Discours profond du Pape François sur le BONHEUR.

« Tu peux  avoir des défauts, être anxieux et parfois irrité, mais n’oubie pas que ta vie est la plus grande société dans le monde et toi seul peux en empêcher le déclin. Beaucoup de gens t’apprécient, t’admirent et t’aiment.

J’aimerais que tu te rappelles qu’être heureux ce n’est pas avoir un ciel sans tempête, une route sans accident de la circulation, un travail sans fatigue, relations sans désillusions.

Etre heureux, c’est trouver la force dans le pardon, l’espoir dans les batailles, la sécurité sur la scène de la peur, l’amour dans les désaccords.

Etre heureux  ce n’est pas apprécier seulement le sourire, mais aussi réfléchir sur la tristesse. Ce n’est pas seulement célébrer la réussite, mais apprendre les leçons des échecs. Ce n’est pas seulement se sentir heureux avec les applaudissements mais  être heureux dans l’anonymat.

Etre  heureux c’est reconnaître que la vie vaut d’être vécue, malgré tous les défis, les malentendus et les périodes de crise. Etre heureux n’est pas une fatalité du destin mais une victoire pour ceux qui sont capables de voyager dans leur être.

Etre heureux, c’est de cesser de se sentir victime des problèmes et de devenir un acteur de sa propre histoire. C’est traverser les déserts en dehors de soi, mais être capable de trouver un oasis dans les recoins de notre âme. C’est remercier Dieu chaque matin pour le miracle de la vie.

Etre heureux ce n’est pas avoir peur de ses sentiments. c’est savoir parler de soi. C’est avoir le courage d’entendre un  » NON ». C’est se sentir confiant d’avoir une critique, bien qu’injuste. C’est embrasser les enfants, choyer les parents, vivre des moments poétiques avec des amis, même s’ils nous blessent.

Etre heureux c’est laisser vivre la créature qui  vit en chaque de nous, libre, joyeuse et simple. C’est avoir la maturité nécessaire pour dire:  » JE ME SUIS TROMPE ». C’est avoir le courage de dire:  » PARDONNES-MOI ». C’est avoir la sensibilité pour dire:  » J’AI BESOIN DE TOI ». C’est avoir la capacité de dire: « JE T’AIME ».

Que ta vie devienne un jardin d’occasions d’être heureux… Que dans tes printemps tu sois amant de la joie! Que dans tes hivers tu sois ami de la sagesse. Et que quand tu te trompes de route tu recommence à zéro. Comme ça tu seras plus passionné pour la vie. Et tu découvrira qu’être heureux, ce n’est pas avoir une vie parfaite. Mais user les larmes pour irriguer la tolérance. Utiliser les pertes pour aiguiser la patience. Utiliser les erreurs pour sculpter la sérénité. Utiliser la douleur pour lapider le plaisir. Utiliser les obstacles pour ouvrir les fenêtres de l’intelligence. Ne jamais se rendre! Ne jamais renoncer! Donner à ceux que tu aimes!

Ne jamais renoncer au bonheur, car la vie est un spectacle incroyable! »

RED-TABARA: un nouveau front armé.

Hier le 4 janvier 2016, le 31 décembre 2015, Bujumbura a subit des attaques d’un mouvement armé dénommé  » Résistance pour un Etat de Droit au Burundi », RED-TABARA en sigle. Ce mouvement armé qui vient s’ajouter au FNL du Général Nzabampema Aloys et au FOREBU revendiqué par le Lieutenant-colonel Edouard Nshimirimana, démontre que si Nkurunziza Pierre continue à saboter la voie des négociations politiques, des burundais sont résolus à résister à son plan macabre d’exterminer toute voix discordante à sa dictature. « En l’absence de l’intervention d’une force africaine ou onusienne pour arrêter les massacres de Pierre Nkurunziza, RED-TABARA a le devoir de protéger  le peuple burundais qui est pris en otage par un régime sanguinaire sans foi ni lois », telle est la substance du message que le commandant de RED-TABARA a confié à notre rédaction, nous y reviendrons en détails.

Entre temps, le rendez-vous du 6 janvier à Arusha n’est pas à l’ordre du jour. Pourtant les burundais y avaient cru. Mais Nkurunziza qui, dans son discours de fin d’année a démontré qu’il  se moque des malheurs du peuple burundais, s’amuse à torpiller ce processus de négociations. Voudrait-il imposer une autre guerre civile au Burundi? Cette option risque de lui coûter cher. En effet pour le commandant de RED-TABARA,  » Pierre Nkurunziza est un criminel que nous devons capturer et  traîner en justice ». C’est dire que le front armé ne lui fera pas de cadeau!

Andy Nyandwi.

 

 

Les insolites de l’oligarchie de Bujumbura à Entebbe

Ce lundi 28 décembre 2015, au palais présidentiel d’Entebbe se tenait le premier contact entre l’opposition burundaise et le pouvoir de facto de Pierre Nkuruniza. Tel un enfant qui a peur d’une piqûre, les envoyés de Pierre Nkurunziza, venus en nombre impressionnant avait la frousse  qui était lisible aux yeux. Ainsi de bourdes aux insolites, ils n’ont cessé de trébucher. Appréciez par vous même:

  1. Avant le début des cérémonies ils hésitent d’entrer dans la salle parce qu’ils viennent d’apprendre que le chef de l’opposition qui montera à la tribune pour s’adresser à la médiation  et au parterre d’invités n’est pas leur allié Agathon Rwasa mais bel et bien l’honorable Léonard Nyangoma, président du CNARED. Ils finiront par rentrer dans la salle.
  2. Quand le maître des cérémonies invite le ministre Nyamitwe Alain à la tribune, c’est le deuxième vice-président du CNDD-FDD, le terrible Burikukiye qui se précipite à la tribune et annone pendant quelques minutes que le pouvoir du CNDD-FDD pose des préalables au début des négociations proprement dites notamment les parties au négociations.
  3. L’incident clos, Alain Nyamitwe peut prendre le micro. Il fait un très long discours où il conte l’histoire du Burundi de depuis plusieurs décennies. Le Médiateur est obligé de le ramener à l’ordre en lui rappelant qu’on était pas là pour suivre une leçon de l’histoire  du Burundi.
  4. Quand le tour du Président de l’opposition arrive, Rwasa  Agathon qui est assis dans la tribune de l’opposition ronge les freins; il avait un discours à la main. Il ne le prononcera pas. Surpris par sa présence dans la tribune de l’opposition, Léonard Nyangoma est obligé dans son discours de rappeler le prescrit de la constitution qui dispose en son article 173 qu’aucun parti ayant des membres au gouvernement ne peut se prévaloir d’être à l’opposition. La même mise au point concernait les partisans de Sindimwo qui occupaient eux aussi des sièges du côté de l’opposition. A côté de cette insolite  d’une ambivalence des membres du gouvernement qui se réclament en même temps de l’opposition, est venu la sortie des délégués du pouvoir, en tête Alain Nyamitwe, quand le président du CNARED a commencé à citer les déboires du pouvoir de Monsieur Pierre Nkurunziza. Ils sont tous sortis.
  5. A la fin du discours de l’honorable Léonard Nyangoma, Monsieur Rwasa Agathon dira à l’honorable Léonce Ngendakumana qui était assis à sa gauche, que le discours du Président du CNARED avait le même contenu que le sien.  Léonce Ngendakumana lui conseilla  d’être conséquent en  démissionnant des institutions.
  6. Le communiqué du ministère des Affaires Etrangères burundais qui rejette la date du 6 janvier 2016. Ce communiqué qui est presque un désaveu du Médiateur est une bourde qui peut coûter cher à Bujumbura. On ne crache pas à la figure d’un  vieux sage d’Afrique comme le Président Museveni. Surtout quand il s’appelle Médiateur. C’est le principe le plus élémentaire des techniques de négociations. A leur décharge, ils ne savent pas, ils ont tout à apprendre. Surtout apprendre à négocier, à discuter, à dialoguer avec l’opposition, cette fois-ci sans le couteau à la gorge! Un exercice nouveau pour Nkurunziza Pierre et les siens.

