Les insolites de l’oligarchie de Bujumbura à Entebbe

Ce lundi 28 décembre 2015, au palais présidentiel d’Entebbe se tenait le premier contact entre l’opposition burundaise et le pouvoir de facto de Pierre Nkuruniza. Tel un enfant qui a peur d’une piqûre, les envoyés de Pierre Nkurunziza, venus en nombre impressionnant avait la frousse  qui était lisible aux yeux. Ainsi de bourdes aux insolites, ils n’ont cessé de trébucher. Appréciez par vous même:

  1. Avant le début des cérémonies ils hésitent d’entrer dans la salle parce qu’ils viennent d’apprendre que le chef de l’opposition qui montera à la tribune pour s’adresser à la médiation  et au parterre d’invités n’est pas leur allié Agathon Rwasa mais bel et bien l’honorable Léonard Nyangoma, président du CNARED. Ils finiront par rentrer dans la salle.
  2. Quand le maître des cérémonies invite le ministre Nyamitwe Alain à la tribune, c’est le deuxième vice-président du CNDD-FDD, le terrible Burikukiye qui se précipite à la tribune et annone pendant quelques minutes que le pouvoir du CNDD-FDD pose des préalables au début des négociations proprement dites notamment les parties au négociations.
  3. L’incident clos, Alain Nyamitwe peut prendre le micro. Il fait un très long discours où il conte l’histoire du Burundi de depuis plusieurs décennies. Le Médiateur est obligé de le ramener à l’ordre en lui rappelant qu’on était pas là pour suivre une leçon de l’histoire  du Burundi.
  4. Quand le tour du Président de l’opposition arrive, Rwasa  Agathon qui est assis dans la tribune de l’opposition ronge les freins; il avait un discours à la main. Il ne le prononcera pas. Surpris par sa présence dans la tribune de l’opposition, Léonard Nyangoma est obligé dans son discours de rappeler le prescrit de la constitution qui dispose en son article 173 qu’aucun parti ayant des membres au gouvernement ne peut se prévaloir d’être à l’opposition. La même mise au point concernait les partisans de Sindimwo qui occupaient eux aussi des sièges du côté de l’opposition. A côté de cette insolite  d’une ambivalence des membres du gouvernement qui se réclament en même temps de l’opposition, est venu la sortie des délégués du pouvoir, en tête Alain Nyamitwe, quand le président du CNARED a commencé à citer les déboires du pouvoir de Monsieur Pierre Nkurunziza. Ils sont tous sortis.
  5. A la fin du discours de l’honorable Léonard Nyangoma, Monsieur Rwasa Agathon dira à l’honorable Léonce Ngendakumana qui était assis à sa gauche, que le discours du Président du CNARED avait le même contenu que le sien.  Léonce Ngendakumana lui conseilla  d’être conséquent en  démissionnant des institutions.
  6. Le communiqué du ministère des Affaires Etrangères burundais qui rejette la date du 6 janvier 2016. Ce communiqué qui est presque un désaveu du Médiateur est une bourde qui peut coûter cher à Bujumbura. On ne crache pas à la figure d’un  vieux sage d’Afrique comme le Président Museveni. Surtout quand il s’appelle Médiateur. C’est le principe le plus élémentaire des techniques de négociations. A leur décharge, ils ne savent pas, ils ont tout à apprendre. Surtout apprendre à négocier, à discuter, à dialoguer avec l’opposition, cette fois-ci sans le couteau à la gorge! Un exercice nouveau pour Nkurunziza Pierre et les siens.

En définitive, ce que le pouvoir de facto de Pierre Nkurunziza doit comprendre pour limiter ces bourdes à répétition, c’est qu’il est une partie au procès! C’est d’ailleurs par cette observation que le Médiateur a quitté la salle.

(Sé) Pancrace CIMPAYE.

 

 

0 réponses

Répondre

Se joindre à la discussion ?
Vous êtes libre de contribuer !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *