Lettre ouverte à Monsieur Jacques Bigirimana

Monsieur Jacques Bigirimana,

Après votre sortie médiatique du 25 Juillet 2016 à la Radio-Télévision Nationale du Burundi (RTNB) au sujet de l’ignoble assassinat de l’honorable Afsa Mossi, les téléspectateurs qui vous ont suivi ont retenu deux choses : le plateau qui vous a été offert sur ce médium public en lieu et place des porte-parole du CNDD-FDD, de la police, du ministère public ou du gouvernement de facto, prouve que les assassins qui appartiennent au cercle des décideurs de Bujumbura sont préoccupés par le retentissement inattendu de cet acte ignoble ! Cet assassinat divise l’oligarchie de Bujumbura car les préposés à la défense du pouvoir CNDD-FDD ont refusé de parler. Il fallait louer les services de Bigirimana Jacques. L’autre fait marquant était votre gêne sur le plateau ; d’habitude Jacques Bigirimana à l’aise devant le micro avait cette fois un regard fuyant, fermant les yeux par endroit. Avouez-le, le morceau était gros, grotesque et dur à faire avaler !

Cher Jacques,

Le monde entier m’a demandé de réagir à chaud pour te rabattre le caquet. Je me suis refusé à cette réaction précipitée. Ainsi avant de publier la présente réaction, j’ai tenu à sonder tes proches, qui sont toujours inquiets et préoccupés, pour savoir les tenants et les aboutissants de ton intervention à la RTNB. J’étais ravi d’apprendre que tu leur as confié que tu n’avais pas le choix. Et pour cause l’homme qui t’a poussé à donner lecture de ces accusations grotesques et mensongères est aujourd’hui puissant à Bujumbura. Mais mon cher Jacques, sachez que cette « puissance » est éphémère mais que la disparition de l’honorable Afsa Mossi ainsi que la douleur y afférente parmi les siens sont pérennes. Dommage que tu n’as pas pensé à cette triste réalité avant d’entrer dans cette sale combine !

Monsieur Jacques Bigirimana,

Le seul mérite de votre faux témoignage est que le moment venu, quand les rapports de force pencheront du côté des victimes  de cette barbarie meurtrière du pouvoir de facto de Bujumbura, vous donnerez l’identité des véritables assassins de l’honorable Afsa Mossi, ceux-là mêmes qui vous ont forcé à faire cette sortie médiatique. A ce titre vous êtes devenus un témoin extrêmement précieux dans l’assassinat de l’honorable Afsa Mossi. Merci infiniment ! Que Dieu vous protège jusqu’au jour du procès ! En revanche vous êtes une menace permanente contre cet homme Puissant, véritable assassin de cette mère de trois enfants, cette grand-mère et fille d’une mère meurtrie et encore en sanglots. Vous connaissez désormais l’identité du tueur ! Voilà pourquoi vos proches sont inquiets et préoccupés.

Monsieur Jacques Bigirimana,

Pour votre propre gouverne, apprenez que le CNARED-GIRITEKA, depuis sa création, il s’est inscrit dans une lutte pour le retour à un Etat de Droit au Burundi. Ce combat noble est pour préserver la Vie et non pour faucher la Vie. De ce fait l’assassinat de l’honorable Afsa Mossi ainsi que la disparition de milliers de nos concitoyens nous afflige. Cette rivière de sang provoquée par l’oligarchie de Bujumbura doit s’arrêter. Et ce dernier devra répondre un jour de tous ces actes macabres.

 

Dans l’espoir que Dieu vous prête la vie assez longtemps pour venir un jour à la barre témoigner en faveur de la famille de l’honorable Afsa Mossi, je vous prie d’agréer, Monsieur Jacques Bigirimana, l’expression de mes remerciements anticipés.

 

 Pancrace Cimpaye

Porte-Parole du CNARED-GIRITEKA.

Débat au Parlement Européen: Crises électorales en Afrique centrale.

Ce 29 juin 2016 de 15h à 18 heures aura lieu au parlement européen ( rue Wiertz,60 à 1000 Bruxelles) une conférence-débat autour du thème suivant:

 » L’Europe face aux crises électorales en Afrique Centrale: cas du Congo-Brazza, du Gabon et de la RD Congo. »

Pour ceux qui veulent participer à cette conférence, une inscription préalable est requise. Il vous est demandé de donner votre nom et prénom, votre nationalité, votre date de naissance et le numéro de votre carte d’identité à: miriana.stantcheva@europarl.europa.eu.

Pour de plus amples renseignements la personne de contact est Godefroid  Nzambi et John’s Mbulula. Ils sont respectivement joignables au 0032466318059 ou godnzambi@yahoo.fr et 0032488086890.

SOYEZ NOMBREUX A VENIR PARLER DU FLEAU DES ELECTIONS DANS LA REGION D’AFRIQUE CENTRALE.

(Sé) Pancrace Cimpaye,

Porte-Parole de la plate-forme de l’opposition burundaise, CNARED-GIRITEKA.

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COMMUNIQUE DE PRESSE RELATIF AU FIASCO D‘ARUSHAII.

