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Lettre ouverte de Pancrace Cimpaye à l’intelligentsia hutu

Objet : Lettre ouverte à l’intelligentsia hutu du Burundi. Mes chères soeurs, Mes chers frères, Ce dimanche 27 mars 2016, jour d’allégresse, jour de joie, jour où le fils de Dieu est ressuscité, j’ai appelé le paysan de Bubanza, j’ai appelé le paysan de Cibitoke, j’ai appelé le paysan de Bujumbura Rural, j’ai appelé le […]

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DECLARATION RELATIVE A LA DESTRUCTION DES FORCES DE DEFENSE ET DE SECURITE ET LE RISQUE

Le CNARED, suite à la dégénérescence de la crise politique créée et entretenue par le régime de facto de Bujumbura déclare ce qui suit :

A. Les faits

1 .Depuis que Monsieur Pierre Nkurunziza a violé l’esprit et la lettre de l’Accord d’Arusha pour la Paix et la Réconciliation au Burundi en s’imposant comme Président à Vie du Burundi, il a pris comme stratégie suicidaire la destruction des corps de défense et de sécurité en les remplaçant par la milice Imbonerakure et en faisant la chasse à l’homme à tout élément qui ne soutient pas Sa mésaventure.

2. Pourtant les corps de défense et de sécurité issus de l’Accord susmentionné et des différents Accords de cessez-le- feu étaient le pilier de la stabilité et de la paix du Burundi.

3. Dans cette dynamique de chasse à l’homme, des décisions de révocations de plusieurs dizaines d’éléments de ces corps, des emprisonnements ou séquestrations arbitraires ou à base ethniques s’observent ; des fouilles perquisitions humiliantes et dégradantes, à base ethnique et politiques, aux domiciles des officiers sont devenues monnaie courante.

4. En outre des réunions des seuls éléments issus de l’ancien mouvement politique armé CNDD-FDD sont organisées par Monsieur Pierre Nkurunziza et ou le Chef d’Etat-Major de l’armée, le Général-Major Prime Niyongabo. Cette démarche consacre la destruction de l’armée et de la police.

 

5. La discrimination et la marginalisation à base politico-ethnique de ces corps de défense et de sécurité est devenu le mode de gestion de ces corps. Cette gestion malheureuse ne cesse de provoquer des désertions et un climat malsain de cohabitation entre les enfants choyés de Pierre Nkurunziza et « les autres ».

6. La goutte qui vient de faire déborder le vase aura été l’emprisonnement à base ethnique de deux étudiants de l’Institut Supérieur des Cadres Militaires (ISCAM), ce 09 décembre 2015. En effet à 22 heures du soir les sous-

lieutenants Ndihokubwayo Olivier et Ntakarutimana Epaphrodite ont été livrés par le Chef d’Etat-Major Général de l’armée au tortionnaire Ayubu de la Documentation. Cette arrestation arbitraire de trop a créé une vive tension à l’armée en général et à l’ISCAM en particulier.

7. Les troubles qui viennent de secouer les camps de l’ISCAM, de Muha et de Ngagara ce 11 décembre 2015 trouvent l’origine dans cette gestion à base politico-ethnique de ces corps de défense et de sécurité.

8. Pour le moment le pouvoir de facto de Monsieur Pierre Nkurunziza profitant de ces troubles vient d’enclencher un mouvement d’épuration ethnique qui prend des allures de génocide.

B. Position du CNARED

De tout ce qui précède, le CNARED :

9. Condamne avec énergie la destruction des corps de défense et de sécurité à base politico-ethnique qui entraine le Burundi vers une guerre civile ;

10. Condamne les actes de génocide en cours et s’oppose à toute perspective de décréter un Etat d’urgence qui ne serait qu’une occasion pour le pouvoir de facto de Bujumbura de parachever ces actes de barbarie dans un silence total et sans témoins.

11. Demande une fois de plus l’intervention rapide des forces des Nations Unies pour arrêter la guerre civile déclarée par Nkurunziza à son peuple.

12. Demande à la médiation appuyée par la région, l’Union africaine et toute la communauté internationale d’organiser sans délais les négociations entre le CNARED et le pouvoir de facto de Bujumbura pour rétablir la paix et la sécurité au Burundi et mettre fin au conflit burundais.

13. Demande à l’Union Européenne de prendre les sanctions économiques contre ce pouvoir de facto de Monsieur Pierre Nkurunziza qui tue son peuple et des sanctions ciblées contre Nkurunziza et sa galaxie.

14. Demande à la communauté Internationale dans son ensemble et spécialement à la CPI de prendre des mesures et des sanctions qui s’imposent contre l’oligarchie de Bujumbura qui est en train de semer la mort et la désolation au Burundi.

15. Demande au peuple burundais de rester soudé en ces moments de dures épreuves. L’unité est la seule arme qui peut nous aider à résister contre l’oppression et la tyrannie de Monsieur Pierre Nkurunziza.

Fait à Bruxelles, le 11 Décembre 2015

Pour le CNARED

Léonard NYANGOMA

 

 

europe-drapeau

Déclaration locale de l’Union européenne

La Délégation de l’Union européenne publie la déclaration suivante en accord
avec les Chefs de Mission européens au Burundi:
La violence, les exécutions extra-judiciaires au Burundi, et à Bujumbura
en particulier, persistent et le nombre de victimes, morts, blessés, réfugiés,
qu’elles provoquent ne cesse d’augmenter. L’Union européenne condamne toutes
les formes de violence, verbales ou armées, quels qu’en soient les auteurs. Les
récentes attaques contre les forces de l’ordre, des bâtiments et institutions publics
ne sont pas acceptables, pas plus que l’usage disproportionné de la force dans le
maintien de l’ordre public. La violence n’est en aucun cas la solution à la crise
politique actuelle.
La seule voie pour mettre un terme à cette crise est celle d’un dialogue
véritablement inclusif, assurant à tous sans exclusive aucune, et dans le respect
de toutes les opinions, la possibilité de participer librement, afin de parvenir à
ramener la paix dans le pays. L’Union européenne salue les efforts de l’Ouganda,
au titre de la Communauté de l’Afrique de l’Est, et de l’Union Africaine à cet
égard.
Dans cette perspective, l’Union européenne déplore les décisions de
suspension des activités et de gel des comptes bancaires d’organisations de la
société civile burundaise, alors que ces organisations jouent un rôle
indispensable dans le fonctionnement de la démocratie, et rappelle les principes
universels de respect des libertés civiles fondamentales auxquels le Burundi a
souscrit.

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DÉCLARATION DU DIRECTOIRE DU CNARED APRÈS SA RÉUNION EXTRAORDINAIRE DU 30 OCTOBRE AU 01 NOVEMBRE 2015

1. Du 30 Octobre au 1er Novembre 2015, le Directoire du CNARED a tenu une réunion extraordinaire. Après une évaluation des activités politiques et diplomatiques du CNARED depuis sa création le 1er août 2015, les membres du Directoire ont passé en revue la situation politique et sécuritaire prévalant aujourd’hui au Burundi avant d’analyser la stratégie globale du CNARED pour mettre fin au chaos engendré par le 3ème mandat de Pierre NKURUNZIZA,

2. Avant d’entamer les travaux à proprement parler, les membres du Directoire du CNARED ont tenu, encore une fois, à s’incliner et à rendre hommage au peuple burundais qui, jour et nuit, consent des efforts et des sacrifices sans limites pour défendre l’Accord d’Arusha pour la Paix et la Réconciliation au Burundi et les multiples acquis auxquels il a fait parvenir le pays en matière de paix, de sécurité, de concorde nationale, de démocratie, de respect et de promotions des droits de la personne humaine et des libertés publiques, acquis contre lesquels le pouvoir en place est parti à l’assaut à travers le 3 ème mandat de Pierre NKURUNZIZA. Au stade actuel, les Burundais, la Région, l’Afrique et la communauté internationale découvrent hébétés les véritables raisons qui poussaient Pierre NKURUNZIZA et le cercle autour de lui à chercher un mandat qu’ils savaient être en violation de l’Accord d’Arusha pour la Paix et la Réconciliation au Burundi et contre la Constitution du Burundi qui trouve sa source dans cet Accord, notamment dans son le chapitre I du Protocole II. Comme le CNARED n’a cessé de le rappeler depuis sa création, la violation de ces textes et des principes fondamentaux qu’ils édictent dans l’organisation et le fonctionnement de l’Etat a conduit le pays dans l’abime et sème le désordre et une désolation sans commune mesure. Aujourd’hui, les Burundais, la Région, l’Afrique et la communauté internationale s’interrogent : que faire pour sortir de l’engrenage criminel dans lequel Pierre NKURUNZIZA et le cercle autour de lui enfoncent chaque jour le Burundi ?

