Communiqué de presse relatif à l’arrestation de Gervais Niyongbo

1. Alors qu’il était en mission de travail au Sud du Burundi, à Nyanza-Lac, Monsieur
Gervais Niyongabo, président du parti FEDES-SANGIRA et membre du Directoire du
CNARED-GIRITEKA a été arbitrairement arrêté par la garde présidentielle ce
mercredi 28 septembre 2016. Il a été conduit dans les sinistres cachots du Service
National de Renseignement (SNR) à bord d’une camionnette de la garde
présidentielle, plaque n° 26394.
2. Le CNARED-GIRITEKA condamne vigoureusement cette arrestation arbitraire par la
garde présidentielle et demande la libération immédiate de Monsieur Gervais
Niyongabo qui est aussi membre de la délégation aux pourparlers d’Arusha.
3. Cette arrestation illégale est une preuve de plus que l’arbitraire préside dans la
violation massive des droits de l’homme par le pouvoir de facto de Monsieur Pierre
Nkurunziza.
4. Le CNARED-GIRITEKA réfute le mobile grotesque et mensonger de l’arrestation de
Monsieur Gervais Niyongabo tel qu’annoncé par le porte-parole de la Police M. Pierre
Nkurikiye : « Participation aux bandes armées et atteinte à la Sureté de l’Etat ». Ce
credo est un alibi adopté par le pouvoir d’oppression de Bujumbura pour arrêter et
éliminer tout opposant.
5. Le CNARED-GIRITEKA saisit cette malheureuse opportunité pour confirmer que le
contenu du rapport d’Enquête Indépendante des Nations Unies (EINUB) est véridique.
De ce fait, il réitère sa demande au Conseil de Sécurité des Nations Unies de prendre
toutes les mesures qui s’imposent pour prévenir l’irréparable au Burundi.
6. Le CNARED-GIRITEKA prend à témoin le facilitateur dans la crise burundaise, son
Excellence William Benjamin Mkapa, qui doit comprendre que l’arrestation d’un
membre de sa délégation aux pourparlers d’Arusha est un prélude à un sabotage de ce
processus.
Pour le CNARED-GIRITEKA,
Pancrace Cimpaye
Porte-parole

La destruction de l’armée finira par détruire Pierre Nkurunziza!

A la veille de la déclaration de Monsieur Pierre Nkurunziza de rempiler pour un troisième mandat illégal et criminel, le Chef d’Etat-Major  Général de l’armée, le général-Major Prime Niyongabo réunissait une partie de l’armée pour les préparer à la répression de toute voix qui s’opposerait à cette volonté de Nkurunziza. Plusieurs réunions de mobilisation ont été tenues à l’endroit des seuls anciens FDD; des fois c’était à Carama , d’autres fois au café Iwabonabantu.

A cette époque-là, on pensait que la fureur de cette mobilisation allait s’abattre uniquement sur les hommes politiques et leurs bases. Personne n’avait envisagé que le courroux du 3è mandat cruel allait aussi s’abattre sur les corps de défense et de sécurité. Aujourd’hui le drame d’un ratissage ethnique qui secoue l’armée est une bombe qui fait froid au dos. En effet une chasse à l’homme contre les anciens membres des Forces Armées Burundaises( ex-FAB) de l’ethnie tutsi a pris une dimension plus que préoccupante. Ils sont arrêtés,torturés,humiliés,exilés ou exécutés.

Cette persécution à outrance qui vise la seule composante ethnique tutsi de l’armée se fait au vu et au su d’un certain Emmanuel Ntahomvukiye, tutsi dit Ministre de la Défense et des Anciens Combattants. Le jour de sa nomination à la tête de ce ministère, ces anciens collègues du Ministère de la Justice ont cru à une farce ou un poisson d’avril! En effet ceux qui l’ont côtoyé lui reconnaissent des insuffisances notoires. La question qui se posait était de savoir comment l’autorité nanti des pouvoirs de nomination n’était pas au courant de la santé mentale de ce personnage!

