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Lettre ouverte de Pancrace Cimpaye à l’intelligentsia hutu

Objet : Lettre ouverte à l’intelligentsia hutu du Burundi. Mes chères soeurs, Mes chers frères, Ce dimanche 27 mars 2016, jour d’allégresse, jour de joie, jour où le fils de Dieu est ressuscité, j’ai appelé le paysan de Bubanza, j’ai appelé le paysan de Cibitoke, j’ai appelé le paysan de Bujumbura Rural, j’ai appelé le […]

Lettre ouverte du Président Melchior Ndadaye,héros de la démocratie, au Président Pierre Nkurunziza

FeuMelchiorNdadaye                                                                                                                                   Premier Président Burundais

Démoratiquement élu.

HEROS DE LA DEMOCRATIE.

 

 

Objet: Lettre ouverte au Président Pierre Nkurunziza.

 

Monsieur le Président,

Le sang des innocents qui est en train de couler à flots  crie très fort à tel enseigne que nous ne pouvons plus fermer l’oeil au Ciel. C’est ce sang des innocents qui crie vengeance au ciel qui me pousse à t’adresser la présente. C’est également la détresse que je perçois dans les coeurs de tous les burundais, y compris dans ta propre garde, qui me pousse à venir à toi! C’est tes enseignements de haine ethnique qui risquent de réveiller les vieux démons qui me poussent à tirer la sonnette d’alarme! C’est aussi la renaissance du dialogue dévastateur des armes à feu qui dicte ces quelques lignes!

Monsieur le Président,

Au lendemain de mon assassinat, le 21 octobre 1993, vous avez pris les armes, paraît-il, pour défendre la démocratie qui venait d’être tuée dans l’oeuf. Pendant 10ans, toi et tes camarades avez mené une lutte acharnée pour la renaissance et la protection de cette démocratie. Ce noble combat a été salué et soutenu par le peuple burundais qui avait goûté, pendant quelques jours, en 1993, aux délices de la Démocratie. Cette gratitude s’est exprimée à travers ton élection à la magistrature suprême en 2005 et en 2010.

Cependant depuis que tu es à la tête du Burundi, je ne cesse de percevoir une douleur atroce de mon peuple. Le deuil et la privation sont devenus le pain quotidien des burundais pendant que la joie, le bonheur reste un privilège réservé à toi et à ton petit cercle d’amis.Est-ce la finalité de ce combat des dix ans? Avez-vous passé dix ans au maquis avec tant de sacrifices en vies humaines pour créer une petite classe de bourgeois sur le dos du peuple burundais qui broie du noir? Les spécialistes en la matière évaluent ta fortune à plus ou moins 500 millions de dollars américains, rien qu’en dix ans au pouvoir! Tu es devenu l’homme le plus riche du Burundi! L’homme politique le plus riche du Burundi de tous les temps! Etait-ce, celui-là, votre rêve, votre objectif? Est-ce ça l’essence de la libération et de la protection de la démocratie pour la quelle tant de sang a été versé?

Monsieur le Président,

Tu as trahi et travesti l’objet de cette lutte pour la démocratie. Mais depuis le 26 Août 2015, date à laquelle tu as décidé de rempiler pour un troisième mandat, tu m’as poignardé en plein coeur. Pour la deuxième fois tu m’a assassiné. Pour garder le pouvoir tu as déjà sacrifié plus ou moins 1000 burundais tués ( de l’opposition, des forces de défense et de sécurité, de l’administration et les Imbonerakure). Pour garder ce pouvoir maudit plus de 80 milles burundais sont dans des camps de réfugiés dans les pays voisins. Pour protéger tes biens mal acquis tu as déjà plus de 6000 prisonniers politiques.

Monsieur le Président,

A quoi te sert un troisième mandat dans un bain de sang? A quoi te sert un troisième mandat bercé par des cris et des pleurs des veuves et des orphelins? A quoi te sert un troisième mandat qui détruit ton propre parti politique? A quoi sert un troisième mandat qui déchire le tissu social de tout un pays? A quoi sert un troisième mandat qui impose des sanctions économiques contre ton pays? A quoi sert un troisième mandat qui te condamne demain à l’errance comme Caïn de la Bible.A quoi sert un troisième mandat qui condamne tes enfants à vivre avec une honte et une hantise permanentes, et au risque de te renier demain. A quoi sert un troisième mandat qui ré ouvre un front armé de RED-TABARA, de FOREBU et du FNL?