3. Le Directoire du CNARED constate que les positions et comportements des plus hauts responsables qui gèrent illégalement les institutions de l’Etat ne font qu’enfoncer le Burundi dans des violences qui prennent des dimensions d’un génocide programmé. Cela se constate à travers les positions de la frange du CNDD-FDD qui demeure fidèle à Pierre NKURUNZIZA. Ces positions ont été exprimées à travers les deux dernières déclarations signées par le président à la tête de cette frange, Pascal NYABENDA, et portées à la connaissance du public par la voix de son porteparole, Gélase NDABIRABE. Jamais l’on n’avait entendu dans la vie du Burundi un pouvoir qui justifie ses crimes par d’autres crimes du genre que le pays a connus au cours des décennies passées. Jamais l’on avait vu un pouvoir qui, pêle-mêle, s’attaque sans discernement à tous ceux qui, au Burundi, dans la Région, en Afrique et dans le monde condamnent la dérive autoritaire et criminelle d’un pouvoir uniquement soucieux de défendre ses intérêts et non ceux du peuple burundais.

4. C’est malheureusement ce que cette frange du CNDD-FDD toujours fidèle à NKURUNZIZA sert quotidiennement au Burundi et au monde à travers des diatribes sans fondement contre l’Union Africaine, l’Union Européenne et d’autres partenaires bilatéraux et multilatéraux du Burundi. De même, Pierre NKURUNZIZA et ceux qui gravitent autour de lui dans le contrôle du pouvoir, distillent malicieusement un discours dégradant à l’endroit de ses opposants qu’il qualifie de « putschistes » ou de « terroristes » dans l’unique but de les exclure des négociations globales et inclusives auxquelles les Burundais, la Région, l’Afrique et la Communauté internationale ne cessent d’appeler les protagonistes de la crise actuelle. Cela rappelle étrangement la stratégie de certains responsables politiques et militaires qui, entre 1995 et 2000, s’opposaient viscéralement à toute négociation avec le CNDD qu’ils qualifiaient alors de « Groupe Tribalo-Terroriste Génocidaire » ! Malheureusement, les déclarations du président du Sénat de facto, Révérien NDIKURIYO, que d’aucuns considèrent comme un des animateurs assidus de la milice IMBONERAKURE, vont dans le sens d’accréditer cette assertion. Au lieu de plaider pour la consolidation de l’unité nationale dont le Sénat qu’il dirige est constitutionnellement un des garants, Révérien NDIKURIYO annonce l’apocalypse pour les quartiers et autres provinces contestataires du troisième mandat. Pour lui, la solution est de les « raser » ! Et comme pour chauffer davantage la hargne et la détermination de ceux à qui cette sale besogne sera confiée, il promet que les parcelles dont les propriétaires seraient disparus au cours de cette extermination pourraient être aisément récupérées à leur faveur ! Signe que cette déclaration extrêmement dangereuse du président du Sénat relève de la stratégie globale de l’Etat-NKURUNZIZA, ce denier vient, à son tour, de donner officiellement autorisation aux éléments des forces de l’ordre qui lui demeurent fidèles d’utiliser tous les moyens matériels à leur disposition contre tout résistant qui n’acceptera pas, endéans cinq jours, de courber l’échine et de se rendre sans conditions à ces éléments des forces de défense et de sécurité toujours fidèles à Pierre NKURUNZIZA.

5. Dans les faits, cette stratégie criminelle est en cours depuis des mois. Depuis le début des manifestations contre le 3ème mandat de Pierre NKURUNZIZA, une vague de répression aveugle et sanglante s’est abattue sur le Burundi. Cette répression est beaucoup plus féroce dans les quartiers de la capitale et dans les communes du pays qui ont pris les devants dans la contestation du 3ème mandat présidentiel de Pierre NKURUNZIZA.

6. Ainsi, des massacres qui prennent l’allure d’un génocide politico-ethnique sont observés. Pour faciliter ces massacres, des agents de la police de protection des institutions se placent dans les quartiers résidentiels et simulent des attaques de groupes armés. Par la suite, des agents du service national des renseignements (la documentation), de la brigade anti-émeute et de la police de protection des institutions, appuyés par des miliciens IMBONERAKURE sont déployés dans ces quartiers résidentiels pour soi-disant poursuivre ces groupes armés. Ils entrent systématiquement dans les maisons habitées, forcent certains habitants ciblés d’avance de sortir de leurs maisons, leur ordonnent de s’agenouiller et les massacrent le plus souvent chacun d’une seule balle dans la tête. Au cours de ces opérations terroristes, des familles entières sont décimées et des maisons saccagées ou incendiées. Les derniers de ces crimes ont eu lieu à Mutakura-Cibitoke, le 1er Juillet et le 3 octobre 2015, ainsi qu’à Ngagara, le 13 octobre 2015, quand une famille entière d’un cameraman de la Radiotélévision Nationale du Burundi a été décimée. Des assassinats et tentatives d’assassinats ciblés augmentent aussi dans le pays, tous planifiés par le Service National des Renseignements.

7. Cette situation politique et sécuritaire plus que délétère conduit chaque jour à l’effondrement total de l’économie burundaise. Depuis fin avril, l’économie burundaise est pratiquement à l’arrêt, les recettes internes sont en chute libre. En outre, depuis qu’il a décidé de s’octroyer un troisième mandat anticonstitutionnel, Pierre NKURUNZIZA a fermé les oreilles aux conseils des partenaires du Burundi qui lui ont toujours conseillé de renoncer à ce troisième mandat. Cet entêtement de Pierre NKURUNZIZA, combiné aux violations graves des droits de l’homme et à la remise en cause des acquis démocratiques du Burundi, a obligé les partenaires du Burundi à prendre des sanctions économiques. Celles-ci visent à contraindre Pierre NKURUNZIZA à rejoindre la table des négociations. Cette asphyxie totale de l’économie burundaise ne fait qu’aggraver la souffrance du citoyen ordinaire déjà étranglé par la misère qui s’accentue. En effet, outre la violation de l’Accord d’Arusha pour la Paix et la Réconciliation au Burundi, Pierre NKURUNZIZA et le cercle autour de lui sont des champions dans la corruption et les malversations économiques et financières, y compris en ce qui concerne le bradage des richesses nationales. C’est ainsi que les crimes politiques et économiques de Pierre NKURUNZIZA et du cercle autour de lui font qu’aujourd’hui le Burundi est classé au premier rang des pays les plus pauvres du monde !

8. Cette situation qui se dégrade dangereusement conduit le CNARED à adresser encore une fois un appel vibrant à toutes les forces vives du Burundi, à la Région, à l’Afrique et à la communauté internationale pour qu’elles prennent les mesures qui s’imposent pour éviter que le Burundi ne tombe inéluctablement dans un chaos total. Ne pas agir vite signifierait laisser aux forces aujourd’hui au pouvoir à Bujumbura de continuer leur œuvre destructrice. Une telle situation risquerait d’entraîner l’ensemble de la Région des Grands Lacs dans un engrenage de la violence, dont on peut deviner les dimensions effarantes, quand on se souvient de la crise régionale consécutive au génocide Rwandais en 1994.