Ce samedi 21 mai 2016 débutent à Arusha des pourparlers inter-burundais qui excluent la principale force politique de l’opposition le CNARED-GIRITEKA ainsi que les organisations et principaux acteurs de la société civile qui ont combattu le troisième mandat illégal de Pierre Nkurunziza. Cette exclusion dictée par le pouvoir de facto de Bujumbura par le biais du Secrétaire Général de l’EAC, l’Ambassadeur Mfumukeko Libérat condamne ces pourparlers à un échec cuisant.

En outre, ces assises d’ArushaII violent l’esprit et la lettre de l’Accord  d’Arusha pour la Paix et la Réconciliation parce que la sensibilité ethnique tutsi n’est pas représentée. Pourtant la barbarie meurtrière du pouvoir de facto de Bujumbura s’abat aujourd’hui essentiellement sur cette composante ethnique.

La Médiation justifie dans son courrier l’exclusion du CNARED-GIRITEKA par le fait qu’il n’est pas reconnu légalement par le pouvoir de facto de Bujumbura. Pourtant le CNDD-FDD EPRIS DU RESPECT DE LA LOI de Monsieur Hussein Radjabu présent à cette session n’est reconnu par aucune loi burundaise. De la même manière l’ADC-IKIBIRI représenté par quelques jeunes a toujours été présenté par le même pouvoir d’illégale. Nous tenons à féliciter les jeunes du MSD, de l’UPRONA et de FEDES-SANGIRA qui ont décliné cette invitation.

En définitive, comme le dit si bien Monsieur Willy Nyamitwe, le Porte-Parole de Monsieur Pierre Nkurunziza, cette session d’ArushaII est une continuité du monologue intérieur organisée et conduite par Pierre Nkurunziza par le biais de son Ambassadeur Extraordinaire et Plénipotentiaire Libérat Mfumukeko. ArushaII est de ce fait un fiasco qui viole ArushaI de l’an 2000.

 

 

Fait à Bruxelles,  le 21 Mai 2016

 

Pour le CNARED-GIRITEKA

 

Pancrace Cimpaye

 

 

Porte-Parole .

 

 

 

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COMMUNIQUE DE PRESSE RELATIF A L’EXCLUSION DU CNARED-GIRITEKA A LA SESSION DE DIALOGUE DU21 AU 24 MAI 2016

COMMUNIQUE DE PRESSE RELATIF A L’EXCLUSION DU CNARED-GIRITEKA
A LA SESSION DE DIALOGUE DU21 AU 24 MAI 2016
1. Depuis que la date du début des pourparlers inter-burundais à Arusha, a été annoncée,
le CNARED-GIRITEKA a clairement signifié au Facilitateur, Son Excellence
Benjamin William Mkapa, que cette plateforme entend participer à cette session en
tant qu’une seule entité.
2. Cependant depuis le 13 mai 2016, le Bureau de la Facilitation essaye de débaucher
quelques membres du CNARED-GIRITEKA en leur envoyant des invitations
individualisées.
3. Le CNARED-GIRITEKA porte à la connaissance de la Facilitation, pour la troisième
fois, qu’aucun membre de la coalition ne participera à cette session en dehors du cadre
CNARED-GIRITEKA.
4. Derrière cette tentative de détruire et d’exclure le CNARED-GIRITEKA, nous
percevons la main du Secrétaire Général de l’EAC, Monsieur Libérat Mfumukeko. Ce
dernier a été nommé le 5 mai 2016 Ambassadeur Extraordinaire et Plénipotentiaire de
Monsieur Pierre Nkurunziza dont le rêve obsessionnel n’est que l’exclusion et la
destruction totale du CNARED-GIRITEKA sur la scène politique burundaise. Un rêve
qu’il partage désormais avec son Ambassadeur Libérat Mfumukeko.
5. En conséquence le CNARED-GIRITEKA récuse la présence de Monsieur Libérat
Mfumukeko aux pourparlers inter-burundais. De Secrétaire Général de l’EAC,
Monsieur Libérat Mfumukeko est passé à Ambassadeur Extraordinaire et
Plénipotentiaire d’une partie en conflit et sa partialité s’affiche à l’oeil nu !
6. Le CNARED-GIRITEKA salue les efforts de la communauté internationale et de
l’EAC en particulier dans la recherche d’une solution négociée à la crise burundaise. Il
lui demande de suivre de près ce blocage du processus de paix orchestré par Pierre
Nkurunziza et sa clique.
7. Le CNRAED-GIRITEKA réitère encore une fois son engagement à apporter sa
contribution pour que la paix et la sécurité reviennent au Burundi.

Fait à Bruxelles, le 19 mai 2016
Pour le CNARED-GIRITEKA
Pancrace Cimpaye
Porte-Parole .

