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Burundi: de l’indignité de l’Union africaine

Fallait-il vraiment qu’ils soient cinq, une demi-dizaine de chefs d’Etat, pour aller rapporter, de ce pays en crise, cette non solution peu courageuse ?

Au Burundi, les cinq chefs d’Etat dépêchés par l’Union Africaine, n’ont rien pu faire pour convaincre le président Nkurunziza d’accepter les dispositifs de prévention de tueries de masse. Pire, ils ont réussi la prouesse de tirer de leur mission deux conclusions sensiblement différentes, et le pouvoir de Bujumbura a choisi celle qui lui convient. Comment expliquer une telle inertie de l’UA, face à une situation que la terre entière juge pourtant préoccupante ? 

Cinq chefs d’Etat, c’est pratiquement un dixième des pays membres de l’Organisation panafricaine. Mais, à l’évidence, ces émissaires n’avaient aucun moyen de pression sur leur homologue burundais. Ils ont donc cru sauver la face, en appelant à un dialogue, auquel devraient prendre part, « sans pré-conditions, est-il écrit, toutes les parties prenantes à la crise burundaise, dans le strict respect de l’Accord de paix d’Arusha ». L’on en aurait presque oublié que c’est du rudoiement dudit accord par le pouvoir actuel qu’est née la présente crise. Le très habile communiqué de l’Union Africaine a, hélas !, très vite été contrarié par le chef de la délégation. Resté un jour de plus que ses homologues dans la capitale burundaise, Jacob Zuma, au moment de quitter le Burundi, a estimé devoir faire une déclaration dans laquelle il a introduit quelques nuances, par rapport au communiqué de l’UA. Ainsi, soutient-il, sans aucune contrainte de calendrier, que le dialogue devait inclure « tous les acteurs importants de la crise ». Plus d’autres subtilités, qui vont au-devant de ce que pouvaient désirer ses hôtes. Le chef de la diplomatie burundaise s’est, d’ailleurs, empressé de préciser que le gouvernement de son pays ne se sentait lié que par la déclaration du président Zuma, parce que c’est lui qui dirigeait cette mission.

L’on s’en amuserait, s’il n’y avait, derrière tout cela, la situation dans ce pays, et dont le pouvoir, au demeurant, refuse d’admettre l’extrême gravité. Que faut-il d’aplomb, pour soutenir qu’il n’y a aucune crise, rien de grave, dans un pays de quelque 10 millions d’habitants, déserté par plus de 250 000 de ses citoyens, partis en exil, dans les pays voisins.

D’aucuns laissent entendre que c’est parce que les médiateurs qui ont négocié l’Accord d’Arusha n’ont pas été suffisamment précis que tous ces problèmes surgissent aujourd’hui …

Peut-être faut-il rappeler que les médiateurs en question s’appelaient Nelson Mandela et Julius Nyerere. Deux noms parmi les plus illustres de l’Afrique indépendante. Mais oui ! Ni Mandela ni Nyerere ne pouvaient imaginer qu’après tant de souffrances des populations et les interminables négociations pour parvenir à une paix acceptée par tous, il s’en trouverait pour soumettre le peuple burundais à de telles mesquineries, à de tels marchandages, à propos des élections qui comptent pour un mandat et des mandats qui ne comptent pour rien.

A force de calculs aussi mesquins, ces gens ont créé les conditions d’une nouvelle guerre, ou, en tout cas, de nouveaux dangers. Car enfin, que visait la limitation des mandats, dans l’Accord d’Arusha, sinon de préserver le peuple burundais de devoir subir le même homme pendant plus de dix ans ? Aujourd’hui, au Burundi, l’homme qui s’impose à ce peuple a déjà passé dix ans au pouvoir, et semble en place pour cinq années supplémentaires, en attendant…

Que peut l’Union africaine, quand sait que Pierre Nkurunziza est convaincu d’être là par la volonté divine ?

Voilà une autre supercherie. D’ailleurs, tous les dirigeants de la terre peuvent estimer avoir été choisis par Dieu. Cette crise burundaise est épuisante, et le fait qu’aucun chef d’Etat, aucune personnalité africaine de premier plan ne puisse ramener Pierre Nkurunziza à la raison montre, encore une fois, que l’Afrique manque désespérément de leaders charismatiques qui aient suffisamment d’autorité pour dire la vérité à tous ceux qui se prennent pour des dieux, qui sont là pour régir leur peuple. A ce prix, il n’y a plus de règles de bienséance démocratique, plus d’Union africaine, plus rien à respecter. C’est ainsi que, dans l’histoire de l’humanité, de petits tyrans sont parvenus à ruiner le destin de tout un peuple.

Nyerere, Mandela et quelques autres disparus, vers qui l’Afrique doit-elle se tourner, pour espérer voir des dirigeants qui en imposent suffisamment pour régler les problèmes du continent ?

Ceux qui auraient pu remplir ce rôle s’effacent les uns après les autres, parce qu’ils se sentent démunis, ou parce qu’ils sont désabusés. Certains ne sont tout simplement pas audibles. Mais sur ce continent du pire et du meilleur, une figure imposante peut naître à tout moment, y compris d’un événement totalement inattendu.

Pourquoi Alain Nyamitwe cherche un job ailleurs?

C’est hier que le sommet des chefs d’Etat de la Communauté de l’Afrique de l’Est a désigné le burundais,  Mpfumukeko Libérat au poste de Secrétaire Général de la communauté. Il succède au rwandais, le Dr Sezibera Richard. Dans la course à ce poste, Alain Nyamitwe, le patron de la diplomatie de Pierre Nkurunziza avait donné sa candidature à l’insu de Bujumbura. un geste qui aurait irrité l’oligarchie de Bujumbura.  De toute évidence Nkurunziza n’a pas soutenu son Ministre. Ce dernier est rentré avec un pincement dans son coeur. Frustré, déçu, Alain Nyamitwe est rentré avec une rancoeur contre Nkurunziza Pierre.

Mais alors la question que d’aucuns se posaient ce matin à Bujumbura était celle de savoir les raisons qui avaient poussé Alain Nyamitwe à vouloir quitté le navire Nkurunziza à son insu. Il semblerait que ce produit des jésuites supporte de plus en plus très mal le mauvais rôle que Nkurunziza lui fait jouer: celui d’être l’avocat du diable devant la communauté internationale. En effet Nkurunziza qui a décidé de ne plus rencontrer les diplomates ou les envoyés spéciaux a confié la besogne à l’ambassadeur Nyamitwe Alain. Ce dernier est obligé de défendre les hérésies et les attaques grotesques de Gélase Ndabirabe contre la communauté internationale.

Signalons à toutes fins utiles que le même Ndabirabe Gélase avait menacé à mort Willy Nyamitwe quand il avait osé, en coulisse, demandé pardon à RFI pour le mauvais traitement que les forces de l’ordre avaient infligé au journaliste Esdras Ndikumana le 2 août 2015. Ndabirabe avait clairement signifié au porte-parole de Nkurunziza qu’il allait le fusiller s’il mettait les pieds à la permanence du parti CNDD-FDD à Kigobe. A cette époque le frère d’Alain Nyamitwe a présenté sa démission à Nkurunziza. Mais ce dernier a refusé cette démission. L’ambassadeur Alain Nyamitwe serait-il lui aussi contrarié au point de vouloir claquer la porte? Une chose est certaine, dans la galaxie du despote Nkurunziza, tout le monde n’est pas d’accord avec la folie meurtrière qui sème la désolation au pays. La fronde PPD conduite par l’honorable Léonidas Hatungimana, ancien porte-parole de Nkurunziza risque de saigner encore le camp Nkurunziza pour le grand bonheur du peuple burundais en général et du CNARED-GIRITEKA en particulier.

(Sé) Pancrace CIMPAYE.

Lettre ouverte du Président Melchior Ndadaye,héros de la démocratie, au Président Pierre Nkurunziza

FeuMelchiorNdadaye                                                                                                                                   Premier Président Burundais

Démoratiquement élu.

