La chute de Pierre Nkurunziza ( Suite et fin).

9° La corde ethnique et la régionalisation de cette campagne ethnique.

Au regard de la réaction à chaud des fidèles de Pierre Nkurunziza, la parade d’un péril hutu orchestrée par les tutsi ou plus précisément par les Hima, mérite qu’on s’appesantisse sur  cette corde ethnique dangereuse. Une telle campagne ethnique qui va de pair avec l’apologie de l’extermination de la composante tutsi est une menace contre le Burundi et contre la région entière. C’est aussi et surtout une menace contre le pouvoir autocratique de la clique de Nkurunziza car face à une telle menace, le monde entier va se liguer contre un autre génocide politico-ethnique dans la région. Les plaies du génocide rwandais ne sont pas encore complétement cicatrisées, le monde ne peut pas fermer les yeux face à un autre génocide fût-il piloté par Nkurunzia.

10° La naissance du CNARED.

En réponse à cette menace d’un génocide politico-ethnique, un mouvement citoyen qui regroupe toute l’opposition burundaise, toute ethnie confondue, et la société civile a vu le jour le 1er Août 2015 à Addis Abeba. Ce front qui lutte pour un retour à un Etat de droit au Burundi donne des frissons à Bujumbura qui avait longtemps misé sur la faiblesse d’une opposition divisée. Ce front commun d’un mouvement citoyen est le début de la fin de Pierre Nkurunziza. D’où cette  déclaration d’Alain Nyamitwe qui confiait cette semaine que les négociations avec l’opposition sont envisageables mais pas avec le CNARED. Ce dernier fait peur. Nkurunziza préfèrera négocier avec Rwasa Agathon et Concilie Nibigira! Ira t-il loin avec cette politique de l’Autriche? Je ne pense pas.

11° L’absence de NkurunzizaPierre sur la scène internationale ou le coup d’Etat rampant qui tétanise.

Depuis le 13 Mai 2015, date de la tentative de coup d’Etat  de l’armée, Pierre Nkurunziza ne peut plus sortir du Burundi. En principe, après sa mascarade électorale, il devait profiter de la tribune de l’Assemblée Générale des Nations pour expliquer les raisons de son coup de force. Mais n’ayant plus une armée pour veiller sur son fauteuil en son absence du pays, il est contraint de rester cloîtré au Burundi. Or tous les chefs d’Etat du monde se bousculent pour monter sur cette tribune des Nations Unies. Quel chef d’Etat, ce Nkurunziza Pierre  qui n’a même pas droit à la tribune des Nations Unies? Pourtant une forte délégation du CNARED est à New York. Alain Nyamitwe et NKURUNZIZA doivent comprendre que le CNARED est un acteur incontournable qui leur donnera du fil à retordre.

12° Nkurunziza Pierre, pas généreux du tout!

Le propre des dictateurs africains qui ont une longévité à la tête de l’Etat, c’est la générosité. Or notre Pierre Nkurunziza est tellement radin que sa propre sœur pour avoir  un peu d’argent de son frère-président, doit recourir à un chantage. Ainsi elle doit demander à le rencontrer via un ministre ou un membre de sa galaxie. Dans ce cas Nkurunziza croit que sa sœur à dévoiler ses misères et s’empresse d’accorder l’audience.

Que retenir? Un chef d’Etat radin , qui n’est pas généreux même à l’égard de sa famille, ne peut pas protéger son pouvoir. Au lieu de  protéger son pouvoir, il se fait des mécontents autour de lui. Une aubaine pour l’opposition. Radin, il ne peut que provoquer des fissures dans son pouvoir.

13° La justice internationale.

S’il était facile hier de massacrer son peuple en toute impunité, aujourd’hui la cour pénale internationale et la compétence universelle de certains pays comme la Belgique  sévissent. Ainsi la diaspora burundaise, très active sur le dossier ainsi que la société civile burundaise attendent de pieds ferme la présence de Nkurunziza  en Europe pour faire valoir cette compétence de la justice internationale. A ce titre Nkurunziza Pierre est un prévenu libre qui tôt ou tard sera derrière les barreaux. Pour ses partisans comme Ntahimpera et Nzorijana, ils doivent intégrer cette perspective qui attend leur champion.

En définitive le pouvoir autocratique de Nkurunziza ne peut que tomber. Ce pouvoir qui a les mains sales, ce pouvoir sans armée, ce pouvoir sans appuie budgétaire, ce pouvoir qui attise la haine ethnique, ce pouvoir radin, ce pouvoir qui a un Nkurunziza prisonnier et pantouflard, ce pouvoir qui a l’Eglise catholique sur son dos, ce pouvoir qui se moque de Dieu, ce pouvoir qui s’isole diplomatiquement et qui a les Etats Unis d’Amérique sur son dos, ce pouvoir qui a un Nkurunziza qui a peur de son peuple et de sa sécurité, ce pouvoir qui a Nkurunziza retranché derrière une vitre blindée, ce pouvoir qui tire sur le chef d’Etat-Major de l’armée, ce pouvoir qui assassine un Lieutenant-Général comme Adolphe Nshimirimana, ne peut que sombrer dans une décadence irréversible. Ce pouvoir en décadence confronté à un grand mouvement citoyen comme le CNARED n’ a d’autre destin que la disparition. Les fidèles de cette oligarchie peuvent déjà composer le requiem. L’enterrement est imminent. Nkurunziza aura t-il la possibilité de prononcer l’oraison funèbre de ce jour? Seul l’avenir nous le dira. Les opprimés et les victimes de la barbarie meurtrière de Nkurunziza ont le droit d’espérer un Burundi meilleur dans un avenir proche.

(Sé) Pancrace CIMPAYE.

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