Mais la réponse est claire, on ne cherchait pas une lumière mais un tutsi de service, autiste, qui exécute sans réfléchir les ordres d’en haut. Aujourd’hui le véritable Ministre de ce département est le Général Prime Niyongabo assisté par l’homme d’affaires Vénérand Ntikazohera. Le pauvre Emmanuel Ntahomvukiye a pour tâche quotidienne de récolter quelques miettes de commissions sur les gros marchés de l’armée. A un moment il détenait aussi au Mess des officiers le service qui vend les brochettes. Nanti de ces « privilèges », les tutsi de l’armée peuvent être exécutés, persécutés ,traumatisés ou pousser à la désertion, c’est le cadet de ses soucis.

Mais la déchéance de l’armée ou la destruction de l’armée, un des piliers de l’Accord d’Arusha est au bout du compte orchestrée par Monsieur Pierre Nkurunziza. Mais il joue avec le feu. Inoculer le venin de ségrégation ethnique dans ce corps, placer à sa tête un ministre incapable, Nkurunziza peut penser que c’est le moyen judicieux de rester au pouvoir éternellement. Mais cette déstructuration de l’armée possède en elle-même les germes de la destruction du pouvoir de Monsieur Pierre Nkurunziza. Nkurunziza doit le savoir, la destruction de l’armée finira par le détruire Pierre Nkurunziza.

Shaka Théopiste.

Norbert Zongo parle aux Burundais.

On a vu des manifestations ce week-end organisées par l’oligarchie de Pierre Nkurunziza, en réponse au rapport EINUB. Ce rapport qui met le doigt sur les crimes commis par le pouvoir de facto de Bujumbura a  provoqué un séisme au sein des seigneurs qui règnent sur le Burundi. De ces manifestations, deux leçons sont à retenir:

  1. Ce rapport a déjà le mérite d’avoir mis fin à une illusion au sein du pouvoir de facto de Pierre Nkurunziza, celle d’une impunité indéterminée garantie. Le tapage de ce week-end est un signe qui ne trompe pas.
  2. Un grand nombre de manifestants ont été contraints de venir ou ne savaient pas pourquoi ils étaient dans ces manifestations. A cette catégorie de manifestants pitoyables, un internaute nous a fait partager une pensée du célèbre journaliste burkinabais, Norbert Zongo, mort assassiné le 13 décembre 1998: » Il y a un mensonge, le vrai: quand un homme applaudit sans comprendre; Quand un homme ferme les yeux pour ignorer la vérité; Quand un intellectuel troque sa conscience et son âme pour des biens matériels; Quand par peur de la mort ou simplement de certains désavantages, un homme sourit au malfaiteur, au tyran et au voleur; Quand un peuple refuse de se battre, de se responsabiliser parmi les autres; Et quand un dirigeant agit comme s’il avait inventé son pays, quand il ruse avec les lois.Ce mensonge tue les hommes et les nations. » Ces manifestations qui ne sont qu’un écran de fumée pour protéger les auteurs de la folie meurtrière qui a emporté plus de 1000 burundais ne fera pas le poids. Les faits sont réels et accablants!

         (Sé) Shaka Théopiste

Rapport EINUB: La panique en coulisses!

La publication du rapport d’Enquête Indépendante des Nations Unies sur le Burundi (EINUB) qui accuse le pouvoir de Bujumbura des crimes contre l’humanité et d’un génocide rampant, a semé la panique dans les rangs de Pierre Nkurunziza. Ainsi le rapport est tombé comme un coup de massue sur la tête des décideurs de Bujumbura.Ils avaient toujours cru que les crimes qu’ils commettent à longueur de journée depuis le 26 avril 2015 allaient échouer au bord d’un lac d’impunité dans le quel nage le Burundi depuis son indépendance.

Pour faire face à ce rapport désagréable et très dangereux, Nkurunziza a vite réuni les siens pour peaufiner l’angle d’attaque. Il a été décidé d’organiser à travers tout le pays des manifestations contre ce rapport. Dans ces manifestations il faut démontrer que les tutsi ne sont pas inquiétés au Burundi. En revanche il faut faire comprendre aux hutu que la communauté internationale organise un complot pour chasser les hutu du pouvoir. L’autre stratégie qui a été adoptée est de brandir la menace d’arrêter les négociations d’Arusha si l’épée de Damoclès de ce rapport reste suspendu sur leur tête.

