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B.Diarra, représentant spécial de l’UA au Burundi remercié

Coup de théâtre au Burundi. C’est une information RFI, le gouvernement burundais vient de demander dans la plus grande discrétion le rappel de l’ambassadeur Boubacar Diarra, représentant spécial de l’Union africaine pour le Burundi et pour la région des Grands Lacs, qui avait son siège à Bujumbura depuis fin 2012. La raison de ce divorce diplomatique : le pouvoir burundais reprocherait au diplomate africain de s’être aligné sur les pays occidentaux, notamment sur la question du 3e mandat pour le président burundais, source d’énormes tensions politiques à quelques semaines du début des élections.

 

Officiellement, l’ambassadeur Boubacar Diarra a été rappelé à Addis-Abeba vendredi 3 avril pour une réunion sur la région des Grands Lacs. Mais en réalité, il quitte définitivement le Burundi. Le diplomate d’origine malienne paie au prix fort son franc-parler, selon nos sources à l’Union africaine, car le gouvernement burundais le trouvait de plus en plus gênant, notamment sur la question du 3e mandat du président Pierre Nkurunziza.

 

C’est le chef de l’Etat en personne qui se serait chargé de faire passer le message à la présidente de la commission de l’Union africaine, au cours de sa visite au Burundi il y a une dizaine de jours. Nkosazana Dlamini Zuma avait tenté, elle aussi, de le convaincre de renoncer à briguer un 3e mandat présidentiel en juin. Elle n’y est pas parvenue assurent toujours nos sources à l’Union africaine.

 

Le ministre burundais des Relations extérieures, Laurent Kavakure, a confirmé dimanche soir à RFI le rappel de l’ambassadeur Diarra. Ce rappel ferait donc suite « à une évaluation globale de ses prestations et par le gouvernement du Burundi, et par l’Union africaine  », explique le chef de la diplomatie burundaise. Et celui-ci d’affirmer que « cela n’a rien à voir avec le dossier du 3e mandat ».

 

Mais ici, de nombreux diplomates soulignent la dimension exceptionnelle qu’avait prise la carrière du brillant représentant de l’Union africaine au Burundi. « Un homme de principe » devenu un des porte-paroles de la communauté internationale. Ce que le pouvoir burundais ne pouvait plus supporter, jugent-ils.

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