HEROS DE LA DEMOCRATIE.

 

 

Objet: Lettre ouverte au Président Pierre Nkurunziza.

 

Monsieur le Président,

Le sang des innocents qui est en train de couler à flots  crie très fort à tel enseigne que nous ne pouvons plus fermer l’oeil au Ciel. C’est ce sang des innocents qui crie vengeance au ciel qui me pousse à t’adresser la présente. C’est également la détresse que je perçois dans les coeurs de tous les burundais, y compris dans ta propre garde, qui me pousse à venir à toi! C’est tes enseignements de haine ethnique qui risquent de réveiller les vieux démons qui me poussent à tirer la sonnette d’alarme! C’est aussi la renaissance du dialogue dévastateur des armes à feu qui dicte ces quelques lignes!

Monsieur le Président,

Au lendemain de mon assassinat, le 21 octobre 1993, vous avez pris les armes, paraît-il, pour défendre la démocratie qui venait d’être tuée dans l’oeuf. Pendant 10ans, toi et tes camarades avez mené une lutte acharnée pour la renaissance et la protection de cette démocratie. Ce noble combat a été salué et soutenu par le peuple burundais qui avait goûté, pendant quelques jours, en 1993, aux délices de la Démocratie. Cette gratitude s’est exprimée à travers ton élection à la magistrature suprême en 2005 et en 2010.

Cependant depuis que tu es à la tête du Burundi, je ne cesse de percevoir une douleur atroce de mon peuple. Le deuil et la privation sont devenus le pain quotidien des burundais pendant que la joie, le bonheur reste un privilège réservé à toi et à ton petit cercle d’amis.Est-ce la finalité de ce combat des dix ans? Avez-vous passé dix ans au maquis avec tant de sacrifices en vies humaines pour créer une petite classe de bourgeois sur le dos du peuple burundais qui broie du noir? Les spécialistes en la matière évaluent ta fortune à plus ou moins 500 millions de dollars américains, rien qu’en dix ans au pouvoir! Tu es devenu l’homme le plus riche du Burundi! L’homme politique le plus riche du Burundi de tous les temps! Etait-ce, celui-là, votre rêve, votre objectif? Est-ce ça l’essence de la libération et de la protection de la démocratie pour la quelle tant de sang a été versé?

Monsieur le Président,

Tu as trahi et travesti l’objet de cette lutte pour la démocratie. Mais depuis le 26 Août 2015, date à laquelle tu as décidé de rempiler pour un troisième mandat, tu m’as poignardé en plein coeur. Pour la deuxième fois tu m’a assassiné. Pour garder le pouvoir tu as déjà sacrifié plus ou moins 1000 burundais tués ( de l’opposition, des forces de défense et de sécurité, de l’administration et les Imbonerakure). Pour garder ce pouvoir maudit plus de 80 milles burundais sont dans des camps de réfugiés dans les pays voisins. Pour protéger tes biens mal acquis tu as déjà plus de 6000 prisonniers politiques.

Monsieur le Président,

A quoi te sert un troisième mandat dans un bain de sang? A quoi te sert un troisième mandat bercé par des cris et des pleurs des veuves et des orphelins? A quoi te sert un troisième mandat qui détruit ton propre parti politique? A quoi sert un troisième mandat qui déchire le tissu social de tout un pays? A quoi sert un troisième mandat qui impose des sanctions économiques contre ton pays? A quoi sert un troisième mandat qui te condamne demain à l’errance comme Caïn de la Bible.A quoi sert un troisième mandat qui condamne tes enfants à vivre avec une honte et une hantise permanentes, et au risque de te renier demain. A quoi sert un troisième mandat qui ré ouvre un front armé de RED-TABARA, de FOREBU et du FNL?

Monsieur le Président,

Dans une tentative désespérée de forcer le soutien d’une partie de burundais, tu es en train de mener une campagne de haine ethnique contre les tutsi. Toi et tes amis vous ne vous gênez pas de déclarer que le fond de cette crise est une volonté des tutsi de revenir au pouvoir. Dans cette campagne odieuse et destructrice, vous vous présentez comme des orphelins de 1972 ayant perdu vos parents par l’épée des pouvoirs tutsi. Est -ce une raison rationnelle de produire à votre tour des orphelins de 2015 et 2016 qui risquent de demander eux aussi à leur tour des comptes à vos enfants? Oui, c’est atroce, vous avez perdu un père, toi, ton Premier Vice-Président Sindimwo et ton deuxième Vice-Président Butore Joseph. Pour votre propre gouverne, Sindimwo Gaston a perdu son père en 1972. Il n’est ni Congolais encore moins tutsi. Je sais que tu le savais. Seul l’UPRONA l’ignorait. Vous êtes donc trois orphelins hutu de 1972 à la tête du Burundi. Vous devriez faire très attention à la donne ethnique.

Vous prenez une grande responsabilité d’attiser la haine ethnique dans un pays qui commençait à panser les plaies des crises cycliques fratricides, les plaies ne sont pas encore cicatrisées et vous vous amusez à les ré ouvrir! Mais vous faites fausse route car si la crise que tu as provoquée était ethnique, les anciens Présidents de la République Sylvestre Ntibantunganya et Ndayizeye Domitien qui sont tous hutu ne seraient pas du côté de ceux qui combattent ta mauvaise aventure de troisième mandat! Si cette crise était ethnique, les anciens présidents du parlement, Léonce Ngendakumana, Minani Jean, Gervais Rufyikiri et Pie Ntavyohanyuma, tous hutu, ne seraient pas du côté de ceux qui combattent ta mauvaise aventure de troisième mandat! Les figures emblématiques de ta communication depuis une décennie, Léonidas Hatungimana et Onésime Nduwimana, qui sont tous hutu font eux aussi partie de l’opposition. Au delà de ces hommes politiques hutu, des compagnons de lutte armée, tous hutu, officiers généraux aujourd’hui, sont aussi opposés à ton aventure. Il s’agit notamment du Général-Major Godefroid Niyombare, ancien patron de tes services secrets, du Commissaire Guillaume Nabindika, ton ancien chef de cabinet chargé des questions de la police, du général de Brigade Moïse Pasteur , ton ancien Chef du protocole. A ce tableau des hutu qui te combattent, il faut garder à l’esprit que le président de toute l’opposition est un hutu qui s’appelle Léonard Nyangoma.

Monsieur le Président,

Dans tes mécanismes de défense, tu accuses le Rwanda voisin, d’être la source des malheurs qui t’accablent. Cette parade que tu as inventée pour échapper à ta propre responsabilité n’a d’autres buts que de dénaturer la nature de la crise qui secoue le Burundi. Dans ta campagne d’inoculer le venin de la haine ethnique dans les coeurs des burundais, tu crois que si tu désignes le Président Paul Kagame du Rwanda comme source du drame que connaît le Burundi, des millions de hutu vont te suivre; c’est peine perdu. Les burundais ne sont plus dupes. Ils savent que pendant dix ans, le Président Rwandais, en voisin responsable, il t’a tenu la main et t’a ouvert certaines portes de la communauté internationale. Il a mis à ta disposition son carnet d’adresses. Pourtant tu étais toujours hutu et il était toujours tutsi! Entre toi et lui qui a trahi l’autre? Il paraît que tu es le champion dans l’art de trahir tes amis. C’est du moins ce que ne cesse de me répéter feu Simon Nyandwi qui est à mes côtés. Cet ancien Ministre de l’intérieur, éminence grise de ton parti, assassiné le 22 mars 2005 par vos hommes de mains est une preuve irréfutable que tu étais prêt à tout pour accéder au trône et y demeurer pour toujours! Il faut donc arrêter d’accuser le Rwanda; assume les conséquences dramatiques de ta soif démesurée du pouvoir avec un bilan largement négatif.