Monsieur le Président,

Dans une tentative désespérée de forcer le soutien d’une partie de burundais, tu es en train de mener une campagne de haine ethnique contre les tutsi. Toi et tes amis vous ne vous gênez pas de déclarer que le fond de cette crise est une volonté des tutsi de revenir au pouvoir. Dans cette campagne odieuse et destructrice, vous vous présentez comme des orphelins de 1972 ayant perdu vos parents par l’épée des pouvoirs tutsi. Est -ce une raison rationnelle de produire à votre tour des orphelins de 2015 et 2016 qui risquent de demander eux aussi à leur tour des comptes à vos enfants? Oui, c’est atroce, vous avez perdu un père, toi, ton Premier Vice-Président Sindimwo et ton deuxième Vice-Président Butore Joseph. Pour votre propre gouverne, Sindimwo Gaston a perdu son père en 1972. Il n’est ni Congolais encore moins tutsi. Je sais que tu le savais. Seul l’UPRONA l’ignorait. Vous êtes donc trois orphelins hutu de 1972 à la tête du Burundi. Vous devriez faire très attention à la donne ethnique.

Vous prenez une grande responsabilité d’attiser la haine ethnique dans un pays qui commençait à panser les plaies des crises cycliques fratricides, les plaies ne sont pas encore cicatrisées et vous vous amusez à les ré ouvrir! Mais vous faites fausse route car si la crise que tu as provoquée était ethnique, les anciens Présidents de la République Sylvestre Ntibantunganya et Ndayizeye Domitien qui sont tous hutu ne seraient pas du côté de ceux qui combattent ta mauvaise aventure de troisième mandat! Si cette crise était ethnique, les anciens présidents du parlement, Léonce Ngendakumana, Minani Jean, Gervais Rufyikiri et Pie Ntavyohanyuma, tous hutu, ne seraient pas du côté de ceux qui combattent ta mauvaise aventure de troisième mandat! Les figures emblématiques de ta communication depuis une décennie, Léonidas Hatungimana et Onésime Nduwimana, qui sont tous hutu font eux aussi partie de l’opposition. Au delà de ces hommes politiques hutu, des compagnons de lutte armée, tous hutu, officiers généraux aujourd’hui, sont aussi opposés à ton aventure. Il s’agit notamment du Général-Major Godefroid Niyombare, ancien patron de tes services secrets, du Commissaire Guillaume Nabindika, ton ancien chef de cabinet chargé des questions de la police, du général de Brigade Moïse Pasteur , ton ancien Chef du protocole. A ce tableau des hutu qui te combattent, il faut garder à l’esprit que le président de toute l’opposition est un hutu qui s’appelle Léonard Nyangoma.

Monsieur le Président,

Dans tes mécanismes de défense, tu accuses le Rwanda voisin, d’être la source des malheurs qui t’accablent. Cette parade que tu as inventée pour échapper à ta propre responsabilité n’a d’autres buts que de dénaturer la nature de la crise qui secoue le Burundi. Dans ta campagne d’inoculer le venin de la haine ethnique dans les coeurs des burundais, tu crois que si tu désignes le Président Paul Kagame du Rwanda comme source du drame que connaît le Burundi, des millions de hutu vont te suivre; c’est peine perdu. Les burundais ne sont plus dupes. Ils savent que pendant dix ans, le Président Rwandais, en voisin responsable, il t’a tenu la main et t’a ouvert certaines portes de la communauté internationale. Il a mis à ta disposition son carnet d’adresses. Pourtant tu étais toujours hutu et il était toujours tutsi! Entre toi et lui qui a trahi l’autre? Il paraît que tu es le champion dans l’art de trahir tes amis. C’est du moins ce que ne cesse de me répéter feu Simon Nyandwi qui est à mes côtés. Cet ancien Ministre de l’intérieur, éminence grise de ton parti, assassiné le 22 mars 2005 par vos hommes de mains est une preuve irréfutable que tu étais prêt à tout pour accéder au trône et y demeurer pour toujours! Il faut donc arrêter d’accuser le Rwanda; assume les conséquences dramatiques de ta soif démesurée du pouvoir avec un bilan largement négatif.

