Objet : Lettre ouverte à l’intelligentsia hutu du Burundi.
Mes chères soeurs, Mes chers frères,
Ce dimanche 27 mars 2016, jour d’allégresse, jour de joie, jour où le fils de Dieu est ressuscité, j’ai appelé le paysan de Bubanza, j’ai appelé le paysan de Cibitoke, j’ai appelé le paysan de Bujumbura Rural, j’ai appelé le paysan de Rumonge, j’ai appelé le paysan de Makamba, j’ai appelé l’ouvrier de la Mairie de Bujumbura pour leur souhaiter une bonne fête de Pâques, mais la réponse était unanime « Nta Pasika Nziza ! Kera twaranywa ! Kera twarabaga ibimasa ! Uyumusi ntanurwumunyu tugira ! Uyumusi turara ntibuca !» ( Il n’y a plus de fête de Pâques ! Par le passé on buvait ! Par le passé on abattait les boeufs pour festoyer ! Aujourd’hui on n’a même pas de quoi acheter du sel ! La peur au ventre, la peur du lendemain, voilà ce qu’est devenu notre lot quotidien !).
Mes chères soeurs, Mes chers frères,
C’est cette déclaration innocente de misère , de désespoir et d’insécurité sous le règne d’un Président hutu qui me pousse à vous alerter, vous, la crème blanche de l’intelligentsia hutu. Le drame de cette déclaration de la déchéance de la qualité de la vie, c’est que ces innocentes personnes regrettent un passé d’avant Pierre Nkurunziza ! Cette comparaison saisissante est une preuve irréfutable que le bilan de Monsieur Pierre Nkurunziza est négatif. Malheureusement, au lieu de reconnaître cet échec cuisant afin de tirer sa révérence, Pierre Nkurunziza s’accroche de force à un troisième mandat et se lance dans une campagne de haine ethnique qui tue. Pour Pierre Nkurunziza et son club, la crise politico-sécuritaire qui frappe le Burundi procède d’une volonté des tutsi de revenir au pouvoir. Dès lors l’ennemi désigné c’est le tutsi ! Une telle démarche est une menace pour le pays tout entier et jette particulièrement un grand discrédit sur la composante des intellectuels hutu. Nous devons en conséquence nous lever comme un seul homme pour barrer la route à cette aventure anachronique et dangereuse.
Mes chères soeurs, Mes chers frères,
Si la parenthèse de misère et de sang du règne de Monsieur Pierre Nkurunziza n’est pas fermée rapidement, le Burundi va sombrer dans une guerre civile dévastatrice et dans un marasme
économique sans précédent. En l’absence des médias indépendants, et si cette campagne de haine
ethnique n’est pas jugulée rapidement, le pays risque de s’embraser. Et la question que les
générations à venir vous poseront est la suivante :
« Comment est-ce que un pouvoir hutu n’a pas pu faire la différence et redresser le pays ?
Comment est-ce que un tel pouvoir a été incapable d’offrir aux burundais un BURUNDI NOUVEAU,
RECONCILIE, et PROSPERE POUR TOUS ? Vous aviez un Président de la République qui était Hutu, un
Président de l’Assemblée Nationale qui était Hutu, un président du Sénat qui était Hutu, deux viceprésidents
de la république qui étaient hutu, un Chef d’Etat-Major Général de l’armée qui était
hutu, un Ministre de la Sécurité Publique qui était hutu, un patron des services de renseignement
qui était hutu, un ministre des Finances qui était hutu, un ministre des relations extérieures qui
était hutu, un ministre de l’agriculture qui était hutu, un procureur général de la république qui
était Hutu, plus de 60% de l’armée composée de Hutu, plus de 80% de la police composée par les
Hutu ! Comment est-ce qu’une telle composition d’anciens opprimés a plongé le pays dans
l’oppression, dans la dictature et dans la guerre? »
Mes chères soeurs, Mes chers frères,
Pour ne pas avoir l’embarras et la honte de réponde à cette question, l’heure est venu de faire un
sursaut national. J’en appelle spécialement à la responsabilité des hutu qui sont à l’armée et à la
police. Pourquoi après 10 ans passés au maquis, vous devriez retourner sur le front pour défendre la
fortune mal acquise de Monsieur Pierre Nkurunziza ? Vous êtes les rescapés de cette guerre civile de
10ans, pourquoi devriez-vous mourir aujourd’hui en défendant un Pierre Nkurunziza qui a
aujourd’hui, sur le dos des burundais, une fortune estimée entre 350 et 500 millions de dollars
américains ? Après dix ans au maquis, vous devriez aujourd’hui savourer les dividendes d’une paix
retrouvée et non vivre le cauchemar d’une reprise de la guerre. Pourquoi le caporal Kazungu doit
mourir en mars 2016 alors qu’il avait quitté le maquis sain et sauf ? Pourquoi le Lieutenant-Colonel
Ikurakure Darius doit mourir en mars 2016 alors qu’il était rentré du maquis sain et sauf ? Pourquoi
le Lieutenant-Général Adolphe Nshimirimana doit mourir en 2015 alors qu’il a conduit la lutte armée
au maquis et rentré sain et sauf ?
