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Requiem pour le CNDD-FDD

Ce Week end j’ai suivi avec intérêt un brillant exposé sur « Les théories du développement ». Du conférencier, un éminent professeur d’Université Catholique de Louvain, Monsieur Guy Bajoit, une phrase a retenu mon attention: » Les classes dominantes sont aveugles. Elles n’aiment pas partager. Elles veulent rester au pouvoir. » A cette phrase du professeur Guy Bajoit j’ajouterais« ….Mais elles finissent par tomber comme une feuille morte ». Telle est la triste réalité qui a marqué le règne du CNDD-FDD! Une cécité politique! Un égoïsme effrayant qui a poussé des fois aux crimes de sang et aux crimes économiques ignobles! Une soif du pouvoir qui va jusqu’à ériger des monuments un peu partout où est écrit en marques d’or cette phrase récurrente  » CARATUVUNYE! NTITUREKURA! » (Nous avons peiné pour conquérir ce pouvoir, nous ne le céderons jamais).

Et pourtant le paysage politique actuel force à reconnaître que le pouvoir du CNDD-FDD est en train de s’effondrer. Ses jours sont comptés!Tel un chateau de cartes, la bâtisse CNDD-FDD sous le poids de trois forces est  en train de tomber. Qui sont ces trois forces qui minent le pouvoir de Monsieur Pierre Nkurunziza?

La fronde interne au CNDD-FDD

La grogne interne au CNDD-FDD motivée par l’identité du candidat aux présidentielles de 2020 se joint aujourd’hui à la fronde de 2015 pour dire à Pierre Nkurunziza que trop c’est trop! En effet un parti politique qui rassemble les frondeurs de 2015 et une nouvelle fronde en cours  est en gestation. C’est la menace de ce nouveau parti qui a poussé  les décideurs de Bujumbura à décréter que les membres du CNARED, anciens membres du CNDD-FDD, ne peuvent pas rentrer au Burundi. Pour ce club de Pierre Nkurunziza, le retour de certains frondeurs toujours très influents est un danger inacceptable sur le territoire burundais. Cette ouverture peut vider tout le CNDD-FDD, confie une source proche de la dictature de Bujumbura. Mais avec ou sans le retour de ces frondeurs cette fissure est une réalité irréversible.

Le CNL de Rwasa Agathon

La deuxième force qui  fait mal au CNDD-FDD, c’est le phénomène CNL-Rwasa Agathon. Il fait mal! Très mal! Une marée humaine n’hésite plus à venir participer aux meetings de Rwasa Agathon. Et pourtant ils savent qu’en participant à ces rassemblements du leader du CNL ils risquent leur vie. Mais ils viennent quand même. Ces nombreux militants qui vont jusqu’ à braver la peur de mourir est un signe hautement significatif. Cette détermination qui rappel des scènes et des images qu’on a vu en 1993 derrière le candidat Melchior Ndadaye est une pilule dure à avaler par Pierre Nkurunziza et ses copains. Mais cela veut dire que contrairement à la propagande du pouvoir en place, la grande majorité du peuple burundais rêve d’un changement. Et cette fois-ci il sera difficile à Pierre Nkurunziza de proclamer que cette grande majorité qui en a marre de sa dictature a voté pour sa reconduction! La CNI et le CNC auront un dilemme cornélien. J’aimerais pas être à leur place.

RED-Tabara

Comme si le phénomène CNL-Rwasa Agathon ne suffisait pas, voilà le mouvement armé Résistance pour un Etat de Droit au Burundi, RED-Tabara qui ouvre les hostilités et lance une attaque la nuit du 21 Octobre dans la province de Bubanza. Cette attaque est un coup de poignard qui a transpercé le cœur de l’oligarchie de Pierre Nkurunziza. Ce dernier avait déployé un peu partout une kyrielle de bataillons de l’armée et de la milice Imbonerakure avec pour objectif d’anéantir cette résistance. L’étouffer dans l’œuf avant qu’elle ne se répande comme une traînée de poudre à travers tout le pays. L’étouffer dans l’œuf pour ne pas contrarier la rhétorique du pouvoir que tout va très bien au Burundi. Ce crédo est désormais obsolète. Mais plus encore Pierre Nkurunziza qui est le produit d’une lutte armée, il sait très bien pourquoi elle commence, comment elle évolue et comment elle se termine. Et manifestement les échos qui nous parviennent nous disent que beaucoup de burundais y compris dans le propre camp de Pierre Nkurunziza ont salué ce nouveau rapport de force. Cette résistance de RED-Tabara est aussi une sonnette d’alarme qui rappel que le Burundi est loin d’être un pays de cocagne.Bien entendu Pierre Nkurunziza aurait aimé étouffer cette sonnette d’alarme. Trop tard. Le Burundi devrait revenir sur la table des préoccupations de la Communauté internationale.

En définitive la force des Frondeurs du CNDD-FDD, la force du CNL et la force de RED-Tabara constituent une mine qui va démolir indubitablement l’oligarchie de Pierre Nkurunziza. Ce dernier doit préparer son club à un changement inévitable qui pointe à l’horizon. En attendant Pierre Nkurunziza doit préparer une messe de requiem pour le CNDD-FDD.

Pourquoi beaucoup de burundais empruntent-ils la voie du changement? ( C’est dans la prochaine publication)

(Sé) Pancrace Cimpaye