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Burundi: report du dialogue entre le gouvernement et l’opposition à Arusha

Le dialogue entre le gouvernement burundais et l’opposition ne reprendra finalement pas ce lundi 2 mai à Arusha en Tanzanie. L’information a été confirmée par la médiation tanzanienne menée par l’ancien président Benjamin Mkapa sous l’égide du président ougandais Yoweri Museveni. Initié dans l’espoir de mettre fin à la violente crise politique déclenchée il y a un an par la candidature du président Nkurunziza à un troisième mandat, ce dialogue reste bloqué depuis fin 2015.

Depuis la séance inaugurale le 28 décembre à Entebbe en Ouganda, le dialogue inter-burundais est au point mort. Il devait reprendre lundi à Arusha mais la date a été repoussée. La facilitation espère organiser une nouvelle rencontre à la fin du mois de mai. Explication officielle : « Toutes les consultations nécessaires » pour commencer le dialogue n’ont pas encore eu lieu. Mais on sait que les modalités de cette rencontre ne faisaient pas l’objet d’un consensus. Bujumbura refuse toujours de s’asseoir à la même table que le Cnared, la plateforme de l’opposition en exil, qu’elle accuse d’avoir participé à la tentative de putsch.

Vendredi matin, seuls cinq partis du Cnared avaient reçu leur invitation pour ce dialogue. La veille, le nouveau président, Jean Minani, avait écrit au facilitateur Benjamin Mkapa pour lui dire combien il était « absurde » à ses yeux d’organiser ce dialogue sans cette large coalition d’opposition qui se pose en « principal adversaire de Nkurunziza ». Il avait annoncé que ses membres ne viendraient pas à Arusha tant que le Cnared ne serait pas invité en son nom propre. La facilitation, comme l’Union européenne qui finance le dialogue, avait insisté pour que toutes les parties prenantes y participent.

Un report qui arrange tout le monde

Le Cnared a accueilli favorablement la nouvelle de ce report, espérant recevoir une invitation d’ici là. Du côté des autorités burundaises en revanche, personne n’a souhaité s’exprimer pour l’instant.

Mais cette décision répond aux vœux de Bujumbura. Mercredi, le gouvernement burundais avait exigé des consultations avec la médiation sur « les invités, les dates et le lieu » où devait se tenir cette session de relance, en menaçant de ne pas y participer. Il a obtenu gain de cause. Les pourparlers de paix ont été renvoyés à une date ultérieure, mais surtout, son ennemi juré, le Cnared, dont il ne veut pas entendre parler, n’a pas été convié cette fois.

Ce qui fait dire à un diplomate que la médiation « ne pouvait faire de meilleur choix », en expliquant que cette session n’avait pas été bien préparée. Et de détailler : toutes les parties concernées n’avaient pas encore reçu leurs invitations, l’Union africaine et l’ONU viennent à peine d’y être associées, la médiation venait tout juste de faire des requêtes pour le financement de la réunion et surtout, il y a la question de l’invitation du Cnared.

Plusieurs observateurs espèrent que la médiation mette ces trois semaines à profit afin d’organiser « un véritable dialogue de paix ». « C’est sa crédibilité qui est en jeu », assurent-ils.

29 Avril 1972: Hommage ou vengeance?

L’oligarchie de Bujumbura a dédié la semaine du 24 au 31 avril 2016 à la célébration du génocide hutu de 1972. Banderoles et t shirts ont été arborés dans la ville de Bujumbura ce vendredi 29 avril 2016.

A cette occasion les victimes qui espéraient hommage ,justice et réparation n’ont eu droit qu’à des manifestations d’une propagande de haine ethnique et de désir de vengeance; bref l’événement a été travesti et transformé en une campagne politique devant tenter de rallier desperemment la majorité hutu derrière la dictature de Nkurunziza. Et pour preuve Nkurunziza qui est au pouvoir depuis 2003, pendant ces 13 ans il n’a jamais  évoqué cette date fatidique du 29 avril 1972. Aujourd’hui il s’en souvient non pas pour la compassion ou pour un devoir de mémoire, mais comme une arme à utiliser pour déchirer de plus belle le tissu social burundais. Par ce geste, Monsieur Pierre Nkurunziza vient de démontrer qu’il rêve d’un Burundi divisé; plus grave et terrifiant c’est que pour garder son pouvoir maudit, Nkurunziza Pierre rêve d’une confrontation entre les hutu et les tutsi.

Tout compte fait cette célébration en mémoire des seuls victimes hutu de 1972 est un manque de respect pour les survivants et une insulte pour la mémoire des disparus. Voilà pourquoi les participants à ce cirque de Nkurunziza n’étaient pas nombreux hier à Bujumbura!

La seule note positive autour de cette célébration vient de Bruxelles. En effet depuis longtemps,une diaspora burundaise de Belgique a toujours célébré la date du 29 avril. Cette cérémonie est toujours articulé autour d’une messe en la mémoire des victimes et un verre d’amitié. « Pendant 10 ans de règne de Pierre Nkurunziza, je n’ai jamais vu un seul représentant de l’ambassade du Burundi à Bruxelles » confie un fidèle participant à ces cérémonies.

