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A l’intérieur de la crise burundaise (I): Une armée divisée et en perte de repères

Le 11 septembre au matin, sur la route de Rumonge au sud du pays, le chef d’état-major de l’armée burundaise, Prime Niyongabo, échappe de justesse à une tentative d’assassinat. Trois militaires de son escorte n’ont pas cette chance et sont tués sur le coup. Un mois plus tôt, un autre militaire, le général major Adolphe Nshimirimana, chef des services de renseignement, est abattu en plein jour lors d’une embuscade dans la capitale, Bujumbura.

Malgré la disparition des médias indépendants et le black-out informationnel qui en résulte, pour beaucoup de Burundais, les auteurs de ces meurtres ciblés sont des militaires. Seuls des militaires auraient les informations et les armes nécessaires pour organiser deux attaques visant des hauts gradés. Les arrestations de militaires qui ont suivies semblent confirmer ce soupçon.

Considérée il y a peu comme la plus grande réussite de l’accord de paix d’Arusha signé en 2000, l’armée est aujourd’hui une institution dangereusement proche de la rupture. Le silence qu’elle observe depuis la réélection du président Nkurunziza  en juillet dernier contraste avec l’augmentation des violences et de ses divisions internes.

Une institution intégrée mais pas unie

La composition de l’armée burundaise fut un des points-clés des négociations d’Arusha. Dans un pays qui avait une longue tradition de régimes militaires (le capitaine Micombero, le colonel Bagaza et le major Buyoya ont été successivement présidents de 1966 à 1993, à chaque fois à l’issue d’un putsch), l’armée était le principal centre de pouvoir. Son partage prend donc une tournure stratégique pour les parties qui négocièrent l’accord d’Arusha. Au final, l’accord  stipule que l’armée burundaise ne doit plus jouer de rôle politique, doit se composer à égalité de représentants des deux principaux groupes ethniques du pays, les Hutu et les Tutsi, et doit réunir les ennemis d’hier – c’est-à-dire intégrer dans le même corps les soldats de l’ancien régime, dénommés les ex-Forces Armées Burundaises (FAB) majoritairement tutsi, ainsi que les miliciens des groupes armés majoritairement hutu.

L’intégration des « maquisards » dans une armée qui avait lutté contre eux pendant plusieurs années doit en partie sa réussite à une supervision internationale forte résultant d’un engagement important de l’Afrique du Sud et d’autres garants de l’accord d’Arusha (Nations unies, Union africaine, Belgique, France, etc.). La réussite de l’intégration des combattants du Conseil national pour la défense de la démocratie-Force de défense de la démocratie (CNDD-FDD), des Forces nationales de libération (FNL) et autres groupes d’opposition dans l’armée nationale transforma cette institution en symbole du compromis d’Arusha. Perçue par la population et la communauté internationale comme un facteur de stabilité pour le pays et une force désormais apolitique, l’armée bénéficia de l’appui de plusieurs partenaires, dont les Etats-Unis, la France, les Pays-Bas, et les portes des missions de maintien de la paix de l’Union africaine et des Nations unies lui furent ouvertes.

Cependant, durant le second mandat du président Nkurunziza (2010-2015), issu du CNDD-FDDune part d’idéalisation dans l’unité et le caractère apolitique attribué à l’armée burundaise était déjà présente. En effet, bien que sa participation à l’opération de l’Union africaine en Somalie dès 2007 semblait avoir renforcé sa cohésion, les différences et les affiliations partisanes héritées de la guerre civile des années 90 ne s’estompaient pas. Par exemple, un certain favoritisme du pouvoir en place envers ses combattants continuait. Qu’il s’agisse des stages de formation à l’étranger ou des affectations dans les missions de maintien de la paix, les anciens combattants du CNDD-FDD étaient souvent privilégiés par rapport aux ex-FAB. Les militaires avaient leurs propres sigles pour signifier les différences d’affiliation parmi eux : d’un côté les ex-FAB, de l’autre les PMPA (Partis et Mouvements Politiques Armés) qui regroupaient le CNDD-FDD et d’autres anciennes factions rebelles. De même les phénomènes de double commandement en fonction des affiliations partisanes n’étaient pas rares. L’armée était donc une institution intégrée sans pour autant être unie.

