Articles

La destruction de l’armée finira par détruire Pierre Nkurunziza!

A la veille de la déclaration de Monsieur Pierre Nkurunziza de rempiler pour un troisième mandat illégal et criminel, le Chef d’Etat-Major  Général de l’armée, le général-Major Prime Niyongabo réunissait une partie de l’armée pour les préparer à la répression de toute voix qui s’opposerait à cette volonté de Nkurunziza. Plusieurs réunions de mobilisation ont été tenues à l’endroit des seuls anciens FDD; des fois c’était à Carama , d’autres fois au café Iwabonabantu.

A cette époque-là, on pensait que la fureur de cette mobilisation allait s’abattre uniquement sur les hommes politiques et leurs bases. Personne n’avait envisagé que le courroux du 3è mandat cruel allait aussi s’abattre sur les corps de défense et de sécurité. Aujourd’hui le drame d’un ratissage ethnique qui secoue l’armée est une bombe qui fait froid au dos. En effet une chasse à l’homme contre les anciens membres des Forces Armées Burundaises( ex-FAB) de l’ethnie tutsi a pris une dimension plus que préoccupante. Ils sont arrêtés,torturés,humiliés,exilés ou exécutés.

Cette persécution à outrance qui vise la seule composante ethnique tutsi de l’armée se fait au vu et au su d’un certain Emmanuel Ntahomvukiye, tutsi dit Ministre de la Défense et des Anciens Combattants. Le jour de sa nomination à la tête de ce ministère, ces anciens collègues du Ministère de la Justice ont cru à une farce ou un poisson d’avril! En effet ceux qui l’ont côtoyé lui reconnaissent des insuffisances notoires. La question qui se posait était de savoir comment l’autorité nanti des pouvoirs de nomination n’était pas au courant de la santé mentale de ce personnage!

Mais la réponse est claire, on ne cherchait pas une lumière mais un tutsi de service, autiste, qui exécute sans réfléchir les ordres d’en haut. Aujourd’hui le véritable Ministre de ce département est le Général Prime Niyongabo assisté par l’homme d’affaires Vénérand Ntikazohera. Le pauvre Emmanuel Ntahomvukiye a pour tâche quotidienne de récolter quelques miettes de commissions sur les gros marchés de l’armée. A un moment il détenait aussi au Mess des officiers le service qui vend les brochettes. Nanti de ces « privilèges », les tutsi de l’armée peuvent être exécutés, persécutés ,traumatisés ou pousser à la désertion, c’est le cadet de ses soucis.

Mais la déchéance de l’armée ou la destruction de l’armée, un des piliers de l’Accord d’Arusha est au bout du compte orchestrée par Monsieur Pierre Nkurunziza. Mais il joue avec le feu. Inoculer le venin de ségrégation ethnique dans ce corps, placer à sa tête un ministre incapable, Nkurunziza peut penser que c’est le moyen judicieux de rester au pouvoir éternellement. Mais cette déstructuration de l’armée possède en elle-même les germes de la destruction du pouvoir de Monsieur Pierre Nkurunziza. Nkurunziza doit le savoir, la destruction de l’armée finira par le détruire Pierre Nkurunziza.

Shaka Théopiste.

Les insolites de l’oligarchie de Bujumbura à Entebbe

Ce lundi 28 décembre 2015, au palais présidentiel d’Entebbe se tenait le premier contact entre l’opposition burundaise et le pouvoir de facto de Pierre Nkuruniza. Tel un enfant qui a peur d’une piqûre, les envoyés de Pierre Nkurunziza, venus en nombre impressionnant avait la frousse  qui était lisible aux yeux. Ainsi de bourdes aux insolites, ils n’ont cessé de trébucher. Appréciez par vous même:

  1. Avant le début des cérémonies ils hésitent d’entrer dans la salle parce qu’ils viennent d’apprendre que le chef de l’opposition qui montera à la tribune pour s’adresser à la médiation  et au parterre d’invités n’est pas leur allié Agathon Rwasa mais bel et bien l’honorable Léonard Nyangoma, président du CNARED. Ils finiront par rentrer dans la salle.
  2. Quand le maître des cérémonies invite le ministre Nyamitwe Alain à la tribune, c’est le deuxième vice-président du CNDD-FDD, le terrible Burikukiye qui se précipite à la tribune et annone pendant quelques minutes que le pouvoir du CNDD-FDD pose des préalables au début des négociations proprement dites notamment les parties au négociations.
  3. L’incident clos, Alain Nyamitwe peut prendre le micro. Il fait un très long discours où il conte l’histoire du Burundi de depuis plusieurs décennies. Le Médiateur est obligé de le ramener à l’ordre en lui rappelant qu’on était pas là pour suivre une leçon de l’histoire  du Burundi.
  4. Quand le tour du Président de l’opposition arrive, Rwasa  Agathon qui est assis dans la tribune de l’opposition ronge les freins; il avait un discours à la main. Il ne le prononcera pas. Surpris par sa présence dans la tribune de l’opposition, Léonard Nyangoma est obligé dans son discours de rappeler le prescrit de la constitution qui dispose en son article 173 qu’aucun parti ayant des membres au gouvernement ne peut se prévaloir d’être à l’opposition. La même mise au point concernait les partisans de Sindimwo qui occupaient eux aussi des sièges du côté de l’opposition. A côté de cette insolite  d’une ambivalence des membres du gouvernement qui se réclament en même temps de l’opposition, est venu la sortie des délégués du pouvoir, en tête Alain Nyamitwe, quand le président du CNARED a commencé à citer les déboires du pouvoir de Monsieur Pierre Nkurunziza. Ils sont tous sortis.
  5. A la fin du discours de l’honorable Léonard Nyangoma, Monsieur Rwasa Agathon dira à l’honorable Léonce Ngendakumana qui était assis à sa gauche, que le discours du Président du CNARED avait le même contenu que le sien.  Léonce Ngendakumana lui conseilla  d’être conséquent en  démissionnant des institutions.
  6. Le communiqué du ministère des Affaires Etrangères burundais qui rejette la date du 6 janvier 2016. Ce communiqué qui est presque un désaveu du Médiateur est une bourde qui peut coûter cher à Bujumbura. On ne crache pas à la figure d’un  vieux sage d’Afrique comme le Président Museveni. Surtout quand il s’appelle Médiateur. C’est le principe le plus élémentaire des techniques de négociations. A leur décharge, ils ne savent pas, ils ont tout à apprendre. Surtout apprendre à négocier, à discuter, à dialoguer avec l’opposition, cette fois-ci sans le couteau à la gorge! Un exercice nouveau pour Nkurunziza Pierre et les siens.

En définitive, ce que le pouvoir de facto de Pierre Nkurunziza doit comprendre pour limiter ces bourdes à répétition, c’est qu’il est une partie au procès! C’est d’ailleurs par cette observation que le Médiateur a quitté la salle.

(Sé) Pancrace CIMPAYE.