Burundi : Bujumbura durcit le ton

La crise se poursuit au Burundi et le gouvernement durcit le ton. Il refuse le déploiement de policiers de l’ONU sur son sol et vient de fermer ses frontières avec le Rwanda. Au même moment, les représailles se poursuivent.

« Le gouvernement du Burundi rejette toute disposition de la résolution en rapport avec l’envoi d’une force quelconque sur son territoire », a fait savoir le 3 août dernier le porte-parole du gouvernement burundais dans un communiqué. Une annonce claire et sans appel qui fait suite à la résolution de l’ONU adoptée quelques jours auparavant à l’initiative de la France et qui prévoyait le déploiement de 228 policiers dans le pays pour tenter d’y ramener le calme.

Pour Bujumbura, cette mesure enfreint sa souveraineté. Le gouvernement a même organisé des manifestations devant l’ambassade de France dans la capitale pour la dénoncer. Pourtant, il y a encore quelques temps, le pouvoir burundais se disait prêt à accueillir jusqu’à 50 policiers onusiens. Cette décision du pouvoir burundais montre une certaine « peur », explique Bernard Maingain, avocat indépendant exerçant dans la région des Grands lacs. « Si les policiers (de l’ONU, ndlr) sont courageux et indépendants, ils vont révéler un certain nombre de faits qui se passent au Burundi et que les observateurs indépendants présents sur place révèlent tous les jours ». 

Relations de plus en plus tendues avec le Rwanda

Ces dernières semaines, le gouvernement de Pierre Nkurunziza semble donc avoir durcit le ton vis-à-vis de la communauté internationale, mais pas seulement. Samedi 6 août, il était désormais impossible pour les Burundais de se rendre au Rwanda, pays voisin. Agences de voyages fermées, policiers aux frontières… le président dit vouloir « protéger ses populations » car de nombreux criminels franchiraient les frontières. « Il faut savoir que les relations interpersonnelles dans la région des grands lacs sont séculaires, explique Bernard Maingain. Ce sont des zones où les familles, les amitiés, les relations professionnelles sont permanentes. Prétendre contrôler ces flux là, à mon avis, cela relève d’une lourde utopie ».

Il y a un processus de diabolisation qui est mené par le pouvoir burundais par rapport à Kigali
 Bernard Maingain

Depuis quelques années, le Burundi et le Rwanda entretiennent des relations houleuses. Le gouvernement burundais accuse en effet son voisin de chercher à le destabiliser, notamment en soutenant des opposants burundais. « Il y a un processus de diabolisation qui est mené par le pouvoir burundais par rapport à Kigali », confirme Bernard Maingain. En mai dernier, les autorités burundaises ont d’ailleurs publié un rapport de 25 pages pour démontrer comment le Rwanda tente de s’ingérer dans les affaires du Burundi et arme les rebelles burundais.

Des hommes portent un corps dans le quartier de Nyakabiga à Bujumbura, le 12 décembre 2015. (AP Photo)

Des hommes portent un corps dans le quartier de Nyakabiga à Bujumbura, le 12 décembre 2015. (AP Photo)

Représailles

Pierre Nkurunziza semble vouloir tout contrôler : l’aide internationale, les flux de personnes qui quittent ou entrent sur son territoire mais aussi la presse. Alors que de nombreux médias ne fonctionnent plus depuis le début de la crise en avril 2015, des journalistes sont désormais réprimés ou disparaissent. C’est le cas de Jean Bigirimana, journaliste à Iwacu, disparu depuis le 22 juillet dernier. Sa famille et ses collègues accusent les agents du Service national de renseignement de le retenir enfermé dans un cachot. Ce que nient les autorités. Le renseignement burundais lui reprocherait ses déplacements fréquents au Rwanda. Lundi 8 août, un corps a été retrouvé dans la rivière Mubarazi. S’agirait-il du journaliste ? La question reste entière.
La situation des journalistes au Burundi ne s’arrange pas. Nombre d’entre eux ont même quitté le pays, craignant une répression. Mais cela n’a pas empêché le journaliste burundais Boaz Ntaconayigize de se faire poignarder début août, alors qu’il était en exil en Ouganda. Ce dernier, secouru de justesse, aurait reconnu parmi ses assaillants deux hommes qui pourraient faire partie des services de renseignement du Burundi. Face à cette situation, Reporters Sans frontières a appelé les « autorités burundaises à cesser leur politique d’intimidation envers les journalistes, jusque dans les pays voisins où ils sont en exil et de mettre un terme à l’impunité des services de renseignements et forces de sécurité ».