9. Au regard de cette situation :

a) Le CNARED salue les récentes prises de position de l’Union Africaine (lors de sa 551ème Réunion tenue le 17 octobre 2015) soutenues dans la suite par le Conseil de Sécurité des Nations Unies ainsi que par les Envoyés Spéciaux de l’Organisation des Nations Unies, de l’Union Africaine, de l’Union Européenne, des Etats-Unis d’Amérique et de la Belgique dans la Région des Grands Lacs. Il s’agit d’une avancée importante qui peut aider à maîtriser cette situation au Burundi qui se dégrade au jour le jour. Le CNARED appelle les membres du Conseil de Sécurité des Nations Unies à saisir dans ses dimensions dangereuses la situation qui prévaut au Burundi. Pour cela, le Conseil devrait adopter une résolution vigoureuse qui contraigne le pouvoir de Bujumbura à mettre fin à une stratégie criminelle qui constitue une menace pour la paix et les droits humains au Burundi en même temps qu’elle porte les germes d’une extension de cette crise au niveau de toute la Région.

b) Le CNARED apprécie les positions de l’Union Africaine laquelle, à travers la Présidente de la Commission et le Conseil de Paix et de Sécurité, ne cesse de déployer des efforts pour accélérer la recherche d’une solution négociée à la crise burundaise. Le CNARED s’inscrit dans la ligne d’action de l’Union Africaine et réitère son soutien à une médiation consensuelle, capable de contribuer à la résolution du conflit burundais. Le CNARED se tient prêt à répondre, à tout moment, à une invitation de la médiation pour le montage du schéma que les négociations devraient vite emprunter afin de bloquer et mettre fin définitivement aux risques de dérapages de la crise burundaise. C’est un devoir auquel aucun acteur burundais qui travaille pour la paix, la sécurité, la concorde nationale, la démocratie, les droits de l’homme et les libertés publiques ne peut se dérober.

10. Le CNARED demande en conséquence à toutes les forces vives de la nation de combiner et coordonner leurs actions dans l’unité, la confiance et la solidarité afin de résister ensemble, et pour l’intérêt de tous, aux sirènes de la violence d’Etat contre un peuple pacifique que le 3ème mandat de Pierre NKURUNZIZA martyrise et paralyse aujourd’hui. Le CNARED appelle la population burundaise, dans toutes ses composantes, à rester sereine et à continuer à résister au Coup d’Etat constitutionnel de Pierre NKURUNZIZA en rejetant catégoriquement et vigoureusement les messages de haine et de division subtilement distillés et propagés par les serviteurs du cercle au pouvoir à Bujumbura. C’est ensemble et pour tous que les Burundais parviendront à mettre hors d’état de nuire tous ceux qui cherchent à pousser le Burundi à l’apocalypse. Le CNARED recommande alors :

a) aux partis et groupes politiques œuvrant au Burundi, de condamner sans ambages ni fuites en avant les dérapages que trahissent aujourd’hui les discours et autres messages des plus hauts responsables du pouvoir de facto de NKURUNZIZA. Se taire, c’est pécher par complicité et en conséquence se mettre du côté de causes négatives sans lendemain. Il s’agit ici d’un combat pour la paix et la dignité du peuple burundais aujourd’hui agressé dans sa quiétude et dans sa vie dans la concorde nationale qui se consolidait chaque jour depuis la signature et la mise en application de l’Accord d’Arusha pour la Paix et la Réconciliation au Burundi ;

b) rappelle aux confessions religieuses, leur place dans la société. Elles n’ont pas droit d’être muettes face aux stratégies qui, quotidiennement, enlèvent la vie à des êtres humains. La violence doit être condamnée et ses commanditaires et auteurs doivent être réprouvés. Sinon, ce serait pécher par compromission et/ou lâcheté ;

c) rappelle aux organisations de la société civile leur devoir citoyen d’être toujours des porteparoles des sans voix, particulièrement en ces moments où les droits humains et les libertés fondamentales des citoyens subissent des épreuves sans précédent. Le CNARED exprime sa solidarité aux organisations, leaders et activistes de la société civile aujourd’hui dans le viseur de Pierre NKURUNZIZA et du cercle du pouvoir autour de lui à cause de leur engagement et de leur détermination à lutter contre le 3ème troisième mandat de Pierre NKURUNZIZA. Le CNARED fait un clin d’œil aux organisations dites de la société civile qui analysent et se comportent de manière complaisante face à cette question. Ils pèchent par omission, de manière volontaire et regrettable.

d) exprime aux organisations des femmes et des jeunes, son appréciation positive et son soutien à l’endroit de celles qui se sont levées pour dire non à un 3ème mandat de Pierre NKURUNZIZA. Ce mandat est en train de détruire le Burundi harmonieux qui s’édifiait depuis la signature et la mise en application de l’Accord d’Arusha pour la Paix et la Réconciliation au Burundi. Le CNARED salue particulièrement le courage des jeunes qui depuis la déclaration de la candidature de Pierre NKURUNZIZA pour un mandat illégal et illégitime n’ont cessé de dire non à la violation de cet Accord dans lequel ils voient un instrument efficace pour l’émergence d’un Burundi Nouveau protégé des excluions et des violences à caractère ethnique qui, au cours des dernières décennies, n’ont fait que fragiliser le Burundi. Le CNARED exhorte la jeunesse burundaise à œuvrer ensemble, dans ses diversités ethniques, politiques et sociales pour réclamer des négociations rapides entre les protagonistes politiques burundais en vue de trouver une solution rapide à la présente crise. C’est la voie la plus rassurante pour chacun et pour tous ;

e) rappelle aux membres des corps de défense et de sécurité, les missions qui leur sont confiées par l’Accord d’Arusha pour la Paix au Burundi et la Constitution qui en découle. « Les corps de défense et de sécurité doivent refléter la volonté résolue des Burundais, en tant qu’individus et en tant que nation, de vivre égaux, dans la paix et l’harmonie. Ils doivent enseigner à leurs membres à agir en conformité avec la Constitution et les lois en vigueur, ainsi qu’avec les conventions et accords internationaux auxquels le Burundi est partie, et exiger d’eux qu’ils respectent ces textes. Les corps de défense et de sécurité sont au service du peuple burundais. Ils doivent être un instrument de protection de tout le peuple burundais et tout le peuple doit se reconnaître en eux » (Article 241). D’autre part, « ni les corps de défense et de sécurité, ni aucun de leurs membres ne peuvent, dans l’exercice de leurs fonctions (a) porter préjudice aux intérêts d’un parti politique qui, aux termes de la Constitution, est légal, (b) manifester leurs préférences politiques, (c)avantager de manière partisane les intérêts d’un parti politique, (d) être membre d’un parti politique ou d’une association à caractère politique et (e) participer à des activités ou manifestations à caractère politique » (Article 244). C’est pourquoi, les membres des corps de défense et de sécurité doivent en ces jours agir avec discernement et refuser d’être entraînés dans la défense de causes uniquement partisanes ou, pire, de se soumettre au service d’un individu ou d’un groupe uniquement soucieux d’intérêts sectaires. Le CNARED appelle les membres de corps de défense et de sécurité à refuser et se protéger contre les stratégies du pouvoir de facto qui tendent à les dresser les uns contre les autres sur base des appartenances ethniques et/ou de leurs appartenances politiques lors de la guerre civile (1994- 2006). Ce que le peuple burundais attend de ses corps de défense et de sécurité est qu’ensemble leurs membres se dressent et agissent comme un rempart de la paix et de l’unité de tous les Burundais. 11. Pour sa part, le CNARED réaffirme son engagement vis-à-vis du peuple burundais, de la Région, de l’Afrique et de l’ensemble des partenaires du Burundi à tout mettre en œuvre pour qu’une solution politique soit rapidement trouvée à la crise actuelle. Pour cela, il appelle chacun des protagonistes et partenaires burundais et étrangers à ses responsabilités. L’histoire récente, au Burundi et dans la Région, a démontré que l’inertie de la Région, de l’Afrique et de la communauté internationale a laissé émerger et se consolider jusqu’à laisser éclore des situations déshumanisantes dont la Région porte toujours des stigmates et vit des conséquences. Le CNARED rappelle que des déclarations du genre « plus jamais ça » ne suffisent plus. Il faut agir rapidement et efficacement pour que le « plus jamais ça » soit traduit en réalité.

