NEGOCIATIONS INTERBURUNDAISES D’ENTEBBE: Discours du président du CNARED-GIRITEKA

 

Au nom du Conseil national pour le Respect de l’Accord d’Arusha pour la Paix et la réconciliation au Burundi et de l’Etat de Droit, CNARED-GIRITEKA, permettez-moi de prime abord, de m’acquitter d’un très honorable devoir de remerciements:

Très chaleureusement ,je tiens à témoigner ma profonde gratitude au peuple Ougandais en général pour son hospitalité, au Président de la République en particulier pour sa disponibilité; malgré un calendrier très chargé, son Excellence Yoweri Kaguta Museveni a bien voulu accepter la lourde tâche de médiation dans la crise burundaise.

Nos remerciements vont également à ses pairs de la Communauté de l’Afrique de l’Est et de l’Union africaine qui n’ont ménagé aucun effort pour contribuer à la résolution de la crise burundaise.

J’exprime aussi un sentiment de gratitude aux pays de l’Union européenne en général et particulièrement les pays comme le Royaume de Belgique,la France, les Pays bas, l’Allemagne et la Suisse. Que les Etats Unis d’Amérique se reconnaissent aussi dans cette liste non exhaustive des pays aux quels nous devons beaucoup da qui se sont mobilisées pourns notre lutte pour la sauvegarde de l’Accord d’Arusha pour la paix et la Réconciliation au Burundi et de la constitution.

A l’Union africaine, l’union Européenne aux nations Unies ainsi qu’à toutes les personnalités pour crier au secours, nous disons également merci. sans leur intervention les souffrances des burundais auraient été vécues à huis clos.

Excellences,

Mesdames et Messieurs,

Je voudrais ensuite saluer la bravoure, la détermination et la résistance du peuple burundais, surtout les jeunes, contre la tyrannie que lui impose depuis une longue et pénible décennie, le régime en place à Bujumbura. hommage à nos courageux journalistes qui ont refusé d’être bâillonnés, contraints à la pensée unique ou réduits au silence. Hommage aux organisations de la société civile qui  ont fait du Burundi le pays des milles témoins, le pays des mille voix, le pays  des milles versions, le pays des milles débats, le pays de mille protestations. Ici je rends particulièrement un vibrant hommage à Pierre Claver Mbonimpa ici présent, qui est l’icône d’une société civile burundaise au service d’un peuple opprimé. Je rends aussi un grand hommage à toutes les victimes, connues ou anonymes, aux prisonniers, aux enlevés et disparus sans laiser de traces, aux étranglés, aux gens ligotés et jetés dans  les trous et précipices, dans les fleuves ou lacs; hommages aux fusillés, aux morts d’inanition, aux torturés, aux morts sans sépulture. A toutes ces victimes du pouvoir de facto de Bujumbura, nous devons un grand respect, la vérité et la justice.

Excellences,

Mesdames et Messieurs,,

Une question se dresse devant nous: c’est celle de la raison de nos malheurs. Celle de la nature et de l’origine du conflit burundais. Qui s’oppose à qui? pour le CNARED-GIRITEKA, le conflit actuel n’oppose pas  les ethnies comme veut l’accréditer le régime de facto de Bujumbura dans sa campagne pour justifier ses crimes. Il n’oppose pas non plus le Burundi et un autre pays, fût-il l’ancien colonisateur ou l’un ou l’autre des pays voisins. le conflit burundais est  fondamentalement politique, économique et social. Ce système qui gangrène le Burundi refuse le pluralisme politique et social, divise délibérément les partis de l’opposition en avalisant des congrès illégaux, ferme et verrouille l’espace politique, monopolise l’administration publique, viole constamment les lois. Un tel système, foncièrement intolérant et violent peut-il organiser des élections crédibles? peut-il les organiser et les perdre? Peut-il être pour la limitation des mandats ou l’alternance? Au niveau judiciaire, la magistrature est instrumentalisée par l’exécutif. Au Burundi on ne parle plus de justice mais de la loi de la jungle! Et comme si tout ce chapetet de misère ne suffisait pas, une cllique d’extrémistes a tout fait pour  saper la cohésion et la sécurité publique en mettant en place une milice, la jeunesse des IMBONERAKURE en revêtant des tenues  de la police et de l’armée.