Les journalistes ne sont pas les seuls à être menacés par le gouvernement de Bujumbura. Lundi 8 août, l’ONU a dénoncé des représailles visant quatre avocats burundais. Ils sont accusés par le gouvernement d’avoir fourni des informations sur le Burundi au Comité des Nations Unies contre la torture. Armel Niyongere, Lambert Nigarura, Dieudonné Bashirahishize et Vital Nshimirimana ont, en effet, contribué à un rapport accablant de la société civile burundaise qui dénonce des cas de torture en forte augmentation.

On ne peut pas imaginer un quart d’instant qu’on est devant un système démocratique

Bernard Maingain

Certains observateurs en viennent à se demander si le Burundi est toujours un pays démocratique. D’autant que le 8 juillet dernier, des collégiens ont été arrêtés pour avoir abîmé des photos du président Nkurunziza. Un mois auparavant, des lycéens risquaient 5 à 10 ans de prison pour avoir gribouillé sur une image du chef de l’Etat. « La démocratie est nulle, assure Bernard Maingain. On ne peut pas imaginer un quart d’instant qu’on est devant un système démocratique ».

A ces représailles s’ajoutent des cas de torture pointés du doigt par de nombreuses ONG comme Amnesty International. Entre avril 2015 et avril 2016, des enquêteurs de l’ONU ont dénombré 348 cas d’exécutions extra-judiciaires et 651 cas de torture perpétrées par les forces de l’ordre. «Le système d’impunité du service national de renseignement est une réalité, les mécanisme d’élimination au compte-goutte mais de façon très ciblé ont lieu, la torture a lieu… », affirme Bernard Maingain.
Le Burundi est plongé dans une grave crise depuis l’annonce en avril 2015 de la candidature de Pierre Nzurunziza à la présidentielle. Depuis, les violences ont fait plus de 500 morts et poussé plus de 270 000 personnes à fuir le pays. Pierre Nkurunziza, de son côté, ne semble pas prêt à dialoguer avec l’opposition, ni avec la communauté internationale. Mais peut-être devrait-il se méfier de son propre camp ? « Je pense que le risque qui pèse sur le pouvoir, c’est sa propre implosion, explique Bernard Maingain. Il ne faut pas imaginer qu’il n’y a pas des gens encore sages et raisonnables aujourd’hui à l’intérieur du CNDD-FDD (parti du président burundais, ndlr) qui sont agacés de la dérive totalitaire du système, qui ne correspond en rien à leur attente et au combat qu’ils menaient avant les accords d’Arusha ». En attendant une éventuelle rébellion du camp du président actuel, Nkurunziza continue d’exercer son pouvoir comme bon lui semble.

Lettre ouverte à Monsieur Jacques Bigirimana

Monsieur Jacques Bigirimana,

Après votre sortie médiatique du 25 Juillet 2016 à la Radio-Télévision Nationale du Burundi (RTNB) au sujet de l’ignoble assassinat de l’honorable Afsa Mossi, les téléspectateurs qui vous ont suivi ont retenu deux choses : le plateau qui vous a été offert sur ce médium public en lieu et place des porte-parole du CNDD-FDD, de la police, du ministère public ou du gouvernement de facto, prouve que les assassins qui appartiennent au cercle des décideurs de Bujumbura sont préoccupés par le retentissement inattendu de cet acte ignoble ! Cet assassinat divise l’oligarchie de Bujumbura car les préposés à la défense du pouvoir CNDD-FDD ont refusé de parler. Il fallait louer les services de Bigirimana Jacques. L’autre fait marquant était votre gêne sur le plateau ; d’habitude Jacques Bigirimana à l’aise devant le micro avait cette fois un regard fuyant, fermant les yeux par endroit. Avouez-le, le morceau était gros, grotesque et dur à faire avaler !