Monsieur le Président,

La seule voie de sortie de cette crise se trouve autour d’une table de négociations avec l’opposition réunie au sein du CNARED-GIRITEKA. En l’absence de cette solution négociée, les mouvements armés RED-TABARA, FOREBU et FNL vont malheureusement te combattre militairement. Tu es mieux placé pour savoir les implications dramatiques d’une telle perspective. Si tu te rappelles encore des raisons qui t’avaient poussé à prendre les armes, épargne le peuple burundais de l’épreuve de revivre encore une guerre civile. Je te conseille vivement de réécouter le discours que j’ai prononcé le jour de mon investiture, le 10 juillet 1993, tu comprendra que tu es loin d’offrir à mon peuple un Burundi Meilleur pour tous, UBURUNDI BUSHASHA!. Tu es en train de dépasser la ligne rouge! Mais tout n’est pas perdu! Tu peux toujours te racheter. Abandonnes ce mandat illégal qui tue. Arrêtes de tuer ton peuple car le sang des innocents qui crie vengeance au ciel sera impitoyable! « Laisse partir mon peuple vers des lendemains meilleurs » comme n’a cessé de le répéter Monseigneur Ntamwana Simon, Archevêque de Gitega.

Avant de terminer, je te passe le bonjour de Simon Nyandwi et des trois soeurs italiennes Olga, Lucia et Bernadette qui ne cessent de prier afin que tu changes ton coeur. Et comme il devient difficile de savoir où tu loges, je te transmets cette lettre par le biais du responsable du site www.mporeburundi.org, monsieur Pancrace Cimpaye.

A bientôt.

Fait au Paradis le 1er mars 2016

(Sé) Melchior Ndadaye

Héros de la démocratie.

 

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Lettre du Deuxième Vice-Président de la République Gervais Rufyikiri à Nkurunziza.

C’est probablement le document le plus fort jusqu’ici écrit contre le troisième mandat de Nkurunziza.
Il comporte de riches conseils adressés à Nkurunziza.
Je le considère comme le tout dernier avertissement du Peuple burundais à Nkurunziza.
‪#‎StopNkurunziza‬‪#‎Sindumuja
‬Excellence Monsieur le Président,
Le Burundi traverse actuellement une période de crise qui interpelle tout citoyen à donner sa contribution en vue d’une solution rapide.

L’élément déclencheur est votre candidature à un troisième mandat présidentiel interdit par la Constitution et par l’Accord d’Arusha pour la Paix et la Réconciliation au Burundi.

A part les avis des opportunistes spéculateurs, l’interprétation faite par des spécialistes du droit constitutionnel comme le Professeur Filip Reyntjens (Scenarios for Burundi, Analysis & Policy Brief n° 11, Université d’Anvers en Belgique, April 2015) et par des experts juristes de la Communauté Est-Africaine (Meeting of the Attorneys General/Ministers of justice and Constitutional affairs, Report of the meeting, Arusha, Tanzania, 15th May 2015), montre qu’il n’y a pas de doute que la Constitution burundaise à elle seule s’auto-suffit pour limiter le nombre de mandat présidentiel à deux seulement.

L’Accord d’Arusha en apporte une clarification supplémentaire.

Vos conseillers l’avaient aussi remarqué et ils vous avaient proposé une modification de la Constitution dont le projet a été rejeté en mars 2014 par l’Assemblée Nationale par manque d’une voix au vote.

C’est regrettable de voir qu’au lieu de tirer des leçons de cet échec, vous avez décidé de foncer et d’engager le peuple burundais sur la voie de l’illégalité.

Des voix se sont levées de l’intérieur du pays (message des Généraux ex-FDD, des membres du Conseil des sages du CNDD-FDD, des membres du CNDD-FDD à travers une pétition, des Evêques catholiques, des Pasteurs des Eglises protestantes, des Sheikh musulmans, de la société civile et des partis politiques de l’opposition) que de l’extérieur du Burundi pour vous dire que votre candidature au troisième mandat présidentiel est contre la Constitution et contre l’Accord d’Arusha, et qu’elle n’apporte aucune valeur ajoutée à la gouvernance politique du pays.

Les mêmes voix vous ont fait remarquer,qu’au contraire, il résultera de votre candidature au troisième mandat présidentiel une évolution des tensions politiques vers une véritable crise socio-politique, avec toutes les conséquences que vous êtes appelées à assumer, tel que le Secrétaire Général des Nations Unies Ban Ki-Moon vous l’a bien exprimé.

Quelques conséquences de cette crise méritent d’être soulignées :

1. Des Burundais ont fui en masse (dizaines de milliers) cette crise surtout vers les pays voisins où ils mènent une vie difficile avec beaucoup de décès dans des camps d’accueil.

