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La Chute de Blaise Compaoré: Quelques citations tirées du Journal Jeune Afrique

Dans sa livraison de la semaine du 9 au 15 novembre 2014, Jeune Afrique nous livre un récit exclusif des trois jours de la chute de Blaise Compaoré. MporeBurundi  a choisi pour vous quelques extraits instructifs:

1.  » Vingt-sept ans et quinze jours après son accession au pouvoir, le jeudi 15 Octobre 1987, entachée à jamais par la mort de Thomas Sankara, son frère d’armes, de révolution et…de coeur, Blaise Compaoré est tombé sans que ni lui, ni ses proches, ni même ses partisans n’aient versé une goutte de sang ».

2.  » Ce jour-là, trois semaines à peine après qu’il a dévoilé son intention de modifier la Constitution afin de briguer un nouveau mandat en novembre 2015, ceux qui avaient bâti avec lui son régime l’ont lâché ».

3.  » Si Roch et compagnie arrivent au pouvoir, on est morts…Si je ne reste pas, je suis foutu, finit par se convaincre le président (Blaise Compaoré) ».

4.  » C’est pour cela -ce mélange de lassitude et d’instinct de survie- qu’il n’a pas écouté les conseils les plus radicaux de ses proches, qui l’exhortaient à revenir aux bonnes vieilles méthodes qui, à la fin des années 1980 et tout au long des années 1990, ont constitué le socle de son pouvoir: la fermeté, l’intimidation,et, s’il le faut, la violence… » Fais peur à Roch, fais peur à Salif,boucle-les quelques jours ». mais il ne les a pas écoutés ».

5.  » Il n’a pas entendu les nombreuses mises en garde de la France, des Etats-Unis, de certains de  ses pairs africains et même de ses ministres… ».

6.  » Il faut que tu dises au président qu’il a perdu le sens des réalités », (NDLR: conseillait  le Général Gilbert Diendéré, patron du Régiment de la Sécurité Présidentielle(RSP). Mais le président n’entendait pas ».

7.  » Dès le lendemain, plusieurs organisations de la société civile , dont le Balai citoyen, mouvement porté par une jeunesse qui n’a connu que Compaoré au pouvoir, appellent à la désobéissance civile. On érige des barrages éphémères  un peu partout dans la capitale, on occupe des places, on sillonne les quartiers… ».

8. « Le 28 octobre, une masse indomptable-inimaginable même- prend la rue. Ils ne sont certainement pas 1 million, comme l’affirme l’opposition. Mais ils sont bien plus que les 50000 manifestants que recense une police aveugle. on n’a jamais vu ça au Burkina, peut être même dans toute l’Afrique de l’Ouest. Compaoré ne peut plus nier l’évidence. »

9.  » Le lendemain, ceux qu’un proche du président appelle » les sécurocrates » s’inquiètent. En conseil des ministres…ils évoquent les failles du dispositif sécuritaire. Jamais … la gendarmerie et la police ne pourront pas faire face à une telle foule. Seule l’armée en est capable ».

10.  » Le président ne prend même pas la peine de recevoir les ambassadeurs de France, des Etats Unis et de l’Union Européenne, qui se sont déplacés jusqu’à Kosyam ( NDLR:Le Palais présidentiel). Ils l’irritent, à répéter depuis des mois-souvent sans prendre des gants- qu’il doit partir ».

11.  » Mais le sort du régime se joue ailleurs. Quelque part à Ouaga, en un lieu tenu secret, on se réunit pour finaliser le plan de mise à bas du pouvoir. Il y a là des opposants bien connus pour ne pas être des enfants de choeur, et des acteurs de la société civile ».

12.  » Avec l’argent donné par des commerçants et des hommes d’affaires, ils ont recruté des centaines de jeunes (5500, selon une source) pour faire le coup de poing, mais aussi des anciens militaires radiés en 2011. Certains sont payés 25000 (38 euros), d’autres encore plus. » (à suivre)