De la crise électorale à la crise de l’armée

Après le début de la crise électorale en avril, et face aux manifestations quotidiennes à Bujumbura contre la candidature de Nkurunziza, un certain malaise est apparu dans les rangs de l’armée. A plusieurs reprises en avril et mai dernier, des militaires se sont interposés entre les policiers et les manifestants. Ces tentatives d’apaisement, bien qu’en apparence positive, aboutissent à au moins deux « incidents » mortels entre policiers et militaires (dans les deux cas, des militaires ont été tués) accentuant les tensions entre ces deux institutions sécuritaires. Face à la contestation de la rue, les militaires sont partagés : pour certains, l’apolitisme de l’armée signifie qu’elle ne doit pas se mêler de ce qui était une « lutte politique » ; pour d’autres, elle ne doit pas laisser se développer un mouvement remettant en cause le pouvoir en place.

Organisé par le général Niyombaré durant l’absence du président parti assister à un sommet de la Communauté d’Afrique de l’Est, le putsch avorté du 13 mai change la donne.

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ENTRETIEN | Burundi: Godefroid Niyombaré avait mis en garde Nkurunziza

BLOG | Un coup d’Etat orchestré dans les coulisses du pouvoir

Le malaise a fait place à la peur. En révélant des failles de loyauté dans le commandement, la tentative de coup d’Etat conduit à une répression dans l’ombre. Des militaires du camp Para commando et de la Brigade logistique, communément appelée Base, sont  enlevés par des agents de police et du service national de renseignement (SNR). Certains réapparaitront, d’autres pas. Certains officiers désertent même – les derniers en date étant le lieutenant-colonel Edouard Nshimirimana et le major Ndayikeza, commandant en second du camp de Muha. Peu après le putsch manqué, le ministre de la Défense d’alors, l’ex-FAB général major Pontien Gaciyubwenge, se réfugie en Belgique et la règle non-dite qui voulait que le ministre et le chef d’état-major représentent chacun une des composantes de l’armée (les ex-FAB et les PMPA) a été remise en cause. En effet, le nouveau ministre de la Défense Emmanuel Ntahomvukiye, qui a d’ailleurs lancé un appel à la cohésion de l’armée dès sa prise de fonction en mai, n’est pas issu de l’ancienne garde militaire. A cette modification des équilibres politiques dans l’armée s’ajoute aussi un manque de régularité dans le paiement des militaires engagés dans des opérations de maintien de la paix.

La chasse aux putschistes ?

Des positions militaires étant attaquées depuis le mois de juillet par des éléments armés non-identifiés et des tirs d’armes lourdes ayant visé le palais présidentiel à la fin du mois de septembre, le pouvoir a pris des mesures anti-putsch qui visent surtout les ex-FAB. Des officiers tutsi ont ainsi été retirés de leur poste de commandement et mutés dans des unités reculés après la tentative de putsch en mai. Les militaires issus de l’ancienne rébellion FNL n’ont pas été épargnés. Selon certaines sources, de nombreux militaires tutsi appartenant à la Brigade spéciale de protection des institutions (BSPI) ont été remplacés par leurs collègues issus du CNDD-FDD.

Par ailleurs, selon une source crédible, « Les militaires qui viennent de la mission de maintien de la paix [des Nations unies] en Centrafrique ont laissé toutes leurs armes à ceux qui sont allés assurer la relève. Arrivés à Bujumbura, les ex-FAB ont reçu un fusil avec un seul chargeur garni. Mais les PMPA ont eu un fusil avec deux ou trois chargeurs garnis, ce qui a choqué les ex-FAB. » Enfin, les militaires n’échappent pas aux perquisitions de la police qui se sont multipliées ces dernières semaines : « Quand les policiers arrivent au domicile d’un militaire, ils demandent si c’est un PMPA ou un ex-FAB. Chez un PMPA, ils n’entrent pas ou entrent et font semblant de fouiller. Mais chez un ex-FAB, ils fouillent partout, même sous le matelas ou dans le plafond. »

En ce début de troisième mandat, chaque nouvelle désertion et chaque nouveau meurtre accentuent la rupture entre le régime et l’armée. Le régime doute de l’armée et l’armée doute du régime. Dans l’équation politique et sécuritaire burundaise, elle fait aujourd’hui figure de facteur X et son mécontentement présage d’autres défections, d’autres violences et sans doute d’autres tentatives de putsch.