2. Des manifestions contre votre candidature ont été organisées dans plusieurs localités du pays où vivent majoritairement des Tutsi et où vivent majoritairement des Hutu, notamment dans des quartiers de la ville de Bujumbura (Musaga, Nyakabiga, Kinindo, Jabe, Ngagara, Cibitoke, Kanyosha, Buterere, Mutakura, Kinama, Bwiza et Buyenzi) mais aussi dans plusieurs Communes des provinces rurales comme dans la Province Bujumbura Rural (Kanyosha rural, Mukike, Mugongomanga, Nyabiraba), Province Bururi (Matana, Bururi, Mugamba, Rutovu, Songa et Vyanda), Province Rumonge (Burambi et Buyengero), Province Gitega (Gitega centre au début, Ryansoro et Itaba), Province Ngozi (Ngozi centre, Kiremba), Province Mwaro (Rusaka, Gisozi), aux centres villes des Province Kirundo, Muyinga et Cankuzo.

Contrairement à certaines opinions qui tendent à coller une étiquette ethnique à ces manifestations,les Burundais ont fait preuve d’une grande maturité et ont témoigné des avancées très significatives dans la gestion de leur identité ethnique.

Les différentes composantes ethniques se sont montrées très solidaires dans leur combat pour le respect de la Constitution et de l’Accord d’Arusha, tout comme les manifestants appartiennent à différentes organisations politiques et non politiques, y compris des membres du CNDD-FDD.

La preuve en est l’ambiance de fête qui a caractérisé les Burundais dans la capitale et dans les autres milieux de l’intérieur du pays pendant la journée du 13 mai 2015, signe que la contestation du 3ème mandat est un mouvement soutenu par beaucoup de burundais, les uns acceptant avec beaucoup de courage de se montrer dans les rues, beaucoup d’autres préférant cacher leur sentiment par peur de la répression.

Les manifestations ont été suivies d’une répression surdimensionnée de la part de la Police qui a tiré des balles réelles sur les manifestants causant la mort de plus de 70 personnes jusqu’à présent et de centaines de blessés.

D’autres centaines de manifestants ont été arrêtés et emprisonnés.

Les grenades qui sont lancées ces derniers jours tant dans les quartiers de la ville de Bujumbura que dans les autres provinces du pays signalent que la crise prend d’autres formes d’insécurité et de criminalité.

Les actions prioritaires du moment devraient viser le redressement de la situation et le rétablissement de la confiance entre tous les citoyens et l’Autorité.

Un dialogue franc, sincère et inclusif sur toutes les questions liées à cette crise est la seule voie à suivre dans la logique de ce principe :

le courage est mis à l’épreuve lorsque l’on est dans la minorité, tandis que la tolérance est mise à l’épreuve lorsque l’on est dans la majorité.

3. Un pays de plus en plus isolé par ses partenaires et une économie qui s’affaiblit à vive allure.

La Communauté Internationale en général et plus particulièrement les Etats-Unis, l’Union Européenne et ses pays membres, l’Union Africaine, la Communauté Est-Africaine, la Conférence Internationale sur la Région des Grands Lacs et l’Afrique du Sud vous ont adressésplusieurs messages vous demandant de faire un choix qui met en avant les intérêts du peuple burundais.

La fin de non-recevoir que vous avez réservée à leurs conseils les ont poussé à prendre diverses mesures notamment la délocalisation debureaux (cas de la Banque Mondiale délocalisée à Nairobi et du Fonds Monétaire International délocalisé à Kigali), l’encouragement des étrangers « non essentiels » à quitter le Burundi, ainsi que l’annonce de la suspension des aides oude la coopération bilatérale.

Je vous demande, Monsieur le Président, de vous interroger sur l’avenir économique du Burundi privé des aides extérieures pour une économie qui, en condition normale, dépend à 52% des appuis des partenaires techniques et financiers.

La tendance est catastrophique,quand on sait que sur une moyenne de recettes collectées d’environ 50 milliards de Fbu par mois, l’OBR a enregistré une baisse d’environ 10 milliards de FBu et de 16 milliards de FBu respectivement pour les mois d’Avril et Mai, soit une perte cumulée de 26% des recettes escomptées pour les deux mois.

En plus, les devises sont actuellement rares sur le marché financier burundais.

A quoi servira de gagner des élections par ailleurs contestées et qualifiées d’inconstitutionnelles si vous perdez en même temps les moyens pour satisfaire les besoins fondamentaux de la population ?

