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Lettre d’alerte au SG des Nations Unies

A Monsieur le Secrétaire Générale des Nations Unies
A NEW YORK.

Avec Copie aux membres du conseil de Sécurité.

Bruxelles, le 27 mars 2015.

Object : Alerte pour prévenir
un bain de sang au Burundi.

Monsieur le Secrétaire Générale,

Au nom de la coordination à l’étranger de l’Alliance des Démocrates pour le Changement au Burundi, j’ai l’honneur de m’adresser à votre haute autorité afin de vous faire part d’une préparation des massacres à grande échelle en cours au Burundi.
En effet depuis que de nombreuses voix exhortent le président sortant, son Excellence Pierre Nkurunziza à abandonner son projet de rempiler pour un troisième mandat, certains de ses proches collaborateurs ont pris l’option de préparer une répression dans le sang de toute voix discordante. C’est ainsi que des armes sont en train d’être distribuées à la milice Imbonerakure à travers tout le pays par de hauts responsables politiques et militaires. Une rébellion composée de cette milice est en train d’être mise en place notamment dans le sud du pays par le Lieutenant générale Adolphe Nshimirimana, bras droit du chef de l’Etat. Dans cette perspective de répression, les responsables politiques de la majorité présidentielle ou les militaires et policiers opposés à ce troisième mandat sont en train d’être limogés ou dépouillés des unités qui assuraient jusque-là leur sécurité. Autant dire que c’est une campagne de purge et d’intimidation qui est en cours.
Dans cette campagne, le Chef d’Etat-Major Générale de l’armée, le Générale-Major Prime Niyongabo a réuni les 21 et 23 février 2015 certains commandants d’unité et de régions militaires autour du sujet de soutenir mordicus le troisième mandat du président sortant. A ce titre il devait recommander à ces sous ordres de tirer sur tous les manifestants qui descendront dans la rue pour protester contre ce troisième mandat. De son côté, le Lieutenant-Générale, Adolphe Nshimirimana, chargé de mission du Président de la République, devait déclarer le 7 Mars 2015 devant une foule de miliciens Imbonerakure que : « De gré ou de force le président Nkurunziza sera candidat. Qu’il n’y a pas un autre homme qui a les compétences de diriger le Burundi pour le moment». Il devait ajouter que «… c’est impossible qu’il ne soit pas candidat. A moins que nous soyons tous morts !».
Monsieur le Secrétaire Générale,
Cette campagne de distribution d’armes et cette promesse d’un bain de sang des deux officiers généraux de l’armée est en train de se faire dans un Burundi où les institutions sont déstructurées à la suite d’une fronde interne à la majorité présidentielle. A ce propos le chef de l’Etat, de plus en plus isolé ou minorisé par cette fronde qui ne cesse de grandir et présente dans toutes les institutions, peine à assurer la cohésion de toutes les institutions. Les institutions de la République, y compris le Gouvernement sont en débandade, tout le monde attend d’être limogé; l’administration territoriale, spécialement les gouverneurs de province qui font partie de la fronde sont démobilisés et terrorisés par les miliciens, comme ce fût le cas au chef-lieu de la province Bubanza ce mercredi 25 Mars 2015.
Dès lors en l’absence de cette cohésion des institutions, dans un pays qui sort à peine d’un conflit armé, et où la milice Imbonerakure est érigée en une force de déstabilisation, les nouveaux responsables du pays vont être ces miliciens sans foi ni loi. Ces miliciens devenus puissants, ayant pour mission de défendre mordicus le troisième mandat du Président de la République sortant, ils vont écraser dans le sang de nombreux burundais qui refusent ce troisième mandat. Et plus le rendez-vous électoral approche plus la confrontation est perceptible.
Monsieur le Secrétaire Générale,
La menace des massacres de la grande majorité de burundais qui refusent ce mandat du président sortant est plus que réelle. Les préparatifs vont bon train et à une allure inquiétante. Pour ce faire, je supplie votre auguste institution, bouclier de la paix et de la stabilité, de prendre toutes les mesures urgentes qui s’imposent afin d’arrêter les massacres de burundais qui profilent à l’horizon. La peur de cette horreur tenaille mes compatriotes.
Monsieur le Secrétaire Générale,
Pour arrêter cet holocauste, vous devriez prendre, entre autres, des sanctions contre les responsables politiques, militaires et policiers impliqués dans ce plan macabre. En outre un embargo sur les armes devrait être imposé à l’actuel gouvernement burundais. De surplus la mission de la Représentation des Nations Unies au Burundi devrait être redéfinie. De ce fait le démantèlement de cette milice Imbonerakure et ainsi que le désarmement de la population civile devraient rentrer dans les attributions et les priorités du Bureau des Nations Unies au Burundi. De la même manière cette mission des nations devrait avoir le droit d’imposer un dialogue entre les acteurs politiques autour de la problématique des élections inclusives, apaisées, crédibles et démocratiques au Burundi.
Dans l’espoir d’une suite prompte et favorable à cette alerte, je vous prie d’agréer, Monsieur le Secrétaire Générale, l’expression de ma haute considération.

Pour l’ADC-IKIBIRI à l’étranger,
Pancrace CIMPAYE,
Coordinateur.

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