Bujumbura, le 4 octobre 2015

Pour le Directoire du CNARED,

Leonard NYANGOMA

Président du CNARED

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DECLARATION PORTANT CONDAMNATION DE L ‘AGRESSION DU SECRETAIRE GENERALE DE L’EAC

Ce 28 octobre 2015, le Secrétaire Général de la Communauté de l’Afrique de l’Est, le Dr Richard Sezibera a été agressé par le protocole et la sécurité du pouvoir de facto de Bujumbura. Le Dr Sezibera Richard faisait partie d’une délégation de la médiation des pays de la Communauté de l’Afrique de l’Est conduite par […]

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DECLARATION DU PARTI CNDD-FDD SUR LA DECISION DE L’UNION EUROPEENNE

La décision de l’Union Européenne de prendre des sanctions judiciaires contre certains Burundais est illégale et une provocation

En date du 1er Octobre 2015, l’UE a organisé une réunion en Belgique à l’issue de laquelle  des sanctions ont été prises contre 4 Burundais de même ethnie Hutu leur refusant les visa d’entrer dans cette Union et gelant leurs avoirs enregistrés dans ces 28 pays européens.
Le Parti CNDD-FDD a été profondément choqué  d’entendre ses sanctions qui rappellent fort bien l’histoire malheureuse que le Burundi a vécue, ponctuée par  des évènements sanguinaires  depuis plus de 40ans excepté l’expérience démocratique de 3mois sous la Présidence de Feu S.E. NDADAYE Melchior. Ce qui afflige en plus les cœurs des Burundais est que l’UE a fermé les yeux  devant les atrocités qui étaient en train de se commettre par les pouvoirs en place  sans même prendre des sanctions contre les responsables de ces massacres et génocide  dirigé contre une ethnie. Ici tout le monde devrait se poser une multitude de questions :
Pourquoi l’UE n’a pas osé  prendre des sanctions contre les dirigeants de cette époque ? Partagent-t-il le même plan ? Pourquoi les institutions judiciaires de lUE n’ont pas pu sévir, ne sont-elles pas similaires à celles d’aujourd’hui ? L’UE n’a-t-elle pas voulu protéger  les commanditaires de ces atrocités au Burundi parce qu’appartenant à une même ethnie ? Ce dont les 4 personnes sont accusées pour se voir exclure et indexer par l’UE est-il moins lourd que les accusations de génocide formulées par les opposants radicaux contre l’Etat et le Parti CNDD-FDD jusqu’à soulever l’opinion internationale alors que ce ne sont que des montages  savamment  orchestrés par les opposants radicaux pour diaboliser le pouvoir ? Pourquoi une si grave décision de l’UE n’a pas été portée à la connaissance du Burundi, membre des pays ACP- UE alors qu’une réunion de ces pays venait de se tenir à Bruxelles du 22- 27 septembre 2015  en Belgique ?