Excellence Monsieur le Président, Un dérapage du processus démocratique s’observe:
des partis politiques fragilisés par une fragmentation initiée et catalysée d’une manière directe ou indirecte par des services de l’Etat, notamment par le Service National des Renseignements et par le Ministère de l’Intérieur ; une intimidation et des menaces des responsables et des membres des partis politiques de l’opposition qui créent un climat d’insécurité et entravent considérablementune compétition équitable entre les partis politiques ;
des leaders de la Société Civile intimidés, menacés et contraints à vivre dans la clandestinité ou à s’exiler; le droit des citoyens d’être informés, leur liberté d’opinion et d’expression sont fortement restreints, les rumeurs occupent tout l’espace faute de médias capables de donner une information diversifiée ; ainsi que l’instrumentalisation des Institutions Publiques qui, dans les conditions normales, devraient délibérer et prendre des décisions en toute indépendance (cas de la Cour Constitutionnelle et de la Commission Electorale Nationale Indépendante –CENI).

C’est étrange, Monsieur le Président, pour un pays qui se veut être démocratique, de voir le traitement et les sanctions qui ont été infligés aux membres du CNDD-FDD (frondeurs comme on les appelle) pour avoir eu le courage de s’exprimer contre votre candidature au 3ème mandat présidentiel.

Alors qu’ils prévenaient une crise qu’ils voyaient venir, qu’ils exprimaient une peur fondée par rapport aux conséquences évidentes de cette crise et qu’ils vous proposaient la meilleure attitude à prendre pour ne pas rater ce tournant historique pour le Burundi, ils ont été marginalisés et humiliés, exclus ou suspendus du parti, démis de leurs fonctions au service de l’Etatavec interdiction de réintégration dans un service quelconque de l’Etat, intimidés et même menacésde mort :
bref, ils sont considérés comme de « pires ennemis du Parti et de la Nation ». A l’heure où je vous écris ce message, certains vivent dans la clandestinité à l’intérieur du pays tandis que d’autres ont pris le chemin d’exil. Ils méritent, Monsieur le Président, autre chose que ce traitement injuste, qui cache mal un esprit de méchanceté et d’intolérance.

Vous le dites assez souvent : « Mu Burundi hari intumva » (au Burundi, il y a des sourds).
L’histoire risquera de vous classer en tête de liste de cette catégorie de burundais si on considère comment vous avez tourné le dos à tous les acteurs tant de l’intérieur que de l’extérieur qui, d’une manière courtoise, vous ont adressé des messages vous conseillant d’abandonner votre ambition de briguer un troisième mandant anti-constitutionnel.

Comme j’ai eu l’occasion de l’exprimer lors du Conseil des Sages du Parti CNDD- FDD du 3 avril 2015 auquel j’ai assisté pour la dernière fois, je vous conseillerais, de défendre les intérêts du peuple burundais avant vos intérêts personnels et de retirer votre candidature présidentielle parce qu’elle viole la Constitution et l’Accord d’Arusha.

Les conseils donnés par différentes personnalités considérées comme des sages des divers communautés et groupes influents burundais, comme les Evêques catholiques, Pasteurs des Eglises Protestantes et Sheikh Musulmans, mais aussi de la communauté internationale comme l’ancien Président Sud-Africain Thabo Mbeki et le Président Sud-Africain Jacob Zuma (qui a joué ungrand rôle dans les négociations de paix au Burundi pendant qu’il était encore Vice-Président de l’Afrique du Sud), l’Ancien Secrétaire Général des Nations Unies Koffi Annan (qui a suivi de prèsle processus de négociation d’Arusha pendant qu’il était Secrétaire Général des Nations Unies -de Janvier 1997 à Décembre 2006-), l’actuel Secrétaire Général des Nations Unies Ban Ki-Moon, l’ancien premier Ministre Belge Guy Verhofstadt, et des anciens Ministres Belges comme Louis Michel et André Flahaut, ne peuvent en aucun cas être ignorés.

Par contre, vous devrez vous méfier et vous éloigner de plus en plus des courtisans opportunistes qui vous tiennent les mains et les jambes liées et vous encouragent à persévérer dans l’erreur, visiblement parce qu’ils pensent que vous êtes la seule personne à défendre leurs intérêts et biens surtout mal acquis.De ce qui précède, je vous conseillerais, Monsieur le Président, d’œuvrer pour préserver les acquis de paix, pour maintenir au moins la pente des progrès socio- économiques et pour créer des conditions favorables à une cohésion des membres du CNDD-FDD. Pour y parvenir, le Conseil de Paix et de Sécurité de l’Union Africaine donne des pistes claires publiées dans un communiqué du 13 juin 2015 à Johannesburg afin de restaurer un climat apaisé au Burundi. Notamment, l’annonce du retrait de votre candidature au 3ème mandat sera un signal fort de votre volonté à vous approprier ces décisions.