En définitive, ce que le pouvoir de facto de Pierre Nkurunziza doit comprendre pour limiter ces bourdes à répétition, c’est qu’il est une partie au procès! C’est d’ailleurs par cette observation que le Médiateur a quitté la salle.

(Sé) Pancrace CIMPAYE.

 

 

NEGOCIATIONS INTERBURUNDAISES D’ENTEBBE: Discours du président du CNARED-GIRITEKA

 

Au nom du Conseil national pour le Respect de l’Accord d’Arusha pour la Paix et la réconciliation au Burundi et de l’Etat de Droit, CNARED-GIRITEKA, permettez-moi de prime abord, de m’acquitter d’un très honorable devoir de remerciements:

Très chaleureusement ,je tiens à témoigner ma profonde gratitude au peuple Ougandais en général pour son hospitalité, au Président de la République en particulier pour sa disponibilité; malgré un calendrier très chargé, son Excellence Yoweri Kaguta Museveni a bien voulu accepter la lourde tâche de médiation dans la crise burundaise.

Nos remerciements vont également à ses pairs de la Communauté de l’Afrique de l’Est et de l’Union africaine qui n’ont ménagé aucun effort pour contribuer à la résolution de la crise burundaise.

J’exprime aussi un sentiment de gratitude aux pays de l’Union européenne en général et particulièrement les pays comme le Royaume de Belgique,la France, les Pays bas, l’Allemagne et la Suisse. Que les Etats Unis d’Amérique se reconnaissent aussi dans cette liste non exhaustive des pays aux quels nous devons beaucoup da qui se sont mobilisées pourns notre lutte pour la sauvegarde de l’Accord d’Arusha pour la paix et la Réconciliation au Burundi et de la constitution.

A l’Union africaine, l’union Européenne aux nations Unies ainsi qu’à toutes les personnalités pour crier au secours, nous disons également merci. sans leur intervention les souffrances des burundais auraient été vécues à huis clos.

Excellences,

Mesdames et Messieurs,

Je voudrais ensuite saluer la bravoure, la détermination et la résistance du peuple burundais, surtout les jeunes, contre la tyrannie que lui impose depuis une longue et pénible décennie, le régime en place à Bujumbura. hommage à nos courageux journalistes qui ont refusé d’être bâillonnés, contraints à la pensée unique ou réduits au silence. Hommage aux organisations de la société civile qui  ont fait du Burundi le pays des milles témoins, le pays des mille voix, le pays  des milles versions, le pays des milles débats, le pays de mille protestations. Ici je rends particulièrement un vibrant hommage à Pierre Claver Mbonimpa ici présent, qui est l’icône d’une société civile burundaise au service d’un peuple opprimé. Je rends aussi un grand hommage à toutes les victimes, connues ou anonymes, aux prisonniers, aux enlevés et disparus sans laiser de traces, aux étranglés, aux gens ligotés et jetés dans  les trous et précipices, dans les fleuves ou lacs; hommages aux fusillés, aux morts d’inanition, aux torturés, aux morts sans sépulture. A toutes ces victimes du pouvoir de facto de Bujumbura, nous devons un grand respect, la vérité et la justice.

Excellences,

Mesdames et Messieurs,,

Une question se dresse devant nous: c’est celle de la raison de nos malheurs. Celle de la nature et de l’origine du conflit burundais. Qui s’oppose à qui? pour le CNARED-GIRITEKA, le conflit actuel n’oppose pas  les ethnies comme veut l’accréditer le régime de facto de Bujumbura dans sa campagne pour justifier ses crimes. Il n’oppose pas non plus le Burundi et un autre pays, fût-il l’ancien colonisateur ou l’un ou l’autre des pays voisins. le conflit burundais est  fondamentalement politique, économique et social. Ce système qui gangrène le Burundi refuse le pluralisme politique et social, divise délibérément les partis de l’opposition en avalisant des congrès illégaux, ferme et verrouille l’espace politique, monopolise l’administration publique, viole constamment les lois. Un tel système, foncièrement intolérant et violent peut-il organiser des élections crédibles? peut-il les organiser et les perdre? Peut-il être pour la limitation des mandats ou l’alternance? Au niveau judiciaire, la magistrature est instrumentalisée par l’exécutif. Au Burundi on ne parle plus de justice mais de la loi de la jungle! Et comme si tout ce chapetet de misère ne suffisait pas, une cllique d’extrémistes a tout fait pour  saper la cohésion et la sécurité publique en mettant en place une milice, la jeunesse des IMBONERAKURE en revêtant des tenues  de la police et de l’armée.

Excellences,

Mesdames et Messieurs,

C’est pour lutter contre ce système que s’est constitué le CNARED-GIRITEKA, que j’ai l’honneur de présider. la crise consécutive à la candidature de Monsieur Pierre Nkurunziza pour un troisième mandat illégal n’a été en réalité, que  la suite logique d’une longue série de mauvaises habitudes, de vices et de malheurs qui ont caractérisé les dix ans de règne de Monsieur Pierre Nkurunziza et son parti. Aussi serait-il insuffisant et inefficace de traiter l’effet sans remonter aux causes.; nous nous devons de diagnostiquer le mal à la racine et , ensuite, d’appliquer une thérapie appropriée. En clair,  LE NOEUD DU PROBLEME BURUNDAIS, C  ‘EST BIEN PIERRE NKURUNZIZA. De ce problème est né de nombreux contentieux:

  1. Un contentieux politique lié au non respect de l’Accord d’Arusha et de la Constitution;
  2. Un contentieux sécuritaire matérialisé par la création de la milice armée IMBONERAKURE et la destruction des corps de défense et de sécurité;
  3. Un contentieux juridique liés à l’élaboration des lois liberticides;
  4. Un contentieux économique dû notamment à la corruption et aux malversations économiques sans précédent.