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« Voie de sortie de la crise burundaise » par Christian Daziano, ancien ambassadeur de France au Burundi

L’avenir a eu droit de cité ce jour de l’an 2000 quand, sous l’égide de Nelson Mandela, toutes les factions burundaises et les représentants de la Communauté internationale, dont la France, ont signé l’Accord d’Arusha. La volonté de Pierre Nkurunziza de se succéder à lui-même a plongé le Burundi dans une crise politique majeure et continue de rencontrer une vive résistance au sein de la population. Cette résistance ne faiblit pas, même si elle a aujourd’hui changé de forme. Après les manifestations durement réprimées et une tentative de coup d’État, des assassinats ciblés de personnalités emblématiques sont désormais quotidiens.

La communauté internationale désemparée

Face à ces événements, la communauté internationale paraît désemparée. Les pays de la région sont incapables d’ébaucher un projet de sortie de crise. Le fait que l’homme fort de la sous-région, le Rwandais Paul Kagame, arrive également au terme de son second mandat présidentiel et entend bien modifier la Constitution pour continuer à diriger le pays n’est pas étranger à l’inertie des pays voisins. L’Union africaine, tout en dénonçant les violences et les conditions de la réélection de Nkurunziza, brille surtout par la faiblesse de ses réactions. L’Union européenne, principal bailleur de fonds du pays, et l’ONU prônent le dialogue  sans véritablement se saisir du dossier burundais. Pourtant, tous ces protagonistes ont concouru à la longue et difficile négociation de l’Accord d’Arusha, dont ils sont signataires et garants, et à sa coûteuse mise en œuvre, notamment à travers des opérations de maintien de la paix de l’UA, puis de l’ONU, ainsi qu’aux programmes de désarmement, de démobilisation et de développement.

Comment sortir de l’impasse actuelle ?

En premier lieu, il convient de prendre acte que la Constitution burundaise et l’Accord d’Arusha ont été violés, mais également que Pierre Nkurunziza dispose de soutiens non négligeables dans le pays. Il est donc urgent de renouer les fils du dialogue entre tous les partis burundais afin de trouver une sortie de crise acceptable. Pierre Nkurunziza prétendra accomplir la totalité de son troisième mandat, alors que ses opposants, arc-boutés sur l’Accord d’Arusha et la Constitution vont demander son départ immédiat. Il conviendra de trouver une position médiane entre ces deux exigences contradictoires et sans doute organiser une période transitoire au cours de laquelle pourront être organisées de nouvelles élections législatives et présidentielles. S’il apparaît inévitable de modifier la Constitution, il faudra rechercher l’assentiment du plus grand nombre possible de Burundais. La convocation d’une Conférence nationale, réunissant toutes les forces vives du pays, et pas seulement les politiques, est l’une des seules voies qui permettrait au pays de panser les plaies nées au cours des derniers mois. Enfin, les responsables burundais devront s’interroger sur les suites qu’il convient de réserver aux auteurs de la tentative de coup d’État. Leurs motivations plaident en faveur d’une amnistie qui permettrait de réconcilier tous les Burundais.

S’appuyer sur les acquis de l’Accord d’Arusha

Un pareil projet devra s’appuyer sur les acquis de l’Accord d’Arusha qui doit demeurer le fondement des institutions et de la société burundaises. Cet Accord et les arrangements qui ont suivi sont fondés sur une représentation dans les institutions des différentes ethnies du pays qui assure la sécurité de la minorité. La sauvegarde de cet acquis fondamental, imposé en son temps par Nelson Mandela, est essentielle pour maintenir la paix civile au Burundi. Pour aider les Burundais à mettre en œuvre un pareil plan, la Communauté internationale devra, d’une voix unanime, exercer les pressions convenables sur tous les protagonistes de la crise.