Cher Jacques,

Le monde entier m’a demandé de réagir à chaud pour te rabattre le caquet. Je me suis refusé à cette réaction précipitée. Ainsi avant de publier la présente réaction, j’ai tenu à sonder tes proches, qui sont toujours inquiets et préoccupés, pour savoir les tenants et les aboutissants de ton intervention à la RTNB. J’étais ravi d’apprendre que tu leur as confié que tu n’avais pas le choix. Et pour cause l’homme qui t’a poussé à donner lecture de ces accusations grotesques et mensongères est aujourd’hui puissant à Bujumbura. Mais mon cher Jacques, sachez que cette « puissance » est éphémère mais que la disparition de l’honorable Afsa Mossi ainsi que la douleur y afférente parmi les siens sont pérennes. Dommage que tu n’as pas pensé à cette triste réalité avant d’entrer dans cette sale combine !

Monsieur Jacques Bigirimana,

Le seul mérite de votre faux témoignage est que le moment venu, quand les rapports de force pencheront du côté des victimes  de cette barbarie meurtrière du pouvoir de facto de Bujumbura, vous donnerez l’identité des véritables assassins de l’honorable Afsa Mossi, ceux-là mêmes qui vous ont forcé à faire cette sortie médiatique. A ce titre vous êtes devenus un témoin extrêmement précieux dans l’assassinat de l’honorable Afsa Mossi. Merci infiniment ! Que Dieu vous protège jusqu’au jour du procès ! En revanche vous êtes une menace permanente contre cet homme Puissant, véritable assassin de cette mère de trois enfants, cette grand-mère et fille d’une mère meurtrie et encore en sanglots. Vous connaissez désormais l’identité du tueur ! Voilà pourquoi vos proches sont inquiets et préoccupés.

Monsieur Jacques Bigirimana,

Pour votre propre gouverne, apprenez que le CNARED-GIRITEKA, depuis sa création, il s’est inscrit dans une lutte pour le retour à un Etat de Droit au Burundi. Ce combat noble est pour préserver la Vie et non pour faucher la Vie. De ce fait l’assassinat de l’honorable Afsa Mossi ainsi que la disparition de milliers de nos concitoyens nous afflige. Cette rivière de sang provoquée par l’oligarchie de Bujumbura doit s’arrêter. Et ce dernier devra répondre un jour de tous ces actes macabres.

 

Dans l’espoir que Dieu vous prête la vie assez longtemps pour venir un jour à la barre témoigner en faveur de la famille de l’honorable Afsa Mossi, je vous prie d’agréer, Monsieur Jacques Bigirimana, l’expression de mes remerciements anticipés.

 

 Pancrace Cimpaye

Porte-Parole du CNARED-GIRITEKA.

Débat au Parlement Européen: Crises électorales en Afrique centrale.

Ce 29 juin 2016 de 15h à 18 heures aura lieu au parlement européen ( rue Wiertz,60 à 1000 Bruxelles) une conférence-débat autour du thème suivant:

 » L’Europe face aux crises électorales en Afrique Centrale: cas du Congo-Brazza, du Gabon et de la RD Congo. »

Pour ceux qui veulent participer à cette conférence, une inscription préalable est requise. Il vous est demandé de donner votre nom et prénom, votre nationalité, votre date de naissance et le numéro de votre carte d’identité à: miriana.stantcheva@europarl.europa.eu.

Pour de plus amples renseignements la personne de contact est Godefroid  Nzambi et John’s Mbulula. Ils sont respectivement joignables au 0032466318059 ou godnzambi@yahoo.fr et 0032488086890.

SOYEZ NOMBREUX A VENIR PARLER DU FLEAU DES ELECTIONS DANS LA REGION D’AFRIQUE CENTRALE.

(Sé) Pancrace Cimpaye,

Porte-Parole de la plate-forme de l’opposition burundaise, CNARED-GIRITEKA.