Monsieur le Président,

La seule voie de sortie de cette crise se trouve autour d’une table de négociations avec l’opposition réunie au sein du CNARED-GIRITEKA. En l’absence de cette solution négociée, les mouvements armés RED-TABARA, FOREBU et FNL vont malheureusement te combattre militairement. Tu es mieux placé pour savoir les implications dramatiques d’une telle perspective. Si tu te rappelles encore des raisons qui t’avaient poussé à prendre les armes, épargne le peuple burundais de l’épreuve de revivre encore une guerre civile. Je te conseille vivement de réécouter le discours que j’ai prononcé le jour de mon investiture, le 10 juillet 1993, tu comprendra que tu es loin d’offrir à mon peuple un Burundi Meilleur pour tous, UBURUNDI BUSHASHA!. Tu es en train de dépasser la ligne rouge! Mais tout n’est pas perdu! Tu peux toujours te racheter. Abandonnes ce mandat illégal qui tue. Arrêtes de tuer ton peuple car le sang des innocents qui crie vengeance au ciel sera impitoyable! « Laisse partir mon peuple vers des lendemains meilleurs » comme n’a cessé de le répéter Monseigneur Ntamwana Simon, Archevêque de Gitega.

Avant de terminer, je te passe le bonjour de Simon Nyandwi et des trois soeurs italiennes Olga, Lucia et Bernadette qui ne cessent de prier afin que tu changes ton coeur. Et comme il devient difficile de savoir où tu loges, je te transmets cette lettre par le biais du responsable du site www.mporeburundi.org, monsieur Pancrace Cimpaye.

A bientôt.

Fait au Paradis le 1er mars 2016

(Sé) Melchior Ndadaye

Héros de la démocratie.

 

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SOMMET DE L’UNION AFRICAINE: COMMUNIQUE DE PRESSE DU CNARED-GIRITEKA

1. Du 30 au 31 janvier 2016 à Addis-Abeba, le sommet des Chefs d’Etat et de Gouvernement de l’Union Africaine qui devait prendre la décision de déployer dans l’urgence la MAPROBU et celle de démarrer sans délais les négociations afin d’éviter que la crise burundaise ne dégénère sous des dimensions effarantes avec le risque d’embrasement de l’ensemble de la région a raté une occasion de sauver le peuple burundais en détresse et la région.
2. Les décisions prises par ce sommet sont décevantes car elles ne répondent pas aux exigences de la gravité de la situation et aux attentes légitimes du peuple burundais et d’une large majorité des partenaires du Burundi.
3. Face à cet immobilisme du Sommet d’Addis-Abeba, le pouvoir de facto de Bujumbura, par un communiqué de presse du Parquet Général de la République, vient de lancer, ce mardi 02 février 2016, des mandats d’arrêt contre tous les opposants, tous les membres de la société civile et de la presse exilés. Cette chasse à l’Homme burundais exilé est une démarche de bloquer définitivement toute perspective de négociations entre Bujumbura et l’opposition.
4. En outre un communiqué incendiaire du parti de Monsieur Pierre Nkurunziza qui prend à partie la présidente de la Commission de l’Union Africaine, l’Union Européenne, les Nations Unies et le président Paul Kagame du Rwanda est venu ce 02 février confirmer la gravité de la dérive totalitaire qui menace le Burundi.
5. Le CNARED-GIRITEKA alerte de nouveau l’Union Africaine et l’ensemble de la Communauté Internationale sur les risques graves de cette léthargie de l’Union Africaine. En effet le Burundi court un grand danger de sombrer dans une confrontation violente qui risque d’aboutir à une guerre civile. Celle-ci aura des conséquences fâcheuses sur la République Démocratique du Congo qui attend un processus électoral similaire à celui du Burundi ; une guerre civile au Burundi aura en outre des répercussions dramatiques sur le Rwanda et la Tanzanie.
6. En conséquence le CNARED-GIRITEKA attire l’attention des Chefs d’Etat mandatés par leurs pairs ainsi que celle du Secrétaire Général des Nations-Unies et du Conseil de Sécurité de l’ONU ; l’heure est à la fermeté et non à la complaisance face à un pouvoir dont les agissements compromettent dangereusement la concorde nationale, la sécurité et la stabilité de toute la région. Les initiatives diplomatiques en vue devraient s’inscrire dans cette ligne.

Fait à Bruxelles, le 03 Février 2016
Pour le CNARED-GIRITEKA
Pancrace CIMPAYE
Porte-Parole Adjoint.

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Burundi: Ban Ki-moon pour une mission de la dernière chance?

Le secrétaire général desNations unies, Ban Ki-moon, pourrait se rendre au Burundi dans le courant du mois de février. L’organisation tient à montrer qu’elle reprend la main sur le dossier burundais après
l’échec de l’Union africaine. Bujumbura avait refusé le déploiement d’une force de maintiende la paix.
Avec notre correspondante à NewYork, Marie Bourreau Après le Conseil de sécurité de l’ONU il y a 10 jours, c’est au tour de Ban Ki-moon d’envisager une médiation de la dernière chance auprès du président Nkurunziza.

Le secrétaire général avait de l’espoir : il voulait que l’Union africaine parvienne à envoyer laMaprobu, une force de maintien de la paix qui aurait compté 5000 hommes.Mais le rétropédalage de l’organisation africaine sous la pression de plusieurs chefs d’Etat place maintenant l’ONU comme
médiateur essentiel dans la crise burundaise.

Burundi: la mission impossible de l’Union africaine Faute de Maprobu, l’idée d’envoyer des casques bleus de la République démocratique du Congo voisine pourrait refaire surface.
Mais les relations de l’ONU avec Joseph Kabila sont exécrables. La marge de manœuvre du secrétaire
général sera donc très étroite pour obtenir des concessions.

L’ONU est tout de même bien décidée à épuiser toutes les options pour éviter un génocide au Burundi.

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RED TABARA | COMMUNIQUE DE PRESSE RELATIF A L’ECHEC DU SOMMET DE L’UNION AFRICAINE.

 

  1. Le sommet des chefs d’Etats de l’Union Africaine qui s’est clôturé ce 31 janvier 2016 à  Addis- Abbeba vient de rejeter la requête tant attendue par le peuple burundais d’un déploiement de la force MAPROBU. Pour l’Union Africaine le déploiement de cette force de protection doit requérir préalablement l’aval du despote Pierre Nkurunziza. Une autorisation qu’il n’accordera jamais.
  2. Le mouvement RED-TABARA est profondément déçu par ce refus des africains de voler au secours du peuple burundais en danger d’extermination par un pouvoir sans foi ni loi.
  3. Dès lors le mouvement RED-TABARA vient de réaliser une fois de plus que le peuple burundais  en danger est abandonné à son propre sort. Il nous appartient donc d’user de nos propres forces pour protéger les burundais contre la barbarie meurtrière du pouvoir tyrannique en place à Bujumbura. L’échec de ce sommet  signifie que la résistance armée pour un Etat de droit au Burundi devient légitime et une obligation.

  4. En conséquence RED-TABARA lance un appel solennel et pressant à tous les burundais en général, à la diaspora en particulier et aux  vrais amis du Burundi afin qu’ils contribuent à cette lutte armée que vient de nous imposer  Pierre Nkurunziza. Un effort de guerre de tous devient une noble obligation.

Fait à Mwumba, le 31 Janvier 2016

Pour  RED-TABARA,

David Ihotorihirwa

Porte-parole.

