Pourquoi ils veulent tous le départ du CNDD-FDD?

La semaine qui vient de s’écouler a été riche en messages audios qui appellent les membres de la majorité présidentielle à se réveiller et à former un bloc uni pour contrer la montée grandissante de l’opposition. Ces messages oh combien instructifs avaient la faiblesse de distiller une haine ethnique contre le tutsi, et spécialement contre la femme tutsi, devenue une espionne omniprésente dans les lits des décideurs du CNDD-FDD.

Purgés de cette tard ethniste, ces messages décrivent une vérité incontestable: les hommes et les femmes qui dirigent le Burundi depuis 2005 ont déçu. En effet voici quelques  axes de cette déception que j’ai relevés:

1°.  La misère de la grande majorité du peuple burundais. Donc la misère de la grande majorité des hutu;

2°. L’émergence d’une classe très riche de hutu insensible à la misère de la majorité de burundais;

3°. Un enseignement médiocre et où seuls les enfants de la classe dirigeante ont droit aux prestigieuses bourses d’études à l’étranger;

4°. La corruption qui bloque ou décourage toute initiative d’investir;

5°. Le taux de chômage  des jeunes très croissant;

6°. De nombreux Imbonerakure qui se donnent corps et âme pour le parti mais ils sont des chômeurs;

7°. Une jeune génération d’officiers de l’ISCAM critiques envers la mauvaise gouvernance du  CNDD-FDD et qui n’ont pas l’idéologie du maquis;

8°. Des officiers ex-FDD qui vieillissent et vont rentrer à la retraite progressivement.

Certes ces indicateurs ne sont pas exhaustifs mais ils sont parlants. Ils décrivent une injustice sociale grandissante et insupportable où une grande majorité de la population burundaise nage dans un désarroi d’une misère chronique pendant que la caste de la classe dirigeante nage dans une opulence révoltante. A ce titre la grande majorité des burundais ne mangent pas à leur faim! La grande majorité des jeunes burundais sont au chômage! La grande majorité des burundais payent difficilement les soins de santé de la famille! La grande majorité de burundais payent difficilement le loyer!

Le drame est que la caste de la classe dirigeante sourd et aveugle est insensible à cet enfer que vit la grande majorité du peuple burundais. Les prémisses d’une révolte populaire ou d’une révolté sociale sont là. C’est entre autres ces messages audios censés être internes au CNDD-FDD mais qui sont partagés à travers le monde entier! Cela s’appelle un ras-le- bol! Ce n’est donc pas ce ras-le-bol qui va reconduire demain le CNDD-FDD au pouvoir. L’hymne du Ras-le-Bol est aujourd’hui chantée en chœur par l’opposition et une grande partie de la majorité présidentielle. Cette communion est synonyme de «  CNDD-FDD, Dégagez »!

(Sé) Pancrace Cimpaye

Requiem pour le CNDD-FDD

Ce Week end j’ai suivi avec intérêt un brillant exposé sur « Les théories du développement ». Du conférencier, un éminent professeur d’Université Catholique de Louvain, Monsieur Guy Bajoit, une phrase a retenu mon attention: » Les classes dominantes sont aveugles. Elles n’aiment pas partager. Elles veulent rester au pouvoir. » A cette phrase du professeur Guy Bajoit j’ajouterais« ….Mais elles finissent par tomber comme une feuille morte ». Telle est la triste réalité qui a marqué le règne du CNDD-FDD! Une cécité politique! Un égoïsme effrayant qui a poussé des fois aux crimes de sang et aux crimes économiques ignobles! Une soif du pouvoir qui va jusqu’à ériger des monuments un peu partout où est écrit en marques d’or cette phrase récurrente  » CARATUVUNYE! NTITUREKURA! » (Nous avons peiné pour conquérir ce pouvoir, nous ne le céderons jamais).

Et pourtant le paysage politique actuel force à reconnaître que le pouvoir du CNDD-FDD est en train de s’effondrer. Ses jours sont comptés!Tel un chateau de cartes, la bâtisse CNDD-FDD sous le poids de trois forces est  en train de tomber. Qui sont ces trois forces qui minent le pouvoir de Monsieur Pierre Nkurunziza?

La fronde interne au CNDD-FDD

La grogne interne au CNDD-FDD motivée par l’identité du candidat aux présidentielles de 2020 se joint aujourd’hui à la fronde de 2015 pour dire à Pierre Nkurunziza que trop c’est trop! En effet un parti politique qui rassemble les frondeurs de 2015 et une nouvelle fronde en cours  est en gestation. C’est la menace de ce nouveau parti qui a poussé  les décideurs de Bujumbura à décréter que les membres du CNARED, anciens membres du CNDD-FDD, ne peuvent pas rentrer au Burundi. Pour ce club de Pierre Nkurunziza, le retour de certains frondeurs toujours très influents est un danger inacceptable sur le territoire burundais. Cette ouverture peut vider tout le CNDD-FDD, confie une source proche de la dictature de Bujumbura. Mais avec ou sans le retour de ces frondeurs cette fissure est une réalité irréversible.