Excellences,

Mesdames et messieurs,

Au regard de tous ces contentieux, tenant compte de la nécessité d’aller à l’essentiel et d’avancer rapidement vers des solutions viables et pratiques, le CNARED-GIRITEKA, propose l’agenda suivant:

  1. Le rétablissement de l’Accord d’Arusha pour la Paix et la Réconciliation au Burundi et de la constitution de la République du Burundi;
  2. La situation sécuritaire;
  3. Les conséquences du troisième mandat;
  4. La relance, la gouvernance et la réhabilitation économique;
  5. Les institutions de transition;
  6. Calendrier et garanties de la mise en application de l’accord conclu.

Toutes ces questions devraient être examinées, afin que nous stabilisions à nouveau notre contrat social. Au nom du CNARED-GIRITEKA? J’aimerais demander aux deux parties en conflit de privilégier les intérêts supérieurs de la nation et du peuple burundais pendant ces pourparlers. Je demande surtout  à la partie adverse de retrouver la voie du bon sens et de la raison. En effet, peut-on avoir raison et se retrouver en but à la désapprobation quasi unanime de la communauté internationale? Peut-on gérer la nation avec équité et voir des centaines de milliers de citoyens abandonner leurs biens et se retrouver en exil, exposés à des épidémies, aux affres de l’incertitude et de la dépendance totale? Peut-on gérer un pays en bon père de famille et le voir sur la liste des pays les plus corrompus au  monde, les premiers au monde à pratiquer la dictature?

Excellences,

Mesdames et Messieurs,

Avant de terminer mon propos, je saisis cette occasion pour saluer la décision de l’Union africaine d’envoyer des troupes  d’intervention au Burundi pour la protection de la population et la prévention d’un génocide politico-ethnique qui plane sur le Burundi.

En ce qui concerne le CNARED, je veux prendre un engagement que nous voulons des négociations sérieuses, sans faux fuyants. Nous sommes prêts à discuter de toutes les questions pour l’intérêt de notre peuple. Nous voulons construire des  institutions fortes et elles ne seront fortes et  stables que si les dirigeants  respectent la loi et la parole donnée, s’ils sont élus régulièrement de façon juste et transparente, s’ils gèrent le patrimoine national en ayant à cœur le bien de tous et non d’une petite minorité. bref, s’ils peuvent dire au peuple burundais, en toute sincérité, ce mot du prince Louis Rwagasore, héros de l’indépendance du Burundi:  » Vous nous jugerez à nos actes et votre satisfaction sera notre fierté ».

Je vous remercie.

 

Carnages:Nkurunziza versus Dadis Camara.

Un carnage sans nom, des exécutions impitoyables de tout ce qui s’appelle jeune de l’opposition  et spécialement des jeunes tutsi produisent des rivières de sang depuis la nuit du 11 décembre 2015. De ces rivières de sang, des rivières de pleurs, des rivières de sanglots, des rivières de larmes forment un océan de malheurs, un océan de désolation, un océan de rancoeurs.

Dans son petit cercle , Nkurunziza et les siens en chœur  jubilent et Sindimwo Gaston,Freddy,Nduwimana Edouard, Wakenya,Suguru Olivier et consorts applaudissent ! Et Cokoroko sert le champagne. Ils sablent champagne car le nettoyage promis par Révérien Ndikuriyo et Alain Guillaume Bunyoni est en cours et suit son cours normal. Et pour cause les jérémiades de l’occident, de l’ONU et le silence complice du continent africain sont l’huile à la machine d’extermination du peuple burundais.

Pourtant le 28 septembre 2009, 150 manifestants ont été exécutés par l’armée  de Moussa Dadis Camara en Guinée. Une enquête internationale a été ouverte et Dadis Camara a été obligé de vider les lieux! Le carnage a pris fin! Au Burundi, en moins de 24heurs plus de trois cents personnes viennent d’être froidement exécutées par Pierre Nkurunziza et enterrées dans des fosses communes. Et cette boucherie humaine continue dans l’inaction totale du monde entier! Une épuration politico-ethnique aux élans génocidaires au Burundi fait rage et le monde est au balcon! Et pourtant Moussa Dadis Camara de Guinée et Pierre Nkurunziza du Burundi comme deux gouttes d’eau, ils sont dramatiquement identiques.

(Sé) Pancrace CIMPAYE.

USA-Bunyoni: les sanctions qui font mal!

Les Etats-Uis d’Amérique ont pris des sanctions contre Alain Guillaume Bunyoni, le numéro deux de l’oligarchie qui sème la désolation au Burundi. Cet homme habitué à se cacher derrière le Lieutenant-Général Adolphe Nshimirimana est aujourd’hui obligé de dévoiler son vrai visage. Ainsi c’est Alain Guillaume Bunyoni qui a remis en scelle le boucher Désiré Uwamahoro en lui confiant l’unité anti-émeute qui n’est qu’une unité pour massacrer les nombreux burundais opposés au troisième mandat de Nkurunziza. Rappelons que l’ancien Ministre de la Sécurité Publique, Gabriel Nizigama, avait refusé de reprendre Désiré Uwamahoro dans son département ministériel. Et pour cause disait-il  » Je ne peux pas donner du travail à ce voyou ».

Il avait raison Gabriel Nizigama » le voyou » ou le sanguinaire Désiré Uwamahoro qui est tellement cruel pour avoir tiré une roquette sur un bus rempli de civils qui rentraient d’un enterrement le 31 octobre faisant 16 morts sur le champ ne mérite pas de faire partie de la police. Rappelons que ce jour-là Désiré Uwamahoro est allé achever les rescapés dans les différents centres de santé. Ce personnage aux mains pleins de sang, Bunyoni l’a quand même ramené pour tuer en son nom!

Quoi de plus normal que les Etats Unis d’Amérique le mettent sur la liste noire. La bonne nouvelle est que contrairement aux déclarations officielles de l’intéressé qui estime que ces sanctions ne lui font ni chaud ni froid, il broie du noir. Ces sanctions l’ont fortement déstabilisé. A ce propos, Bunyoni pousserait Nkurunziza aux négociations afin que l’épée de Damoclès des sanctions puisse disparaître. Dans son petit coin, Alain Guillaume Bunyoni refuserait d’être la seule victime du noyau dure qui soit poursuivi par la communauté internationale; au besoin il est prêt à amorcer des contacts officieux afin d’accélérer les négociations avec le CNARED à l’étranger.