Je rends un grand hommage mérité au sage Ntamahungiro Joseph et à Monsieur Ntacorigira Victor qui ont toujours organisé ces cérémonies à Bruxelles sans tambour ni trompette. Toujours guidés par la recherche de la vérité,  la réparation et  la réconciliation. Chapeau à cet hommage qui refuse la vengeance! Malheur à celui qui utilise le drame de 1972 pour diviser le peuple burundais.

(Sé) Pancrace Cimpaye.

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Un an après le début de la crise, le Burundi vers une reprise du dialogue?

Le facilitateur dans la crise burundaise, l’ancien président tanzanien Benjamin Mkapa, s’apprête à relancer le dialogue pour tenter de mettre fin aux violences. Il vient de donner rendez-vous aux protagonistes du conflit burundais en début de semaine prochaine, deux mois après sa nomination le 2 mars pour prêter main-forte au médiateur ougandais, le président Yoweri Museveni, alors que ce processus était en panne. Mais beaucoup de zones d’ombre demeurent, alors que cela fait un an aujourd’hui que le Burundi est plongé dans une profonde crise politique depuis l’annonce par le président Pierre Nkurunziza de se représenter à un 3e mandat.

L’ancien président tanzanien annonce la reprise du dialogue interburundais en panne depuis des mois du 2 au 6 mai à Arusha dans le nord de la Tanzanie, une ville qui a abrité les négociations qui ont abouti en 2000 à un accord de paix qui a mis fin à la guerre civile au Burundi.

Jusqu’ici, la reprise des pourparlers de paixs’est heurté au refus du gouvernement burundais de s’asseoir à la même table que le Cnared, qui regroupe la quasi-totalité des partis d’opposition, de discuter du 3e mandat du président Pierre Nkurunziza ou encore, d’aller négocier dans la ville-symbole d’Arusha.

Que va-t-il se passer cette fois ? La présidence burundaise assurait il y a deux jours ne pas encore être au courant de cette relance, alors que l’opposition regroupée au sein du Cnared exige d’être invité sous ce label.

Pour le moment, « la situation est encore confuse » reconnaît une source proche de la médiation. Les invitations commencent à peine à être envoyées, l’agenda de ces cinq jours de discussion n’est pas connue : cette source reconnaît que « le défi est immense sur le plan de l’organisation ».

Le facilitateur tanzanien a donc prévenu, il espère que « toutes les parties prenantes » seront présentes à cette session, qu’il qualifie lui-même d’ « inaugurale ». Mais les nouvelles rébellions burundaises ne seraient pas invitées selon un diplomate onusien, qui estime que « le chemin est encore long avant un accord de sortie de crise », alors que le Burundi vient d’entrer dans sa deuxième année de turbulences politico-sécuritaires.

Une année de crise

Il y a un an aujourd’hui, le Burundi plongeait dans une violente crise politique. Le 26 avril 2015, Elvis, 25 ans, et Jean, 18 ans, sont les deux premiers manifestants tués par balle. La veille, le CNDD-FDD vient d’officialiser la candidature du président Pierre Nkurunziza pour un troisième mandat, en dépit de l’accord d’Arusha et de la pression nationale et internationale. Ces deux victimes marquent le début la répression sanglante des manifestants, rapidement qualifiés d’insurgés par le pouvoir.

Une seconde phase commence le 13 mai avecla tentative de putsch menée par plusieurs généraux. Suite à cet échec, les manifestations faiblissent et la répression se durcit. Journalistes et opposants sont de plus en plus nombreux à devoir s’exiler.

Après la réélection du président, une nouvelle phase commence à l’été 2015 : l’assassinat du général Nshimirimana, considéré comme le numéro 2 du régime, marque le début d’une longue série d’assassinats ciblés. Les attaques à la grenade se multiplient et, en réponse, la traque aux opposants s’intensifie, instaurant un climat de terreur dans les quartiers contestataires.

Autre date clef, le 11 décembre et l’attaque simultanée de plusieurs camps militaires, suivie d’une répression violente qui fait au minimum 79 victimes. Après ce pic, la tension se fait moins spectaculaire : les disparitions sont de plus en plus nombreuses alors que témoins et ONG évoquent l’existence de fosses communes.

De leur côté deux groupes rebelles armées se structurent et s’organisent : Forebu et RED-Tabara. Après une période de calme apparent, les assassinats ciblés reprennent au printemps 2016 avec la mort du lieutenant-colonel Darius Ikurakure ou encore lundi 25 avril, celle du général Kararuza. Un signe que la peur règne dans les deux camps.

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Olusegun Obasanjo : « Les dirigeants africains sont responsables de l’insécurité sur le continent »

En Afrique, les conflits armés font désormais moins de morts que les accidents de la route. C’est le constat de l’ancien secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan, qui participait au Forum de Tana sur la sécurité en Afrique, qui s’est tenu dans la ville éthiopienne de Bahir Dar les 16 et 17 avril. La précision n’en est pas moins préoccupante, mais elle met l’accent sur l’amélioration de la situation sécuritaire. L’Afrique reste toutefois le continent où 80 % des opérations de maintien de la paix dans le monde sont déployées. Pendant deux jours, dirigeants, diplomates et chercheurs africains se sont livrés à un exercice d’introspection en questionnant la place de l’Afrique dans l’agenda sécuritaire mondial. L’ancien général et chef d’Etat du Nigeria Olusegun Obasanjo, président du Forum de Tana, fait le point pour Le Monde Afrique.