Le salut avec l’ONU en première ligne

Un régime de sanction ciblée, qui viserait des personnalités sans pénaliser la population, devra sans doute être envisagé. Une seule organisation internationale, l’ONU, dispose de la légitimité nécessaire pour mettre en œuvre un tel plan. Il est grand temps, si l’on veut éviter le pire au Burundi, que le Conseil de sécurité se saisisse de ce dossier en espérant que chaque membre du Conseil saura, comme cela a été le cas dans le passé, faire taire ses intérêts particuliers et œuvrer sans arrière-pensée pour la paix dans ce pays si attachant. La Communauté internationale a le droit et le devoir d’agir au Burundi à travers l’Organisation des Nations unies qui est en charge de la préservation de la paix dans le monde.

* Christian Daziano, ancien diplomate, ancien ambassadeur au Bénin et au Mozambique, a été ambassadeur de France au Burundi (1999-2003) et membre du comité de suivi des Accords d’Arusha (2000-2003)

Comité de solidarité et de suivi de la crise que traverse le Burundi : Appel pour un large rassemblement afin de Sortir le Burundi de la crise actuelle

A l’attention des acteurs politiques et aux leaders de la société civile au Burundi Mesdames, Messieurs, Nous accueillons avec soulagement et admiration la prise de position que vient de prendre Mr. Gervais RUFYIKIRI Vice-Président du Burundi. Nous saluons ce sursaut auquel s’est déjà rallié la majorité des cadres du CNDD-FDD, ainsi que des autres partis politiques de l’opposition, des Ministres, des hauts cadres du gouvernement burundais et du haut commandement militaire burundais. Nous restons conscients que la sortie de cette crise va exiger que chacun fasse un effort particulier pour regarder par-delà le quotidien, pour croire en l’avenir, un avenir rassurant, stable et propice à un épanouissement de chacune et chacun des enfants du Burundi. Le refus de l’étouffement de la parole de vérité et de prise de position au sein du CNDD-FDD constitue un pas énorme vers la consolidation du mouvement citoyen qui doit libérer le Burundi de l’imminence d’un chaos qu’incarne Mr. Nkurunziza. Nous profitons de cette occasion pour refaire un appel vibrant et encourager tous ceux qui hésitent encore, que ce soit au sein du gouvernement ou des corps de défense et de sécurité à rallier le mouvement en se désolidarisant avec Nkurunziza et ses inconditionnels. Pour notre part, le comité de solidarité et de suivi de la crise burundaise, exprime son soutien total à ce mouvement de sursaut patriotique et national. Cela requière de beaucoup de courage, de détermination et une réelle volonté de compromis pour l’intérêt général du Burundi et de l’ensemble de la sous-région. Nous sommes conscients de la persistance d’un petit groupe qui continue à soutenir Nkurunziza dans sa course vers le chaos. Nous appelons tous les leaders et dirigeants burundais à ne pas céder à l’abattement, à ne pas se laisser décourager de quelque manière que ce soit. Il ne faudra surtout pas céder à la manipulation criminelle que le pouvoir Nkurunziza continue de développer. Au contraire, il faut se relever, se constituer en un front commun, solide et uni pour exiger un retour rapide à la légalité constitutionnelle. Le comité de solidarité et de suivi de la crise burundaise réitère les exigences ci-après: 1. Rejet unanime de la candidature illégale de Mr. Pierre Nkurunziza Toute forme d’ambiguïté et d’imprécision concourent à semer la confusion. Il est indispensable que la cause de cette crise soit nommée sans ambiguïté à savoir: L’inconstitutionnalité de la candidature de Mr. Nkurunziza pour un 3ème mandat. Le respect de la constitution et des accords d’Arusha doit être affirmé et réaffirmé avec force. C’est pourquoi le troisième mandat illégal de Mr. Nkurunziza est inacceptable et constitue la ligne rouge à ne pas dépasser par tous les partis politiques et toutes les organisations de la société civile épris d’esprit démocratique, de paix et de liberté. Pour cette première exigence, le comité de solidarité et de suivi de la crise burundaise, accueille avec satisfaction la lettre que Mr. Gervais RUFYIKIRI vient d’adresser à Nkurunziza et au monde. 