A côté de ce deuxième personnage de la dictature de Bujumbura, toute la galaxie de Nkurunziza a la frousse des sanctions. C’est pour échapper à cette liste noire que certaines personnes ont été mises sur la liste des négociateurs avec l’Union Européenne. Ainsi pendant trois mois que dureront les négociations, ces personnes bénéficieront d’un sursis. C’est cynique ou drôle de venir se cacher à l’union Européenne pour échapper aux sanctions de la communauté internationale!

En définitive, la dictature de Bujumbura n’est pas si toute puissante comme  Gélase Ndabirabe semble l’accréditer. Elle est sensible, très sensible aux sanctions! Elle redoute la main de la justice internationale à tel point que pour voyager en occident aujourd’hui, certains préfèrent se rassurer d’abord qu’ils ne font pas partie de la liste noire. Effectivement cette liste des Bunyoni n’est pas exhaustive. Les auteurs du drame burundais sont légion.

(Sé) Pancrace CIMPAYE.

Burundi- Union Européenne: Nkurunziza à genoux!

Mardi 8 décembre 2015, s’ouvrent les négociations entre l’Union Européenne et l’oligarchie de Bujumbura. Pourtant hier, le même pouvoir par la voix de ses porte-parole, avait juré qu’il ne mettrait jamais les pieds à Bruxelles pour quémander la charité; dans un élan de fierté déplacé il montait au créneau en disant qu’il préférait mourir de faim plutôt que de venir négocier la mise en place au Burundi d’un Etat moderne où les vertus de la démocratie règnent en maîtres absolus.

Pour l’heure, le despote Nkurunziza et sa galaxie  embarrassés par ce revirement tranquillisent la troupe et donnent de fausses informations suivantes:  » L’Union européenne a accepté de nous accorder l’aide financière sans aucune condition. La preuve, elle vient de nous payer les frais pour nous rendre à Bruxelles. En plus Bruxelles accepte notre délégation sans exiger la présence de son Excellence Monsieur le Président de la République. Le lobby de la Chine et de la Russie a convaincu l’Union Européenne que tout va très bien au Burundi. » Telle est la salade servie au cercle de Nkurunziza qui redoute encore l’issue des négociations de ce mardi: le retour à un Etat de droit au Burundi!

Bien entendu ce mensonge cousu de fil blanc est loin de la réalité des mobiles qui ont poussé Nkurunziza à accepter de se plier à la condition de négocier avec Bruxelles. En effet ce que les adeptes aveugles de Monsieur Pierre Nkurunziza ne savent pas c’est que les caisses de l’Etat burundais sont vides à tel enseigne que cette oligarchie ne peut plus se payer le luxe d’engager des frais de mission en Europe de dix huit personnes. Nkurunziza vient de découvrir, non sans surprise, que même la gestion d’une république bananière requiert de l’argent. En effet des sources proches du Ministère des Finances confient que Nkurunziza ne saura plus payer les fonctionnaires dès le mois de janvier 2016. Et pour preuve le budget de 2016 n’est toujours pas voté. A ce titre sans importations, avec presque la quasi-totalité des hommes d’affaires qui mettent la clé sous la porte, les caisses de l’Office Burundaise des Recettes sont vides! Cette paralysie des recettes intérieures conjuguée avec l’absence de 52% de l’aide budgétaire de la communauté internationale mettent à genoux le despote Pierre Nkurunziza.

Dès le mois de janvier 2016 Nkurunziza ne pourra même plus payer sa milice IMBONERAKURE, encore moins ses policiers et son armée. Et quand ces corps ne sont pas payés, c’est Nkurunziza qui y laisse la peau! En conséquence pour sa survie physique, Nkurunziza doit négocier avec l’Union Européenne les conditions de retour à un Etat de Droit au Burundi. Cela passe par Bruxelles et par Kampala où le CNARED attend de pieds fermes l’oligarchie de Bujumbura.

Nkurunziza doit comprendre qu’il ne suffit pas de faire un coup de force contre l’Accord d’Arusha pour la Paix et la Réconciliation au Burundi pour régner tranquillement,mais encore et surtout il faut avoir les moyens financiers de gérer ce coup d’Etat. A ce propos la sagesse de nos ancêtres farouchement opposée aux coups de force dispose:  » Ikigoye si ukwiba ingoma, ni ukuronka aho uyivugiriza! ». Bwana Nkurunziza subiza ingoma wivye!

(Sé) Pancrace CIMPAYE.

L’Union Européenne persiste et signe, il y a le feu en la demeure Nkurunziza!

Clique ici pour lire la lettre en PDF

Monsieur le Ministre,
Nous vous remercions de votre courrier en date du 11 novembre 2015 en réponse à l’invitation de
l’Union européenne de tenir des consultations conformément à l’article 96 de l’accord de Cotonou.
Nous avons bien pris note de votre analyse et nous vous félicitions de l’esprit de dialogue dont il
témoigne.
Cependant, tout en prenant en considération les arguments contenus dans votre requête, tant l’Union
européenne que ses Etats membres considèrent que les éléments essentiels de notre partenariat ne
sont pas respectés et que l’ouverture de consultations sur le fondement de l’article 96 reste
pleinement justifiée. Cette évaluation est d’ailleurs en ligne avec les décisions du Conseil de paix et
de sécurité de l’Union africaine (UA) du 17 octobre 2015 et la Résolution du Conseil de Sécurité
des Nations Unies 2248 du 12 Novembre. Elles seront l’occasion d’échanges substantiels avec, pour
notre part, la volonté d’aboutir à un accord mutuellement satisfaisant, pour permettre la poursuite de
notre partenariat pour le bénéfice de la population du Burundi.
Nous vous saurions donc gré de bien vouloir nous confirmer votre acceptation de notre invitation
du 27 Octobre et de prendre les dispositions y afférentes.
Veuillez agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de notre haute considération.

Quelle est la santé du CNARED?

Ces trois derniers jours une fausse alerte à l’implosion du CNARED fait cours sur les réseaux sociaux. Les nombreux burundais qui  croient en la force de cette plate forme citoyenne ne cessent de nous interpeller pour savoir la véracité de cette fausse alerte. Celle-ci n’est qu’une invention du pouvoir de facto de Bujumbura qui a le dos au mur.

Mais pourquoi l’oligarchie de Nkurunziza s’évertue t-elle à prédire l’implosion du CNARED en super forme?

Hier, l’oligarchie de Nkurunziza acculée aux négociations avec l’opposition rétorquait qu’il ne négocierait jamais avec le CNARED. D’où la mise  en place en catimini d’une commission interne à vocation de rejeter le CNARED; il est surprenant que le même pouvoir de facto s’emploi corps et âme dans la diffusion d’une fausse rumeur faisant état de la mort du CNARED.

