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Rapport EINUB: La panique en coulisses!

La publication du rapport d’Enquête Indépendante des Nations Unies sur le Burundi (EINUB) qui accuse le pouvoir de Bujumbura des crimes contre l’humanité et d’un génocide rampant, a semé la panique dans les rangs de Pierre Nkurunziza. Ainsi le rapport est tombé comme un coup de massue sur la tête des décideurs de Bujumbura.Ils avaient toujours cru que les crimes qu’ils commettent à longueur de journée depuis le 26 avril 2015 allaient échouer au bord d’un lac d’impunité dans le quel nage le Burundi depuis son indépendance.

Pour faire face à ce rapport désagréable et très dangereux, Nkurunziza a vite réuni les siens pour peaufiner l’angle d’attaque. Il a été décidé d’organiser à travers tout le pays des manifestations contre ce rapport. Dans ces manifestations il faut démontrer que les tutsi ne sont pas inquiétés au Burundi. En revanche il faut faire comprendre aux hutu que la communauté internationale organise un complot pour chasser les hutu du pouvoir. L’autre stratégie qui a été adoptée est de brandir la menace d’arrêter les négociations d’Arusha si l’épée de Damoclès de ce rapport reste suspendu sur leur tête.

Malgré ce compromis dégagé de cette réunion de crise, une partie de l’entourage de Pierre Nkurunziza est rentré soucieux. De plus en plus ils réalisent que Nkurunziza perd la force de protéger le groupe mafieux. Certains proches du numéro un burundais commencent à envisager la suite de l’aventure sans Nkurunziza.  » Avec Nkurunziza au sommet de l’Etat, on risque de tout perdre. Sans Nkurunziza, on peut négocier certaines choses », confie cette source. Il devait ajouter:  » Ce rapport, même si on parvenait à l’étouffer, il a démontré que notre système est vulnérable. Tout peut s’écrouler à tout moment. L’opposition que nous avons toujours sous-estimé risque de nous causer du tord ».

Nkurunziza qui doit avoir perçu la perspective de cette fissure renforce sa méfiance et sa sécurité. Mais pour combien de temps? En tout état de cause il y aura un avant et un après le rapport EINUB du 20 septembre 2016. Hier, insensible à toute forme de pression, aujourd’hui, la communauté internationale doit comprendre que l’oligarchie de Bujumbura a une peur bleue de la justice internationale. Au procureur Fatou Bensouda de la CPI de jouer! Elle aura besoin du soutien du Conseil de Sécurité de l’ONU.

(Sé) Pancrace Cimpaye.