Norbert Zongo parle aux Burundais.

On a vu des manifestations ce week-end organisées par l’oligarchie de Pierre Nkurunziza, en réponse au rapport EINUB. Ce rapport qui met le doigt sur les crimes commis par le pouvoir de facto de Bujumbura a  provoqué un séisme au sein des seigneurs qui règnent sur le Burundi. De ces manifestations, deux leçons sont à retenir:

  1. Ce rapport a déjà le mérite d’avoir mis fin à une illusion au sein du pouvoir de facto de Pierre Nkurunziza, celle d’une impunité indéterminée garantie. Le tapage de ce week-end est un signe qui ne trompe pas.
  2. Un grand nombre de manifestants ont été contraints de venir ou ne savaient pas pourquoi ils étaient dans ces manifestations. A cette catégorie de manifestants pitoyables, un internaute nous a fait partager une pensée du célèbre journaliste burkinabais, Norbert Zongo, mort assassiné le 13 décembre 1998: » Il y a un mensonge, le vrai: quand un homme applaudit sans comprendre; Quand un homme ferme les yeux pour ignorer la vérité; Quand un intellectuel troque sa conscience et son âme pour des biens matériels; Quand par peur de la mort ou simplement de certains désavantages, un homme sourit au malfaiteur, au tyran et au voleur; Quand un peuple refuse de se battre, de se responsabiliser parmi les autres; Et quand un dirigeant agit comme s’il avait inventé son pays, quand il ruse avec les lois.Ce mensonge tue les hommes et les nations. » Ces manifestations qui ne sont qu’un écran de fumée pour protéger les auteurs de la folie meurtrière qui a emporté plus de 1000 burundais ne fera pas le poids. Les faits sont réels et accablants!

         (Sé) Shaka Théopiste

Rapport EINUB: La panique en coulisses!

La publication du rapport d’Enquête Indépendante des Nations Unies sur le Burundi (EINUB) qui accuse le pouvoir de Bujumbura des crimes contre l’humanité et d’un génocide rampant, a semé la panique dans les rangs de Pierre Nkurunziza. Ainsi le rapport est tombé comme un coup de massue sur la tête des décideurs de Bujumbura.Ils avaient toujours cru que les crimes qu’ils commettent à longueur de journée depuis le 26 avril 2015 allaient échouer au bord d’un lac d’impunité dans le quel nage le Burundi depuis son indépendance.

Pour faire face à ce rapport désagréable et très dangereux, Nkurunziza a vite réuni les siens pour peaufiner l’angle d’attaque. Il a été décidé d’organiser à travers tout le pays des manifestations contre ce rapport. Dans ces manifestations il faut démontrer que les tutsi ne sont pas inquiétés au Burundi. En revanche il faut faire comprendre aux hutu que la communauté internationale organise un complot pour chasser les hutu du pouvoir. L’autre stratégie qui a été adoptée est de brandir la menace d’arrêter les négociations d’Arusha si l’épée de Damoclès de ce rapport reste suspendu sur leur tête.

Malgré ce compromis dégagé de cette réunion de crise, une partie de l’entourage de Pierre Nkurunziza est rentré soucieux. De plus en plus ils réalisent que Nkurunziza perd la force de protéger le groupe mafieux. Certains proches du numéro un burundais commencent à envisager la suite de l’aventure sans Nkurunziza.  » Avec Nkurunziza au sommet de l’Etat, on risque de tout perdre. Sans Nkurunziza, on peut négocier certaines choses », confie cette source. Il devait ajouter:  » Ce rapport, même si on parvenait à l’étouffer, il a démontré que notre système est vulnérable. Tout peut s’écrouler à tout moment. L’opposition que nous avons toujours sous-estimé risque de nous causer du tord ».

Nkurunziza qui doit avoir perçu la perspective de cette fissure renforce sa méfiance et sa sécurité. Mais pour combien de temps? En tout état de cause il y aura un avant et un après le rapport EINUB du 20 septembre 2016. Hier, insensible à toute forme de pression, aujourd’hui, la communauté internationale doit comprendre que l’oligarchie de Bujumbura a une peur bleue de la justice internationale. Au procureur Fatou Bensouda de la CPI de jouer! Elle aura besoin du soutien du Conseil de Sécurité de l’ONU.

(Sé) Pancrace Cimpaye.

LE RAPPORT EINUB: NKURUNZIZA TREMBLE!

Ce 20 septembre 2016, un rapport d’Enquête Indépendant des Nations Unies sur le Burundi (EINUB) a été rendu public. Ce rapport vient de mettre à nu tous les horreurs du régime de Pierre Nkurunziza depuis qu’il a décidé de rempiler pour un troisième mandat illégal, le 25 Avril 2016. Des crimes contre l’humanité et un danger de génocide, voilà la substance de ce rapport. Une fièvre a tout de go pris Nkurunziza et sa galaxie. Pour la première fois depuis le 13 Mai 2015, une peur panique a envahi la dictature de Bujumbura.