Le CNL de Rwasa Agathon

La deuxième force qui  fait mal au CNDD-FDD, c’est le phénomène CNL-Rwasa Agathon. Il fait mal! Très mal! Une marée humaine n’hésite plus à venir participer aux meetings de Rwasa Agathon. Et pourtant ils savent qu’en participant à ces rassemblements du leader du CNL ils risquent leur vie. Mais ils viennent quand même. Ces nombreux militants qui vont jusqu’ à braver la peur de mourir est un signe hautement significatif. Cette détermination qui rappel des scènes et des images qu’on a vu en 1993 derrière le candidat Melchior Ndadaye est une pilule dure à avaler par Pierre Nkurunziza et ses copains. Mais cela veut dire que contrairement à la propagande du pouvoir en place, la grande majorité du peuple burundais rêve d’un changement. Et cette fois-ci il sera difficile à Pierre Nkurunziza de proclamer que cette grande majorité qui en a marre de sa dictature a voté pour sa reconduction! La CNI et le CNC auront un dilemme cornélien. J’aimerais pas être à leur place.

RED-Tabara

Comme si le phénomène CNL-Rwasa Agathon ne suffisait pas, voilà le mouvement armé Résistance pour un Etat de Droit au Burundi, RED-Tabara qui ouvre les hostilités et lance une attaque la nuit du 21 Octobre dans la province de Bubanza. Cette attaque est un coup de poignard qui a transpercé le cœur de l’oligarchie de Pierre Nkurunziza. Ce dernier avait déployé un peu partout une kyrielle de bataillons de l’armée et de la milice Imbonerakure avec pour objectif d’anéantir cette résistance. L’étouffer dans l’œuf avant qu’elle ne se répande comme une traînée de poudre à travers tout le pays. L’étouffer dans l’œuf pour ne pas contrarier la rhétorique du pouvoir que tout va très bien au Burundi. Ce crédo est désormais obsolète. Mais plus encore Pierre Nkurunziza qui est le produit d’une lutte armée, il sait très bien pourquoi elle commence, comment elle évolue et comment elle se termine. Et manifestement les échos qui nous parviennent nous disent que beaucoup de burundais y compris dans le propre camp de Pierre Nkurunziza ont salué ce nouveau rapport de force. Cette résistance de RED-Tabara est aussi une sonnette d’alarme qui rappel que le Burundi est loin d’être un pays de cocagne.Bien entendu Pierre Nkurunziza aurait aimé étouffer cette sonnette d’alarme. Trop tard. Le Burundi devrait revenir sur la table des préoccupations de la Communauté internationale.

En définitive la force des Frondeurs du CNDD-FDD, la force du CNL et la force de RED-Tabara constituent une mine qui va démolir indubitablement l’oligarchie de Pierre Nkurunziza. Ce dernier doit préparer son club à un changement inévitable qui pointe à l’horizon. En attendant Pierre Nkurunziza doit préparer une messe de requiem pour le CNDD-FDD.

Pourquoi beaucoup de burundais empruntent-ils la voie du changement? ( C’est dans la prochaine publication)

(Sé) Pancrace Cimpaye

RED-TABARA POIGNARDE PIERRE NKURUNZIZA

Une attaque surprenante.

Alors que le pouvoir de Pierre Nkurunziza répète à qui veut l’entendre que tout va pour le mieux au Burundi, qu’il n’y a pas de crise politico-sécuritaire au pays, qu’il faut se hâter vers une mascarade électorale qui doit reconduire son système jusqu’en 2034, le mouvement Résistance pour un Etat de Droit au Burundi, RED-TABARA vient de lancer une attaque armée la nuit du 21 au 22 octobre dans la province de Bubanza. Une attaque surprise surprenante.

Pourquoi attaquer le 21 Octobre?

Hasard du calendrier? Non, rétorque le commandement de RED-TABARA!  » Le 21 octobre 1993, la démocratie a été assassinée par des élements de l’armée qui ont décapité toutes les institutions de la République démocratiquement élues. C’est cet assassinat ignoble de la démocratie qui a donné naissance au despote Pierre Nkurunziza. Il fallait donc, impérativement, lancer cette résistance pour le retour aux vertus de la démocratie le 21 octobre. »

L’arrestation de 4 journalistes d’Iwacu ou le renforcement de la cause de RED-TABARA.

