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Déclaration des coprésidents de l’Assemblée parlementaire paritaire ACP-UE sur la situation au Burundi

Fortement préoccupés par la situation au Burundi, M. Louis Michel et M. Fitz A. Jackson, Coprésidents de l’Assemblée parlementaire paritaire ACP-UE (APP), appellent à une action urgente, ferme et concertée de l’Union africaine, de l’Union européenne et de la Communauté d’Afrique de l’est pour éviter le déclenchement d’une nouvelle guerre civile.
Les Coprésidents exhortent également les autorités burundaises à rétablir la confiance de tous les Burundais, en commençant par un retour au plein respect des Accords d’Arusha de 2000.
Les coprésidents estiment que nul ne peut continuer à fermer les yeux face aux troubles, au chaos et aux massacres qui ont suivi l’annonce de la candidature du Président Pierre Nkurunziza pour un nouveau mandat. Les affrontements entre opposants et forces de l’ordre ont déjà fait trop de morts, la violence et la pression sur les medias privés ont amené des journalistes à la clandestinité, et des leaders de l’opposition sont en exil ; l’assassinat de Zedi Feruzi, n’a pas encore été élucidé, déplorent les coprésidents.
Les coprésidents constatent que la réaction du Président Pierre Nkurunziza aux protestations contre sa nouvelle candidature a conduit à un climat politique de plus en plus autoritaire et autocratique. Le gouvernement a déclaré que les manifestations sont désormais assimilées à une insurrection contre l’ordre légal. Cette situation commence à réveiller la fibre ethnique, déclarent, avec inquiétude, les coprésidents.
Il y a 21 ans, au Rwanda, nous avons assisté à des conséquences dramatiques et inhumaines de la distribution d’armes au sein de la population, rappellent les coprésidents. Nous ne pouvons pas reproduire deux fois la même erreur: il est impératif de désarmer immédiatement les groupements de jeunesse affiliés à des partis politiques.
Les Coprésidents appellent l’Union européenne, l’Union africaine et la Communauté d’Afrique de l’est à agir sans délai et à adopter des mesures fortes afin de contenir la propagation des actes de violence et pour signifier sans équivoque qu’un gouvernement qui serait issu d’élections organisées contrairement aux Accords d’Arusha ne serait pas reconnu par la communauté internationale.
Les Coprésidents demandent que les autorités burundaises respectent et protègent les droits fondamentaux de tous les Burundais, y compris la liberté d’expression et de réunion des opposants, ouvrent sans délai l’espace médiatique, permettent le retour au pays des leaders d’opposition en exil, libèrent inconditionnellement tous les prisonniers politiques et cessent le harcèlement contre la société civile.
Il faut empêcher un drame humain qui risque de contaminer toute la région des grand Lacs, implorent les Coprésidents.
Suva (Fidji), 17 juin 2015