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Burundi: Ban Ki-moon pour une mission de la dernière chance?

Le secrétaire général desNations unies, Ban Ki-moon, pourrait se rendre au Burundi dans le courant du mois de février. L’organisation tient à montrer qu’elle reprend la main sur le dossier burundais après
l’échec de l’Union africaine. Bujumbura avait refusé le déploiement d’une force de maintiende la paix.
Avec notre correspondante à NewYork, Marie Bourreau Après le Conseil de sécurité de l’ONU il y a 10 jours, c’est au tour de Ban Ki-moon d’envisager une médiation de la dernière chance auprès du président Nkurunziza.

Le secrétaire général avait de l’espoir : il voulait que l’Union africaine parvienne à envoyer laMaprobu, une force de maintien de la paix qui aurait compté 5000 hommes.Mais le rétropédalage de l’organisation africaine sous la pression de plusieurs chefs d’Etat place maintenant l’ONU comme
médiateur essentiel dans la crise burundaise.

Burundi: la mission impossible de l’Union africaine Faute de Maprobu, l’idée d’envoyer des casques bleus de la République démocratique du Congo voisine pourrait refaire surface.
Mais les relations de l’ONU avec Joseph Kabila sont exécrables. La marge de manœuvre du secrétaire
général sera donc très étroite pour obtenir des concessions.

L’ONU est tout de même bien décidée à épuiser toutes les options pour éviter un génocide au Burundi.

Membres-du-Conseil-de-sécur_0

ONU / UA ET LA CRISE BURUNDAISE : Une divergence de vue qui profite au dictateur

Pendant que les Nations unies et l’Union africaine (UA) se disputent sur la crise burundaise, le président Pierre Nkurunziza continue de massacrer en rond. En effet, alors que l’ONU privilégie la voie du dialogue et n’en démord pas, l’UA tient à l’envoi d’une force de prévention de 5000 hommes au Burundi. L’ONU et l’UA avaient-elles intérêt à étaler leurs divergences au grand jour ? La question mérite bien d’être posée. NKurunziza ne veut pas d’une force de prévention dans ce pays qu’il considère désormais comme son royaume et qu’il a fini par mettre sous coupe réglée. Les 5000 soldats de l’UA, s’ils étaient effectivement déployés, pourraient faire taire les armes et contraindre, de ce fait, le président Pierre Nkurunziza à dialoguer avec les opposants et les acteurs de la société civile. Une force de ce genre pourrait également réhabiliter les espaces de liberté, dont la liberté de manifester, toutes choses qui troubleraient le sommeil du maître de Bujumbura. Nkurunziza fera donc tout pour ne pas perdre le contrôle d’une situation qui reste jusque-là à son avantage. Ce pasteur qui voit, dans ses révélations, la main de Dieu sur son pouvoir, n’est pas prêt à faire la moindre concession. Mille cadavres derrière lui, mille autres devant lui, il avance et ira jusqu’au bout. Seule donc une force de prévention pourrait  contrarier les prétentions monarchiques de l’ancien professeur d’éducation physique et sportive. En refusant de soutenir l’UA dans sa position, l’ONU donne l’occasion à Nkurunziza de narguer l’institution panafricaine. Ce qui vient encore ternir son image qui était déjà fortement entamée. Et puis d’ailleurs, à quoi sert ce dialogue  politique préconisé par l’ONU ? Si ce dialogue devait se tenir par la seule volonté de l’ONU, il courrait fortement le risque d’accoucher d’une souris. L’ONU fait là un faux jeu, sommes-nous tentés de dire.

L’ONU a intérêt à revoir sa position et à s’aligner sur celle de l’UA

Car il est difficile qu’un dialogue politique entre Nkurunziza qui n’en veut d’ailleurs pas, et ses opposants politiques, puisse résoudre le problème burundais. Loin d’être la solution au calvaire que vivent les Burundais, ce dialogue n’aura pour seul effet que de permettre au président burundais de jouer la montre, tout en tissant sa toile répressive. L’ONU a donc intérêt à revoir sa position et à s’aligner sur celle de l’UA. A l’étape actuelle, le peuple burundais n’en demande pas plus. Le président Nkurunziza n’est pas un enfant de chœur, et il faudrait un remède plus efficace face à la crise burundaise, que ces divergences entre l’ONU et l’UA qui permettent à Nkurunziza de gagner du temps et de renforcer ses assises. L’ONU devrait donc soutenir, de tout son poids, l’UA dans sa volonté d’envoyer une force de prévention au Burundi. La crise burundaise n’a que trop duré, et il est temps d’arrêter Nkurunziza dans sa névrose profonde et meurtrière, par la force s’il le faut. Si l’ONU et l’UA ne parviennent pas vite à cette solution, il faut craindre un génocide au Burundi, car Nkurunziza est dans une logique de pis-aller. L’ONU et l’UA devraient donc se passer des sentiments, et montrer au Président burundais que le Burundi est loin d’être son salon dans lequel il reçoit qui il veut et en chasse qui il veut. En tout cas, Nkurunziza est déjà dans cette posture de président « démocratiquement » élu, qui tient à terminer son mandat, même s’il doit faire feu de tout bois. L’ONU et l’UA ont donc intérêt à taire leurs divergences et à trouver un antidote à la crise burundaise avant qu’il ne soit trop tard.

Adama SIGUIRE

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Communiqué du porte parole du secrétaire général des Nations Unies.

Le Secrétaire général prend acte de la suspension sine die du dialogue inter-burundais, entamé sous la facilitation de l’Ouganda le 14 juillet 2015, conformément aux recommandations du sommet des Chefs d’État de la Communauté de l’Afrique de l’Est (EAC) du 6 juillet 2015. Le Secrétaire général salue les efforts du président ougandais Yoweri Museveni et de l’EAC, et appelle les organisations et les partenaires du Burundi à œuvrer de concert afin d’aider les Burundais à régler pacifiquement leurs différends.

Le Secrétaire général note que la suspension du dialogue intervient alors qu’aucun accord n’a été trouvé sur un ensemble de questions susceptibles de contribuer à la création d’un environnement propice à la tenue d’élections crédibles et pacifiques, conformément aux recommandations pertinentes de l’EAC et de l’Union africaine.

Dans ce contexte préoccupant, et suite à la décision du gouvernement du Burundi d’organiser le scrutin présidentiel le 21 juillet, le Secrétaire général appelle les autorités à tout faire pour assurer la sécurité et la tenue pacifique de ce scrutin. De même, il appelle toutes les parties à s’abstenir de commettre toute forme de violence qui pourrait compromettre la stabilité du Burundi et de la région.

Le Secrétaire général réitère son appel à la reprise d’un dialogue franc entre toutes les parties et les exhorte à éviter de saper les progrès accomplis en matière de démocratie depuis la signature des Accords d’Arusha.

Le Secrétaire général rappelle que conformément au mandat du Conseil de sécurité pour une observation du processus électoral avant, pendant et après les élections, la Mission d’observation électorale des Nations Unies au Burundi (MENUB) continue de remplir ses fonctions et qu’elle a déployé à cette fin des observateurs sur tout le territoire du Burundi. Le Secrétaire général invite toutes les parties à faciliter l’accomplissement de leur mission et demande en particulier au gouvernement d’assurer la sécurité des observateurs.

 

http://www.un.org/sg/statements/index.asp?nid=8847

Un tueur à la Minusma

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