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Burundi: report du dialogue entre le gouvernement et l’opposition à Arusha

Le dialogue entre le gouvernement burundais et l’opposition ne reprendra finalement pas ce lundi 2 mai à Arusha en Tanzanie. L’information a été confirmée par la médiation tanzanienne menée par l’ancien président Benjamin Mkapa sous l’égide du président ougandais Yoweri Museveni. Initié dans l’espoir de mettre fin à la violente crise politique déclenchée il y a un an par la candidature du président Nkurunziza à un troisième mandat, ce dialogue reste bloqué depuis fin 2015.

Depuis la séance inaugurale le 28 décembre à Entebbe en Ouganda, le dialogue inter-burundais est au point mort. Il devait reprendre lundi à Arusha mais la date a été repoussée. La facilitation espère organiser une nouvelle rencontre à la fin du mois de mai. Explication officielle : « Toutes les consultations nécessaires » pour commencer le dialogue n’ont pas encore eu lieu. Mais on sait que les modalités de cette rencontre ne faisaient pas l’objet d’un consensus. Bujumbura refuse toujours de s’asseoir à la même table que le Cnared, la plateforme de l’opposition en exil, qu’elle accuse d’avoir participé à la tentative de putsch.

Vendredi matin, seuls cinq partis du Cnared avaient reçu leur invitation pour ce dialogue. La veille, le nouveau président, Jean Minani, avait écrit au facilitateur Benjamin Mkapa pour lui dire combien il était « absurde » à ses yeux d’organiser ce dialogue sans cette large coalition d’opposition qui se pose en « principal adversaire de Nkurunziza ». Il avait annoncé que ses membres ne viendraient pas à Arusha tant que le Cnared ne serait pas invité en son nom propre. La facilitation, comme l’Union européenne qui finance le dialogue, avait insisté pour que toutes les parties prenantes y participent.

Un report qui arrange tout le monde

Le Cnared a accueilli favorablement la nouvelle de ce report, espérant recevoir une invitation d’ici là. Du côté des autorités burundaises en revanche, personne n’a souhaité s’exprimer pour l’instant.

Mais cette décision répond aux vœux de Bujumbura. Mercredi, le gouvernement burundais avait exigé des consultations avec la médiation sur « les invités, les dates et le lieu » où devait se tenir cette session de relance, en menaçant de ne pas y participer. Il a obtenu gain de cause. Les pourparlers de paix ont été renvoyés à une date ultérieure, mais surtout, son ennemi juré, le Cnared, dont il ne veut pas entendre parler, n’a pas été convié cette fois.

Ce qui fait dire à un diplomate que la médiation « ne pouvait faire de meilleur choix », en expliquant que cette session n’avait pas été bien préparée. Et de détailler : toutes les parties concernées n’avaient pas encore reçu leurs invitations, l’Union africaine et l’ONU viennent à peine d’y être associées, la médiation venait tout juste de faire des requêtes pour le financement de la réunion et surtout, il y a la question de l’invitation du Cnared.

Plusieurs observateurs espèrent que la médiation mette ces trois semaines à profit afin d’organiser « un véritable dialogue de paix ». « C’est sa crédibilité qui est en jeu », assurent-ils.

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Tanzanie : un nouveau procureur général et une nouvelle direction pour la société d’électricité.

Arusha (Tanzanie) – Le président tanzanien Jakaya Kikwete (photo) a nommé un nouveau procureur général et changé le Conseil d’administration de la société nationale de distribution d’électricité après un scandale de plusieurs millions de dollars décelé dans la gestion de l’énergie, apprend-on lundi.

Les députés tanzaniens avaient réclamé fin novembre le limogeage de plusieurs hauts responsables gouvernementaux, dont le procureur général Frederick Werema qui a rang de membre du gouvernement, le ministre de l’Energie Sospeter Muhongo, son homologue chargée des Affaires foncières Anna Tibaijuka et le secrétaire permanent du ministère de l’Energie Eliakim Maswi.

Les parlementaires avaient par ailleurs réclamé la dissolution du Conseil d’administration de la société nationale d’électricité (Tanzania Electric Supply Company Limited – TANESCO).

Le procureur général Werema a démissionné en décembre et la ministre Tibaijuka a été démise par le chef de l’Etat ainsi que M. Maswi.

Selon un communiqué de la présidence, George Mcheche Masaju est nommé nouveau procureur général et doit prêter serment lundi dans la journée en remplacement de Werema dont il était jusqu’alors l’adjoint, après avoir servi comme conseiller juridique à la présidence.

Selon un autre communiqué officiel, Mighanda Manyahi devient président du nouveau Conseil d’administration de TANESCO. Cet universitaire remplace le général à la retraite Robert Mboma.

Dans son message à la nation, le 1er janvier, le président Kikwete a promis de continuer à se pencher sur ce scandale et de prendre les décisions appropriées.

Une large partie de l’opinion continue de réclamer le départ du ministre de l’Energie, Sospeter Muhongo, qui clame son innocence et refuse de démissionner.

D’autres ont également demandé la démission du Premier ministre Mizengo Pinda qui a échappé de justesse au vote du Parlement, alors qu’il a déjà annoncé son intention de briguer la magistrature suprême à la prochaine présidentielle.

Le vote avait été provoqué par un audit qui avait découvert le paiement frauduleux de quelque 120 millions de dollars d’argent public à une société privée du secteur de l’énergie.

Plusieurs donateurs comme la Grande-Bretagne, le Canada, l’Union européenne et le Japon ont averti qu’ils allaient suspendre une aide de centaines de millions de dollars à la Tanzanie jusqu’à ce qu’ils soient satisfaits de l’enquête.

Ce scandale dont l’opposition s’est saisie comme d’une aubaine risque, selon les observateurs, de coûter cher au parti au pouvoir, dans la perspective des prochaines élections en octobre.