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Burundi: le Cnared accuse le pouvoir de harcèlement via Interpol

Le Cnared, la nouvelle plateforme contre le troisième mandat de Pierre Nkurunziza, dénonce un harcèlement des autorités de Bujumbura. En deux semaines, trois de ses membres ont été bloqués dans des aéroports européens, suite à des problèmes de passeport. L’ancien président Sylvestre Ntibantunganya, désormais opposant au régime, accuse Bujumbura de manipuler Interpol. Du côté de la présidence, on se défend de ces accusations.

Sylvestre Ntibantunganya, ex-président burundais (1994-1996) a été stoppé, le 4 septembre dernier, par la police de l’aéroport de Bruxelles. Il est le troisieme membre du Cnared à se faire interpeller par la police en Europe, après deux autres cadres du mouvement contrôlés respectivement le 27 août à Paris et le 3 septembre, à Bruxelles là encore.

« Visiblement ce sont les autorités policières burundaises qui ont certainement demandé à Interpol de poursuivre certaines personnalités du Burundi, dont moi-même », a-t-il déclaré, avant d’ajouter : « Il y a harcèlement de tous ceux qui d’une manière ou d’une autre se sont opposés à ce troisième mandat. On l’a déjà vu au niveau de ce qu’on appelle les fraudeurs du CNDD-FDD. On le voit aussi à l’intérieur du pays pour d’autres opposants, d’autres partis politiques, d’autres associations. »

L’ancien président a même paru très surpris d’avoir été ainsi traité. « J’interpelle Interpol parce que c’est une organisation internationale qui normalement doit œuvrer pour la sécurité des citoyens du monde, et non justement pour être un objet de manipulation comme cela me semble avoir été le cas en ce qui concerne le Burundi. Vous voyez un ancien président être traité de cette manière-là ! C’est pratiquement incompréhensible », s’est-il indigné.

Le régime se défend de toute manipulation d’Interpol

 Du côté des autorités burundaises, on se défend de toute chasse aux opposants politiques de Pierre Nkurunziza. « Il y a une liste de putschistes ou d’autres personnes qui seraient impliquées dans les violences de ces derniers jours qui sont poursuivies par la police burundaise. Et la justice burundaise ne voudrait pas que ces personnes continuent à utiliser des documents de voyages de la République du Burundi alors qu’elles sont recherchées. Et la liste a été en bonne et due forme transmise à Interpol », s’est défendu Willy Nyamitwe, le conseiller en communication de la présidence.

Moise Nzeyimana et Onesime Nduwimana, les deux autres cadres du Cnared concernés, sont soupçonnés par le pouvoir, pour l’un d’avoir participé à la tentative de putsch de mai dernier, et pour l’autre d’avoir commis des crimes économiques, confirme Willy Nyamitwe, et donc figurent sur cette liste. « La justice a le droit et le devoir de protéger les citoyens burundais en essayant de demander l’assistance d’Interpol ou d’autres pays amis pour que ces personnes impliquées dans les crimes soient arrêtées et transférées à la justice », justifie encore le porte-parole de Pierre Nkurunziza.

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