COMMUNIQUE DE PRESSE RELATIF AU FIASCO D‘ARUSHAII.

Ce samedi 21 mai 2016 débutent à Arusha des pourparlers inter-burundais qui excluent la principale force politique de l’opposition le CNARED-GIRITEKA ainsi que les organisations et principaux acteurs de la société civile qui ont combattu le troisième mandat illégal de Pierre Nkurunziza. Cette exclusion dictée par le pouvoir de facto de Bujumbura par le biais du Secrétaire Général de l’EAC, l’Ambassadeur Mfumukeko Libérat condamne ces pourparlers à un échec cuisant.

En outre, ces assises d’ArushaII violent l’esprit et la lettre de l’Accord  d’Arusha pour la Paix et la Réconciliation parce que la sensibilité ethnique tutsi n’est pas représentée. Pourtant la barbarie meurtrière du pouvoir de facto de Bujumbura s’abat aujourd’hui essentiellement sur cette composante ethnique.

La Médiation justifie dans son courrier l’exclusion du CNARED-GIRITEKA par le fait qu’il n’est pas reconnu légalement par le pouvoir de facto de Bujumbura. Pourtant le CNDD-FDD EPRIS DU RESPECT DE LA LOI de Monsieur Hussein Radjabu présent à cette session n’est reconnu par aucune loi burundaise. De la même manière l’ADC-IKIBIRI représenté par quelques jeunes a toujours été présenté par le même pouvoir d’illégale. Nous tenons à féliciter les jeunes du MSD, de l’UPRONA et de FEDES-SANGIRA qui ont décliné cette invitation.

En définitive, comme le dit si bien Monsieur Willy Nyamitwe, le Porte-Parole de Monsieur Pierre Nkurunziza, cette session d’ArushaII est une continuité du monologue intérieur organisée et conduite par Pierre Nkurunziza par le biais de son Ambassadeur Extraordinaire et Plénipotentiaire Libérat Mfumukeko. ArushaII est de ce fait un fiasco qui viole ArushaI de l’an 2000.

 

 

Fait à Bruxelles,  le 21 Mai 2016

 

Pour le CNARED-GIRITEKA

 

Pancrace Cimpaye

 

 

Porte-Parole .

 

 

 

COMMUNIQUE DE PRESSE RELATIF A L’EXCLUSION DU CNARED-GIRITEKA A LA SESSION DE DIALOGUE DU21 AU 24 MAI 2016

COMMUNIQUE DE PRESSE RELATIF A L’EXCLUSION DU CNARED-GIRITEKA
A LA SESSION DE DIALOGUE DU21 AU 24 MAI 2016
1. Depuis que la date du début des pourparlers inter-burundais à Arusha, a été annoncée,
le CNARED-GIRITEKA a clairement signifié au Facilitateur, Son Excellence
Benjamin William Mkapa, que cette plateforme entend participer à cette session en
tant qu’une seule entité.
2. Cependant depuis le 13 mai 2016, le Bureau de la Facilitation essaye de débaucher
quelques membres du CNARED-GIRITEKA en leur envoyant des invitations
individualisées.
3. Le CNARED-GIRITEKA porte à la connaissance de la Facilitation, pour la troisième
fois, qu’aucun membre de la coalition ne participera à cette session en dehors du cadre
CNARED-GIRITEKA.
4. Derrière cette tentative de détruire et d’exclure le CNARED-GIRITEKA, nous
percevons la main du Secrétaire Général de l’EAC, Monsieur Libérat Mfumukeko. Ce
dernier a été nommé le 5 mai 2016 Ambassadeur Extraordinaire et Plénipotentiaire de
Monsieur Pierre Nkurunziza dont le rêve obsessionnel n’est que l’exclusion et la
destruction totale du CNARED-GIRITEKA sur la scène politique burundaise. Un rêve
qu’il partage désormais avec son Ambassadeur Libérat Mfumukeko.
5. En conséquence le CNARED-GIRITEKA récuse la présence de Monsieur Libérat
Mfumukeko aux pourparlers inter-burundais. De Secrétaire Général de l’EAC,
Monsieur Libérat Mfumukeko est passé à Ambassadeur Extraordinaire et
Plénipotentiaire d’une partie en conflit et sa partialité s’affiche à l’oeil nu !
6. Le CNARED-GIRITEKA salue les efforts de la communauté internationale et de
l’EAC en particulier dans la recherche d’une solution négociée à la crise burundaise. Il
lui demande de suivre de près ce blocage du processus de paix orchestré par Pierre
Nkurunziza et sa clique.
7. Le CNRAED-GIRITEKA réitère encore une fois son engagement à apporter sa
contribution pour que la paix et la sécurité reviennent au Burundi.