Mais la raison de cette gymnastique est que Nkurunziza et son club qui se sont perdu dans une guerre contre le Royaume de Belgique viennent de découvrir que le CNARED est  devenu un interlocuteur de la communauté internationale qui compte. C’est ainsi qu’une délégation du CNARED a été reçue par la médiation Ugandaise la semaine passée. En outre la dictature de Bujumbura a appris à ses dépens que tous les envoyés spéciaux du monde dans la régions des grands lacs, ne cessent de rencontrer le CNARED  dans le but de trouver une issue rapide  et paisible à la crise que Nkurunziza a enfanté.

La force du CNARED, un cauchemar pour Nkurunziza.

Il a raison de broyer du noir Nkurunziza qui, pendant une décennie a dirigé le Burundi dans un environnement où il saucissonnait les partis politiques, y compris le sien. Il a régné sur le Burundi sans opposition compacte et solide. Pour une fois,il a aujourd’hui,en face de lui une opposition redoutable, le CNARED qui comprend des figures de proue de l’opposition comme:

Les anciens présidents de la République ( Honorable Jean Baptiste Bagaza, Honorable Sylvestre Ntibantunganya et l’ Honorable Domitien Ndayizeye), Monsieur Alexis Sinduhije, Maître François Nyamoya, Honorable Pie Ntavyohanyuma, Honorable Nduwimana Onésime, Honorable Gervais Rufyikiri, Honorable Léonard Nyangoma, Honorable Léonce Ngendakumana, Honorable Frédéric Bamvuginyumvira, Honorable Nditije Charles, Honorable Hussein Radjabu, Honorable Busokoza Bernard, Honorable Jean Minani, Madame Marina Barampama, Monsieur Chauvineau Mugwengezo, Honorable Alice Nzomukunda, Monsieur Audifax Ndabitoreye, etc. Ces quelques noms donnent du tournis à l’oligarchie ayant comme porte-parole Gélase Ndabirabe qui n’a que des insultes à la bouche. Imaginez  une table de négociations autour de la quelle on aura ces piliers du CNARED susmentionnés d’un côté et de l’autre côté Gélase Ndabirable, Ndikuriyo Révérien, Pascal Nyabenda, Concilie Nibigira, Agathon Rwasa et Pierre Nkurunziza! Ce dernier a raison de prier le bon Dieu pour que le CNARED soit détruit ou divisé en deux! Mais cette prière est loin d’être exhaussée.

Le CNARED avec un dossier des négociations à la main.

Cette force redoutable du CNARED composée par des hommes et des femmes rompus aux techniques de négociations se réunira le 30 novembre 2015 pour finaliser le dossier des négociations. C’est cette nouvelle qui a fait perdre la raison à Bujumbura qui se trémoussait encore dans un rêve d’organiser un pseudo-dialogue entre Rwasa, Concilie Nibigira et Nkurunziza en l’absence de l’opposition. Au demeurant le CNARED, nanti d’un dossier de négociations dans une semaine, son moral est au zénith. En revanche l’oligarchie de Bujumbura, perdu dans une guerre contre le monde entier spécialement contre la Belgique, a le moral en berne; elle supplie le ciel pour qu’il lui prête une partie du CNARED. Malheureusement Nkurunziza devra se contenter de Concilie Nibigira et de Rwasa Agathon car le CNARED qui a la noble mission de sauver le Burundi ne saurait trahir l’espoir de tout un peuple. Le CNARED reste la seule alternative crédible et salutaire pour un Burundi nouveau et meilleur pour tous. Qui accepterait de perdre cette position combien honorable?

(Sé) Pancrace CIMPAYE.

Du rififi à la police de Bunyoni.

Bunyoni chasse les familles des policiers.

Dans sa folie meurtrière contre des civils innocents, Nkurunziza a, depuis le 26 avril 2015 fait recours à la police. Mais aujourd’hui la lune de miel est presque fini. La police qui enregistre de nombreuses pertes refuserait de continuer une guerre fratricide atroce pour protéger un clan mafieux. La grogne est de plus en plus assourdissante. C’est ainsi qu’Alain Guillaume Bunyoni, le préposé au Ministère de la sécurité publique vient de sévir. Il vient de jeter dehors toutes les familles des policiers jusque là hébergés dans les camps de la police. Le délais limite de vider les lieux est fixé au 15 décembre 2015.

Une pétition.

C’est la consternation mêlée à une colère au sein de ce corps qui est majoritairement constitué par les anciens membres du mouvement politique CNDD-FDD. Ils sont furieux, nous rapporte notre source. Cette expulsion au moment où le panier de la ménagère est presque vide est un coup dure pour ces policiers qui peinaient à joindre les deux bouts du mois. C’est cruel de leur imposer de louer un logis pour leur famille. Pour manifester leur mécontentement, trois cents policiers viennent d’adresser une pétition à Alain Guillaume Bunyoni. Ce dernier vient quant à lui de mettre en place une commission chargée de dissiper le malaise.

Le drame des morts cachés.

Ce conflit de trop  vient s’ajouter à un drame « des morts non déclarés » qui secouait le corps de la police. A ce titre il sied de signaler que Nkurunziza a déjà perdu plus de quatre cents policiers en mairie de Bujumbura. Mais les familles des disparus n’ont pas le droit de savoir le sort des cadavres. Ainsi on  déclare à la famille qui cherche des nouvelles que le disparu à déserté, qu’il a rejoint l’opposition. Un tel traitement heurte les policiers encore vivants. Sous d’autres cieux on rend un vibrant hommage aux forces tombés sur le front mais chez Nkurunziza leur mémoire est salie. Un dénigrement que ces policiers supportent mal. La journée d’hier ( lundi 26 Octobre 2015) et cette nuit ont été meurtrières pour la police:  » Nous avons perdu plus de cinquante policiers. C’est la première fois que nos positions sont attaquées pendant la journée! » . Et le porte-parole de la police va déclarer qu’il y a eu un mort et un blessé! Un bilan qui ne varie jamais! Les 49 autres disparus seront considérés comme des déserteurs!

La force de substitution: les FDLR, la milice IMBONERAKURE et la garde présidentielle.

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Face à ce malaise, Bunyoni délègue Désiré Uwamahoro pour mobiliser les FDLR et la milice IMBONERAKURE. Ils vont faire le job sans pitié ni remords. En outre Nkurunziza déchaine sa garde qui est visible dans toutes les exécutions. Les deux éléments de substitution sont gracieusement payés, ils sont logés, nourris et bien équipés confie notre source.

A propos de l’équipement, précise notre source, Bunyoni vient de commander au nom de la police, des milliers de lance roquettes et des milliers de grenades. Cette commande a été effectuée auprès de la Hongrie. Pour Bunyoni, il faut renforcer sa force pour décimer toutes les voix discordantes opposées à leur pouvoir. Ce bras de droit de Nkurunziza répète à qui veut l’entendre que s’il devait y avoir des négociations un jour, elles prendraient au moins quatre ans. Autant dire que la négociation n’est pas la priorité de l’oligarchie de Bujumbura. Mais les massacres des civils innocents. Mais avec ces contradictions internes aux forces de sécurité , pourront- ils tenir longtemps? Laissons le temps au temps; et comme dirait Laurent Gbagbo, »s’il y a un autre Dieu, c’est le temps ».