L’Union africaine (UA) répète souvent que seule l’Afrique peut trouver des solutions aux problèmes de l’Afrique. En matière de paix et de sécurité, le continent est encore largement dépendant du financement des puissances extérieures. Est-ce un frein à la réalisation de cette vision ?

Olusegun Obasanjo L’Afrique ne peut pas être prise au sérieux dans l’agenda sécuritaire mondial si elle ne finance pas sa propre sécurité. Les Etats membres de l’UA doivent commencer par payer leur contribution au budget de l’organisation et aux opérations de paix, car notre dépendance à l’égard des donateurs étrangers limite notre marge de manœuvre et notre autonomie politique. C’est une question de volonté politique et de leadership.

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Cela ne signifie pas pour autant que la communauté internationale ne doit pas être impliquée dans la résolution des problèmes du continent. Elle peut être un partenaire. Mais les Africains doivent être en première ligne. Nous sommes les mieux à même de régler les conflits sur notre sol parce que nous savons mieux que quiconque de quoi il retourne. Le passé nous prouve que nous sommes capables de trouver des solutions. La décolonisation était une solution africaine. Nos dirigeants n’ont pas hésité à prendre les armes face à certaines puissances coloniales qui rechignaient à nous donner notre indépendance. De la même façon, lors de la guerre civile de Sierra Leone et du Liberia dans les années 1990, le contingent nigérian était au premier plan de la supervision des cessez-le-feu dans les pays de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao) avec l’Ecomog. Et notre engagement nous a permis d’obtenir le soutien de partenaires extérieurs à l’Afrique.

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Vous dites que l’ingérence occidentale a été la cause de conflits en Afrique en prenant l’exemple de la Libye. L’Afrique a-t-elle sa part de responsabilité dans le désordre libyen ?

Nous pouvons blâmer nos dirigeants qui n’ont pas suffisamment de force politique, diplomatique et militaire pour imposer des solutions africaines aux conflits qui minent notre continent. Nous, les Africains, souhaitions que la transition se déroule dans la paix et la stabilité en Libye. Nous avions une position commune claire qui a été rejetée par nos partenaires. La communauté internationale a décidé de déloger Mouammar Kadhafi. Barack Obama a lui-même estimé que sa pire erreur en tant que président américain était d’avoir échoué dans le suivi de l’intervention en Libye. La situation est désormais chaotique sur le terrain, sans compter les répercussions sur la sécurité au Mali, dans la région du Sahel et au Nigeria. Comment pouvons-nous parler de solutions africaines aux problèmes africains si nous sommes incapables d’agir ? Les dirigeants africains aussi sont responsables de l’insécurité sur le continent.

Lire aussi : Boko Haram utilise de plus en plus d’enfants pour ses attaques-suicides

Lors du sommet de janvier, l’UA a finalement renoncé à envoyer une force de maintien de la paix au Burundi, compte tenu de la réticence de certains chefs d’Etat africains et du refus catégorique du président Nkurunziza. L’organisation panafricaine a-t-elle perdu de sa légitimité ?

Je ne dirais pas que l’UA a perdu de sa légitimité, mais de son intégrité. Elle a reculé après le sommet des chefs d’Etat et de gouvernement en adoptant une position qui encourage virtuellement ce qui se passe au Burundi. Et cela fait de l’Afrique la risée du monde. L’UA doit avoir plus d’assurance et être à la hauteur de ses responsabilités pour sauver la vie d’Africains avant qu’il ne soit trop tard. Nos dirigeants doivent collectivement trouver la volonté politique pour apporter une solution rapide et durable à la situation au Burundi. Les caprices de présidents déraisonnés ne doivent pas primer sur les intérêts des Africains.

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Le gouvernement de votre pays, le Nigeria, lutte contre les terroristes de Boko Haram. Quel regard portez-vous sur la politique sécuritaire du président Muhammadu Buhari, élu en mars 2015 ?

Les choses ont changé depuis son arrivée au pouvoir. Le président Buhari a remporté des succès militaires considérables contre Boko Haram. Il doit suivre cette voie et immédiatement investir dans le développement socio-économique des zones libérées du joug des terroristes. En Afrique, les inégalités, le chômage, le manque d’éducation et d’infrastructures sont autant de fléaux qui peuvent encourager les groupes terroristes. Les populations marginalisées ont recours à la violence pourexprimer leur mécontentement. C’est une menace pour la paix et la sécurité du continent.

 

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Perriello accuse le Burundi de ne pas tenir ses engagements

L’envoyé spécial du président américain dans la région des Grands Lacs a appelé, à Bujumbura, le gouvernement burundais à respecter ses promesses.

« La crise au Burundi persiste car le gouvernement burundais ne réalise pas ses engagements », a constaté Thomas Perriello, en visite pour la septième fois à Bujumbura et à l’intérieur du pays.