Pour réconforter, justifier ou appuyer le combat de RED-TABARA,  la dictature de Pierre Nkurunziza arrête arbitrairement 4 journalistes du journal IWACU. Ils viennent de passer 3 nuits dans les cachots de la police de Bubanza. » Cette presse qui est ligotée, muselée, voilà un des leitmotiv de notre combat. La lutte pour un Etat de droit au Burundi passe aussi par la libération de cette presse meurtrie » confiera à notre rédaction un des membres du commandement de RED-TABARA.

Une attaque qui fâche, qui divise et qui réconforte au CNDD-FDD.

Mais alors comment cette attaque est vécue chez Pierre Nkurunziza? La surprise passée, la colère était perceptible chez Nkurunziza et chez certains membres de sa galaxie. Et pour cause cette attaque venait de démonter le narratif du pouvoir d’un Burundi paisible. Cette attaque qui s’invite à la table de la succession de Pierre Nkurunziza risque d’envenimer la situation. Une attaque armée qui entre par la province de Bubanza suscite suspicions et  questionnements. A ce titre les prétendants à la succession de Pierre Nkurunziza venant de BBC (Bujumbura, Bubanza,  Cibitoke) sont tous écartés et certains sont , de ce fait, implicitement soupçonnés d’être en intelligence avec les combattants de RED-TABARA. Une chose est certaine, une partie du CNDD-FDD, une grande majorité des déshérités du système Nkurunziza a applaudi des deux mains cette attaque armée!  » Ce rapport de force va ramollir leur arrogance! » chuchotent à voix basse certains cercles du CNDD-FDD.

Une attaque saluée par toute  l’opposition

L’autre mauvaise nouvelle pour Pierre Nkurunziza vient de l’opposition qui a unanimement salué en silence cette attaque  de RED-TABARA. Les rivalités d’hier ont laissé place à l’admiration et à l’encouragement de cet acte héroïque et salvateur. Cette Communion de l’opposition a fait mal à la dictature de Pierre Nkurunziza. Ce dernier broie du noir, passe des nuits blanches et crie sur tout le monde! Pour lui cette attaque est un coup de poignard qui trahit les failles d’une oligarchie trop fière d’elle même et qui se croyait invulnérable.

(Sé) Pancrace Cimpaye

RED-TABARA attaque:Encore des militaires de trop tués à Nyamitanga

Cette nuit du 19 au 20 Octobre 2018 un groupe armé  a mené une attaque meurtrière sur la position de Nyamitanga.Contrairement à ce qui a été rapporté tôt ce matin par certains responsables de l’armée,  pris de court, cette unité de plus de 60 hommes a perdu plusieurs dizaines de militaires sans compter les blessés. « Les assaillants ont même eu le temps de vider le centre de santé de tous les médicaments. C’est dire que la surprise était de taille et les dégâts conséquents », confie une source sur place. La même source  précise que les assaillants appartiennent au groupe rebel RED-TABARA;  ces derniers ont tenu à rassurer les civils terrorisés et préciser que leur mouvement ne s’en prend jamais aux civils!

Que retenir de cette deuxième attaque de la rébellion dans l’intervalle d’un mois? Au moment où Monsieur Pierre Nkurunziza tente de boycotter les pourparlers d’Arusha prévus du 24 au 29 octobre, il doit comprendre qu’il est en train d’ouvrir un très grand boulevard à une opposition armée. Le message de ces attaques est un signe évident que Monsieur Pierre Nkurunziza qui est le produit, une résultante de la lutte armée est en train de mettre les mouvements armés comme RED-TABARA sur ses traces de 1995. Et au sein de ces mouvements, il sied de rappeler que des dizaines d’officiers généraux, supérieurs ou subalternes de la police et de l’armée burundaise, qui ne sont pas encore à la retraite sont à l’exil. Un jour ou l’autre, de gré ou de force, ils devront rentrer et intégrer les forces de défense et de sécurité burundaises.

En tout état de cause ,aujourd’hui,Monsieur Pierre Nkurunziza est en train de réunir parfaitement les mêmes mobiles qui l’ont poussé à prendre le chemin du maquis en 1995. Quel dommage qu’il ait oublié complètement cette lutte pour la Défense de la Démocratie! Quel dommage que le goût des sirènes du pouvoirs l’obligent à sacrifier hier, les vies des militaires à Gatumba et aujourd’hui à Nyamitanga!  A 12heurs, heure de Bujumbura, un bataillon de l’armée burundaise venu tardivement en renfort est toujours en train de larguer des bombes sur les assaillants en retraite.

(Sé) Pancrace Cimpaye

Gatumba brûle, Pierre Nkurunziza tente de cacher la fumée!

