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L’agenda du successeur du Président Nkurunziza.

Au regard des forces en présence pour ou contre la reconduction du Président Nkurunziza, il est temps de songer à l’après Nkurunziza. Car tout porte à croire qu’après le 26 Août 2015 ou avant cette échéance Nkurunziza ne sera plus le numéro un burundais. Et dans les meilleurs des cas il devrait partir au terme des élections libres, démocratiques, inclusives et apaisées. Dans ce cas son départ serait fixé le 26 Août 2015 après la prestation de serment du nouveau président élu.

Hélas, cette élection n’est pas à l’ordre du jour. A ce titre ces élections sont impossibles si le fichier électoral reste le même; ces élections sont impossibles si la couleur de la CENI reste inchangée, ces élections sont impossibles si les figures de proue de l’opposition exilés ne sont pas préalablement autorisés à rentrer et à y participer, ces élections sont impossibles si des figures de proue de l’opposition ne sont pas préalablement débarrassés des charges judiciaires fallacieuses qui pèsent sur eux; ces élections ne sont pas envisageables si le président sortant se présente pour la troisième fois.

Bref  ces élections sont impossibles si le pouvoir du président Nkurunziza persiste et signe que seuls son parti et les amis de son parti y participeront. A cette exclusion de l’opposition, il faut ajouter le fait que seul le pouvoir en place à Bujumbura est juge et partie dans ces élections.

Dès lors ce pouvoir n’est plus qualifié pour conduire ce processus électoral. Il nous faut un autre gouvernement de transition pour mener à bien ce processus électoral. Et quel sera le rôle du chef de cet exécutif de transition? La mission de ce gouvernement de courte durée ( maximum 12 mois) serait de:

0. Désarmer la population civile et spécialement la milice Imbonerakure;

1. Apaiser le pays par une campagne de pacification;

2. Redorer le blason de l’autorité et des institutions;

3. Remettre les partis politiques à leur leader légitime;

4. Remettre à l’honneur les libertés politiques, de réunion et d’association ainsi que la liberté de la presse.

5. Rassurer la communauté internationale et spécialement les bailleurs de fonds;

6. Mettre en place un cadre légal des élections;

7. Mettre en place une nouvelle CENI et ses démembrements;

8.Donner une carte d’identité électronique à tous les burundais en âge de la posséder;

9. Constituer le fichier électoral et le nouveau calendrier électoral;

10. Conduire des élections justes, libres, inclusives, apaisées et démocratiques.

11. Installer les nouvelles institutions démocratiquement élues.

Si ce schéma n’est pas observé, Nkurunziza restera le maître absolu de ces élections. Il tentera d’écraser tout le monde y compris par le sang comme l’a si bien prédit son Lieutenant Général, Adolphe Nshimirimana. Cette promesse d’un bain de sang il l’a faite le 7 mars devant un parterre de de jeunes de la milice Imbonerakure. On a entendu le même langage d’ une promesse de rivières de sang en Lybie! Et le sang a coulé à flots! Doit-on aller droit au mur au Burundi?

Pancrace CIMPAYE