2. Arrêt immédiat des massacres et autres exactions – Au vue des derniers développements et particulièrement, suite à la prise de position du Vice-Président burundais, qui est aussi celle du Président de l’assemblée Nationale Mr. Pie NTAVYOHANYUMA. – Désormais, il incombe à l’ensemble des pays et des institutions internationales dépositaires des accords d’Arusha de se réunir sans délais en vue de constater que Mr. Nkurunziza n’est plus en capacité d’incarner la souveraineté du Burundi pour s’être rendu coupable de viol des accords d’Arusha et que par conséquent, il doit en tirer toutes les conséquences qui s’imposent. – Une assistance militaire est indispensable et urgente pour un période d’environ 24 mois. Sa composition et son organisation sont à définir par les instances habilitées. 3. Voie de sortie de la crise actuelle. Il est évidant que dans l’immédiat, la tenue des élections au Burundi n’est ni crédible ni réaliste. Nous exigeons que des conditions minimales soient instaurées afin que ces élections soient démocratiquement crédibles et équitables. Pour l’essentiel, il s’agit de: o Le retour au calme, (ceci passe par le retrait de la candidature de Mr. Nkurunziza). o La réouverture des radios et télévisions privées et rétablissement de la liberté de presse et des médias. o La libération de tous les prisonniers politiques et d’opinion. o Désarmement des milices. o Retour des réfugiés qui sont actuellement massés dans les pays voisins. o Retour sécurisé des leaders politiques en exil. o La mise en place d’un gouvernement de transition sans Nkurunziza. 4. Nécessité d’une large concertation entre leaders politiques et la société civile Le comité de solidarité et de suivi de la crise burundaise : – Réaffirme que le retour à la stabilité politique du Burundi passera inévitablement par une transition négociée, afin de permettre l’organisation des élections libres, inclusives, transparentes et démocratiques. – Recommande à tous les leaders des partis politiques et de la société civile de se concerter sans délais ; de surmonter toute propension à la course en solo ou au positionnement individuel. – Insiste pour que toute démarche mette en avant l’impérieuse nécessité de trouver une solution, non pas pour des individus mais pour une nation commune et apaisée. o Une période de transition doit être convenue. Le comité de solidarité et de suivi de la crise burundaise propose un délai de 12 mois vu les défis énormes et préalables à réaliser pour préparer des élections crédibles. o La crise concerne les Burundais, toute solution doit émaner des Burundais euxmêmes avec l’assistance de la communauté internationale. En attendant, le comité de solidarité et de suivi de la crise en cours au Burundi vous demande : – De rester unis, et de refuser toutes tentatives d’opposer les Burundais les uns contre les autres. – D’avoir comme seul repère l’intérêt supérieur du peuple burundais en écoutant les appels à la raison tel qu’exprimés par les acteurs multiples, les Eglises du Burundi en général et l’Eglise Catholique en particulier. – De rester solidaires avec l’ensemble de la population qui exige de chacun l’exemplarité et la diligence. Enfin le comité de solidarité et de suivi de la crise en cours au Burundi rappelle aux acteurs politiques qui sont encore dans l’ambiguïté, que l’ensemble de la population burundaise attend de vous la dignité des « Bashingantahe », aux côtés de votre population pour exiger un retour à la légalité et à l’éthique démocratique. – Nous vous demandons de faire montre de ferme solidarité avec votre peuple pour exiger la dignité et arrêter cette course déshonorante. – Nous vous demandons de suivre l’exemple des autres leaders politiques et de vous retirer sans délais de cette campagne qui ne rime à rien. En attendant, le comité de solidarité et de suivi de la crise encours au Burundi, réaffirme sa disponibilité à apporter sa contribution pour une sortie rapide de cette crise que traverse le Burundi. Pour le Comité de Solidarité et de suivi de la Crise que traverse le Burundi. Fait à Bruxelles, le 26 juin 2015 Mamès Bansubiyeko Coordinateur