payement de dommages et intérêts au civil concernant des événements survenus que nous n’avons pas ordonnés, auxquels nous n’avons pas participé et qui nous sont totalement étrangers. Nous contestons formellement ces accusations. Nous contestons formellement avoir commandité ces événements que l’on tente de nous mettre à dos aujourd’hui, nous contestons formellement en avoir été auteurs, coauteurs et complices. C’est l’étape ultime d’une procédure inadmissible visant à faire de nous les boucs émissaires de tous les maux qui ont touché notre pays.

Au terme de ce mémoire, je redis que mon seul souci fut le respect de la loi et du peuple burundais.

Si la justice inéquitable de Gitega ne veut pas rendre compte de la loyauté de notre démarche, le jugement de l’histoire subsistera à tout jamais. J’ai servi mon peuple. Je veux être jugé sur mes actes. Vive le Burundi libre, vive le peuple burundais libre, vive les accords d’Arusha, vive l’Etat de droit et la démocratie.

Général-Major Cyrille NDAYIRUKIYE

CITATION DU 7 JANVIER 2016

« User les larmes pour irriguer la tolérance. Utiliser les pertes pour aiguiser la patience. » Le Pape François

Discours profond du Pape François sur le BONHEUR.

« Tu peux  avoir des défauts, être anxieux et parfois irrité, mais n’oubie pas que ta vie est la plus grande société dans le monde et toi seul peux en empêcher le déclin. Beaucoup de gens t’apprécient, t’admirent et t’aiment.

J’aimerais que tu te rappelles qu’être heureux ce n’est pas avoir un ciel sans tempête, une route sans accident de la circulation, un travail sans fatigue, relations sans désillusions.

Etre heureux, c’est trouver la force dans le pardon, l’espoir dans les batailles, la sécurité sur la scène de la peur, l’amour dans les désaccords.

Etre heureux  ce n’est pas apprécier seulement le sourire, mais aussi réfléchir sur la tristesse. Ce n’est pas seulement célébrer la réussite, mais apprendre les leçons des échecs. Ce n’est pas seulement se sentir heureux avec les applaudissements mais  être heureux dans l’anonymat.

Etre  heureux c’est reconnaître que la vie vaut d’être vécue, malgré tous les défis, les malentendus et les périodes de crise. Etre heureux n’est pas une fatalité du destin mais une victoire pour ceux qui sont capables de voyager dans leur être.

Etre heureux, c’est de cesser de se sentir victime des problèmes et de devenir un acteur de sa propre histoire. C’est traverser les déserts en dehors de soi, mais être capable de trouver un oasis dans les recoins de notre âme. C’est remercier Dieu chaque matin pour le miracle de la vie.

Etre heureux ce n’est pas avoir peur de ses sentiments. c’est savoir parler de soi. C’est avoir le courage d’entendre un  » NON ». C’est se sentir confiant d’avoir une critique, bien qu’injuste. C’est embrasser les enfants, choyer les parents, vivre des moments poétiques avec des amis, même s’ils nous blessent.

Etre heureux c’est laisser vivre la créature qui  vit en chaque de nous, libre, joyeuse et simple. C’est avoir la maturité nécessaire pour dire:  » JE ME SUIS TROMPE ». C’est avoir le courage de dire:  » PARDONNES-MOI ». C’est avoir la sensibilité pour dire:  » J’AI BESOIN DE TOI ». C’est avoir la capacité de dire: « JE T’AIME ».

Que ta vie devienne un jardin d’occasions d’être heureux… Que dans tes printemps tu sois amant de la joie! Que dans tes hivers tu sois ami de la sagesse. Et que quand tu te trompes de route tu recommence à zéro. Comme ça tu seras plus passionné pour la vie. Et tu découvrira qu’être heureux, ce n’est pas avoir une vie parfaite. Mais user les larmes pour irriguer la tolérance. Utiliser les pertes pour aiguiser la patience. Utiliser les erreurs pour sculpter la sérénité. Utiliser la douleur pour lapider le plaisir. Utiliser les obstacles pour ouvrir les fenêtres de l’intelligence. Ne jamais se rendre! Ne jamais renoncer! Donner à ceux que tu aimes!

Ne jamais renoncer au bonheur, car la vie est un spectacle incroyable! »

RED-TABARA: un nouveau front armé.

Hier le 4 janvier 2016, le 31 décembre 2015, Bujumbura a subit des attaques d’un mouvement armé dénommé  » Résistance pour un Etat de Droit au Burundi », RED-TABARA en sigle. Ce mouvement armé qui vient s’ajouter au FNL du Général Nzabampema Aloys et au FOREBU revendiqué par le Lieutenant-colonel Edouard Nshimirimana, démontre que si Nkurunziza Pierre continue à saboter la voie des négociations politiques, des burundais sont résolus à résister à son plan macabre d’exterminer toute voix discordante à sa dictature. « En l’absence de l’intervention d’une force africaine ou onusienne pour arrêter les massacres de Pierre Nkurunziza, RED-TABARA a le devoir de protéger  le peuple burundais qui est pris en otage par un régime sanguinaire sans foi ni lois », telle est la substance du message que le commandant de RED-TABARA a confié à notre rédaction, nous y reviendrons en détails.

Entre temps, le rendez-vous du 6 janvier à Arusha n’est pas à l’ordre du jour. Pourtant les burundais y avaient cru. Mais Nkurunziza qui, dans son discours de fin d’année a démontré qu’il  se moque des malheurs du peuple burundais, s’amuse à torpiller ce processus de négociations. Voudrait-il imposer une autre guerre civile au Burundi? Cette option risque de lui coûter cher. En effet pour le commandant de RED-TABARA,  » Pierre Nkurunziza est un criminel que nous devons capturer et  traîner en justice ». C’est dire que le front armé ne lui fera pas de cadeau!

Andy Nyandwi.