 

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ONU / UA ET LA CRISE BURUNDAISE : Une divergence de vue qui profite au dictateur

Pendant que les Nations unies et l’Union africaine (UA) se disputent sur la crise burundaise, le président Pierre Nkurunziza continue de massacrer en rond. En effet, alors que l’ONU privilégie la voie du dialogue et n’en démord pas, l’UA tient à l’envoi d’une force de prévention de 5000 hommes au Burundi. L’ONU et l’UA avaient-elles intérêt à étaler leurs divergences au grand jour ? La question mérite bien d’être posée. NKurunziza ne veut pas d’une force de prévention dans ce pays qu’il considère désormais comme son royaume et qu’il a fini par mettre sous coupe réglée. Les 5000 soldats de l’UA, s’ils étaient effectivement déployés, pourraient faire taire les armes et contraindre, de ce fait, le président Pierre Nkurunziza à dialoguer avec les opposants et les acteurs de la société civile. Une force de ce genre pourrait également réhabiliter les espaces de liberté, dont la liberté de manifester, toutes choses qui troubleraient le sommeil du maître de Bujumbura. Nkurunziza fera donc tout pour ne pas perdre le contrôle d’une situation qui reste jusque-là à son avantage. Ce pasteur qui voit, dans ses révélations, la main de Dieu sur son pouvoir, n’est pas prêt à faire la moindre concession. Mille cadavres derrière lui, mille autres devant lui, il avance et ira jusqu’au bout. Seule donc une force de prévention pourrait  contrarier les prétentions monarchiques de l’ancien professeur d’éducation physique et sportive. En refusant de soutenir l’UA dans sa position, l’ONU donne l’occasion à Nkurunziza de narguer l’institution panafricaine. Ce qui vient encore ternir son image qui était déjà fortement entamée. Et puis d’ailleurs, à quoi sert ce dialogue  politique préconisé par l’ONU ? Si ce dialogue devait se tenir par la seule volonté de l’ONU, il courrait fortement le risque d’accoucher d’une souris. L’ONU fait là un faux jeu, sommes-nous tentés de dire.

L’ONU a intérêt à revoir sa position et à s’aligner sur celle de l’UA

Car il est difficile qu’un dialogue politique entre Nkurunziza qui n’en veut d’ailleurs pas, et ses opposants politiques, puisse résoudre le problème burundais. Loin d’être la solution au calvaire que vivent les Burundais, ce dialogue n’aura pour seul effet que de permettre au président burundais de jouer la montre, tout en tissant sa toile répressive. L’ONU a donc intérêt à revoir sa position et à s’aligner sur celle de l’UA. A l’étape actuelle, le peuple burundais n’en demande pas plus. Le président Nkurunziza n’est pas un enfant de chœur, et il faudrait un remède plus efficace face à la crise burundaise, que ces divergences entre l’ONU et l’UA qui permettent à Nkurunziza de gagner du temps et de renforcer ses assises. L’ONU devrait donc soutenir, de tout son poids, l’UA dans sa volonté d’envoyer une force de prévention au Burundi. La crise burundaise n’a que trop duré, et il est temps d’arrêter Nkurunziza dans sa névrose profonde et meurtrière, par la force s’il le faut. Si l’ONU et l’UA ne parviennent pas vite à cette solution, il faut craindre un génocide au Burundi, car Nkurunziza est dans une logique de pis-aller. L’ONU et l’UA devraient donc se passer des sentiments, et montrer au Président burundais que le Burundi est loin d’être son salon dans lequel il reçoit qui il veut et en chasse qui il veut. En tout cas, Nkurunziza est déjà dans cette posture de président « démocratiquement » élu, qui tient à terminer son mandat, même s’il doit faire feu de tout bois. L’ONU et l’UA ont donc intérêt à taire leurs divergences et à trouver un antidote à la crise burundaise avant qu’il ne soit trop tard.

Adama SIGUIRE

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Déclaration du CNARED-GIRITEKA en rapport avec l’attaque terroriste à Ouagadougou,

Le Conseil National pour le Respect de l’Accord d’Arusha pour la Paix et la Réconciliation au Burundi, de la Constitution et de l’Etat de Droit-le CNARED-GIRITEKA, suite aux actes de barbarie perpétrés par un groupe terroriste contre de paisibles citoyens inoffensifs Burkinabé ce 16 janvier 2016, déclare ce qui suit:

1. Les faits.

Dans la nuit du 15 janvier au 16 janvier 2016 des hommes armés ont attaqué un grand hôtel à Ouagadougou. Cette attaque aurait emporté la vie de près d’une trentaine de personnes et fait de nombreux blessés.

L’attaque aurait été revendiquée par une organisation terroriste liée à Al Qu’Aïda.

Cette agression se déroule quelques semaines à peine après l’installation du premier gouvernement post-transition.

Les forces de sécurité Burkinabé assistées par des forces de sécurité amies ont neutralisé les terroristes et mis fin à l’agression et libéré de nombreux otages.

2. La position du CNARED-GIRITEKA.

Le CNARED-GIRITEKA condamne avec force l’agression perpétrée contre le peuple Burkinabé par des terroristes obscurantistes, qui n’ont la foi que dans la violence aveugle et abjecte.

Le CNARED-GIRITEKA condamne ces actes dont le timing semble indiquer que l’objectif est le sabotage de la Démocratie renaissante dans le Pays des Hommes Intègres.

Le CNARED-GIRITEKA présente ses condoléances les plus affligées au peuple Burkinabé et à toutes les familles éprouvées et au gouvernement burkinabé. éplorées. Il souhaite un prompt rétablissement à tous ceux qui ont été touchés dans leur chair ou leur âme.

Le CNARED-GIRITEKA adresse ses encouragements et son soutien au peuple et au gouvernement Burkinabé, et est convaincu que la Démocratie retrouvée saura faire barrage à toutes les forces déstabilisatrices, ennemies du progrès du Burkina Faso et de l’Afrique.

Le CNARED-GIRITEKA lance un appel à toutes les forces démocratiques du continent Africain et du monde entier à se solidariser avec le peuple Burkinabé, car face à ces forces fossoyeuses de la paix et de la Démocratie, seule l’unité des peuples pourra constituer un rempart solide et infranchissable.

Fait à Bruxelles le 17 Janvier 2016

Pour le CNARED-GIRITEKA,

Léonard NYANGOMA,

Président du CNARED-GIRITEKA

 

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Burundi: l’ONU dénonce l’existence de massacres ethniques et de charniers

Le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Zeid Ra’ad Al Hussein, a averti que «tous les signaux d’alarme, y compris celui d’une dimension de plus en plus ethnique de la crise, sont en train de virer au rouge», ajoutant qu’un «effondrement complet de l’ordre public est imminent».

 

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Burundi: Perpétuité requise contre les putschistes: notre « motivation était légale »

Exclusif: la plaidoirie du principal accusé

Le procureur de la Cour suprême du Burundi a requis mercredi la perpétuité contre les 28 accusés du procès dit « des putschistes des 13 et 14 mai » derniers.

Depuis le 14 décembre, 28 militaires et policiers burundais sont jugés par cette Cour à Gitega (à une centaine de km de la capitale, Bujumbura). Les 13 et 14 mai derniers, l’armée et la police avaient profité du départ à l’étranger du président Pierre Nkurunziza pour le destituer. L’obstination, largement condamnée, du chef d’Etat à se présenter à un troisième mandat – formellement interdit par l’Accord de paix d’Arusha, qui avait mis fin à la guerre civile (1993-2005) – avait déclenché des manifestations incessantes dans la capitale depuis le 25 avril, durement réprimées. Mais l’armée s’était divisée et les putschistes avaient été vaincus.

Droits de la défense pas respectés

Le procès en cours à Gitega ne répond pas aux normes internationales, principalement parce qu’il ne respectecte pas les droits de la défense.

Les juges ont ainsi récusé les avocats des principaux accusés dès les deux premiers jours du procès, sous divers prétextes. Le Belge Bernard Maingain a ainsi été carrément accusé de complicité dans le putsch, tandis que Me Lambert Nsabimana et Me Onésime Kabayabaya étaient accusés d’entrave à la justice. La défense avait fait valoir – en vain – qu’elle n’avait pu avoir copie des pièces du dossier et que ses demandes d’enquêtes supplémentaires avaient été rejetées, tout comme ses demandes de convoquer des témoins.