Je vous prie d’agréer, Excellence Monsieur le Président, l’assurance de ma haute considération.

Gervais Rufyikiri
Deuxième Vice-Président.

Lettre aux partis et coalitions politiques burundais actuellement en campagne aux côtés de Nkurunziza

À l’attention de :
1. Mr. Sylvestre Ntibantungaya (candidat de Ijambo)
2. Mr. Domitien Ndayizeye (candidat de RANAC)
3. Mr. Jean Minani (candidat de Frodebu-Nyakuri)
4. Mr. Gerard Nduwayo (candidat de l’Uprona)
5. Mr. Agathon Rwasa (candidat de Mizero y’Uburundi)
6. Mr. Jean de Dieu Mutabazi (candidat de COPA)
7. Mr. Jacques Bigirimana (candidat du FNL)
Messieurs,
En dépit de la cruauté des évènements consécutifs à la violation de la constitution
par Mr. Nkurunziza, vous avez choisi de lui venir en aide et de l’accompagner dans
ses mésaventures.
Pour cela, vous avez décidé de poser vos candidatures aux côtés de la sienne et
bien évidemment vous continuez comme lui à faire campagne comme si rien n’était.
En âme et conscience seriez-vous fières de vous-mêmes en allant totalement à
l’encontre :
– Des sacrifices qu’endure la population burundaise ; vos propres concitoyens ?
– Aux cris et aux appels à la raison de la société civile ainsi que les autres partis
politiques qui ont choisi la voie du peuple, qui est celle de la légalité ?
– De tous les efforts que l’ensemble de la communauté africaine et internationale
est en train de faire pour forcer Nkurunziza à mettre fin à cette course
mortifère ?
Pour ce qui nous concerne, au nom de la Communauté Burundaise de Belgique, le
comité de solidarité et de suivi de la crise que traverse le Burundi
– Constate avec étonnement et profonde déception le mépris que votre attitude
témoigne envers les accords d’Arusha et la constitution burundaise.
– Constate avec effarement le peu de considération que vous portez à l’égard de
la population burundaise qui jour après jour descend dans les rues pour
contester et exiger de Nkurunziza le strict respect de la constitution et des
accords d’Arusha.
– Constate avec consternation que les flots de sangs à travers tout le Burundi et
dans la capitale Bujumbura en particulier, ne vous font aucun effet.
– Constate avec indignation que les flux de réfugiés vers les pays voisins du
Burundi ne vous inspirent aucune compassion.
Ceci est d’autant plus troublant que certains d’entre vous sont de ceux qui ont
négocié les accords d’Arusha.
Comment peut-on comprendre, que d’anciens présidents de la république, que
d’anciens ambassadeurs et d’autres personnalités sensées être mieux éclairées pour
défendre un Etat de droit au Burundi, puissent souiller leur honorabilité en acceptant
de se mettre en compétition avec un hors la loi qui un certain 26 avril 2015 a décidé
d’ignorer les accords d’Arusha, de déchirer la constitution et qui au jour le jour verse
le sang de son peuple qui ne réclame qu’une seule chose :
Le strict respect de la constitution, celle-là même sur laquelle il a juré par deux
fois, respect et fidélité lors de son entrée en fonction.
Comme le dit l’adage : «Ikiza kirahera, mugabo igihemu kibi ntigihera».
Nous attendions de vous la dignité des « bashingantahe », aux côtés de votre
population pour exiger un retour à la légalité et à l’éthique démocratique.
Nous avons du mal à réaliser que du haut de vos titres les uns aussi
respectueux que les autres, vous puissiez faire montrer de si peu de
discernement en étalant au grand jour une telle étroitesse d’esprit et un tel
niveau d’opportunisme. Comme l’on dit : « ba mpemuke ndamuke ! »
Cependant, nous ne désespérons pas, c’est pourquoi :
– Nous vous demandons de faire montre d’un minimum de solidarité avec
votre peuple pour exiger la dignité et arrêter cette course déshonorante.
– Nous vous demandons de vous retirer publiquement et sans délais de
cette campagne qui ne rime à rien.
En attendant, le comité de solidarité et de suivi de la crise que traverse le Burundi,
réaffirme que le retrait de la candidature de Mr. Nkurunziza qui viole la constitution et
les accords d’Arusha, est une condition sine qua none pour la tenue des élections
régulières au Burundi.
Nous considérons que toute association à ce projet indigne qui viole les textes
fondamentaux du pays par Mr. Nkurunziza, est à la fois un acte de haute trahison
contre le peuple burundais et un acte de compromission de la paix et de la stabilité
de toute la sous-région.
Pour le Comité de Solidarité et de suivi de la Crise que traverse
le Burundi.
Fait à Bruxelles, le 27 mai 2015
Mames Bansubiyeko