Malgré ce compromis dégagé de cette réunion de crise, une partie de l’entourage de Pierre Nkurunziza est rentré soucieux. De plus en plus ils réalisent que Nkurunziza perd la force de protéger le groupe mafieux. Certains proches du numéro un burundais commencent à envisager la suite de l’aventure sans Nkurunziza.  » Avec Nkurunziza au sommet de l’Etat, on risque de tout perdre. Sans Nkurunziza, on peut négocier certaines choses », confie cette source. Il devait ajouter:  » Ce rapport, même si on parvenait à l’étouffer, il a démontré que notre système est vulnérable. Tout peut s’écrouler à tout moment. L’opposition que nous avons toujours sous-estimé risque de nous causer du tord ».

Nkurunziza qui doit avoir perçu la perspective de cette fissure renforce sa méfiance et sa sécurité. Mais pour combien de temps? En tout état de cause il y aura un avant et un après le rapport EINUB du 20 septembre 2016. Hier, insensible à toute forme de pression, aujourd’hui, la communauté internationale doit comprendre que l’oligarchie de Bujumbura a une peur bleue de la justice internationale. Au procureur Fatou Bensouda de la CPI de jouer! Elle aura besoin du soutien du Conseil de Sécurité de l’ONU.

(Sé) Pancrace Cimpaye.

LE RAPPORT EINUB: NKURUNZIZA TREMBLE!

Ce 20 septembre 2016, un rapport d’Enquête Indépendant des Nations Unies sur le Burundi (EINUB) a été rendu public. Ce rapport vient de mettre à nu tous les horreurs du régime de Pierre Nkurunziza depuis qu’il a décidé de rempiler pour un troisième mandat illégal, le 25 Avril 2016. Des crimes contre l’humanité et un danger de génocide, voilà la substance de ce rapport. Une fièvre a tout de go pris Nkurunziza et sa galaxie. Pour la première fois depuis le 13 Mai 2015, une peur panique a envahi la dictature de Bujumbura.

Celle-ci désemparé, elle n’a pas tarder à attaquer au vitriol les accusations judicieuses de ce rapport salutaire. Cette dictature a osé crié au complot international. Pourtant les faits relevés dans ce rapport sont la pure vérité. Les atrocités répertoriées sont une triste vérité. Voici  17 cas de torture et mauvais traitements relevés au point 54:

1°. Fixation de poids aux testicules.

2°. Broyage des doigts et des orteils avec une pince.

3°. Détention dans un container fermé.

4°.  Forcer les familles à rester à côté du corps d’un proche.

5°. Viol d’une mère en présence de ses enfants.

6°. Forcer une victime à s’asseoir sur l’acide, du verre brisé ou des clous.

7°. injections d’un liquide jaune dans les testicules et d’autres parties du corps, induisant une paralysie.

8°. Coups de couteau et de machette.

9°. Coups avec un câble électrique ou une barre de fer préchauffée.

10°. Brûlures progressives au chalumeau ou à la bombonne à gaz.

11°. Electrocution progressive.

12°. Tirer une corde attachée aux testicules.

13°. Recouvrir la victime d’un mélange d’eau et de sable et frotter ce mélange avec un balai pour boucher les pores de la peau (connu sous le nom « ubutoteza »).

14°. Lier fortement les bras d’une personne derrière le dos pendant plusieurs jours.

15°. Insultes et discours humiliants,y compris à caractère ethnique.

16°. Enfoncer des doigts dans les yeux de la victime.

17°. Attacher la victime au plafond par les pieds (Connu sous le nom « Amagurizege »).

Cette liste est loin d’être exhaustive car le cas de l’adjudant Eddy-Claude Niyongera à qui on a explosé une grenade à la figure dans sa cellule de torture ce 14 septembre 2016 n’est pas cité. Il refusait d’apposer sa signature sur une déposition falsifiée. Alain Guillaume Bunyoni qui a ordonné au porte-parole de la police Pierre Nkurikiye de déclarer que cet adjudant s’est suicidé doit comprendre que le temps des comptes a sonné. Le tremblement de terre qui secoue l’oligarchie de Bujumbura n’est qu’un début. Face aux violations terribles des droits de l’homme au Burundi, la justice internationale devra sévir! Et contrairement à d’autres pays africains, au Burundi,c’est le peuple burundais qui réclame à cor et à cri cette justice de la CPI.

Nkurunziza et les siens ont raison de broyer du noir. Ils n’avaient jamais prévu ce levier de la justice internationale.

A suivre demain (EINUB: Les coulisses de la peur panique chez Nkurunziza).

(Sé) Shaka Théopiste.