  1. La réunion des pays Afrique Caraïbes et Pacifique (ACP) :
  1. En date du 22 au 27 septembre 2015 s’est tenue une réunion des pays ACP-UE à Bruxelles  au cours de laquelle la question concernant le conflit Burundais, sur base de la déclaration sortie à l’issue de la réunion des même pays ACP tenue dans la ville de SUVA au mois de juin 2015 dans les Iles FIJI n’a nullement soulevé la question des sanctions contre certains Burundais, a noté plutôt des progrès dans l’évolution de la situation politique au Burundi et  a souligné au cours de ces assises la nécessité d’organiser un dialogue inclusifs interburundais ;
  1.  Les Représentants du Parlement du Burundi invités à ce forum ont montré que toutes les institutions ont été mises en place à la suite des élections de 2015 qui se sont bien déroulées et consécutivement aux recommandations de l’UA, des pays de EAC de la CIRGL, de l’ONU et de l’UE,  des pays ACP-UE. Ce qui ne peut se saisir ni se comprendre est qu’à la suite de ce forum de Bruxelles il y ait une décision prise par l’UE contre des ressortissants du Burundi sans que le Burundi ne soit ni informé ni consulté ni interpellé pour donner son avis.
  1. Les problèmes politiques sont résolus politiquement, les questions de justice sont répondues judicieusement tandis que des problèmes mathématiques sont répondues mathématiquement :
  1. Les sanctions prises contre les 4  Burundais d’une même ethnie Hutu ne découlent d’une justice connue dans le monde puisqu’il n’existe pas de justice pour une seule ethnie au monde. Même en considérant les victimes des sanctions, il est à remarquer que les concernées n’ont jamais été informées  pour comparaitre devant les juridictions de l’UE afin de   donner leur  avis sur les charges retenues contre elles. Tout le monde se pose alors la question de savoir sur quoi l’UE s’est- elle fondée  pour décider les sanctions ? Comme dit plus haut, des gens habitués à assister à de telles décisions n’hésitent pas à dire qu’il y a un groupe de gens qui ont influencé et trompé les décideurs judiciaires et les conduire à prendre des sanctions en cachette car ayant été prises à l’insu des concernées et du Pays dont elles sont ressortissantes.
  1. Il est affligeant que de telles institutions judicaires de l’UE prennent des sanctions de nature à saper les institutions de sécurité du Burundi  ou le Chef directement supérieur de la Police n’a pas été inquiété pour se rabattre à un Responsable adjoint  car issu des ex-PMPA (Mouvement CNDD-FDD à l’époque) et HUTU en même temps  alors que cette organisation européenne sait bien comment les corps de sécurité fonctionnent;
  1. Des observateurs avisés savent bien que la création et la mise en route de la Police Nationale Intégrée n’a pas été chose facile car s’étant fondée sur l’Accord Global de Cessez-le-feu entre le Mouvement CNDD-FDD et le Gouvernement du Burundi à l’époque le 16 novembre 2003. Prendre une décision judiciaire illégale, d’exclusion frappant des anciens du CNDD-FDD et de surcroit de l’ethnie Hutu montre que l’UE  n’ a pas été d’accord avec cet Accord Global de Cessez-le-feu qui a conduit à la mise en place des corps de défense et de sécurité intégrés afin de stabiliser le pays.  C’est la raison pour laquelle cette Union Européenne vient de prendre des sanctions pour détruire l’intégration obtenue après mille efforts. Une telle position met également  à nu la démarche de l’UE de faire semblant d’accepter NGENDAKUMANA Leonard comme putschiste alors qu’en réalité le sujet n’avait été approché que pour défendre les intérêts de ceux que ces pays européens voulaient remettre sur  les rennes du Pouvoir. Cette réflexion est d’autant plus vraie que  Sieur Leonard n’a pas commis plus de crimes que Pacifique NININAHAZWE, Général Major Cyrile NDAYIRUKIYE, Vital NSHIMIRIMANA, Marguerite BARANKITSE, etc, mais a eu la malchance de se retrouver dans l’autre camp ethnique.
  1. Il est bouleversant de voir que les commanditaires des manifestations féroces et insurrections jusqu’au putsch manqué du 13mai 2015 ayant exposé les enfants de moins  de 18ans aux troubles pour les transformer en bouclier humain les nourrissant des aliments contenant des  drogues  fortes pour qu’ils commettent l’irréparable et ayant commis des actes à la limite génocidaires n’ont été inquiétés par personne jusqu’aujourd’hui. D’ailleurs la plupart si non la totalité de ces faiseurs de malheurs sont logés et nourris par certains pays de l’UE. Quiconque se poserait la question savoir l’origine de tels agissements? Les différents responsables de ces atrocités depuis le 26 Avril 2015 sont ceux-là mêmes  qui ont soulevé les  jeunes gens  pour les dresser contre d’innocents citoyens en général et en particulier les Bagumyabanga du Parti du CNDD-FDD et contre la Police chargée d’assurer la sécurité du pays. Ils ont tué, ils ont brûlé vif leur frères, ils ont incendié des maisons, des véhicules, détruits les routes devant l’œil complice des journalistes ressortissants de ces pays de l’UE, attisant parfois les manifestations  et tout cela devant la contemplation des Pays de l’UE.  Ceux-ci  aujourd’hui assurent la protection de ces différents responsables ayant échoué à l’insurrection et au putsch pour montrer à qui veut voir que l’UE a réussi l’exfiltration de ces agents après l’échec de la mission qui leur avait été confiée. Encore une fois quiconque peut s’interroger sur ce fait ;
  1. Ne pas respecter la procédure normale judicaire, utiliser les mécanismes d’exclure certains membres de la Police sans raison, ni explications fournies au Burundi dans le simple soucis de saper et de détruire l’institution du corps de sécurité mise après beaucoup d’énergie nationale en oubliant les forfaits commis par les responsables de l’insurrection et du putsch manqué du 13 Mai 2015, fermer les oreilles au Gouvernement qui n’a cessé d’alerter la Communauté Internationale devant la cruauté et le sang versé par les insurgés putschistes démontre à suffisance  que la justice empruntée par l’UE n’a cherché qu’atteindre les buts politiques par l’usage des moyens judiciaires, ce qui donne raison au Parti CNDD-FDD  qui affirme que  la justice a été faussée par les preneurs de la décision pour arriver à leurs objectifs ;
  1. Le Gouvernement démocratiquement élu n’a de problèmes avec personne.
    1. Des organisations de la société civile telles que l’Initiative et Changement, l’OLUCOME et autres  veulent faire entendre à ceux qui les écoutent à travers de multiples réunions ,ateliers et conférences de presse que l’origine des manifestations sanguinaires qui se sont vite transformées en insurrections pour terminer dans un putsch  contre les institutions démocratiquement élues résiderait dans un conflit entre le pouvoir et l’opposition radicale. Ce jugement  est tellement fallacieux qu’ils oublient que le détenteur du pouvoir c’est le Peuple.
    2. Comme tout le monde le  sait bien, des manifestations féroces ont commencé au lendemain de la décision des Bagumyabanga réunis  en congrès et ont  choisi S.E. Pierre NKURUNZIZA pour les représenter dans les élections présidentielles de 2015. Ce congrès  national a eu lieu après les congrès collinaires, communaux et provinciaux. Le rejet de la candidature présentée par le Parti CNDD-FDD à cet effet, est une expression honteuse de l’opposition radicale contre les desideratas  du Peuple. Ceci est d’autant plus significatif que le candidat n’appartient pas aux partis de l’opposition radicale. C’est pour dire  en définitif  que les organisations  ci haut- citées  ne font que colporter les idées de l’opposition radicale  qui sont un mensonge tout fait, la réalité étant que l’opposition radicale a des problèmes avec l’électeur Burundais ou tout simplement le Peuple Burundais. Il va sans dire que le Peuple renié par les commanditaires des manifestations sanguinaires , insurrections et putsch manqué devront s’exprimer devant le seul détenteur du pouvoir qui est le Peuple souverain à travers  le dialogue en vue.
  1. L’Union Européenne  ne veut pas de dialogue inter-Burundais au Burundi :
  1. Le Parti CNDD-FDD s’étonne des sanctions provocatrices prises  par l’ UE d’exclure et d’indexer certains responsables Burundais sans rien demander au Burundi ni exiger aux concernés de s’expliquer et de se défendre devant les juridictions nationales ou de l’UE. Et ceci intervient au moment où le pays se trouve dans une phase préparatoire du dialogue inclusif   malgré que les amis de la division ne cessent d’exprimer  en vain des velléités destructrices contre le  Parti CNDD-FDD et du Gouvernement qui en est issu. Cette démarche ne trompe personne  car visant la condamnation du dialogue avant qu’il ne commence en essayant de torpiller les efforts du Gouvernement dans sa volonté de réunir tout le monde autour de la table de dialogue. La détermination d’étouffer le dialogue parce que ne répondant pas aux desideratas des décideurs de l’UE qui auraient permis le renversement des institutions démocratiquement élues et la mise en place du Gouvernement de transition ne pourra pas dédire le peuple Burundais dans son désir ardant de se réconcilier avec lui-même. Le Gouvernement de transition qui aurait permis  à certains pays de l’UE de faire mains basses sur les richesses du pays attendra la décision des seuls  détenteurs du Pouvoir que sont le Peuple Burundais.
  1. Il est inconcevable que la mise en œuvre des recommandations issues des Sommets des Chefs d’Etats de l’EAC, de l’UA, de l’ONU, soit sabordée par l’UE qui elle-même n’a jamais cessé de formuler  de tels souhaits de dialogue inclusif. Le fait incompréhensible est exprimé par cette décision punitive contre certains  Burundais de la Police Nationale  qui apparait aux yeux des amis de la démocratie comme une volonté déguisée de diviser les Burundais au lieu de les encourager à se réconcilier. Cet acte est de nature à réveiller les vieux démons n’en déplaise aux preneurs de ladite décision
  1.  Un petit jet de regard dans l’histoire du Burundi s’impose:
  1. Comme annoncé précédemment dans les communiqués et analyses du Parti CNDD-FDD, une main  invisible a toujours fait et défait l’histoire sombre du Burundi depuis l’indépendance  jusqu’aujourd’hui. En 1961 plus exactement le 13 octobre, le Prince Louis RWAGASORE qui a réclamé   haut et fort la venue de l’indépendance immédiate a  été assassiné. Il a été dit et souvent redit que certains pays de l’UE en étaient responsables, raison pour laquelle le Prince et ses enfants ont disparu dans le silence absolu. En 1965, la mort du Premier Ministre a été annoncée bien avant sur les ondes de la Voix d’Amérique, ce qui prouve que le complot avait été ourdi ailleurs avec l’utilisation des réseaux burundais. A la suite de son assassinat, beaucoup d’intellectuels ont été massacrés surtout les députés, les ministres et quelques rescapés   ont pris le chemin de l’exil sous le regard silencieux de l’UE. De 1972-1973, un génocide orchestré par le Gouvernement du Capitaine Michel MICOMBERO a été commis au grand jour au Burundi sous les regards de la communauté internationale et surtout de l’UE. Malgré les cris d’alarmes poussées par des populations victimes, personne n’est venue à l’aide  comme si les victimes étaient condamnées d’avance à la mort. En 1988, plus de 5000 burundais ont été massacrés à  NTEGA et MARANGARA et 50.000 rescapés forcés à l’exil   sous le pouvoir BUYOYA ;  l’UE n’a pris aucune sanction contre ce pouvoir sanguinaire. En 1993, plus exactement le 21 octobre, le Premier Président Hutu démocratiquement élu a été sauvagement tué ; l’UE et la Communauté Internationale auraient pu le sauver mais ils n’ont rien fait comme si il était condamné d’avance. Depuis ce moment précis, le Peuple Burundais profondément blessé et abandonné,  a résisté contre la machine exterminatrice de l’armé mais chemin faisant la révolte a fini par devenir une véritable guérilla et se transformer plus tard en un mouvement de libération qui a enfin signé l’Accord Global de Cessez-le Feu avec le Gouvernement de l’époque. Cette résistance victorieuse n’a pas plu à certains esprits de l’UE et ceci est d’autant plus vrai que certains mots ont été formulés  par certaines autorités contre le CNDD-FDD encore Mouvement. Par la suite même, le tombeur de Feu NDADAYE Melchior est revenu au pouvoir encore une fois  et personne n’a levé le doigt pour l’en empêcher. Qui ne dit mot consent. Où était l’UE. Entre 1996 et 1997 plus exactement à SHABUNDA en RDC plus de 5000 fugitifs Hutu Burundais ont été massacrés  à l’époque lors de l’invasion de la RDC par le FPR-INKOTANYI du Rwanda, et tout ce monde a été massacré et jeté dans la rivière autour de la ville de SHABUNDA sans que la Communauté Internationale et principalement l’UE n’en disent mot comme s’ il y  a ceux qui  naissent pour vivre et d’autres pour mourir.
  1. Sans risque de se tromper, la transformation du Mouvement CNDD-FDD en un Parti Politique et son entrée triomphale à Bujumbura  n’a pas plu à certains pays de l’UE  à tel point que les parrains des anciens pouvoirs militaires de Bujumbura ont toujours  rêvé le retour au Pouvoir de leur protégé. Quoi alors d’anormal de voir l’UE prendre des mesures de nature à détruire l’Accord Global de Cessez-le Feu fondement actuel  des corps de défense et de sécurité ?
  1. En 2015, à peine le Parti CNDD-FDD termine son congrès ayant mis devant Son Excellence Pierre NKURUNZA pour le représenter dans les élections de 2015 que l’UE s’associe aux insurgés pour dire non. Ceci se voyait déjà dans des réunions, des manifestations  où des décisions et de stratégies contre le pouvoir étaient prises. Des rumeurs, des manipulations, des assassinats, des destructions publiques et individuelles, rien n’a été épargné dans le seul objectif de renverser les institutions démocratiquement élues. Des financements ont été accordés aux insurgés   et un coup d’Etat a échoué. Des journalistes envoyés sur terrain ne jouaient pas  leur rôle de véritable de journalistes car ils avaient eu la mission de voir comment les Bagumyabanga du CNDD-FDD allaient se tenir devant les cruelles provocations des insurgés et le mot IMBONERAKURE avait été transformé en une milice pour bien les diaboliser etc. Et tout cela devant l’œil complice de l’UE.  Nulle part au monde les coups d’Etat contre les pouvoirs démocratiquement élus ne sont acceptés.  L’exemple le plus récent est celui du Burkina Faso. Pourquoi deux poids deux mesures pour qu’au Burundi on accepte ce qu’on rejette ailleurs sous d’autres cieux. Un pays change la constitution mais l’UE ne le voit pas mais s’acharne sur le Burundi qui n’a pas changée la constitution. Ce qui est encore plus parlant que jamais  et que pendant  l’insurrection au sommet de la malfaisance l’UE a pris des sanctions contre le Burundi en suspendant les appuis budgétaires pour l’étouffer complètement  ce qui signifie que le putsch manqué le 13 mai 2015  se poursuit.
  1. Au regard de ce qui précède le Parti CNDD-FDD déclare ce qui suit :
  1. Demander à l’UE de retirer ses sanctions punitives car ne visant que la division entre les Burundais comme ci-haut mentionnés. Elle devrait revenir sur sa décision de suspendre les aides destinées au Burundi au lieu de chercher à l’asphyxier  comme le souhaite l’opposition radicale ;
  2. Mettre  fin au soutien des putschistes car le financement de leurs activités équivaut aux yeux des amis de la démocratie à la soif de parachever le putsch rampant ;
  3. Arrêter  et juger les putschistes abrités dans certains pays de l’Union Européenne ou les rapatrier de force pour être jugé au Burundi ;
  4. Exiger à l’Union Européenne  de remettre à l’état du Burundi le manque à gagner dû à la suspension des appuis budgétaires alloués au pays qui a provoqué l’arrêt des activités initialement financées ;
  5.  Demander aux pays membres de l’UE de distinguer les questions politiques   des questions judiciaires afin de prendre la bonne décision  objective sur le Burundi ;
  6. Démarrer le processus de dialogue inclusif interburundais et sans tarder qui se tiendra au Burundi et sans facilitateur étranger;
  7. Informer que le dialogue ne va pas enfreindre  la loi ni se substituer à la justice ;
  8. Informer que les sanctions d’ordre judiciaire  infligées par l’EU aux Burundais d’une seule ethnie  sont  de nature à mettre à mal le dialogue  en vue avant même son démarrage. Toutefois, il faut retenir que ce que Peuple veut  Dieu veut et que nul ne peut aller à l’encontre de la volonté du Peuple seul détenteur de la souveraineté nationale ;
  9.  Réfuter toutes les décisions prises contre le Burundi et les Burundais sans les concerter ni le permettre de se défendre ;
  10. Encourager le Peuple Burundais à rester serein et soudé et de ne pas prêter oreille  à ceux qui veulent le diviser car c’est l’unité  qui lui donnera la victoire finale ;
  11. Continuer à poursuivre la longue marche de la consolidation de la paix et de la sécurité puisqu’elles constituent  les piliers de la réconciliation nationale, la source d’éradication de toutes les formes de divisions surtout  à  caractère ethnique dans le Pays ;
  12. Faire savoir pour la nième fois à l’Union Européenne ainsi qu’à ses protégés que le Pouvoir issu des élections n’a de problèmes avec personne mais  que l’opposition radicale a des grands litiges avec le Peuple électeur seul détenteur du pouvoir ;
  13.  Poursuivre la politique de bon voisinage malgré les différentes  épreuves de provocation car le Parti CNDD-FDD  et le Gouvernement qui en émane sont préoccupés par la Paix pour les Burundais et la consolidation de bonnes relations  avec les pays frontaliers et étrangers.