Monsieur le Chef d’Etat-Major Général de l’armée,
Souvenez-vous du sobriquet qui qualifiait, hier, tout problème insoluble : « NIKIBAZO
CIGISODA ! »Tout problème insoluble était comparé à la problématique de la question de l’armée. Mais par la force des
hommes politiques responsables, la problématique de l’armée avait trouvé une solution.
Cependant, aujourd’hui, dans le but de protéger un seul homme, vous êtes en train de détruire cette
armée, ce rempart de la paix et de la stabilité du pays. Pourtant la nouvelle image de l’armée a pris beaucoup de temps et de sacrifice en vies
humaines ; mais pour protéger le seul Pierre Nkurunziza, et détruire l’Accord d’Arusha, vous vous
plaisez à la diviser en deux camps antagonistes. Cette responsabilité historique de détruire ce modèle
de fusion de l’armée régulière et de la rébellion vous coûtera cher. A ce titre Monsieur Pierre
Nkurunziza déclare la guerre au peuple burundais en refusant toute solution négociée d’un côté et
de l’autre côté vous détruisez les forces qui devraient vous défendre. La vie d’un militaire tutsi n’a
plus de valeur ! Un officier tutsi est devenu un sous-ordre d’un caporal hutu ! Et Nkurunziza Pierre,
soit disant commandant suprême, le poing sur la poitrine, se vante publiquement sur la voix des
ondes qu’un caporal hutu peut cracher sur un officier général tutsi ! Quelle irresponsabilité ! Cette guerre civile que vous voulez imposer aux burundais va consumer tous vos projets, vos rêves et votre pseudo-pouvoir. Cette guerre est un échec de votre gouvernance et un acte de trahison.
A ces Imbonerakure et à toute la machine des bourreaux, changez le fusil d’épaule! On vous répète des histoires sordides de la revanche des orphelins hutus de 1972. Mais avez-vous pensé un seul instant au sort et à la réaction des orphelins du troisième mandat de Nkurunziza ? Devront-ils eux aussi à leur tour préparer une revanche dans quelques décennies contre votre progéniture? Demain quand les burundais vont célébrer l’arrivée d’un ordre nouveau vous serez traqués comme des bêtes sauvages. Et Pierre Nkurunziza ne fera rien pour vous sauver.
Je lance un appel pressant aux nombreux militants du CNDD-FDD, spécialement ces fonctionnaires qui ne peuvent plus joindre les deux bouts du mois : pourquoi continuer à applaudir un Nkurunziza Pierre qui vous condamne à une misère chronique et vous confine dans une insécurité grandissante?
Je lance un appel solennel à tous ces ministres qui ne sont ministres que de nom, car ignorant tout du centre de décisions, de jeter l’éponge à temps ; car demain au moment de la facturation des dommages causés par ce gouvernement de facto, vous serez collégialement responsables.
A cette diaspora de hutu qui relaye les enseignements de ce venin de haine ethnique, sachez que Monsieur Pierre Nkurunziza a une mère probablement tutsi, Monsieur Butore Joseph avait une maman tutsi et Gaston Sindimwo a une mère tutsi. C’est dire que cette haine ethnique contre les tutsi n’est que pure propagande d’un pouvoir en perte de popularité. Par ailleurs si la nature de la crise qui mine le Burundi était fondamentalement ethnique, pourquoi le pouvoir aux visages hutu de Pierre Nkurunziza tenterait de tuer un hutu comme le sage Pierre Claver Mbonimpa et sa famille ? Pourquoi Gélase Ndabirabe condamnerait, par la voix des ondes à mort, les frondeurs comme Onésime Nduwimana et Hatungimana Léonidas, tous hutu ? Pourquoi le leader historique de la rébellion, le père fondateur du CNDD devenu CNDD-FDD, Président du CNARED-GIRITEKA, l’honorable Léonard Nyangoma serait à l’exil ? Pourquoi deux anciens Présidents de la République, quatre anciens présidents du parlement, trois anciens vice-présidents de la république, deux anciens présidents du CNDD-FDD, plusieurs officiers généraux, tous hutu, seraient-ils persécutés par ce pouvoir hutu de Bujumbura ?