(Sé) Pancrace CIMPAYE.

 

Pour un Burundi libre et démocratique

Ce  document constitue  la seconde et dernière partie du texte « Burundi : le désastre » de Nestor Bidadanure, déjà publié sur ce site.

Au cours des trois mois de manifestations, le peuple burundais a surpris le monde par sa maturité et sa retenue. Il n’a pas cédé aux pillages et à la violence aveugle contre les policiers et les miliciens qui, pourtant, n’ont cessé d’attaquer les manifestants. Les quelques dérapages constatés contre les partisans du pouvoir ont vite été dénoncés par les opposants. « Vous avez le droit de vous défendre, disaient les leaders de la société civile, mais jamais celui de malmener les gens fussent-ils les pires criminels ». Résister sans ressembler de près ou de loin aux oppresseurs, telle fut et doit rester la consigne de la résistance burundaise : un véritable combattant de la liberté n’oublie jamais que l’objectif ultime de son combat est la libération de l’opprimé et de l’oppresseur.

Le pouvoir qui cherchait un prétexte pour justifier la répression des manifestants s’est retrouvé face à un mouvement citoyen déterminé et discipliné. Alors que la lutte se poursuivait, des solidarités multiformes furent organisées par des citoyens envers les blessés et les plus pauvres. Le « prends soin de toi » est devenu « prenons soin les uns des autres ». Parallèlement le monde découvrait avec stupéfaction une police qui tirait à balle réelle sur un peuple non armé. Mais d’où venait cette haine des forces de police envers les citoyens qu’elles étaient sensées protéger ? Et comment éviter à la population le choix des armes face à un Etat dont la violence contre les citoyens paraît sans limite ? La réponse à la première question est venue des informations divulguées par les proches du pouvoir qui ont préféré prendre le chemin de l’exil plutôt que de participer à la répression de  leur peuple. On apprendra ainsi que le pouvoir a infiltré dans la police burundaise des miliciens extrémistes issus de la jeunesse du parti au pouvoir, les « imbonerakure » ; que ces miliciens ont été formés clandestinement par les forces génocidaires rwandaises, FDLR, Forces démocratiques de libération du Rwanda, basées dans l’Est du Congo.

Cette collusion entre le pouvoir dictatorial burundais et les forces extrémistes rwandaises n’est pas un hasard. Il relève d’une connivence idéologique avec les radicaux du parti au pouvoir, le CNDD-FDD (Conseil National de Défense de la Démocratie- Forces de Défense de la Démocratie).  Depuis le début des manifestations populaires contre la violation de la Constitution et pour le respect des droits humains, les radicaux du CNDD-FDD ont essayé d’ « ethniciser » le conflit politique au Burundi, sans succès. Le piège ethnique a tellement fauché de vies dans l’histoire burundaise et de l’Afrique qu’il faut une dose particulièrement élevée d’aveuglement pour oser encore emprunter un chemin qui mène droit dans le gouffre.  Alors que le pouvoir cherchait des marionnettes hutu et tutsi à manipuler, il a trouvé face à lui un mouvement de citoyens uni, lucide œuvrant pour le respect des lois et des droits humains. Des citoyens  qui savent désormais que la grandeur d’un être humain se mesure à sa capacité à défendre la justice et à construire la prospérité au sein de la communauté humaine et non aux hasards de sa naissance.

La société civile, les partis d’opposition, les confessions religieuses, les anciens chefs d’Etats, d’éminents hauts fonctionnaires de l’Etat, sans oublier une partie des membres du parti au pouvoir, ont donc tous dit NON à la tyrannie dans leur pays. Par sa cruauté, le pouvoir voulait fabriquer un peuple de soumis et il a au final un peuple rebelle. Frères dans la douleur et frères dans l’espérance telle est la culture sociale qui est en train d’émerger au sein des Burundais au fur et à mesure que la résistance se renforce. Chacun apprend à mettre de côté la suffisance pour épouser l’humilité. L’esprit de courage et d’invincibilité dans la défense du bien commun souffle sur le Burundi.

Les résistants burundais sont au sein du peuple, dans l’armée, dans la police et peut-être même au sein des cercles du pouvoir.  Dans l’ombre, des héros anonymes sont à l’œuvre.  Le serment des forces armées et de la police est de garantir la sécurité du pays et des citoyens et non de protéger la tyrannie. Tirer sur son peuple c’est la ligne rouge que ne doivent plus franchir, à aucun prix, les forces de sécurité ! De même, aucun burundais ne doit accepter d’être transformé en tortionnaire d’autres êtres humains. Qu’importe ce que vous avez été, vous pouvez encore changer, vous révolter et agir pour un Burundi meilleur. Du passé, on ne peut plus grand chose. Mais le présent et l’avenir restent ouverts. Vous pouvez commencer une nouvelle histoire de liberté. Celui qui vous ordonne de torturer et massacrer votre peuple vous déshumanise et ne sera pas là demain pour vous défendre quand vous serez face à vos victimes. En général, quand les tyrans sont arrêtés, ils nient avoir donné les ordres d’exécuter les innocents. Et même s’ils venaient à assumer demain la responsabilité de leurs ordres funestes, vous seriez condamnés pour avoir accepté l’inacceptable. Ne soyez plus les dindons de la farce.  Ne rampez plus, ne hurlez plus avec les loups, agissez pour la libération de votre terre.

Pour que la libération devienne la liberté et l’alternance devienne l’alternative, la lutte en cours au Burundi ne doit – cependant –  pas se limiter au seul renversement de Nkurunziza. Elle doit être une lutte pour un grand projet : un Burundi libre, démocratique et sans exclusion. Un Burundi où les droits humains seront garantis à l’ensemble des citoyens y compris à ceux qui font terriblement du mal aujourd’hui au peuple  burundais. Un pays où les familles des victimes d’hier et d’aujourd’hui connaîtront les circonstances de la mort des leurs. Un pays où chaque victime des crimes présents et passés aura un nom, la reconnaissance de toute une nation. Un pays où les contentieux du passé seront traités d’une manière qui tire la nation vers le haut et non vers le bas. Un pays sans corruption où le peuple pourra vivre dignement; un pays où la justice sera irréprochable et les droits des prisonniers respectés. Un pays où les nouveaux dirigeants ne seront pas là pour dilapider les maigres ressources de l’Etat mais travailleront pour le développement et la prospérité de tous. Un pays qui saura accueillir toutes les expériences de réussite dans le monde tout en inventant son propre développement. Un pays qui fera corps avec ses voisins pour construire une région sans guerre et sans pauvreté. Pour un tel pays, nul ne doit craindre de lutter.

