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Les coulisses d’une nouvelle rébellion au Burundi.

Depuis mardi 30 décembre 2014, des affrontements meurtriers opposent l’armée, la police, la milice Imbonerakure à une nouvelle rébellion dans la province de Cibitoke. Ce matin du 1 janvier 2015, les combats ont repris. Mais un silence assourdissant entoure ce crépitement d’armes lourdes. Des commentaires divers fusent de partout quant à l’identité du groupe rebelle. Face à ce manque d’information , MporeBurundi a glané des faits et gestes qui tournent autour de cet événement. Nous les partageons:

1. L’identité du groupe rebelle reste un mystère. Pour le club qui dirige le Burundi, ce sont les tutsi venus du Congo qui sont venus mettre fin au pouvoir hutu. D’autres vous diront , c’est l’enfant terrible de Kamenge,  Alexis Sinduhije qui veut en découdre avec la dictature de Bujumbura. Mais celui-ci , contacté par la rédaction, il dément. D’autres sources internes au CNDD-FDD accusent l’ancien patron des services secrets burundais, le Général Adolphe Nshimirimana. A ce propos cette source lie l’arsenal des armes découvertes à Buterere et cette attaque. Pour eux, ce général voudrait reprendre du service par ce biais et montrer ses biceps. Dans le même groupe on accuse fortement le même personnage qui avait phagocyté les services de renseignements en les réduisant à un service moribond, incapable de protéger le pays en prévenant des attaques du genre.

2. Un commandement monocolore dangereux. Déboussolé par cette attaque qui vient gâcher la  fête  de son investiture pour un troisième mandat illégal, le Président Nkurunziza  vient de décider qu’au niveau de l’Etat-major, la gestion de cette guerre est une affaire des anciens FDD ( forces de défense de la démocratie); les ex- FAB ( forces armées burundaises) ont été systématiquement exclues.

3. Ordre de nettoyer. Quand il a appris la reprise des combats ce matin et le bilan réel des morts , le Président Nkurunziza,hors de lui, a donné l’ordre  de tirer sur tout ce qui bouge y compris sur la population civile. Il a dit qu’il faut nettoyer! En effet on lui avait annoncé depuis hier que les assaillants étaient en débandade et hors d’état de nuire. mais les nouvelles d’aujourd’hui ne lui ont pas plu.

4. Le bilan. La même source proche de Nkurunziza nous révèle que contrairement à l’information donné à RFI et à l’AFP, le bilan au sein de l’armée est de 25 militaires tués et une dizaine de blessés pendant que du côté des assaillants on compte 14 tués.

5. La milice Imbonerakure bien armée. Le fait qui a surpris est que la milice Imbonerakure est rapidement arrivé sur le champ de bataille bien armée alors qu’il n’y a jamais eu préalablement une séance de distribution des armes à cette unité. Cette apparition a confirmé que cette milice présentée à Ngozi, lors de la rencontre entre Nkurunziza et les représentants de la milice venus de tout le pays,comme une armée de réservistes est bel et bien armée.

6. Un bicéphalisme au sein des forces de défense et de sécurité. De tout temps, la guerre est en priorité une affaire de l’armée et non de la police. Mais dans cette guerre de Cibitoke on a vu la police dans la première loge; effectivement la police burundaise est présentée comme un corps au service de la majorité présidentielle pendant que l’armée  ne bénéficie pas de la confiance totale du camp présidentiel. C’est cette perception qui a poussé Nkurunziza à écarter les ex-FAB de la conduite de cette guerre au niveau de l’Etat-major. Conscients qu’ils ne bénéficient pas de cette confiance, certains militaires auraient refusé d’entrer dans la Kibira pour poursuivre les  assaillants.

7. Une communication silencieuse. Par le passé, la presse gouvernementale était mise à contribution pour démontrer la force du pouvoir et la débandade de l’ennemi. Pour le cas présent un silence radio est de mise. Est ce parce que le porte parole de l’armée est  un ex-FAB ou parce que l’ennemi n’est pas encore maîtrisé?

8. La force des assaillants. Effectivement quand on lit les dépêches de l’AFP ou la description faite par RFI, on lit « un groupe important ».

9. Le sentiment de l’opinion burundaise. Le désespoir au sein du peuple burundais est tellement grand que d’aucuns souhaiteraient avoir une force libératrice. C’est à ce titre que  notre rédaction a été assaillie de questionnements quant à l’identité du groupe rebelle. Ces curieux voulant savoir comment soutenir les rebelles; ce qui est marrant est que certains barons du pouvoir de Bujumbura font parti des premiers qui voudraient soutenir une nouvelle rébellion. C’est aussi ça la faiblesse des hommes qui nous gouvernent, ils sont plongés dans le business que dans le politique. Et dans le business tout s’achète et tout se vend! Le mot fidélité n’existant pas. ( A SUIVRE)