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Lettre d’alerte au SG des Nations Unies

A Monsieur le Secrétaire Générale des Nations Unies
A NEW YORK.

Avec Copie aux membres du conseil de Sécurité.

Bruxelles, le 27 mars 2015.

Object : Alerte pour prévenir
un bain de sang au Burundi.

Monsieur le Secrétaire Générale,

Au nom de la coordination à l’étranger de l’Alliance des Démocrates pour le Changement au Burundi, j’ai l’honneur de m’adresser à votre haute autorité afin de vous faire part d’une préparation des massacres à grande échelle en cours au Burundi.
En effet depuis que de nombreuses voix exhortent le président sortant, son Excellence Pierre Nkurunziza à abandonner son projet de rempiler pour un troisième mandat, certains de ses proches collaborateurs ont pris l’option de préparer une répression dans le sang de toute voix discordante. C’est ainsi que des armes sont en train d’être distribuées à la milice Imbonerakure à travers tout le pays par de hauts responsables politiques et militaires. Une rébellion composée de cette milice est en train d’être mise en place notamment dans le sud du pays par le Lieutenant générale Adolphe Nshimirimana, bras droit du chef de l’Etat. Dans cette perspective de répression, les responsables politiques de la majorité présidentielle ou les militaires et policiers opposés à ce troisième mandat sont en train d’être limogés ou dépouillés des unités qui assuraient jusque-là leur sécurité. Autant dire que c’est une campagne de purge et d’intimidation qui est en cours.
Dans cette campagne, le Chef d’Etat-Major Générale de l’armée, le Générale-Major Prime Niyongabo a réuni les 21 et 23 février 2015 certains commandants d’unité et de régions militaires autour du sujet de soutenir mordicus le troisième mandat du président sortant. A ce titre il devait recommander à ces sous ordres de tirer sur tous les manifestants qui descendront dans la rue pour protester contre ce troisième mandat. De son côté, le Lieutenant-Générale, Adolphe Nshimirimana, chargé de mission du Président de la République, devait déclarer le 7 Mars 2015 devant une foule de miliciens Imbonerakure que : « De gré ou de force le président Nkurunziza sera candidat. Qu’il n’y a pas un autre homme qui a les compétences de diriger le Burundi pour le moment». Il devait ajouter que «… c’est impossible qu’il ne soit pas candidat. A moins que nous soyons tous morts !».
Monsieur le Secrétaire Générale,
Cette campagne de distribution d’armes et cette promesse d’un bain de sang des deux officiers généraux de l’armée est en train de se faire dans un Burundi où les institutions sont déstructurées à la suite d’une fronde interne à la majorité présidentielle. A ce propos le chef de l’Etat, de plus en plus isolé ou minorisé par cette fronde qui ne cesse de grandir et présente dans toutes les institutions, peine à assurer la cohésion de toutes les institutions. Les institutions de la République, y compris le Gouvernement sont en débandade, tout le monde attend d’être limogé; l’administration territoriale, spécialement les gouverneurs de province qui font partie de la fronde sont démobilisés et terrorisés par les miliciens, comme ce fût le cas au chef-lieu de la province Bubanza ce mercredi 25 Mars 2015.
Dès lors en l’absence de cette cohésion des institutions, dans un pays qui sort à peine d’un conflit armé, et où la milice Imbonerakure est érigée en une force de déstabilisation, les nouveaux responsables du pays vont être ces miliciens sans foi ni loi. Ces miliciens devenus puissants, ayant pour mission de défendre mordicus le troisième mandat du Président de la République sortant, ils vont écraser dans le sang de nombreux burundais qui refusent ce troisième mandat. Et plus le rendez-vous électoral approche plus la confrontation est perceptible.
Monsieur le Secrétaire Générale,
La menace des massacres de la grande majorité de burundais qui refusent ce mandat du président sortant est plus que réelle. Les préparatifs vont bon train et à une allure inquiétante. Pour ce faire, je supplie votre auguste institution, bouclier de la paix et de la stabilité, de prendre toutes les mesures urgentes qui s’imposent afin d’arrêter les massacres de burundais qui profilent à l’horizon. La peur de cette horreur tenaille mes compatriotes.
Monsieur le Secrétaire Générale,
Pour arrêter cet holocauste, vous devriez prendre, entre autres, des sanctions contre les responsables politiques, militaires et policiers impliqués dans ce plan macabre. En outre un embargo sur les armes devrait être imposé à l’actuel gouvernement burundais. De surplus la mission de la Représentation des Nations Unies au Burundi devrait être redéfinie. De ce fait le démantèlement de cette milice Imbonerakure et ainsi que le désarmement de la population civile devraient rentrer dans les attributions et les priorités du Bureau des Nations Unies au Burundi. De la même manière cette mission des nations devrait avoir le droit d’imposer un dialogue entre les acteurs politiques autour de la problématique des élections inclusives, apaisées, crédibles et démocratiques au Burundi.
Dans l’espoir d’une suite prompte et favorable à cette alerte, je vous prie d’agréer, Monsieur le Secrétaire Générale, l’expression de ma haute considération.