Fait à Bruxelles, le 19 mai 2016
Pour le CNARED-GIRITEKA
Pancrace Cimpaye
Porte-Parole .

Burundi: report du dialogue entre le gouvernement et l’opposition à Arusha

Le dialogue entre le gouvernement burundais et l’opposition ne reprendra finalement pas ce lundi 2 mai à Arusha en Tanzanie. L’information a été confirmée par la médiation tanzanienne menée par l’ancien président Benjamin Mkapa sous l’égide du président ougandais Yoweri Museveni. Initié dans l’espoir de mettre fin à la violente crise politique déclenchée il y a un an par la candidature du président Nkurunziza à un troisième mandat, ce dialogue reste bloqué depuis fin 2015.

Depuis la séance inaugurale le 28 décembre à Entebbe en Ouganda, le dialogue inter-burundais est au point mort. Il devait reprendre lundi à Arusha mais la date a été repoussée. La facilitation espère organiser une nouvelle rencontre à la fin du mois de mai. Explication officielle : « Toutes les consultations nécessaires » pour commencer le dialogue n’ont pas encore eu lieu. Mais on sait que les modalités de cette rencontre ne faisaient pas l’objet d’un consensus. Bujumbura refuse toujours de s’asseoir à la même table que le Cnared, la plateforme de l’opposition en exil, qu’elle accuse d’avoir participé à la tentative de putsch.

Vendredi matin, seuls cinq partis du Cnared avaient reçu leur invitation pour ce dialogue. La veille, le nouveau président, Jean Minani, avait écrit au facilitateur Benjamin Mkapa pour lui dire combien il était « absurde » à ses yeux d’organiser ce dialogue sans cette large coalition d’opposition qui se pose en « principal adversaire de Nkurunziza ». Il avait annoncé que ses membres ne viendraient pas à Arusha tant que le Cnared ne serait pas invité en son nom propre. La facilitation, comme l’Union européenne qui finance le dialogue, avait insisté pour que toutes les parties prenantes y participent.

Un report qui arrange tout le monde

Le Cnared a accueilli favorablement la nouvelle de ce report, espérant recevoir une invitation d’ici là. Du côté des autorités burundaises en revanche, personne n’a souhaité s’exprimer pour l’instant.

Mais cette décision répond aux vœux de Bujumbura. Mercredi, le gouvernement burundais avait exigé des consultations avec la médiation sur « les invités, les dates et le lieu » où devait se tenir cette session de relance, en menaçant de ne pas y participer. Il a obtenu gain de cause. Les pourparlers de paix ont été renvoyés à une date ultérieure, mais surtout, son ennemi juré, le Cnared, dont il ne veut pas entendre parler, n’a pas été convié cette fois.

Ce qui fait dire à un diplomate que la médiation « ne pouvait faire de meilleur choix », en expliquant que cette session n’avait pas été bien préparée. Et de détailler : toutes les parties concernées n’avaient pas encore reçu leurs invitations, l’Union africaine et l’ONU viennent à peine d’y être associées, la médiation venait tout juste de faire des requêtes pour le financement de la réunion et surtout, il y a la question de l’invitation du Cnared.

Plusieurs observateurs espèrent que la médiation mette ces trois semaines à profit afin d’organiser « un véritable dialogue de paix ». « C’est sa crédibilité qui est en jeu », assurent-ils.