« Nous faisons un pas en avant, deux pas en arrière. Nous avions eu, il y a quelques semaines, des engagements fermes du président lui-même pour libérer les prisonniers politiques. Cela n’est pas réalisé. Nous avions eu des engagements du président pour l’arrivée de 200 observateurs de l’Union Africaine. Ça continue d’être comme un jeu », a-t-il déclaré.

Pour lui, les Etats-Unis attendent plutôt des résultats.

« Ce qui compte pour nous, c’est d’avoir des observateurs sur place qui pourront vérifier si des personnes sont tuées ou ont disparu », a-t-il soutenu.

M. Perriello a également déploré l’augmentation au Burundi de l’utilisation de la torture dont fait état le Haut-commissariat des Nations unies pour les droits de l’homme.

« Et nous en sommes là. Le gouvernement dit s’engager pour que les Burundais puissent se sentir en sécurité pour revenir dans leur pays et dans le même temps nous voyons des documentations systématiques sur la torture et des exécutions extrajudiciaires. C’est ce genre de double langage qui ne bâtit pas la confiance et n’aide pas à aller de l’avant », a-t-il fait remarquer.

L’envoyé spécial du président américain dans la région des Grands Lacs se rend après a à Dar Es Salam en Tanzanie pour discuter avec le nouveau facilitateur dans la crise inter-burundaise l’ancien président Benjamin William Mkapa.

Le Gouvernement de Nkurunziza: Le rêve de le quitter ou l’autopsie de la décadence!

« L‘enfer à côté de la maison de Dieu » tel est le titre  d’un article de l’envoyé spécial de l’hebdomadaire Jeune Afrique à Bujumbura, notre confrère Rémi Carayol. Cet enfer c’est cette répression, ces arrestations arbitraires, ces exécutions extrajudiciaires, bref c’est la boucherie du Service National de Renseignement situé non loin de la cathédrale Régina Mundi, la maison de Dieu. Tous les burundais voudraient quitter cet enfer! Quoi de plus normal!

Mais ce  qui est anormal et amusant, c’est quand les membres du gouvernement  fantoche de Nkurunziza rêvent de quitter le navire. Le dernier qui vient d’avoir la chance de sortir de cet enfer, c’est Tabu Abdallah Manirakiza, le ministre des finances. En effet il est nommé à Libreville au sein de la CEAC. Il rejoint son nouveau poste au mois de Mai. D’une source  proche du Ministère des Finances, ce super ministre a sabré le champagne parce qu’il venait de quitter ce gouvernement. Etrange, n’est-ce pas?

Rappelons que cette fièvre de quitter avait frappé également l’ambassadeur Alain Nyamitwe, patron de la diplomatie burundaise, qui avait postulé au poste de Secrétaire Général de la Communauté des Pays de l’Afrique de l’Est à l’insu de Pierre Nkurunziza. Une démarche qui a été désavouée et combattue par Bujumbura. Le dossier a été clôturé peut être, mais la rancune contre Alain Nyamitwe est là. A ce propos cette haine contre la famille du Ministre Nyamitwe a été affichée à l’ambassade du Burundi à Bruxelles lors de la commémoration de l’anniversaire  de la disparition du président Ntaryamira Cyprien. C’est ainsi que lors du discours de circonstance, l’on a présenté la fille du Médecin de Habyarimana Juvénal, médecin disparu dans le même avion. Mais l’épouse du Ministre Nyamitwe qui est en même temps la belle soeur de feu président Cyprien Ntaryamira  qui était à cette cérémonie,n’a pas été présentée. Pourquoi présenter un membre de la famille rwandaise et omettre de présenter un membre de la famille du président burundais,qui est en même temps l’épouse du patron de la diplomatie burundaise? Cette question était sur toutes les lèvres. A cette question, les irréductibles de Pierre Nkurunziza ont rétorqué que le Ministre n’a pas le droit de mettre sa famille à l’abri en Belgique!

En tout état de cause, Nkurunziza Pierre a un gouvernement atypique: il y a des membres qui rêvent de le quitter mais qui ont peur de démissionner. Le cas de Tabu Abdallah et  d’Alain Nyamitwe constituent l’autopsie d’un pouvoir en décadence, bâtit sur du sable mouvant. Il a raison le professeur André Guichaoua, parlant de la situation préoccupante du Burundi, lui qui constate que « …les élites de gestion de l’administration centrale et des services décentralisés expriment…leur lassitude voire leur inquiétude pour l’avenir. » Ce constat du professeur Guichaoua aurait-il un lien avec la stigmatisation des militants du CNDD-FDD telle que décrétée par le terrible Vice-président Burikukiye? En effet,dans une colère sans bornes, criant à la trahison, il a déclaré que le parti présidentiel infiltré, avait aujourd’hui 4 types de militants: les vrais, les espions,les opportunistes et les indécis? Choisissez votre cas et votre camp, Mesdames Messieurs les ministres.

(Sé) Pancrace CIMPAYE.