Pour l’ADC-IKIBIRI à l’étranger,
Pancrace CIMPAYE,
Coordinateur.

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Lettre à Sa Sainteté, Pape François pour qu`il plaide en faveur de la libération de Bob Rugurika

Objet : Pour la mémoire des sœurs Olga Raschietti,

            Lucia Pulici et Bernadette Boggia, intercédez

            pour la libération du Journaliste Bob Rugurika.

Très Saint Père,

Le 7 septembre 2014 à 16 heures, les sœurs italiennes Olga Rachietti et Lucia Pulici de la paroisse Guido Maria Conforti de Kamenge dans l’archidiocèse de Bujumbura en République du Burundi, ont été lâchement égorgées comme du bétail. A 2 heures du matin, le 8 septembre 2014, une troisième sœur italienne, Bernadette Boggia,  a  elle aussi été égorgée sous l’œil vigilant  et complice de la police burundaise qui sécurisait les lieux depuis le premier acte ignoble.

Le gouvernement du Burundi, par la voix de son porte parole a versé des larmes de crocodile et a par la suite désigné sciemment un faux coupable, de surcroît détraqué mental. C’est ainsi que la Radio Publique Africaine, la radio la plus écoutée au Burundi, dirigée par le journaliste Bob Rugurika, a entamé des investigations pour mettre à nu la triste vérité et le véritable visage des assassins et commanditaires de cet acte odieux.

Au terme de ces investigations, il est apparu que le patron des services secrets burundais de l’époque, le Lieutenant Général Adolphe Nshimirimana, bras droit du Président de la République Pierre Nkurunziza, est au cœur de cette décapitation des trois sœurs italiennes. Depuis quelques jours, la Radio Publique Africaine publie le film des événements de cet acte barbare. La grande majorité du peuple burundais meurtri par cet acte ignoble qui renvoie une image hideuse du Burundi salut chaleureusement ces révélation qui donnent  les noms des bourreaux de ces trois sœurs.

En revanche les bourreaux démasqués sont confondus et furieux. C’est ainsi qu’ils viennent d’ordonner ce mardi 21 janvier 2014, l’arrestation arbitraire du Directeur de cette Radio Publique Africaine, Monsieur Bob Rugurika.

Très Saint Père,

Par la présente, j’ai l’honneur de m’adresser à votre Sainteté afin de vous implorer d’intercéder au près du Gouvernement burundais pour que le journaliste Bob Rugurika, directeur de la Radio Publique Africaine soit relâché sans condition et que les véritables assassins des trois sœurs Olga Raschietti, Lucia Pulici et Bernadette Boggia soient traduits en  justice.

A travers votre Sainteté, j’interpelle le Gouvernement Italien afin que lui aussi se penche sur la décapitation de ces ses trois citoyennes. L’impunité de ce crime odieux autorise les mêmes bourreaux à récidiver surtout en ce moment où le Burundi fait face à une fièvre électorale de tous les dangers. Pour la mémoire de nos sœurs disparues et pour la protection des survivants burundais, plaidez pour la libération de Bob Rugurika et pour la répression de ce crime d’ un autre âge.