Lundi, le principal accusé, le général-major Cyrille Ndayirukiye, un ancien ministre de la Défense, a rejeté les avocats commis d’office par la Cour au nom du droit de choisir ses avocats. Et parce qu’ils n’avaient pas eu le temps de prendre connaissance du dossier et encore moins de demander des actes d’instruction. Il a donc décidé d’assurer seul sa défense.

La Libre Belgique a eu accès au texte de celle-ci, que l’accusé a pu partiellement prononcer mercredi. La voici, en exclusivité.

MFC

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La plaidoirie du principal accusé

Monsieur le Président,

L’homme qui est aujourd’hui poursuivi devant votre haute cour a toujours eu la plus haute idée des fonctions suprêmes de l’Etat burundais, dont l’armée et la justice. Vous pouvez examiner l’ensemble de ma carrière et celle-ci en attestera.

Je pense aussi que cette très haute idée que je me fais de l’Etat et de ses missions, est basée sur le sens ultime de cette mission, servir le peuple burundais dans le respect de la loi.

Dans notre société burundaise, la loi du peuple burundais doit être le guide ultime de tous les serviteurs de l’Etat, dont le soussigné en sa qualité de militaire. Je n’ai jamais eu d’autre ambition ni d’autre perspective dans toutes les fonctions que j’ai eu l’honneur d’assumer.

Aujourd’hui, dans l’exercice de la magistrature judiciaire, vous êtes amené à poser un jugement de valeur sur les actes qui furent les miens du 13 au 15 mai 2015. Votre mission est de dire la loi.

L’exercice de cette mission de juger s’inscrit dans un cadre précis que les juristes ont mis en place, génération après génération et qui porte le beau nom de procès équitable. Devant toutes les juridictions au monde, sur tous les continents, progressivement se sont mises en place quelques normes essentielles à l’aune desquelles l’on apprécie si la justice peut être rendue par ceux qui sont tenus de la servir, à savoir les juges.

Dans mon propre pays, le Burundi, force m’est de constater qu’au moment où la justice doit être prononcée me concernant, ces garanties essentielles n’ont pas été respectées.

Toute instruction préliminaire d’un procès et toutes instructions d’audience doivent être faits à charge et à décharge. La partie poursuivante et la défense doivent être placés sur pied d’égalité pendant la procédure pour permettre d’échanger les moyens de preuve et les arguments de droit.

Permettez-moi, Monsieur le Président, de vous dire que cette garantie fondamentale ne m’a pas été reconnue ni avant ni pendant mon procès.

Aucun de mes avocats n’a eu copie des pièces de mon dossier et il en fut à fortiori pour le soussigné. Je n’ai pas eu le temps ni le loisir d’analyser ces pièces pour préparer ma défense.

Simultanément toutes mes demandes d’instruction ont été rejetées.

J’ai demandé maintes fois l’audition du ministre de la Défense et du chef d’Etat-major de l’époque ainsi que de l’ancien chef du service de renseignement, tous les trois étant des acteurs majeurs de ces jours cruciaux du mois de mai 2015.

Leurs témoignages et leur confrontation avec le soussigné auraient donné de précieuses informations sur les personnes concernées par ce dossier au sommet de l’appareil d’Etat et sur le choix douloureux qu’elles ont estimé devoir faire dans l’intérêt de la loi ainsi que sur leurs trahisons et sur les motivations de ces trahisons. Le récit des discussions entre les différents protagonistes les 13 et 14 mai dernier sont évidemment cruciaux et nous disposons de nombreux témoignages susceptibles de vous donner un éclairage complet sur ces événements.

La tenue de ces mesures d’instruction préliminaires ou d’audience aurait permis également de solliciter d’autres témoignages utiles à la manifestation de la vérité judiciaire. En effet, l’action entreprise ne visait pas à causer préjudice à qui que ce soit. Elle visait uniquement à garantir le respect des accords d’Arusha et de notre Constitution ainsi que des lois du peuple burundais.

Ces mesures d’instruction élémentaire n’ont pas été respectées à aucun stade de la procédure.

Pour me défendre, j’avais demandé l’intervention de trois avocats, Me Onésime Kabayabaya, Me Lambert Nsabimana et Me Bernard Maingain. Tous trois ont ma confiance.

Les premier et second jours du procès, ils ont tous les trois été récusés pour des motifs divers.

Me Maingain n’est pas burundais mais il a pris en charge nombre de défenses dans la région sans se soucier d’autre chose que la mission d’auxiliaire de la justice et peu lui importe l’origine ethnique ou sociale ou autre de ceux qui le consultent. Il a la confiance de nombre de mes concitoyens et reçoit leurs confidences en respectant scrupuleusement le secret professionnel. Il exerce son métier sans qu’on lui ait fait le moindre reproche disciplinaire ou pénal depuis plus de 37 ans.

Les avocats que j’avais choisis au Burundi sont de la même trempe et de la même qualité à mes yeux. Ils travaillent avec le plus grand respect de la loi et une haute idée de leur fonction d’auxiliaires de la justice. Ils n’ont jamais été mêlés à quelque violation de la loi que ce soit. Ils ont ma totale confiance. Je leur fais confiance depuis le début de mes difficultés judiciaires.

Ils ont aussi la réputation de servir la loi sans se laisser intimider. J’avais la conviction que leur parole serait libre à la barre ce qui est évidemment important. Pour ces hommes assumer une défense dans ces conditions n’est pas facile mais tous trois l’ont accepté. Ils m’ont tous les trois confié les nombreuses pressions dont ils furent l’objet depuis qu’ils ont signalé leur intervention.

Ils ont même été menacés dans leur existence physique au point que des négociations étaient menées pour leur assurer un minimum de protection.

Lors de l’audience d’introduction, ils avaient fait le choix de dénoncer d’abord devant vous les irrégularités de procédure qu’ils avaient constatées, de mettre en place un calendrier d’audience susceptible de favoriser une instruction complète de l’audience, de négocier un temps suffisant pour leurs plaidoiries. Ils ont tous trois été écartés des débats en deux jours d’audience. L’un sous le prétexte d’une complicité dans le putsch ce qui est une accusation absurde et les autres sous le prétexte d’une entrave à la justice alors qu’ils se contentaient de demander le respect des règles du procès équitable.

Ce procès se tient après avoir décapité la défense de toute possibilité d’intervention en ma faveur. C’est dès lors un procès sans respect des droits de la défense.

Avant-hier, j’ai appris que vous aviez commis d’office des avocats.

A supposer même que tout ceci soit légal, ce qui n’est absolument pas le cas, vous conviendrez que dans ce cas, j’ai le droit de rencontrer mes avocats et ceux-ci doivent pouvoir échanger avec moi, prendre connaissance du dossier, l’obtenir en copie, le lire, solliciter des mesures d’instruction complémentaires, déposer des mémoires pour faire valoir mes droits en justice.

Ils ont d’ailleurs eu la grande honnêteté de vous le rappeler avant-hier. Un avocat commis d’office ne peut être réduit au rôle de témoin impuissant d’une procédure. La robe de l’avocat ne peut être simplement le prétexte à une mise en scène dont il serait le spectateur impuissant. C’est pourtant ce que vous essayez de faire les concernant. En effet, après avoir commis d’office ces avocats, vous les forcez à assister impuissants aux audiences pour tenter de tirer avantage de cette présence au niveau procédural mais personne, dans le monde entier, n’est dupe de cette mise en scène.

Vous m’avez ainsi imposé de poursuivre seul ma défense sans même le moindre délai pour l’organiser et me préparer personnellement puisque je suis privé d’avocat. Une nouvelle fois, les droits élémentaires de la défense sont bafoués.