Puisse la communauté internationale, qui dispose des instruments de pression sur le pouvoir de Bujumbura, entendre le cri de souffrance et de résistance du peuple burundais. A notre époque, nul ne devrait oublier que l’indifférence à la souffrance des peuples pour cause de calculs géostratégiques ou de maigres intérêts économiques a toujours été, dans l’histoire la source de terribles tragédies humaines. Ce que les peuples qui souffrent de la tyrannie demandent aux humanistes de tous les pays, ce n’est pas simplement la condamnation des crimes du passé mais bien plus leur opposition aux tyrannies du présent. Car il faut bien le dire c’est aussi à cause de ceux qui savent mais se taisent que le peuple burundais continue de mourir.

Mais que nul ne s’y trompe, la souffrance du peuple burundais révolte de nombreux citoyens dans le monde. Que ce soit en Afrique ou ailleurs dans le monde, ils sont nombreux à être révoltés par les images inouïes des crimes du pouvoir actuel.  Les résistants burundais ne sont pas seuls !

Par Nestor Bidadanure

Philosophe et écrivain

Au foyer présidentiel!

foyerpresidentiel

Pour le repos du Héros de la Démocratie…

Aujourd’hui le peuple burundais célèbre le vingt- deuxième anniversaire de l’assassinat du Président Melchior Ndadaye, héros de la démocratie. Le 21 Octobre 1993, le Burundi a perdu un leader politique visionnaire. Ce jour-là le Burundi a perdu un grand homme politique charismatique.

Hélas sa disparition qui a donné naissance à un certain Nkurunziza Pierre est un grave accident de l’histoire burundaise. A ce propos la noble vision politique de l’illustre disparu a fait place aux déboires de Pierre Nkurunziza. Deux visions diamétralement opposées. Et pour cause le héros de la démocratie proposait au burundais un pays havre de paix pour tous où la justice sociale, l’équité , le respect des droits de l’homme règnent en maîtres absolus. Nkurunziza de son côté met le pays à feu et à sang. L’injustice, la violation des droits de l’homme, les exécutions extra judiciaires, la torture, la corruption, la concussion, le trafic  d’influence, l’exclusion et la haine ethnique sont érigés en mode de gouvernement.

C’est une profanation la présence de Pierre Nkurunziza sur la tombe du Héros Melchior Ndadaye déposant une gerbe de fleur. Qu’est ce qu’il a retenu de la mémoire de cet illustre disparu? Rien. Pendant combien de temps allons- nous supporter cette profanation? En ce jour du 21 octobre 2015, la classe politique burundaise responsable doit se lever comme un seul homme pour arrêter cette supplice que nous imposons à nos héros en confiant une gerbe de fleur à Nkurunziza. Avec sa présence au mausolée du Prince Louis Rwagasore, le 13 octobre 2015 et au palais des martyrs de la démocratie le 21 octobre 2015, Rwagasore et Ndadaye se retournent dans leur tombe. La colère des disparus est grande! Et pour preuve  au cours des cérémonies de ce mercredi 21 octobre, deux éminentes personnalités de l’oligarchie de Nkurunziza viennent de tomber en syncope devant la tombe du Héros Ndadaye Melchior. Il s’agit du célèbre général Miburo Emmanuel alias COMATER ( commandant terroriste), chef de cabinet militaire de Pierre Nkurunziza et la ministre  de l’éducation Janvière Ndirahisha.

Pour le repos des deux dignes fils du pays, la mise  en place d’un ordre nouveau s’impose. Ce devoir de mémoire nous appelle tous. Pour le respect de la mémoire du héros de la démocratie, Nkurunziza doit tirer sa révérence. Un geste qui lui garantirait peut être une survie politique. Un départ qui fermerait  la parenthèse de sang qui vient de durer 22 ans. Et si Nkurunziza continue de travestir l’héritage du héros de la démocratie, des foudres risquent de s’abattre sur sa tête. Miburo et Ndirahisha ,en syncope, est un avertissement!

(Sé) Pancrace CIMPAYE.

Burundi : Peuple en danger

Le jour se lève sur Bujumbura, et le monde regarde le Burundi tomber. Il ne se passe plus de jour sans que l’on dénombre des assassinats. Assassinats ciblés, dit-on. Festival de crimes auquel s’ajoutent la ronde frénétique des enlèvements et diverses formes de tortures, de brutales intimidations. L’empire de la peur, exactement. Le crime rôde, et les criminels viennent frapper aux portes. Les préposés au crime sont dans la rue. Ici et là… Tout près de chez vous. Hécatombe silencieuse. Le monde n’entend pas les cris sourds des victimes. A l’intérieur de ce factice silence, ceux qui tombent sous les balles de la soldatesque et des escadrons tentent encore d’appeler au secours. Un peuple est pris en otage par une bande de criminels, lancée dans une course infernale vers sa propre ruine. Mais combien comptera-t-on de victimes avant que de voir ces coupe-jarrets parvenir au bout leur nuit ? Au bout de leur équipée insensée ? On le sait désormais : Pierre Nkurunziza et son clan, après avoir fait main basse sur le Burundi au travers d’une élection aussi contestée que dantesque, ont choisi de défier le monde et de brandir leur « bon droit » issu d’une logique corrompue. Emportés dans une fuite en avant, un peu plus convaincus chaque jour de l’impasse vers laquelle ils se sont projetés, ils semblent avoir décidé de mener dans leur pays une guerre de fin du monde. Une guerre contre leur peuple, et, si possible, en entraînant dans leur folie les pays voisins. L’enfer est en eux.

Le chemin choisi par ces incurables maquisards est sans retour possible. Comment pourraient-ils s’arrêter, d’eux-mêmes ? L’Etat burundais se réduit, depuis le braquage électoral de Pierre Nkurunziza, à une diagonale de siphonnés qui n’excluent plus de rayer ce pays de la carte de la région. Des dizaines de personnes assassinées, des enlèvements, tortures et autres exactions. Une campagne de terreur est en cours depuis la contestable réélection en juillet dernier de Pierre Nkurunziza. Le projet mortifère fut confirmé par l’ex général Léonard Ngendakumana, un proche du dirigeant burundais, qui n’a pas hésité à déclarer que la violence était un moyen « compréhensible » d’atteindre des objectifs politiques. Le Burundi s’effondre et le monde détourne le regard pour ne pas compter les morts avec le peuple burundais. Face à la stratégie de la terreur adoptée par le pouvoir burundais contre tous les opposants présumés à ses desseins, ce que l’on désigne comme la « communauté internationale » multiplie les communiqués. Entre attentisme, sanctions symboliques et impuissance, ceux disposant du pouvoir de sauver des vies continuent de s’en remettre à un improbable « dialogue » entre protagonistes burundais. Comme si le profil du régime en action au Burundi laissait encore espérer la moindre possibilité de négociation aussi normale que conventionnelle. Or la seule urgence aujourd’hui est de savoir comment encore sauver le Burundi de la logique du chaos.