Celle-ci désemparé, elle n’a pas tarder à attaquer au vitriol les accusations judicieuses de ce rapport salutaire. Cette dictature a osé crié au complot international. Pourtant les faits relevés dans ce rapport sont la pure vérité. Les atrocités répertoriées sont une triste vérité. Voici  17 cas de torture et mauvais traitements relevés au point 54:

1°. Fixation de poids aux testicules.

2°. Broyage des doigts et des orteils avec une pince.

3°. Détention dans un container fermé.

4°.  Forcer les familles à rester à côté du corps d’un proche.

5°. Viol d’une mère en présence de ses enfants.

6°. Forcer une victime à s’asseoir sur l’acide, du verre brisé ou des clous.

7°. injections d’un liquide jaune dans les testicules et d’autres parties du corps, induisant une paralysie.

8°. Coups de couteau et de machette.

9°. Coups avec un câble électrique ou une barre de fer préchauffée.

10°. Brûlures progressives au chalumeau ou à la bombonne à gaz.

11°. Electrocution progressive.

12°. Tirer une corde attachée aux testicules.

13°. Recouvrir la victime d’un mélange d’eau et de sable et frotter ce mélange avec un balai pour boucher les pores de la peau (connu sous le nom « ubutoteza »).

14°. Lier fortement les bras d’une personne derrière le dos pendant plusieurs jours.

15°. Insultes et discours humiliants,y compris à caractère ethnique.

16°. Enfoncer des doigts dans les yeux de la victime.

17°. Attacher la victime au plafond par les pieds (Connu sous le nom « Amagurizege »).

Cette liste est loin d’être exhaustive car le cas de l’adjudant Eddy-Claude Niyongera à qui on a explosé une grenade à la figure dans sa cellule de torture ce 14 septembre 2016 n’est pas cité. Il refusait d’apposer sa signature sur une déposition falsifiée. Alain Guillaume Bunyoni qui a ordonné au porte-parole de la police Pierre Nkurikiye de déclarer que cet adjudant s’est suicidé doit comprendre que le temps des comptes a sonné. Le tremblement de terre qui secoue l’oligarchie de Bujumbura n’est qu’un début. Face aux violations terribles des droits de l’homme au Burundi, la justice internationale devra sévir! Et contrairement à d’autres pays africains, au Burundi,c’est le peuple burundais qui réclame à cor et à cri cette justice de la CPI.

Nkurunziza et les siens ont raison de broyer du noir. Ils n’avaient jamais prévu ce levier de la justice internationale.

A suivre demain (EINUB: Les coulisses de la peur panique chez Nkurunziza).

(Sé) Shaka Théopiste.

 

 

La CNDI entonne le requiem pour Arusha.

Ce mercredi 24 Août 2016, la Commission Nationale chargé du Dialogue Intérieur(CNDI) vient de rendre publiques les conclusions des pseudo-consultations populaires. Au cours d’une conférence de presse animée à Bujumbura à l’hôtel Source du Nil, le président de la CNDI annonce  l’amendement de la Constitution et de l’Accord d’Arusha pour la Paix et la Réconciliation au Burundi.Voici quelques points saillants de cet amendement:

1°) Désormais la Constitution primera sur l’Accord d’Arusha pour la Paix et la Réconciliation au Burundi. Au demeurant l’esprit et la lettre de cet Accord vont être dénaturés. A ce titre les dispositions qui gênaient le pouvoir de facto de Pierre Nkurunziza vont être supprimés. Adieu ArushaI!

2°) Ainsi le deuxième amendement proposé concerne la limitation de mandats présidentiels. A ce sujet la Commission propose que le chef de l’Etat fasse plus de deux mandats présidentiels. Si le verrous de la limitation des mandats présidentiels saute, l’objet les pourparlers inter-burundais d’Arusha devient caduc. Cette nouvelle disposition met fin ipso facto au dialogue en cours à Arusha. Adieu donc ArushaII!

C’est dans l’attente de ces deux amendements que le pouvoir de facto de Pierre Nkurunziza a joué aux prolongations à Arusha et a claqué la porte de la dernière session.

3°) La loi sur les partis politiques, la Société Civile et les confessions religieuses doit être révisée. Le but ultime de cette révision est de revenir à un monopartisme de fait et à l’anéantissement de tout contre pouvoir. Le pouvoir de facto de Bujumbura veut légaliser la pensée unique en cours. Adieu à la démocratie et à la bonne gouvernance prônées dans l’Accord d’Arusha!

4°) Les anciens Chef d’Etat ne seront plus automatiquement des Sénateurs surtout pas à vie! Ils devront se faire élire! Cette disposition ne vise qu’à dépouiller l’immunité à ces hautes personnalités afin que leur éventuelle arrestation devienne très aisée.