                                                   Fait à Bujumbura, le 03 octobre 2015
                                                   Honorable Pascal NYABENDA

                                                        Président du Parti CNDD-FDD

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DÉCLARATION DU DIRECTOIRE DU CNARED APRÈS SA DEUXIÈME RÉUNION TENUE À BRUXELLES

1. Du 09 au 12 septembre 2015, le Directoire du CNARED a tenu sa première réunion à Bruxelles, en Belgique. Cette réunion avait à son ordre du jour de compléter son organisation, son fonctionnement par l’amendement de son Acte Constitutif et l’adoption de son Règlement d’Ordre Intérieur. Le Directoire a également arrêté la stratégie globale à poursuivre ainsi qu’une feuille de route/plan d’action pour son exécution. 2. Au début de cette réunion, le Directoire du CNARED a tenu d’abord à s’incliner et à rendre hommage au peuple burundais aujourd’hui engagé dans une lutte pour le respect de l’Accord d’Arusha pour la Paix et la Réconciliation au Burundi, de la Constitution et de l’État de droit au Burundi. Une pensée particulière a été réservée à tous les compatriotes qui ont perdu leur vie au cours des campagnes et des manifestations contre le troisième mandat aux fonctions présidentielles de Pierre NKURUNZIZA ainsi qu’à toutes les victimes des répressions féroces que mène le cercle du pouvoir, notamment contre des jeunes soupçonnés d’avoir participé à ces campagnes et manifestations. Le CNARED exprime également sa solidarité à l’endroit des centaines de compatriotes qui croupissent aujourd’hui dans les prisons burundaises pour le simple fait d’avoir exercé un droit fondamental que leur reconnaît la Constitution en s’opposant contre ce troisième mandat de Pierre NKURUNZIZA. C’est un troisième mandat qui viole l’Accord d’Arusha pour la Paix et la Réconciliation au Burundi et dont le caractère anticonstitutionnel est avéré malgré la parure légale qu’a tenté de lui donner le cercle du pouvoir de Bujumbura par des pressions sans nom sur la Cour Constitutionnelle, y compris par des usages de faux. 3. Cette recherche d’un troisième mandat présidentiel de Pierre NKURUNZIZA par le cercle qui contrôle le pouvoir à Bujumbura a conduit le Burundi dans une situation politique et sécuritaire qui met quotidiennement en danger les acquis de l’Accord d’Arusha pour la Paix et la Réconciliation au Burundi. 4. Des centaines de personnes ont perdu la vie. Parmi elles, des manifestants assassinés par des membres de la Police Nationale ou des milices IMBONERAKURE « infiltrés » dans cette police. Les personnes, particulièrement des jeunes, soupçonnées d’avoir participé à ces manifestations, sont poursuivies par des IMBONERAKURE et arrêtées. Plusieurs finissent par disparaître mystérieusement. Il y a aussi des membres des corps de défense et de sécurité, dont des dizaines de policiers. Il y a enfin des populations civiles non impliquées dans les manifestations. Pendant les manifestations contre le troisième mandat de Pierre NKURUNZIZA, plusieurs centaines de personnes ont été blessées. Plus d’un millier ont été arrêtées et incarcérées, en même temps que près de 200.000 burundais ont pris le chemin de l’exil. 5. D’autre part, depuis la tentative de coup d’État du 13 mai 2015, les Forces de Défense et de Sécurité, si patiemment construites grâce à l’Accord d’Arusha pour la Paix et la Réconciliation au Burundi et les différents accords de cessez-le-feu qui l’ont enrichi et complété, sont menacées chaque jour de désintégration. Ce qui peut conduire à des violences politico-ethniques et entrainer des conséquences régionales incontrôlables. 6. Des inquiétudes sont ressenties au sein de la Communauté de l’Afrique de l’Est (CAE), de la Conférence Internationale sur la Région des Grands Lacs (CIRGL), de l’Union Africaine (UA) et de l’Organisation des Nations Unies (ONU) qui suivent la dégradation de la situation. La Communauté de l’Afrique de l’Est a déjà tenu trois sommets extraordinaires sur le Burundi. Le Conseil de Paix et de Sécurité de l’Union Africaine a tenu une réunion au niveau des Chefs d’État alors que les membres du Conseil de Sécurité des Nations Unies ont, non seulement visité le Burundi, mais aussi tenu plusieurs réunions sur le pays.Le pays est chaque jour isolé de ses partenaires bilatéraux et multilatéraux. Son économie s’affaiblit quotidiennement. Que sera l’avenir économique du Burundi privé de ses aides extérieures pour une économie qui « en condition normale, dépend à 54% des appuis des partenaires techniques et financiers » ? 7. Les mascarades électorales à tous les niveaux qui ont été organisées n’ont pas rempli les conditions exigées par les standards internationaux. Les observateurs de la Communauté de l’Afrique de l’Est et de la MENUB en ont souligné la non crédibilité. Des États et Organisations internationales, comme les États-Unis d’Amérique, l’Union Européenne, l’Union Africaine et les Nations Unies en sont arrivées à préconiser la recherche d’une voie politique négociée entre les différents partenaires politiques burundais afin d’éviter que le pays ne sombre dans des actions violentes. 8. Enfin, la crise est en train d’atteindre son paroxysme avec l’assassinat de l’ancien Chef d’État-Major Général des Forces pour la Défense de la Démocratie (FDD), ancien Chef d’État- Major Général Adjoint de la Force de Défense Nationale (FDN) et ancien Administrateur Général du Service National de Renseignement (SNR), le Lieutenant-Général Adolphe NSHIMIRIMANA, du Colonel Jean BIKOMAGU, Chef d’État- Major Général des Forces Armées Burundaises (FAB) de 1993 à 1996 et de l’assassinat du Président et du porte-parole du parti UPD-ZIGAMIBANGA ; les attentats contre le défenseur des droits de l’homme Pierre-Claver MBONIMPA et récemment du Chef d’ÉtatMajor Général de la Force de Défense National (FDN) le Général-major Prime NIYONGABO. Les assassinats ciblés et les harcèlements des opposants qui sont quotidiennement rapportés. Sans oublier de nombreuses autres menaces d’assassinats de personnalités politiques, morales et de la société civile qui constituent des signes du climat politique et sécuritaire de plus en plus délétère qui s’enracine au Burundi. Le tout se passe dans un environnement de pré-guerre civile.

