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Museveni à Bujumbura: « Comme si vous y étiez! »

Vous êtes très nombreux à écrire à notre rédaction pour connaître les véritables conclusions des réunions entre le Médiateur Museveni et la classe politique burundaise. Nous vous livrons un compte rendu brut comme si vous y étiez.

Le 14 juillet je faisais un clin d’œil au médiateur Museveni afin qu’il reconsidère sa vision sur la nature de la crise burundaise. J’estimais que le despote Nkurunziza et sa clique l’avaient mis sur une fausse route ethnique. Ce jour là, jusqu’à une heure du matin, il y avait un dialogue de sourds entre l’opposition et le Médiateur. Ce dernier était resté sur sa position, à peine voilée, d’entériner le troisième mandat  illégal et cruel de Nkurunziza et la mascarade électorale du 29 juin2015.

Le matin ,hier, 15 juillet, le médiateur est revenu sur la table des négociations avec une nouvelle vision qui a surpris l’oligarchie de Bujumbura. La nuit portant conseil, le médiateur a exigé préalablement des négociations entre le camp Nkurunziza et l’opposition, avant les élections. Avant cette conclusion il a dressé le tableau suivant:

1. Aux termes des consultations  avec toutes les parties, il est évident que l’opposition n’a pas pu faire sa campagne à cause de la milice Imbonerakure et la destruction des radio privées. En outre il y a le harcèlement de la société civile;

2. Au sujet des Imbonerakure le Médiateur a lui même confirmé qu’il avait vu de ses propre yeux des imbonerakure pointer un fusil sur une vielle maman. c’était sur sa route de Kirundo à Bujumbura;

3. Il y a beaucoup de réfugiés par peur du troisième mandat;

4. Concernant la sécurité, je suis informé qu’ à l’armée ça va mais que la police est mono ethnique sans capacité ni expérience;

5. Pour l’assassinat de Feruzi, où est le rapport? S’il y avait un gouvernement responsable, il devrait y avoir eu un rapport y relatif;

6. Les institutions de lutte contre la mauvaise gouvernance ne fonctionnent pas convenablement;

7. Le président de la république m’a dit  que l’opposition est responsable du durcissement de la crise. Il a ajouté que l’opposition n’est pas organisé sinon on ne peut pas comprendre comment il y a 7 candidats aux présidentielles;

8. Si la Commission Vérité réconciliation avait été mise en place, on n’aurait pas eu ces problèmes;

9.Les reports des élections faits par le Gouvernement n’ont donné aucun résultat. c’est comme un mariage entre deux personnes stériles qui ne va jamais donné d’enfant;

10. La destruction du Burundi concerne aussi bien le gouvernement que l’opposition. D’où il faut des négociations car d’après ce que j’ai compris, il n’ y a jamais eu dialogue;

11. Le temps des négociations dépendra de vous car contrairement à ce qu’avance le gouvernement, il ne peut pas y a avoir de vide institutionnel. C’est l’avis des sages de la Communauté Est Africaine et des anciens chefs d’Etat burundais;

12. La constitution ne peut pas être un obstacle pour la sécurité d’un pays. Une vache qui ne donne pas de lait ni de viande n’est plus une vache. De la même manière une constitution sans la paix ne vaut rien.

13. Personne ne peut défier les conclusions des sommets des Chefs d’Etat. Il  devait citer l’exemple des anciens présidents Idi Amin Dada de l’Ouganda, Mobutu du Zaïre et Buyoya du Burundi.

En définitive, devait-il conclure:  » La solution proviendra des burundais. Ainsi dès ce jeudi, sous la supervision de mon ministre de la défense appuyé par le secrétaire générale de la Communauté Est Africaine, des Sages ainsi que d’autres personnalités, un dialogue débutera ».

Le ministre de la défense ougandais vient d’atterrir à Bujumbura ce jeudi à 12h, heure locale. Les parties sont convoquées pour 14 heures.

N.B: Nous ferons le commentaire de ce condensé dans nos publications ultérieures.

(Sé) Pancrace CIMPAYE.