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Les élections impossibles au Burundi.

Le délai limite de dépôt des listes des candidats aux élections communales est écoulé. Mais une seule réponse est sur toutes les lèvres  » nous présentons ces listes pour la forme, mais en réalité ces élections sont impossibles dans les présentes conditions ».

Quelles sont ces conditions qui font défaut à une bonne organisation des élections? Quelles sont les entraves à ce processus électorale? A l’ADC-IKIBIRI, on ne mâche les mots, les élections qui excluent des leaders politiques  suivants ne sont pas envisageables:

Monsieur Alexis Sinduhije, Président du MSD;

L’Honorable Léonard Nyangoma, le président du CNDD;

L’Honorable Hussein Radjabu, ancien Président du CNDD-FDD;

L’Honorable Jérémie Ngendakumana, ancien Président du CNDD-FDD;

L’Honorable Pie Ntavyohanyuma, Président de l’Assemblée nationale;

L’Honorable Ntisezerana Gabriel, Président du Sénat;

L’Honorable Gervais Rufyikiri, deuxième Vice-président  de la République;

L’Honorable Onésime Nduwimana, ancien porte-parole du CNDD-FDD;

L’Honorable Léonidas Hatungimana, ancien porte-parole du Président de la République;

L’Honorable Festus Ntanyungu, Président du forum des partis politiques. L’exclusion de ces hommes politiques du processus électoral est un grand handicap.

Le deuxième handicap qui compromet ce processus électorale , est le troisième mandat du président sortant. Un troisième mandat qui a été vulgarisé ce samedi 11 Avril 2015 par la marche manifestation de Bujumbura.Une manifestation au cours de la quelle le message des manifestants était clair : « Ceux qui s’opposeront au troisième mandat, nous les écraserons ( Tuzobamesa! Tuzobarasa!) ».

Avec cette menace d’un bain de sang, le troisième  élément qui bloque ce processus électorale, c’est l’armement de cette milice Imbonerakure. Une milice encadrée par le lieutenant-générale Adolphe Nshimirimana, chargé de mission du Président Nkurunziza. Le résultat des élections sur fond d’un terrorisme de cette milice Imbonerakure n’ont aucune crédibilité.

Au delà de ce terrorisme de la milice Imbonerakure, la problématique du fichier électoral biaisé par la Commission Electorale, qui ne cache pas qu’elle est au service du seul candidat Pierre Nkurunziza, reste entier. C’est dire qu’aussi longtemps que ces deux contentieux  ne sont pas vidés, on ne peut pas parler des élections dignes de ce nom au Burundi.

A l’ADC-IKIBIRI, la libération de tous les prisonniers politiques est aussi  un préalable qui rentre dans le registre d’un environnement favorable aux élections inclusives.

En définitive  aussi longtemps que ces questions susmentionnées ne sont pas vidées, les élections au Burundi est une illusion voire un danger pour la stabilité du pays. Les bailleurs de fonds impliqués dans le financement de ce processus devraient conditionner le décaissement des fonds au règlement des préalables susmentionnés. Ignorer ces préalables, c’est conduire le Burundi droit dans le mur!

(Sé) Pancrace CIMPAYE