Le dialogue ? La bande de criminels qui sévit à Bujumbura n’en a cure. Dans le discours officiel relayé par les affidés du régime, le monde opposé à leurs desseins est devenu leur ennemi. Ils ont raison contre le reste du monde. Seul compte leur propre droit. Droit de vie et de mort sur leurs concitoyens « déviants ». La raison a déserté ceux qui, quotidiennement, exhortent les escadrons de la mort à liquider leurs compatriotes et à diffuser dans la capitale et les campagnes les méphitiques relents de la terreur. C’est ainsi qu’ils veulent gouverner le Burundi.

Dans ce contexte, la prescription d’un dialogue entre les Burundais et le clan de Nkurunziza relève, depuis plusieurs mois déjà, de l’extravagance. La suffocante réalité dans ce qui est devenu le Nkurunzizaland a, depuis un bon moment, pulvérisé l’hypothèse du dialogue. Cette réalité exige un autre traitement, autrement plus vigoureux, urgent et décisif. Il ne s’agit plus d’échafauder des solutions politiques en y incluant des criminels patentés. Il faut désarmer ces derniers. Le dossier burundais ne relève plus du schéma politique. A l’heure actuelle, seule compte l’urgence de porter assistance à un peuple en danger.

Francis Laloupo, journaliste à Africa no.1 et professeur de géopolitique.

COMMUNIQUE DE PRESSE : -ASSASSINAT DE CHARLOTTE UMUGWANEZA -SIX CADAVRES RETROUVES DANS LA PROVINCE DE KAYANZA

Samedi 17 octobre, nous avons été informés que le corps sans vie de Charlotte Umugwaneza a été retrouvé sur la route RN1 vers Bugarama.

Cette dame était d’origine rwandaise, sa famille étant arrivée au Burundi dans les années cinquante. Elle était membre du comité exécutif de l’OLUCOME, office de lutte contre la corruption, dont le directeur général Ernest Manirumva avait été assassiné il y a quelques années. L’affaire Manirumva avait agité le Burundi car les enquêtes menées à l’époque avaient identifié les commanditaires de l’assassinat dans l’appareil d’état burundais. Un procès de lampistes avait été mené en son temps et pour la première fois dans l’histoire judiciaire, l’on avait vu les avocats des parties civiles et l’avocat du principal lampiste condamné, Hilaire Ndayizamba, s’insurger contre le verdict de la Cour de Bujumbura et réclamer que l’arrêt prononcé soit cassé afin qu’une enquête digne de ce nom soit menée et qu’un procès équitable soit mené.

C’est l’une des collaboratrices directes de feu Ernest Manirumva qui vient d’être assassinée. Elle était aussi une militante active du MSD.

Elle avait charge de famille, trois enfants et deux orphelins. Son mari est burundais.

Elle avait quitté son domicile en vue de préparer un déménagement, souhaitant quitter le quartier sans sécurité où elle résidait.

Le réseau d’informateurs a été avisé qu’elle avait été enlevée et qu’elle devait se trouver retenue aux services de la documentation… Depuis plus de nouvelles sauf ce corps à tout jamais torturé et abîmé par ses meurtriers.

charlotte

Dans un premier temps, certains services officiels ont signalé que le cadavre retrouvé n’était pas celui de Charlotte.

Quelle naïveté lorsque l’on sait que des tests ADN permettent d’identifier aisément les personnes, qu’elles soient victimes ou ….. assassins.

Face à ce type d’arguments méconnaissant les progrès de la science en matière criminelle, les autorités se sont rétractées.

Devant ce nouvel assassinat qui vient s’ajouter à la liste des victimes d’exécutions extrajudiciaires constitutives de crimes contre l’humanité, imprescriptibles en droit pénal, nous réclamons que Monsieur le Procureur général du Burundi sollicite l’assistance de services de police étrangers, dotés d’outils de recherche concernant l’ADN. Nous demandons à tous les membres de la communauté internationale, africaine d’abord et de la CPI et des Nations Unies ensuite, de déléguer une équipe d’enquêteurs de police capables d’effectuer les constatations scientifiques requises sur les corps des victimes mais aussi en d’autres lieux où l’on pourra effectuer des constatations nécessaires à la manifestation de la vérité, et ce indépendamment des témoignages qui restent à recueillir dans les règles de l’art.

Nous attirons une fois encore l’attention du Procureur général du Burundi sur sa responsabilité écrasante en cette période d’exécutions extrajudiciaires qui ne sont pas élucidées.

Nous rappelons que des dispositions pénales répriment les entraves aux enquêtes judiciaires.

Nous rappelons qu’en ne réprimant pas les auteurs, coauteurs et complices d’enlèvements, de tortures et d’exécutions extrajudiciaires frappant des civils et émanant d’autorités appartenant à l’appareil d’Etat, et constitutives de crimes contre l’humanité, le Procureur général, les membres du Parquet et les officiers de police judiciaire construisent un état d’impunité judiciaire qui contribue à l’appel au meurtre. La systématisation des enquêtes non élucidées et l’absence totale d’assistance aux familles de victimes, parties civiles, engagent la responsabilité de leurs auteurs.

L’équipe d’enquête qui soutient nos efforts, les témoins clandestins des assassinats, les avocats qui partagent la position des parties civiles, les parties civiles elles-mêmes, n’abandonneront jamais leur combat pour la vérité judiciaire. Elles n’hésiteront pas à réclamer l’arrestation des magistrats et policiers qui furent les premiers complices de ces crimes, fût-ce par leur passivité.

Nous demandons une fois encore, que de premières sanctions soient prises à l’encontre de ces personnes.

A l’heure où nous terminons ce communiqué, nous recevons une nouvelle information selon laquelle six corps auraient été retrouvés en province de Kayanza. Ceci reste à établir mais manifestement, la chaine de commandement des exécutions extra-judiciaires au Burundi, échappe à tout contrôle ou intervention, tant préventivement que dans le cadre de la recherche et de la poursuite des crimes commis.

Pour notre part, nous continuerons notre travail pour que justice soit rendue pour ces crimes contre l’humanité.

Bruxelles, le 19 octobre 2015

Bernard Maingain

Avocat au Barreau de Bruxelles

Rapporteur au Tribunal Russell pour le Burundi sur les exécutions extrajudiciaires de civils par des autorités de l’appareil d’Etat ou par des groupements paramilitaires liés à l’appareil d’Etat

 

Tél. : 32.475.60.87.64.

e-mail : bm@xirius.be