Avant hier, le poste frontière de Gatumba a été le théâtre des affrontements entre un mouvement armé et la position militaire stationné dans cette localité. Les dégâts humains et matériels sont à la hauteur du temps que Bujumbura a pris pour cacher les faits et échafauder une communication « rassurante »: « il n’y a pas le feu, ce n’était que des bandits »!

Pourtant toute la matinée d’hier l’accès au site des affrontements était interdit à tout le monde sauf aux plus hauts responsables de l’armée et de la police qui étaient présents en grand nombre et fous furieux; dans un accès de colère, un de ces hauts gradés a explosé: » Bishoboka gute ko iyi mihimbiri ya RED-TABARA itera ahantu twashize inguvu zumutekano zitagira uko zingana bagasubira inyuma ataco binona? ( comment se fait-il que ces idiots de RED-TABARA peuvent-ils attaquer sans difficultés un endroit où nous avons concentré énormément de moyens de sécurité?)

Il fallait donc minimiser cet affront, édulcorer  les pertes et travestir les faits. C’est dans cette logique que le pauvre Procureur Général de la République Sylvestre Nyandwi a été appelé à déclarer qu’il n’y a pas eu d’attaque des rebelles mais juste des bandits. Mais pour une tentative de vol, le porte-parole de la police, de l’armée ou du ministère public auraient suffi pour la communication!  Si les faits étaient aussi anodins pourquoi l’intervention du Procureur Général de la République qui avait les yeux tout rouges comme quelqu’un qui a passé une nuit blanche? Pourquoi cette présence massive de tous les sécurocrates de la République? Pourquoi cette fermeture de l’artère Gatumba-Uvira pendant plus de 6 heures? Pourquoi cette valse nocturne de plusieurs ambulances s’il n’y a eu qu’un seul policier blessé?

En définitive le pouvoir de Monsieur Pierre Nkurunziza peut crier sur tous les toits qu’il n’y a pas de crise politico-sécuritaire au Burundi, que Gatumba n’a pas été attaqué par des rebelles, mais il justifiera très difficilement l’absence des militaires et policiers disparus cette nuit du 14 septembre! Quelle salade va t-on servir aux familles des disparus qui ne rentreront plus jamais à la maison?

Je le dis et je le répète, ndasubiramwo, comme dirait l’autre, ce bain de sang doit cesser! Et pour y arriver le 5è round des pourparlers doit être inclusif et traiter la véritable problématique de la crise burundaise qui tourne autour de trois questions: Comment accéder au pouvoir? Comment gérer le pouvoir? Et comment et quand quitter le pouvoir? Et au 5è round Pierre Nkurunziza ne devrait plus être représenté  par un Secrétaire permanent du Ministre de l’intérieur. C’est aussi ça le respect des partenaires!

(Sé) Pancrace Cimpaye

Attaque armée à Gatumba: Pierre Nkurunziza ,le seul responsable!

Ce  matin, samedi 15 septembre 2018, la vie s’est arrêtée au poste de  la frontière Gatumba-Kavimvira. Et pour cause un mouvement armé a mené, hier soir, une attaque foudroyante contre la position militaire et policière de cette localité.

Une source autorisée des services de sécurité burundais confie, sans donner de chiffres, que les pertes en vies humaines sont considérables. L’effet de surprise a décimé presque toute la position. En outre les assaillants ont eu le temps de brûler et saccager les bureaux de la frontière. Un incendie qui n’était pas encore maîtrisé ce matin.Ils ont même eu le temps de brûler un des leurs qui a perdu la vie, le seul que nous avons pu abattre. Avant de partir, ajoute notre source, les assaillants ont descendu et emporté le drapeau du Burundi; ils ont aussi presque systématiquement pris les tenues militaires des cadavres, et leurs armes et munitions.

Cette attaque fulgurante à l’une des meilleures vitrines du Burundi, la frontière de Gatumba, est sans conteste, une preuve irréfutable que tout n’est pas pour le mieux au Burundi. Monsieur Pierre Nkurunziza qui nargue le monde entier et surtout la Médiation/ Facilitation par la nomination de son porte-parole Nzobonariba Philippe au poste de Porte-Parole d’une CENI censé organiser les élections  » crédibles » en 2020, doit comprendre qu’il est en train de créer et renforcer les conditions favorables non pas aux élections mais à une lutte armée.En tout état de cause Monsieur Pierre Nkurunziza est le seul responsable de ce regain de violence. Il est en effet en train de créer  les mêmes conditions qui l’avaient poussé en 1995 à prendre le chemin du maquis.

A la veille du 5è round des pourparlers, il n’est pas tard pour le Président de facto Pierre Nkurunziza de donner la chance à une solution pacifique négociée que tout le peuple burundais appelle de tous ses vœux!

(Sé) Pancrace Cimpaye