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Burundi: un haut responsable américain dénonce la gravité de la situation

Au terme d’une visite de deux jours au Burundi, le secrétaire d’État adjoint américain pour la Démocratie et les Droits de l’homme,Tom Malinowski a une nouvelle fois dénoncé samedi 2 avril la situation extrêmement grave dans laquelle se trouve le pays.
Tom Malinowski, secrétaire d’État adjoint américain pour la Démocratie et les Droits de l’homme, s’est inquiété de la poursuite des arrestations arbitraires, de la multiplication des signalements de disparitions forcées et d’allégations crédibles de torture. « J’ai dit au gouvernement que la situation reste extrêmement grave à nos yeux. Il est évident que les atteintes aux droits de l’homme se poursuivent, a assuré Tom Malinowski. Nous avons constaté que les personnes perçues comme sympathisants de l’opposition continuent d’être mises en prison ; nous avons constaté la multiplication des signalements de disparitions forcées ; nous avons entendu de nombreuses allégations crédibles de torture de prisonniers ». S’il est vrai que les groupes armés se sont livrés à des actes de violence graves, c’est loin d’être le cas de toutes les personnes persécutées et emprisonnées par le gouvernement, ajoute Tom Malinowski.

« L’arrestation il y a quelques jours de l’humoristeAlfred-Aubin Mugenzi [plus connu sous son nom de scène Kigingi et libéré vendredi après 4 jours de détention NDLR], dont le seul crime avait été de publier un dessin mettant en scène le président, montre très clairement qu’il y a des gens emprisonnés qui ne sont pas des rebelles ni des putschistes, mais simplement des citoyens burundais qui expriment pacifiquement leur point de vue ».

Une impasse économique et sociale

Le secrétaire d’État adjoint américain pour la Démocratie et les Droits de l’homme a également dénoncé le double discours du gouvernement, qui, selon lui, s’enfonce lui-même dans une impasse économique et politique. « Le gouvernement ne peut pas tenir un certain discours à la communauté internationale et un autre à sa population » poursuit Tom Malinowski.

« Il ne peut pas nous dire qu’ils soutiennent un dialogue inclusif d’un côté et de l’autre, publier des communiqués comme celui du parti au pouvoir la semaine dernière : accuser tout le monde, de l’église catholique à la communauté internationale, en passant par la société civile, les médias, l’opposition et les pays étrangers, d’être des ennemis du peuple burundais ne va pas nous mener à dialogue réussi. Et cela fait douter de la sincérité du gouvernement ».

Ce discours « fou et haineux » doit cesser, assène Tom Malinowski qui s’interroge sur le retard pris dans le dialogue avec l’opposition. « Pourquoi le dialogue est-il retardé ? C’est une question à poser au gouvernement parce que nous, nous ne voyons aucune bonne raison. Il nous semble parfois que le gouvernement essaye de jouer la montre, mais il pourrait bien être pris à son propre jeu; car il est en train de perdre le soutien de l’Union européenne à son budget et auxpaiements de l’Amisom, l’économie du pays se dégrade… Comment va-t-il pouvoir se financer ? Comment va-t-il payer ses forces de sécurité, payer les Imbonerakure ? Ce ne sont pas que des questions morales, mais des questions pratiques auxquelles le gouvernement va devoir répondre. Il n’agit pas dans son propre intérêt, même s’il pense le faire ».

pcimpaye

Lettre ouverte de Pancrace Cimpaye à l’intelligentsia hutu

Objet : Lettre ouverte à l’intelligentsia hutu du Burundi. Mes chères soeurs, Mes chers frères, Ce dimanche 27 mars 2016, jour d’allégresse, jour de joie, jour où le fils de Dieu est ressuscité, j’ai appelé le paysan de Bubanza, j’ai appelé le paysan de Cibitoke, j’ai appelé le paysan de Bujumbura Rural, j’ai appelé le […]

Deux images du drame Nkurunziza: La veuve de Darius en sanglots et Elysa Nkerabirori Rwavyuma

Ce mardi 22 mars 2016 la question des violations des droits de l’homme  au Burundi était à l’honneur à Genève.  Dans les couloirs du Palais des Nations où se tenait cette session, le tout puissant représentant de Pierre Nkurunziza, Monsieur Willy Nyamitwe, dans sa propension d’humilier et de ridiculiser, il a fait tenir son chapeau à une dame tutsi du nom de Elisa Nkerabirori Rwavyuma, assistante du ministre des droits de l’homme; la pauvre devenait le porte chapeau de Nyamitwe Willy! Quelle indécence! Cette image a choqué plus d’un . Avoir des tutsi de service,c’est votre droit! Mais il ne faut pas les humilier à ce point, surtout dans les enceintes d’un palais des droits de l’homme de Genève. Cette image me rappelle celle d’un officier général de Nkurunziza qui promettait cette humiliation: « abo batutsi tuzobaterekako ibirahuri! » Ce sentiment de revanche sur les tutsi est tout simplement dramatique. Mais Nkurunziza Pierre et les siens en ont fait leur credo.