En tout état de cause, l’annonce de la CNDI que Monsieur Pierre Nkurunziza avait salué dans son message du 19 Août 2016, est une signature d’un certificat de décès de l’Accord d’Arusha pour la Paix et la Réconciliation au Burundi. C’est aussi un enterrement du dialogue conduit par l’ancien Président Tanzanien, Son Excellence Benjamin William Mkapa. La messe de requiem pour ArushaI et ArushaII sera dite dans la session du mois d’octobre 2016 ou au cours d’une session extraordinaire anticipée. Et ensuite? ( A suivre)

(Sé) Pancrace Cimpaye.

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COMMUNIQUE DE PRESSE.

Une année après l’investiture illégale de Monsieur Pierre Nkurunziza comme président de

facto du Burundi, le CNARED-GIRITEKA relève 5 faits graves qui prédisent une

descente aux enfers du Burundi :

1. Dans un élan de dénaturer l’essence de la crise politique qui mine le Burundi, le

CNDD-FDD, parti dirigé par Monsieur Pierre Nkurunziza a sorti une déclaration

incendiaire, ce 16 Août 2016, qui nie le génocide rwandais de 1994.Cette négation du

génocide rwandais a pour objet la provocation et la transformation de la crise burundo-

burundaise en un conflit ethnique régional.

2. Trois jours après cette déclaration incendiaire, le 19 Août 2016, Monsieur Jacques

Bigirimana, devenu Porte-Parole spécial de l’oligarchie de Bujumbura, a enfoncé le

clou, sur les ondes de la Voix d’Amérique, en niant ce génocide et les crimes avérés

commis par le pouvoir de facto de Pierre Nkurunziza. Il devait ajouter sans détours

qu’un plan de génocide est sur la table de Pierre Nkurunziza. Il devait préciser que le

lancement officiel de ce génocide attend que Monsieur Pierre Nkurunziza glisse dans

sa baignoire ou soit frappé par un infarctus !

3. Le 19 Août 2016, Monsieur Pierre Nkurunziza a dans son discours annoncé la révision

de la Constitution. Cette révision qui mettra fin aux pourparlers inter-burundais

d’Arusha, devra lui octroyé une présidence du Burundi à vie.

4. Et pour cause, au terme du congrès du CNDD-FDD de ce 20 Août 2016, Monsieur

Pierre Nkurunziza est devenu officiellement le Président de ce parti pendant que son

chef de cabinet, le Général Evariste Ndayishimiye est devenu le Secrétaire Général.

Tout compte fait le CNDD-FDD est désormais un parti-Etat qui vient de prendre ses

quartiers dans le cabinet du président de facto Pierre Nkurunziza. Dès lors Pierre

Nkurunziza est le véritable responsable de la descente aux enfers du Burundi.

5. La désignation du Général Evariste Ndayishimiye qui était devenu le principal

commandant de la milice armée IMBONERAKURE renseigne que la machine de

répression vient d’être renforcée et gratifiée. Cette promotion signifie donc que des

rivières de sang des burundais vont continuer à couler.

6. Ces derniers temps, cette répression aveugle a frappé de façon significative les tutsi de

l’armée burundaise. Cette purge ethnique à l’armée prend de plus en plus une

dimension extrêmement dangereuse.

Avec ces 5 faits graves, le CNARED-GIRITEKA réalise que Monsieur Pierre Nkurunziza, est

devenu une menace pour la survie de la nation burundaise. En outre il constitue une menace

pour la stabilité de toute la région. En conséquence face à cette menace dangereuse :

7. Le CNARED-GIRITEKA lance un appel pressant à toutes les forces vives de la nation

burundaise de conjuguer leurs efforts pour arrêter le despote Pierre Nkurunziza dans

son aventure suicidaire d’embraser tout le Burundi.

8. Le CNARED-GIRITEKA lance un appel de détresse à la communauté internationale

afin qu’elle prenne conscience de la dimension de la menace qui pèse sur le Burundi et

la région entière. Pour ce faire des mesures drastiques à la hauteur de la menace

doivent être prises sans délais. A ce titre le déploiement d’une force d’imposition de la

paix est plus qu’une nécessité. En substance un embargo économique et sur les armes

s’impose!

9. Le CNARED-GIRITEKA demande en outre que la CPI enclenche sans délais des

poursuites judiciaires contre cette machine de Bujumbura qui massacre son peuple.

10. Le CNARED-GIRITEKA demande au peuple burundais dans toutes ses composantes

de rester uni, solidaire et soudé afin de résister au virus de division et au deuil

permanent imposé par le despote Pierre Nkurunziza.

Fait à Bruxelles, le 22 Août 2016

Pour le CNARED-GIRITEKA,

Pancrace Cimpaye

Porte-parole