Excellences,

Mesdames et Messieurs,

C’est pour lutter contre ce système que s’est constitué le CNARED-GIRITEKA, que j’ai l’honneur de présider. la crise consécutive à la candidature de Monsieur Pierre Nkurunziza pour un troisième mandat illégal n’a été en réalité, que  la suite logique d’une longue série de mauvaises habitudes, de vices et de malheurs qui ont caractérisé les dix ans de règne de Monsieur Pierre Nkurunziza et son parti. Aussi serait-il insuffisant et inefficace de traiter l’effet sans remonter aux causes.; nous nous devons de diagnostiquer le mal à la racine et , ensuite, d’appliquer une thérapie appropriée. En clair,  LE NOEUD DU PROBLEME BURUNDAIS, C  ‘EST BIEN PIERRE NKURUNZIZA. De ce problème est né de nombreux contentieux:

  1. Un contentieux politique lié au non respect de l’Accord d’Arusha et de la Constitution;
  2. Un contentieux sécuritaire matérialisé par la création de la milice armée IMBONERAKURE et la destruction des corps de défense et de sécurité;
  3. Un contentieux juridique liés à l’élaboration des lois liberticides;
  4. Un contentieux économique dû notamment à la corruption et aux malversations économiques sans précédent.

Excellences,

Mesdames et messieurs,

Au regard de tous ces contentieux, tenant compte de la nécessité d’aller à l’essentiel et d’avancer rapidement vers des solutions viables et pratiques, le CNARED-GIRITEKA, propose l’agenda suivant:

  1. Le rétablissement de l’Accord d’Arusha pour la Paix et la Réconciliation au Burundi et de la constitution de la République du Burundi;
  2. La situation sécuritaire;
  3. Les conséquences du troisième mandat;
  4. La relance, la gouvernance et la réhabilitation économique;
  5. Les institutions de transition;
  6. Calendrier et garanties de la mise en application de l’accord conclu.

Toutes ces questions devraient être examinées, afin que nous stabilisions à nouveau notre contrat social. Au nom du CNARED-GIRITEKA? J’aimerais demander aux deux parties en conflit de privilégier les intérêts supérieurs de la nation et du peuple burundais pendant ces pourparlers. Je demande surtout  à la partie adverse de retrouver la voie du bon sens et de la raison. En effet, peut-on avoir raison et se retrouver en but à la désapprobation quasi unanime de la communauté internationale? Peut-on gérer la nation avec équité et voir des centaines de milliers de citoyens abandonner leurs biens et se retrouver en exil, exposés à des épidémies, aux affres de l’incertitude et de la dépendance totale? Peut-on gérer un pays en bon père de famille et le voir sur la liste des pays les plus corrompus au  monde, les premiers au monde à pratiquer la dictature?

Excellences,

Mesdames et Messieurs,

Avant de terminer mon propos, je saisis cette occasion pour saluer la décision de l’Union africaine d’envoyer des troupes  d’intervention au Burundi pour la protection de la population et la prévention d’un génocide politico-ethnique qui plane sur le Burundi.

En ce qui concerne le CNARED, je veux prendre un engagement que nous voulons des négociations sérieuses, sans faux fuyants. Nous sommes prêts à discuter de toutes les questions pour l’intérêt de notre peuple. Nous voulons construire des  institutions fortes et elles ne seront fortes et  stables que si les dirigeants  respectent la loi et la parole donnée, s’ils sont élus régulièrement de façon juste et transparente, s’ils gèrent le patrimoine national en ayant à cœur le bien de tous et non d’une petite minorité. bref, s’ils peuvent dire au peuple burundais, en toute sincérité, ce mot du prince Louis Rwagasore, héros de l’indépendance du Burundi:  » Vous nous jugerez à nos actes et votre satisfaction sera notre fierté ».

Je vous remercie.

 

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