Enfin, et ce n’est pas la moindre des choses, je vous rappelle les conditions particulières de détention dans lesquelles les parties citées devant vous se trouvent. Nous les assumons avec dignité. Sous prétexte d’un risque d’attaque de la prison, vous avez renforcé les conditions carcérales de mes codétenus et de moi-même. Dans ce cadre, les conditions carcérales ne peuvent être ni inhumaines ni dégradantes. C’est pourtant ce qui arriva. Nous reconnaissons toutefois qu’il y a eu un léger assouplissement de ces conditions mais des atteintes aux droits de l’Homme subsistent notamment l’isolement, le non accès aux activités d’intérêt collectif de la prison et le droit au culte. L’exemple le plus fragrant est celui du refus à ce droit même le jour de Noel 2015.

Les conditions de promenade ont été réduites à plus qu’un minimum. Les possibilités d’activité sportive ou physique limitées. L’espace vital dans la prison diminué totalement. Je sais que le Haut-commissariat aux Droits de l’Homme des Nations Unies qui a accepté de suivre mon cas et celui de mes codétenus a rédigé de nombreux rapports concernant notre situation de détention. Je demande ici que ces rapports soient déposés au dossier de procédure.

Je ne suis pas sûr que c’est en plaçant des policiers devant les portes des cellules et en leur donnant l’ordre d’abattre les détenus en cas d’attaque que ces conditions de détention répondent aux standards élémentaires de respect des droits de la personne humaine.

Toutes ces violations des droits de l’homme devraient m’amener à ce stade à arrêter de me défendre car je suis convaincu que les standards du procès équitable ne sont pas rencontrés.

Mais je veux aller plus loin.

Oui, il me faut redire que les actes posés par le soussigné l’ont été en conscience et connaissance de cause. Dès que l’autorité, fut-elle suprême donne des ordres allant dans le sens de la violation de la loi et mettant en danger le peuple, même le plus discipliné des militaires ou policiers est en droit de refuser l’ordre et ce pour l’intérêt supérieur du pays.

Quant à savoir le pourquoi du recours à des moyens lourds dont vous m’accusez, je me demande par quel moyen nous aurions pu tempérer la folie meurtrière d’une police et d’un service de renseignement surarmé à l’endroit d’une population innocente et sans défense. Par ailleurs, ces moyens lourds n’ont été utilisés qu’à titre dissuasif. Les images de l’événement en disent long.

Comme je l’ai dit à la barre il y a 48 heures, monsieur Nkurunziza a goûté au fruit défendu et personne n’a douté que cette violation de la loi était d’une gravité extrême et qu’elle portait un coup de poignard insupportable dans les accords d’Arusha. Tout comme la corruption endémique qui sévissait dans notre pays et qui n’était plus poursuivie, tout comme les nombreux assassinats politiques jamais suivis d’enquêtes dignes de ce nom, la violation du pacte fondateur à l’occasion des élections consommait la rupture entre le Président et son peuple.

Cette rupture fut suivie d’une répression sanglante et prévue de longue date de toute forme de contestation par la population. Au moment où nous intervenons le 13 mai, le peuple burundais est déjà atteint dans sa chair. Des militants tombent sous les balles de policiers, de faux policiers et de miliciens Imbonerakure. Le droit de manifester est désormais ouvertement réprimé sauf au bénéfice de ceux qui soutiennent Monsieur Nkurunziza et les pressions sur la société civile et sur les militants des droits de l’homme atteignent un niveau d’intensité considérable.

Ici encore, vous m’avez privé du droit de faire entendre les témoins des faits de contexte qui permet de comprendre notre action. Car la motivation de l’action des dirigeants de l’armée, du chef d’Etat major et du ministre de la défense lors des réunions préparatoires, n’était nullement de réaliser un putsch comme d’aucuns l’ont rappelé. Il ne s’agissait pas de ramener au pouvoir des personnes sans légitimité démocratique, ce pourquoi le peuple burundais se bat depuis des années.

Il s’agissait pour les personnes impliquées dont moi-même de démettre un homme qui avait goûté au fruit défendu et de neutraliser sa capacité de violer la loi, pour restaurer le processus démocratique. Ce sont en tous cas les ordres clairs que le Chef d’Etat-major et le Ministre de la Défense de l’époque nous ont donnés et que nous avions choisi d’exécuter en âme et conscience.

Nous voulions aussi que cette intervention soit exécutée sans effusion de sang. Tous les dirigeants militaires, du moins officiellement, partageaient cette vision et tous étaient convaincus que le peuple burundais dans sa toute grande majorité, soutenait notre démarche. La liesse populaire le 13 mai à Bujumbura en atteste d’ailleurs. Notre intervention a été comparée à la révolution des œillets au Portugal et à d’autres mouvements de forces armées lorsque celle-ci décide d’agir avec bienveillance pour la restauration de la loi. Ce fut exactement notre motivation.

Notre seule erreur fut de croire que tous ceux qui préparaient cette intervention avaient la même sincérité et la même honnêteté. Ce ne fut pas le cas.

Dans un procès respectueux des droits de la défense et des normes du procès équitable, il y aurait eu tant de témoins à inviter à la barre et tant d’éléments factuels à soumettre à votre analyse et à votre jugement mais tout cela nous a été interdit.

Voilà l’histoire qui a tourné tragiquement alors que nous nous devions de poser ces actes pour préserver la loi et la démocratie au Burundi.

Il reste à savoir pour vous si le souci du respect de l’accord d’Arusha et de la Constitution, si la volonté de respecter les droits fondamentaux des burundais, si la volonté d’organiser des élections libres et démocratiques sont des motivations justifiant une condamnation.

Les faits survenus depuis le 13 mai 2015 nous confortent dans l’idée que l’état de nécessité justifiait notre démarche de militaires. A aucun moment le moindre geste n’a été posé pour la restauration des libertés fondamentales. Le peuple burundais souffre comme il a rarement souffert. Le peuple burundais n’a pas pu participer à des élections libres et les dénonciations à ce sujet ont plu de partout. A aucun moment, une solution de compromis n’a été recherchée avec l’opposition. Les événements récents de Kampala en sont la triste illustration.

J’assume dès lors comme militaire le choix effectué même si cette démarche a échoué. La motivation était légale. Le principe de proportionnalité quant au choix des voies et moyens a été respecté, les militaires voulant agir en causant le moins de préjudice possible à la population et ayant agi en ce sens tout au long des événements.

Aujourd’hui nous sommes en prison mais la loi fondamentale n’est plus respectée et le contrat social qui devrait unir tous les citoyens semble oublié. L’on refuse même d’en discuter.

Aujourd’hui, à la faveur d’un procès bâclé, l’on tente de nous faire passer pour des boucs émissaires et l’on nous réclame des condamnations pénales et le payement de dommages et intérêts au civil concernant des événements survenus que nous n’avons pas ordonnés, auxquels nous n’avons pas participé et qui nous sont totalement étrangers. Nous contestons formellement ces accusations. Nous contestons formellement avoir commandité ces événements que l’on tente de nous mettre à dos aujourd’hui, nous contestons formellement en avoir été auteurs, coauteurs et complices. C’est l’étape ultime d’une procédure inadmissible visant à faire de nous les boucs émissaires de tous les maux qui ont touché notre pays.

Au terme de ce mémoire, je redis que mon seul souci fut le respect de la loi et du peuple burundais.

Si la justice inéquitable de Gitega ne veut pas rendre compte de la loyauté de notre démarche, le jugement de l’histoire subsistera à tout jamais. J’ai servi mon peuple. Je veux être jugé sur mes actes. Vive le Burundi libre, vive le peuple burundais libre, vive les accords d’Arusha, vive l’Etat de droit et la démocratie.

Général-Major Cyrille NDAYIRUKIYE

Discours profond du Pape François sur le BONHEUR.

« Tu peux  avoir des défauts, être anxieux et parfois irrité, mais n’oubie pas que ta vie est la plus grande société dans le monde et toi seul peux en empêcher le déclin. Beaucoup de gens t’apprécient, t’admirent et t’aiment.

J’aimerais que tu te rappelles qu’être heureux ce n’est pas avoir un ciel sans tempête, une route sans accident de la circulation, un travail sans fatigue, relations sans désillusions.