9. Face à cette situation, le Directoire National du CNARED a adopté les décisions, résolutions et recommandations suivantes : I. CONCERNANT LES INSTITUTIONS DU PAYS 10. La question fondamentale qui se pose aujourd’hui est relative à la légalité, la légitimité, la crédibilité nationale et internationale ainsi que les capacités et les ressorts dont disposent les institutions actuelles autoproclamées qui gouvernent le Burundi. 11. Le CNARED ne reconnaît pas le pouvoir actuel au Burundi issu des mascarades d’élections organisées par le cercle du pouvoir. Pour stabiliser le pays, de nouvelles élections doivent être organisées. Une période de transition destinée à assurer une bonne préparation de véritables élections pluralistes, inclusives et crédibles est nécessaire. Elle sera dotée d’un programme en rapport avec la préparation de ces élections, des institutions de transition ainsi que d’un chronogramme de l’exécution du programme arrêté. 12. En dehors de cette voie de négociations, le CNARED se réserve le droit de prendre les dispositions nécessaires pour faire face à la situation, y compris en ce qui concerne la mise en place de mesures palliatives par rapport à l’illégalité et à l’illégitimité du régime qui gère aujourd’hui l’État burundais. À cet égard, fort du mandat implicite découlant du mouvement citoyen lancé depuis le 23 avril 2015, le CNARED incarne à partir du 26 août 2015 la légitimité et la souveraineté de la République du Burundi. Le Directoire du CNARED a par conséquent mandaté expressément le Bureau du Conseil pour entreprendre dans les meilleurs délais les actions politiques et diplomatiques soutenues afin d’engager les membres de la communauté internationale à prendre des mesures concrètes contre Pierre NKURUNZIZA et son cercle du pouvoir illégal et illégitime, notamment des sanctions ciblées. 13. Le CNARED exhorte toutes les forces opposées au troisième mandat de Pierre NKURUNZIZA à combiner et coordonner leurs actions dans l’unité, la confiance et la solidarité afin de réussir ensemble et pour tous. Aujourd’hui, le leadership politique, moral, social et civil burundais doit écrire une nouvelle page de l’histoire du Burundi. C’est en négociant que cela pourra être fait pour résoudre des problèmes dont aucune des parties en présence n’est jusqu’aujourd’hui parvenue à trouver des solutions qui mettent fin à la grave crise créée par la recherche effrénée d’un troisième mandat à la Présidence de la République par Pierre NKURUNZIZA. II. CONCERNANT LE RÉTABLISSEMENT DES LIBERTÉS PUBLIQUES 14. Le CNARED constate que depuis l’annonce de la candidature de Pierre NKURUNZIZA, les libertés publiques ont été gravement mises en danger à travers : – L’interdiction de manifester ;

– La destruction des stations de radios ; – Les arrestations arbitraires, détentions illégales, torture des manifestants ; – Les menaces à l’encontre des partis d’opposition et de personnalités de la société civile en vue de les exclure du champ du dialogue politique. 15. C’est au prix d’une violence institutionnelle illégale que le cercle autour de Pierre NKURUNZIZA occupe le pouvoir au Burundi. 16. Pour le CNARED, la restauration de l’État de Droit implique : a) La restauration de la liberté de manifester paisiblement sur l’ensemble du territoire burundais, ce droit ne peut être réservé à ceux qui soutiennent la junte en place. La liberté de manifester implique aussi le droit de ne subir aucune pression à l’occasion de la participation à une manifestation et d’être protégé par les autorités publiques dans l’exercice de cette liberté. Le CNARED exige un moratoire pour la restauration de cette liberté à bref délai. b) La liberté de la presse ne peut être un droit formel. Il faut rappeler que l’équipe de Pierre NKURUNZIZA a profité des événements du 13 mai, pour cibler et détruire des médias dont l’indépendance et la liberté étaient unanimement reconnues et appréciées. Ces radios sont notamment la Radio BONESHA-FM, la Radio ISANGANIRO, la Radio RPA et Télé- RENAISSANCE. Le CNARED demande à la communauté internationale d’exiger sans atermoiement la restauration de ces organes de presse au Burundi. Le CNARED demande que le financement de ces organes de presse soit une priorité de tout programme de financement dans le secteur des médias. c) Aujourd’hui, les avocats sont menacés dans l’exercice de leurs activités lorsqu’ils prennent la défense de personnes qui ont la qualité d’opposants. L’appareil judiciaire est perverti dans ses missions essentielles, le parquet se prêtant à la rédaction de rapports qui ne visent que l’opposition, en vue d’utiliser le bras de la justice pour réprimer plus durement encore ceux qui ont eu le courage de dire non au pouvoir en place. La défense, n’est pas une incantation intellectuelle. Ce sont des équipes d’avocats qui vont sur terrain, qui collectent des preuves et qui dénoncent les dérives arbitraires des pouvoirs. L’opposition est privée de l’organisation de la défense libre et indépendante à laquelle ses militants ont droit. Le CNARED exige que des processus de sécurisation soient mis en place avec l’aide de la communauté internationale, en faveur des avocats qui rendront visite aux prisonniers et qui organiseront la défense des opposants. La communauté internationale ne peut laisser se développer une zone de non-droit. Il faut être dans l’action pour que la vérité judiciaire ne soit pas une vérité alibi au service d’une junte militaire. d) Le cercle au pouvoir tente de transformer les leaders de la société civile et les leaders de l’opposition politique au troisième mandat en terroristes et délinquants. Ils ne parviendront pas à réussir dans cette entreprise criminelle qui s’inscrit dans la crainte de devoir négocier avec un mouvement soutenu par des millions de burundais œuvrant ou non dans la clandestinité. Ce n’est pas avec des manœuvres aussi grossières que l’on divisera le peuple burundais et ses représentants légitimes. Ici encore, il y a lieu de permettre aux avocats du CNARED d’agir en toute liberté au Burundi et de prendre librement position pour la défense, au Burundi et ailleurs. Mais il y a plus. Il faut que la junte au pouvoir à Bujumbura soit informée que le CNARED, toujours ouvert à une négociation sans à priori, se rendra en organisation unie et forte à toute négociation et que ses représentants refuseront la division de leur représentation. III. CONCERNANT LE BRADAGE DES RICHESSES NATIONALES 17. Le CNARED rappelle aux opérateurs économiques privés travaillant ou désireux de travailler au Burundi que les élections de 2015 y ont été irrégulières et que les diverses institutions issues de ce processus électoral sont illégales. En conséquence, et faute d’un accord politique instaurant les modalités de régularisation juridique de la situation, ni l’Assemblée Nationale, ni le Gouvernement ne peuvent valablement siéger. 18. Le fait actuel d’hommes et de femmes siégeant malgré tout dans ces institutions, constitue une usurpation du pouvoir légal. Dans ces conditions, le CNARED attire l’attention des opérateurs économiques privés sur les conséquences juridiques découlant de leurs actes de collaboration avec l’autorité illégale du Burundi, notamment sur le fait que l’attribution de marchés décidée par un pouvoir inconstitutionnel ou la signature de contrats par celui-ci sont conséquemment illégales. 19. Toutes les attributions de marchés ou contrats intervenus illégalement à travers les autorités usurpant le pouvoir légal seront donc nuls et non avenus, et résiliés sans que les entreprises complices puissent prétendre à une quelconque indemnisation. 20. Par ailleurs, la lutte contre la corruption étant une préoccupation majeure du CNARED, tous les faits de corruption repérés seront impitoyablement poursuivis en justice et l’assistance des États de la nationalité des entreprises qui s’adonnent à la corruption sera réclamée dans le cadre de la coopération judiciaire et policière internationale. 21. Le CNARED attire enfin l’attention des opérateurs économiques privés sur le fait que la présente résolution constitue un obstacle juridique à quelque entreprise qui tentera de s’abriter derrière l’engagement de bonne foi avec le pouvoir de Bujumbura. La bonne foi sera inopérante dès lors que le caractère illégal de ce pouvoir est constitutionnellement établi et connu des opérateurs économiques. IV. CONCERNANT LE RECRUTEMENT ÉVENTUEL DE MERCENAIRES PAR LE CERCLE AU POUVOIR AU BURUNDI 22. Des informations précises ont été transmises au CNARED selon lesquelles des mercenaires ou anciens militaires pourraient être recrutés par le gouvernement burundais. Certaines personnalités politiques africaines soutiendraient cette initiative.