Mes chers amis,
Nous savons tous que la grande majorité du peuple burundais est de confession catholique. Cette Eglise avait salué et soutenu l’arrivée du pouvoir de Pierre Nkurunziza. Elle espérait que le nouveau pouvoir allait changer le cours de la vie du peuple burundais. Cependant l’Eglise Catholique réalise aujourd’hui avec regret que la haine, l’exclusion, le mensonge, la misère et le meurtre sont érigés en mode de gouvernement. Une déviance que le clergé ne peut pas tolérer. Au lieu d’écouter la sonnette d’alarme de la grande Eglise Catholique, Monsieur Pierre Nkurunziza et son club ouvrent une guerre contre l’Eglise catholique. Nkurunziza Pierre oublie du coup que la grande majorité de cette confession religieuse, toute proportion gardée, reste hutu. Nkurunziza entre en conséquence en guerre contre la grande majorité des hutu ! Où est cette menace tutsi qu’il distille sous le manteau ?

Chers leaders hutu,
Ce front contre l’Eglise Catholique est inadmissible ! Il est le sommet de l’échec de Pierre Nkurunziza ; un homme qui s’est toujours présenté comme un élu de Dieu. Comment est-ce qu’un élu de Dieu peut ouvrir le feu sur l’Eglise Catholique ? Ce front doit être un gilet de sauvetage contre cette propagande d’une menace tutsi. Ainsi Cher Sylvestre Ntibantunganya, Cher Domitien Ndayizeye, Cher Léonard Nyangoma, Cher Pie Ntavyohanyuma, Cher Léonce Ngendakumana, Cher Gervais Rufyikiri, Cher Jean Minani, Cher Isidore Nibizi, Cher Charles Nditije, Cher Onésime Nduwimana, Cher Léonidas Hatungimana, Cher Jérémie Ngendakumana, Cher Hussein Radjabu, Cher Frédéric Bamvuginyumvira, Chère Alice Nzomukunda, Chère Marina Barampama, Cher Godefroid Niyombare, Cher Guillaume Nabindika, Cher Aloys Nzabampema, cher Melchiade Biremba appuyez-vous sur tous vos nombreux fidèles afin de constituer un front contre la dérive de haine ethnique de Pierre Nkurunziza. Sur toutes les collines du Burundi faites une chaine de concorde, d’unité et de complicité entre toutes les composantes ethniques. Nous avons la responsabilité de barrer la route à ces marchands de la haine ethnique. Jamais, au grand jamais, la confrontation ethnique entre hutu et tutsi ne doit plus avoir lieu!
Pierre Nkurunziza et son club ne représentent pas les hutu ! Au contraire, ils ternissent l’image du leadership hutu. Nkurunziza n’est pas adulé au Burundi. Nkurunziza Pierre n’est pas populaire au Burundi contrairement aux mensonges véhiculés par ses sherpas. Et pour preuve le 13 Mai 2015 lors de la tentative de coup d’Etat, tout le peuple burundais avait sauté de joie. Cette allégresse avait même été observée dans la commune de Kamenge, naguère fief du Lieutenant-Général Adolphe Nshimirimana. Pour l’heure l’autre signe qui ne trompe pas, c’est cette guerre que le pouvoir vient de déclarer à la grande et puissante Eglise Catholique du Burundi. Cette guerre est une manifestation d’un divorce entre la majorité du peuple burundais et l’oligarchie de Bujumbura. Dès lors nous nous devons d’isoler et de marginaliser cette classe politico-militaire qui ne sont que des vautours qui sont en train de se cacher derrière l’ethnie hutu pour protéger et cacher le désastre qu’il cause au pays.
Mes chers amis,
Dans ce combat contre les imposteurs, nous devons également crier haut et fort que la crise burundaise n’est pas une invention des pays voisins comme le Rwanda ; le spectre d’un empire hima est le fruit d’une imagination d’une oligarchie en perte de vitesse et de popularité. De la même manière cette crise n’est pas une conspiration des puissances occidentales comme la Belgique. Le géniteur de cette crise n’est autre que le mauvais leadership en place à Bujumbura. Nous devons plutôt remercier le Rwanda, le Royaume de Belgique et les autres pays qui hébergent de nombreux réfugiés burundais, produits par l’intolérance qui règne au pays. Et demandons que ces pays continuent à donner hospitalité à nos compatriotes qui échappent à un pouvoir sanguinaire de Bujumbura. A ce titre, les pays occidentaux devraient accorder facilement un asile politique à nos compatriotes car le Burundi est devenu une république bananière où la vie d’un homme n’a plus aucune valeur.

Mes chers compatriotes (toute ethnie confondue),
Nous devons nous lever comme un seul homme, les hutu, les tutsi, les batwa et les baganwa pour sauver la nation burundaise en danger. Et dans cet acte de sauvetage l’intelligentsia hutu doit être au premier loge ; c’est la seule réponse à la campagne grotesque et mensongère de haine ethnique contre les tutsi.

ENSEMBLE POUR LE CHANGEMENT AU BURUNDI !
ENSEMBLE NOUS VAINCRONS !
QUE DIEU BENISSE ET SAUVE LE BURUNDI !
(Sé) Pancrace CIMPAYE.
www.mporeburundi.org
Directeur des Publications