Etre heureux, c’est trouver la force dans le pardon, l’espoir dans les batailles, la sécurité sur la scène de la peur, l’amour dans les désaccords.

Etre heureux  ce n’est pas apprécier seulement le sourire, mais aussi réfléchir sur la tristesse. Ce n’est pas seulement célébrer la réussite, mais apprendre les leçons des échecs. Ce n’est pas seulement se sentir heureux avec les applaudissements mais  être heureux dans l’anonymat.

Etre  heureux c’est reconnaître que la vie vaut d’être vécue, malgré tous les défis, les malentendus et les périodes de crise. Etre heureux n’est pas une fatalité du destin mais une victoire pour ceux qui sont capables de voyager dans leur être.

Etre heureux, c’est de cesser de se sentir victime des problèmes et de devenir un acteur de sa propre histoire. C’est traverser les déserts en dehors de soi, mais être capable de trouver un oasis dans les recoins de notre âme. C’est remercier Dieu chaque matin pour le miracle de la vie.

Etre heureux ce n’est pas avoir peur de ses sentiments. c’est savoir parler de soi. C’est avoir le courage d’entendre un  » NON ». C’est se sentir confiant d’avoir une critique, bien qu’injuste. C’est embrasser les enfants, choyer les parents, vivre des moments poétiques avec des amis, même s’ils nous blessent.

Etre heureux c’est laisser vivre la créature qui  vit en chaque de nous, libre, joyeuse et simple. C’est avoir la maturité nécessaire pour dire:  » JE ME SUIS TROMPE ». C’est avoir le courage de dire:  » PARDONNES-MOI ». C’est avoir la sensibilité pour dire:  » J’AI BESOIN DE TOI ». C’est avoir la capacité de dire: « JE T’AIME ».

Que ta vie devienne un jardin d’occasions d’être heureux… Que dans tes printemps tu sois amant de la joie! Que dans tes hivers tu sois ami de la sagesse. Et que quand tu te trompes de route tu recommence à zéro. Comme ça tu seras plus passionné pour la vie. Et tu découvrira qu’être heureux, ce n’est pas avoir une vie parfaite. Mais user les larmes pour irriguer la tolérance. Utiliser les pertes pour aiguiser la patience. Utiliser les erreurs pour sculpter la sérénité. Utiliser la douleur pour lapider le plaisir. Utiliser les obstacles pour ouvrir les fenêtres de l’intelligence. Ne jamais se rendre! Ne jamais renoncer! Donner à ceux que tu aimes!

Ne jamais renoncer au bonheur, car la vie est un spectacle incroyable! »

RED-TABARA: un nouveau front armé.

Hier le 4 janvier 2016, le 31 décembre 2015, Bujumbura a subit des attaques d’un mouvement armé dénommé  » Résistance pour un Etat de Droit au Burundi », RED-TABARA en sigle. Ce mouvement armé qui vient s’ajouter au FNL du Général Nzabampema Aloys et au FOREBU revendiqué par le Lieutenant-colonel Edouard Nshimirimana, démontre que si Nkurunziza Pierre continue à saboter la voie des négociations politiques, des burundais sont résolus à résister à son plan macabre d’exterminer toute voix discordante à sa dictature. « En l’absence de l’intervention d’une force africaine ou onusienne pour arrêter les massacres de Pierre Nkurunziza, RED-TABARA a le devoir de protéger  le peuple burundais qui est pris en otage par un régime sanguinaire sans foi ni lois », telle est la substance du message que le commandant de RED-TABARA a confié à notre rédaction, nous y reviendrons en détails.

Entre temps, le rendez-vous du 6 janvier à Arusha n’est pas à l’ordre du jour. Pourtant les burundais y avaient cru. Mais Nkurunziza qui, dans son discours de fin d’année a démontré qu’il  se moque des malheurs du peuple burundais, s’amuse à torpiller ce processus de négociations. Voudrait-il imposer une autre guerre civile au Burundi? Cette option risque de lui coûter cher. En effet pour le commandant de RED-TABARA,  » Pierre Nkurunziza est un criminel que nous devons capturer et  traîner en justice ». C’est dire que le front armé ne lui fera pas de cadeau!

Andy Nyandwi.

 

 

Les insolites de l’oligarchie de Bujumbura à Entebbe

Ce lundi 28 décembre 2015, au palais présidentiel d’Entebbe se tenait le premier contact entre l’opposition burundaise et le pouvoir de facto de Pierre Nkuruniza. Tel un enfant qui a peur d’une piqûre, les envoyés de Pierre Nkurunziza, venus en nombre impressionnant avait la frousse  qui était lisible aux yeux. Ainsi de bourdes aux insolites, ils n’ont cessé de trébucher. Appréciez par vous même:

  1. Avant le début des cérémonies ils hésitent d’entrer dans la salle parce qu’ils viennent d’apprendre que le chef de l’opposition qui montera à la tribune pour s’adresser à la médiation  et au parterre d’invités n’est pas leur allié Agathon Rwasa mais bel et bien l’honorable Léonard Nyangoma, président du CNARED. Ils finiront par rentrer dans la salle.
  2. Quand le maître des cérémonies invite le ministre Nyamitwe Alain à la tribune, c’est le deuxième vice-président du CNDD-FDD, le terrible Burikukiye qui se précipite à la tribune et annone pendant quelques minutes que le pouvoir du CNDD-FDD pose des préalables au début des négociations proprement dites notamment les parties au négociations.
  3. L’incident clos, Alain Nyamitwe peut prendre le micro. Il fait un très long discours où il conte l’histoire du Burundi de depuis plusieurs décennies. Le Médiateur est obligé de le ramener à l’ordre en lui rappelant qu’on était pas là pour suivre une leçon de l’histoire  du Burundi.
  4. Quand le tour du Président de l’opposition arrive, Rwasa  Agathon qui est assis dans la tribune de l’opposition ronge les freins; il avait un discours à la main. Il ne le prononcera pas. Surpris par sa présence dans la tribune de l’opposition, Léonard Nyangoma est obligé dans son discours de rappeler le prescrit de la constitution qui dispose en son article 173 qu’aucun parti ayant des membres au gouvernement ne peut se prévaloir d’être à l’opposition. La même mise au point concernait les partisans de Sindimwo qui occupaient eux aussi des sièges du côté de l’opposition. A côté de cette insolite  d’une ambivalence des membres du gouvernement qui se réclament en même temps de l’opposition, est venu la sortie des délégués du pouvoir, en tête Alain Nyamitwe, quand le président du CNARED a commencé à citer les déboires du pouvoir de Monsieur Pierre Nkurunziza. Ils sont tous sortis.
  5. A la fin du discours de l’honorable Léonard Nyangoma, Monsieur Rwasa Agathon dira à l’honorable Léonce Ngendakumana qui était assis à sa gauche, que le discours du Président du CNARED avait le même contenu que le sien.  Léonce Ngendakumana lui conseilla  d’être conséquent en  démissionnant des institutions.
  6. Le communiqué du ministère des Affaires Etrangères burundais qui rejette la date du 6 janvier 2016. Ce communiqué qui est presque un désaveu du Médiateur est une bourde qui peut coûter cher à Bujumbura. On ne crache pas à la figure d’un  vieux sage d’Afrique comme le Président Museveni. Surtout quand il s’appelle Médiateur. C’est le principe le plus élémentaire des techniques de négociations. A leur décharge, ils ne savent pas, ils ont tout à apprendre. Surtout apprendre à négocier, à discuter, à dialoguer avec l’opposition, cette fois-ci sans le couteau à la gorge! Un exercice nouveau pour Nkurunziza Pierre et les siens.

En définitive, ce que le pouvoir de facto de Pierre Nkurunziza doit comprendre pour limiter ces bourdes à répétition, c’est qu’il est une partie au procès! C’est d’ailleurs par cette observation que le Médiateur a quitté la salle.

(Sé) Pancrace CIMPAYE.