A côté de cette scène dramatique de haine, une photo de la veuve du lieutenant-colonel Darius Ikurakure en sanglots, à l’annonce de l’assassinat du père de ses enfants, m’a profondément touché. L’image de cette mère en sanglots rappelle celle de nombreuses veuves victimes de la barbarie des escadrons de la mort de Pierre Nkurunziza;Darius Ikurakure faisait partie de cette machine à tuer. Des rivières de pleurs coulent  depuis que Nkurunziza Pierre a décidé de rester de force au pouvoir. Puissent ces pleurs constituer un lac d’espoir, un lac de paix, un lac d’amour, un lac de réconciliation! Puisque tout le monde pleure, puisque tout le monde perd, Monsieur Pierre Nkurunziza arrêtez ce drame!

Je suis convaincu que la haine ethnique et l’assassinat de toute voix discordante ne  maintiendront pas au pouvoir pour longtemps Monsieur Pierre Nkurunziza. Au contraire ces deux virus enfoncent le Burundi dans un drame qui finira par coûter cher au pouvoir de facto de Bujumbura.

(Sé) Pancrace CIMPAYE.

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Darius, le boucher n’est plus

Le commandant du camp Muzinda, le lieutenant- colonel Darius Ikurakure à été assassiné à L’Etat Major de l’armée ce mardi 22 mars 2016.
Cet officier semait la mort et la désolation parmi beaucoup de familles. Sa disparition à résonné dans les coeurs des victimes comme un rappel à l’ordre du Ciel.
Qui a dit que tout se paye ici-bas ?

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Burundi: l’UE clôture les consultations au titre de l’article 96 de l’accord de Cotonou

Le 14 mars 2016, le Conseil a conclu la procédure de consultation avec le Burundi au titre de l’article 96 de l’accord de partenariat UE-ACP (accord de Cotonou). Les propositions d’engagements présentées par le gouvernement burundais sont insuffisantes pour répondre aux préoccupations de l’UE. Celle-ci a suspendu les appuis financiers directs fournis à l’administration burundaise, y compris les appuis budgétaires, mais maintient intégralement son soutien financier à la population et son aide humanitaire.

Dans sa décision, le Conseil a également énoncé des mesures spécifiques que le gouvernement burundais doit prendre et qui sont susceptibles de permettre la reprise d’une pleine coopération.

Federica Mogherini, haute représentante de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, a déclaré: « La situation au Burundi reste très préoccupante pour l’UE, bien que nous ayons récemment entrevu quelques lueurs d’espoir. La décision prise aujourd’hui indique clairement que, pour que nos relations reprennent totalement, nous attendons qu’un certain nombre de mesures concrètes soient mises en œuvre. L’effort que nous demandons est réalisable, avec de la volonté et de la détermination: il repose sur des mesures et des processus déjà mis en place par l’Union africaine, la Communauté est-africaine et l’Organisation des Nations unies, et salués par les cinq chefs d’État africains mandatés par l’Union africaine. Nous pensons notamment qu’il peut contribuer au dialogue inter-burundais mené sous la médiation de la Communauté est-africaine, qui joue un rôle essentiel dans la recherche d’une solution politique durable à la crise. »

Neven Mimica, Commissaire de l’UE pour la coopération internationale et le développement, a ajouté: « L’UE est – et restera – fermement engagée auprès de la population burundaise dans cette crise qui a fait déjà plus de 400 morts et des milliers de blessés, et a forcé plus de 240 000 personnes à se réfugier dans les pays voisins. Notre solidarité avec le peuple burundais, première victime de cette crise, reste entière. Nous demandons instamment au gouvernement de faire preuve de la volonté nécessaire pour que nos relations avec le Burundi se normalisent à nouveau. Parallèlement, des projets financés par l’UE visant à assurer l’accès de la population aux services de base, mais sans acheminer les ressources financières par des comptes détenus par le gouvernement burundais, sont en cours d’élaboration, et l’UE reste déterminée à fournir une aide d’urgence ».

La décision du Conseil sera réexaminée régulièrement, au moins tous les six mois, grâce à des missions de suivi du Service européen pour l’action extérieure, associant les services de la Commission.

Contexte

Le 8 décembre 2015, des consultations ont été engagées avec le gouvernement burundais au titre de l’article 96 de l’accord de Cotonou, afin d’examiner les préoccupations exprimées et de trouver des moyens d’y remédier. Le dialogue a eu lieu en présence des représentants du groupe des États d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique, de l’Union africaine, de la Communauté est-africaine et de l’Organisation des Nations unies.

Au cours de la réunion, les parties ont discuté des mesures nécessaires pour assurer un retour rapide au respect des principes et valeurs démocratiques, des droits de l’homme et de l’État de droit sur la base de l’accord de Cotonou et des principes énoncés dans les accords d’Arusha. Les représentants du gouvernement burundais ont présenté des propositions d’engagements. Toutefois, celles-ci ont jusqu’à présent été jugées insatisfaisantes par l’UE.

L’article 96 constitue la base juridique permettant de suspendre l’accord de Cotonou, à la suite d’une période de dialogue, dans les cas où l’une des parties estime que les éléments essentiels et fondamentaux de l’accord ne sont pas respectés