23. Le CNARED constate que ce type de recrutement constitue l’aveu même des carences et faiblesses d’un pouvoir qui s’est maintenu en violation de l’Accord d’Arusha pour la Paix et la Réconciliation au Burundi et de l’État de Droit au Burundi. 24. C’est aussi l’aveu des divisions criantes existant au sein des Corps de Défense et de Sécurité du Burundi. Aujourd’hui, des pans entiers de la Force de Défense Nationale (FDN) soutiennent les forces qui réclament le respect de l’Accords d’Arusha pour la Paix et la Réconciliation au Burundi et de l’État de Droit. 25. Le CNARED ne peut accepter la présence de forces étrangères sur le territoire burundais sauf celles qui viennent sur une base légale, à la suite d’une résolution du conseil de sécurité des Nations Unies ou d’une résolution de l’Union Africaine, sur base d’un mandat précis et en vue de protéger les populations civiles. 26. Le CNARED invite les militaires ou mercenaires tentés par une autre manœuvre, à ne pas participer à des actes illégaux. Qu’ils sachent que des preuves concernant leur identité seront collectées systématiquement et qu’ils seront poursuivis par les autorités judiciaires burundaises dès la restauration de l’État de Droit. V. CONCERNANT LA DÉSOBÉISSANCE CIVILE 27. Le CNARED rappelle le constat de la prise de pouvoir illégale par Pierre NKURUNZIZA et son équipe, consécutive aux scrutins de 2015 qui se sont déroulés dans un contexte de violence grave dont les auteurs appartiennent à l’armée, aux corps de police et au service national des renseignements. 28. À l’heure actuelle encore, des personnes sont tuées de sang froid parfois par de hauts gradés au sein de l’appareil policier et militaire burundais. Des personnes sont enlevées et l’on ignore où elles se trouvent actuellement, de très nombreux autres sont torturées. 29. Le Service National des Renseignements distribue en outre des armes à des milices IMBONERAKURE qui font régner la terreur spécialement dans les campagnes où de nombreuses victimes sont recensées. 30. Tous les appels à l’aide formulés par la population et ses leaders religieux, sociaux et politiques ont abouti à des marques d’appui, à des sanctions économiques limitées, à des interventions de médiateurs et conciliateurs mais Pierre NKURUNZIZA et ses complices n’ont pas rencontré une force capable d’arrêter cette violence inadmissible et de restaurer l’État de Droit.

31. Face à cette situation d’illégalité du pouvoir et de violence qu’il engendre, le CNARED reconnait le droit inaliénable de la population burundaise à la désobéissance civile, dans la tradition historique des luttes contre la ségrégation raciale, contre l’apartheid et contre les dictatures. La conscience démocratique de la population est inaliénable et le CNARED appelle solennellement le peuple burundais à exercer pacifiquement ce droit de désobéissance et de résistance. 32. Le CNARED réitère par ailleurs son appel aux États membres de la CAE, de l’UA, de l’UE et à tous les partenaires bilatéraux et multilatéraux du Burundi à assumer leurs responsabilités pour imposer à Pierre NKURUNZIZA le respect de l’Accord d’Arusha et rendre possible l’organisation d’élections démocratiques, au besoin par la contrainte afin d’éviter que la violence ne s’impose comme solution alternative pour asseoir les revendications démocratiques légitimes. VI.CONCERNANT LA PROBLÉMATIQUE DES NÉGOCIATIONS 33. Pour le CNARED, les négociations auront pour bases les principes fondamentaux suivants : – Tout mettre en œuvre, de la part de toutes les parties, pour éviter que la persistance de la crise ne conduise à une guerre civile dont le glissement rapide dans des dimensions ethniques est redouté; – Tout construire dans le respect de l’Accord d’Arusha pour la Paix et la Réconciliation au Burundi et de la Constitution de la République du Burundi ; – Respecter l’option démocratique qui doit se construire sur un pluralisme politique réel, ouvert et responsable, une société civile et une presse libres, dynamiques et également responsables. 34. Concernant la Médiation, en date du 6 juillet 2015, le Sommet Extraordinaire des Chefs d’État des pays membres de la Communauté de l’Afrique de l’Est (CAE) a désigné le Président de l’Ouganda, Son Excellence Yoweri Kaguta MUSEVENI comme Médiateur dans les négociations inter burundaises. Le CNARED exprime sa confiance et son soutien au Médiateur, Son Excellence le Président Yoweri Kaguta MUSEVENI. Il lui demande de tout mettre en œuvre pour que ces négociations reprennent le plus rapidement possible. 35. Le CNERED demande en conséquence que le Médiateur jouisse du soutien, non seulement de la Communauté de l’Afrique de l’Est (CAE) mais également de la Conférence Internationale sur la Région des Grands Lacs (CIRGL), de l’Union Africaine (UA) et de l’Organisation des Nations Unies (ONU). Son mandat doit être fermement soutenu par le Conseil de Paix et de Sécurité de l’Union Africaine et le Conseil de Sécurité des Nations Unies, l’Union Européenne et les États-Unis d’Amérique. Pour cette raison, le Médiateur sera appuyé par un panel composé de représentants de l’Organisation des Nations Unies (ONU), de l’Union Africaine (UA), de la Conférence Internationale sur la Région des Grands Lacs (CIRGL) et de la Communauté de l’Afrique de l’Est (CAE). Les envoyés spéciaux de l’Organisation des Nations Unies, de l’Union Européenne, de l’Union Africaine, des États-Unis et de la Belgique dans la Région des Grands Lacs seront également invités à ces négociations. 36. Enfin, pour que ces négociations puissent impliquer l’ensemble des représentants des acteurs intéressés, le CNERED considère que les prochaines négociations doivent se tenir à l’extérieur du Burundi. 37. Au terme de sa réunion, le Directoire du CNERED a de nouveau remercié la Communauté de l’Afrique de l’Est (CAE), la Conférence Internationale sur la Région des Grands Lacs (CIRGL), l’Union Africaine (UA), l’Organisation des Nations Unies (ONU) et l’ensemble de la communauté internationale pour les efforts qu’ils ne cessent de déployer en assistant les réfugiés burundais victimes de la candidature au troisième mandat de Pierre NKURUNZIZA et en assurant la promotion de la recherche d’une solution politique négociée à cette crise.

FAIT À BRUXELLES, LE 12 SEPTEMBRE 2015

LE PRÉSIDENT DU CNARED

Léonard NYANGOMA