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Tanzanie : un nouveau procureur général et une nouvelle direction pour la société d’électricité.

Arusha (Tanzanie) – Le président tanzanien Jakaya Kikwete (photo) a nommé un nouveau procureur général et changé le Conseil d’administration de la société nationale de distribution d’électricité après un scandale de plusieurs millions de dollars décelé dans la gestion de l’énergie, apprend-on lundi.

Les députés tanzaniens avaient réclamé fin novembre le limogeage de plusieurs hauts responsables gouvernementaux, dont le procureur général Frederick Werema qui a rang de membre du gouvernement, le ministre de l’Energie Sospeter Muhongo, son homologue chargée des Affaires foncières Anna Tibaijuka et le secrétaire permanent du ministère de l’Energie Eliakim Maswi.

Les parlementaires avaient par ailleurs réclamé la dissolution du Conseil d’administration de la société nationale d’électricité (Tanzania Electric Supply Company Limited – TANESCO).

Le procureur général Werema a démissionné en décembre et la ministre Tibaijuka a été démise par le chef de l’Etat ainsi que M. Maswi.

Selon un communiqué de la présidence, George Mcheche Masaju est nommé nouveau procureur général et doit prêter serment lundi dans la journée en remplacement de Werema dont il était jusqu’alors l’adjoint, après avoir servi comme conseiller juridique à la présidence.

Selon un autre communiqué officiel, Mighanda Manyahi devient président du nouveau Conseil d’administration de TANESCO. Cet universitaire remplace le général à la retraite Robert Mboma.

Dans son message à la nation, le 1er janvier, le président Kikwete a promis de continuer à se pencher sur ce scandale et de prendre les décisions appropriées.

Une large partie de l’opinion continue de réclamer le départ du ministre de l’Energie, Sospeter Muhongo, qui clame son innocence et refuse de démissionner.

D’autres ont également demandé la démission du Premier ministre Mizengo Pinda qui a échappé de justesse au vote du Parlement, alors qu’il a déjà annoncé son intention de briguer la magistrature suprême à la prochaine présidentielle.

Le vote avait été provoqué par un audit qui avait découvert le paiement frauduleux de quelque 120 millions de dollars d’argent public à une société privée du secteur de l’énergie.

Plusieurs donateurs comme la Grande-Bretagne, le Canada, l’Union européenne et le Japon ont averti qu’ils allaient suspendre une aide de centaines de millions de dollars à la Tanzanie jusqu’à ce qu’ils soient satisfaits de l’enquête.

Ce scandale dont l’opposition s’est saisie comme d’une aubaine risque, selon les observateurs, de coûter cher au parti au pouvoir, dans la perspective des prochaines élections en octobre.