 

 

NEGOCIATIONS INTERBURUNDAISES D’ENTEBBE: Discours du président du CNARED-GIRITEKA

 

Au nom du Conseil national pour le Respect de l’Accord d’Arusha pour la Paix et la réconciliation au Burundi et de l’Etat de Droit, CNARED-GIRITEKA, permettez-moi de prime abord, de m’acquitter d’un très honorable devoir de remerciements:

Très chaleureusement ,je tiens à témoigner ma profonde gratitude au peuple Ougandais en général pour son hospitalité, au Président de la République en particulier pour sa disponibilité; malgré un calendrier très chargé, son Excellence Yoweri Kaguta Museveni a bien voulu accepter la lourde tâche de médiation dans la crise burundaise.

Nos remerciements vont également à ses pairs de la Communauté de l’Afrique de l’Est et de l’Union africaine qui n’ont ménagé aucun effort pour contribuer à la résolution de la crise burundaise.

J’exprime aussi un sentiment de gratitude aux pays de l’Union européenne en général et particulièrement les pays comme le Royaume de Belgique,la France, les Pays bas, l’Allemagne et la Suisse. Que les Etats Unis d’Amérique se reconnaissent aussi dans cette liste non exhaustive des pays aux quels nous devons beaucoup da qui se sont mobilisées pourns notre lutte pour la sauvegarde de l’Accord d’Arusha pour la paix et la Réconciliation au Burundi et de la constitution.

A l’Union africaine, l’union Européenne aux nations Unies ainsi qu’à toutes les personnalités pour crier au secours, nous disons également merci. sans leur intervention les souffrances des burundais auraient été vécues à huis clos.

Excellences,

Mesdames et Messieurs,

Je voudrais ensuite saluer la bravoure, la détermination et la résistance du peuple burundais, surtout les jeunes, contre la tyrannie que lui impose depuis une longue et pénible décennie, le régime en place à Bujumbura. hommage à nos courageux journalistes qui ont refusé d’être bâillonnés, contraints à la pensée unique ou réduits au silence. Hommage aux organisations de la société civile qui  ont fait du Burundi le pays des milles témoins, le pays des mille voix, le pays  des milles versions, le pays des milles débats, le pays de mille protestations. Ici je rends particulièrement un vibrant hommage à Pierre Claver Mbonimpa ici présent, qui est l’icône d’une société civile burundaise au service d’un peuple opprimé. Je rends aussi un grand hommage à toutes les victimes, connues ou anonymes, aux prisonniers, aux enlevés et disparus sans laiser de traces, aux étranglés, aux gens ligotés et jetés dans  les trous et précipices, dans les fleuves ou lacs; hommages aux fusillés, aux morts d’inanition, aux torturés, aux morts sans sépulture. A toutes ces victimes du pouvoir de facto de Bujumbura, nous devons un grand respect, la vérité et la justice.

Excellences,

Mesdames et Messieurs,,

Une question se dresse devant nous: c’est celle de la raison de nos malheurs. Celle de la nature et de l’origine du conflit burundais. Qui s’oppose à qui? pour le CNARED-GIRITEKA, le conflit actuel n’oppose pas  les ethnies comme veut l’accréditer le régime de facto de Bujumbura dans sa campagne pour justifier ses crimes. Il n’oppose pas non plus le Burundi et un autre pays, fût-il l’ancien colonisateur ou l’un ou l’autre des pays voisins. le conflit burundais est  fondamentalement politique, économique et social. Ce système qui gangrène le Burundi refuse le pluralisme politique et social, divise délibérément les partis de l’opposition en avalisant des congrès illégaux, ferme et verrouille l’espace politique, monopolise l’administration publique, viole constamment les lois. Un tel système, foncièrement intolérant et violent peut-il organiser des élections crédibles? peut-il les organiser et les perdre? Peut-il être pour la limitation des mandats ou l’alternance? Au niveau judiciaire, la magistrature est instrumentalisée par l’exécutif. Au Burundi on ne parle plus de justice mais de la loi de la jungle! Et comme si tout ce chapetet de misère ne suffisait pas, une cllique d’extrémistes a tout fait pour  saper la cohésion et la sécurité publique en mettant en place une milice, la jeunesse des IMBONERAKURE en revêtant des tenues  de la police et de l’armée.

Excellences,

Mesdames et Messieurs,

C’est pour lutter contre ce système que s’est constitué le CNARED-GIRITEKA, que j’ai l’honneur de présider. la crise consécutive à la candidature de Monsieur Pierre Nkurunziza pour un troisième mandat illégal n’a été en réalité, que  la suite logique d’une longue série de mauvaises habitudes, de vices et de malheurs qui ont caractérisé les dix ans de règne de Monsieur Pierre Nkurunziza et son parti. Aussi serait-il insuffisant et inefficace de traiter l’effet sans remonter aux causes.; nous nous devons de diagnostiquer le mal à la racine et , ensuite, d’appliquer une thérapie appropriée. En clair,  LE NOEUD DU PROBLEME BURUNDAIS, C  ‘EST BIEN PIERRE NKURUNZIZA. De ce problème est né de nombreux contentieux:

  1. Un contentieux politique lié au non respect de l’Accord d’Arusha et de la Constitution;
  2. Un contentieux sécuritaire matérialisé par la création de la milice armée IMBONERAKURE et la destruction des corps de défense et de sécurité;
  3. Un contentieux juridique liés à l’élaboration des lois liberticides;
  4. Un contentieux économique dû notamment à la corruption et aux malversations économiques sans précédent.

Excellences,

Mesdames et messieurs,

Au regard de tous ces contentieux, tenant compte de la nécessité d’aller à l’essentiel et d’avancer rapidement vers des solutions viables et pratiques, le CNARED-GIRITEKA, propose l’agenda suivant:

  1. Le rétablissement de l’Accord d’Arusha pour la Paix et la Réconciliation au Burundi et de la constitution de la République du Burundi;
  2. La situation sécuritaire;
  3. Les conséquences du troisième mandat;
  4. La relance, la gouvernance et la réhabilitation économique;
  5. Les institutions de transition;
  6. Calendrier et garanties de la mise en application de l’accord conclu.

Toutes ces questions devraient être examinées, afin que nous stabilisions à nouveau notre contrat social. Au nom du CNARED-GIRITEKA? J’aimerais demander aux deux parties en conflit de privilégier les intérêts supérieurs de la nation et du peuple burundais pendant ces pourparlers. Je demande surtout  à la partie adverse de retrouver la voie du bon sens et de la raison. En effet, peut-on avoir raison et se retrouver en but à la désapprobation quasi unanime de la communauté internationale? Peut-on gérer la nation avec équité et voir des centaines de milliers de citoyens abandonner leurs biens et se retrouver en exil, exposés à des épidémies, aux affres de l’incertitude et de la dépendance totale? Peut-on gérer un pays en bon père de famille et le voir sur la liste des pays les plus corrompus au  monde, les premiers au monde à pratiquer la dictature?

Excellences,

Mesdames et Messieurs,

Avant de terminer mon propos, je saisis cette occasion pour saluer la décision de l’Union africaine d’envoyer des troupes  d’intervention au Burundi pour la protection de la population et la prévention d’un génocide politico-ethnique qui plane sur le Burundi.

En ce qui concerne le CNARED, je veux prendre un engagement que nous voulons des négociations sérieuses, sans faux fuyants. Nous sommes prêts à discuter de toutes les questions pour l’intérêt de notre peuple. Nous voulons construire des  institutions fortes et elles ne seront fortes et  stables que si les dirigeants  respectent la loi et la parole donnée, s’ils sont élus régulièrement de façon juste et transparente, s’ils gèrent le patrimoine national en ayant à cœur le bien de tous et non d’une petite minorité. bref, s’ils peuvent dire au peuple burundais, en toute sincérité, ce mot du prince Louis Rwagasore, héros de l’indépendance du Burundi:  » Vous nous jugerez à nos actes et votre satisfaction sera notre fierté ».

Je vous remercie.