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Burundi- Union Européenne: Nkurunziza à genoux!

Mardi 8 décembre 2015, s’ouvrent les négociations entre l’Union Européenne et l’oligarchie de Bujumbura. Pourtant hier, le même pouvoir par la voix de ses porte-parole, avait juré qu’il ne mettrait jamais les pieds à Bruxelles pour quémander la charité; dans un élan de fierté déplacé il montait au créneau en disant qu’il préférait mourir de faim plutôt que de venir négocier la mise en place au Burundi d’un Etat moderne où les vertus de la démocratie règnent en maîtres absolus.

Pour l’heure, le despote Nkurunziza et sa galaxie  embarrassés par ce revirement tranquillisent la troupe et donnent de fausses informations suivantes:  » L’Union européenne a accepté de nous accorder l’aide financière sans aucune condition. La preuve, elle vient de nous payer les frais pour nous rendre à Bruxelles. En plus Bruxelles accepte notre délégation sans exiger la présence de son Excellence Monsieur le Président de la République. Le lobby de la Chine et de la Russie a convaincu l’Union Européenne que tout va très bien au Burundi. » Telle est la salade servie au cercle de Nkurunziza qui redoute encore l’issue des négociations de ce mardi: le retour à un Etat de droit au Burundi!

Bien entendu ce mensonge cousu de fil blanc est loin de la réalité des mobiles qui ont poussé Nkurunziza à accepter de se plier à la condition de négocier avec Bruxelles. En effet ce que les adeptes aveugles de Monsieur Pierre Nkurunziza ne savent pas c’est que les caisses de l’Etat burundais sont vides à tel enseigne que cette oligarchie ne peut plus se payer le luxe d’engager des frais de mission en Europe de dix huit personnes. Nkurunziza vient de découvrir, non sans surprise, que même la gestion d’une république bananière requiert de l’argent. En effet des sources proches du Ministère des Finances confient que Nkurunziza ne saura plus payer les fonctionnaires dès le mois de janvier 2016. Et pour preuve le budget de 2016 n’est toujours pas voté. A ce titre sans importations, avec presque la quasi-totalité des hommes d’affaires qui mettent la clé sous la porte, les caisses de l’Office Burundaise des Recettes sont vides! Cette paralysie des recettes intérieures conjuguée avec l’absence de 52% de l’aide budgétaire de la communauté internationale mettent à genoux le despote Pierre Nkurunziza.

Dès le mois de janvier 2016 Nkurunziza ne pourra même plus payer sa milice IMBONERAKURE, encore moins ses policiers et son armée. Et quand ces corps ne sont pas payés, c’est Nkurunziza qui y laisse la peau! En conséquence pour sa survie physique, Nkurunziza doit négocier avec l’Union Européenne les conditions de retour à un Etat de Droit au Burundi. Cela passe par Bruxelles et par Kampala où le CNARED attend de pieds fermes l’oligarchie de Bujumbura.

Nkurunziza doit comprendre qu’il ne suffit pas de faire un coup de force contre l’Accord d’Arusha pour la Paix et la Réconciliation au Burundi pour régner tranquillement,mais encore et surtout il faut avoir les moyens financiers de gérer ce coup d’Etat. A ce propos la sagesse de nos ancêtres farouchement opposée aux coups de force dispose:  » Ikigoye si ukwiba ingoma, ni ukuronka aho uyivugiriza! ». Bwana Nkurunziza subiza ingoma wivye!

(Sé) Pancrace CIMPAYE.

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DECLARATION DU PARTI CNDD-FDD SUR LA DECISION DE L’UNION EUROPEENNE

La décision de l’Union Européenne de prendre des sanctions judiciaires contre certains Burundais est illégale et une provocation

En date du 1er Octobre 2015, l’UE a organisé une réunion en Belgique à l’issue de laquelle  des sanctions ont été prises contre 4 Burundais de même ethnie Hutu leur refusant les visa d’entrer dans cette Union et gelant leurs avoirs enregistrés dans ces 28 pays européens.
Le Parti CNDD-FDD a été profondément choqué  d’entendre ses sanctions qui rappellent fort bien l’histoire malheureuse que le Burundi a vécue, ponctuée par  des évènements sanguinaires  depuis plus de 40ans excepté l’expérience démocratique de 3mois sous la Présidence de Feu S.E. NDADAYE Melchior. Ce qui afflige en plus les cœurs des Burundais est que l’UE a fermé les yeux  devant les atrocités qui étaient en train de se commettre par les pouvoirs en place  sans même prendre des sanctions contre les responsables de ces massacres et génocide  dirigé contre une ethnie. Ici tout le monde devrait se poser une multitude de questions :
Pourquoi l’UE n’a pas osé  prendre des sanctions contre les dirigeants de cette époque ? Partagent-t-il le même plan ? Pourquoi les institutions judiciaires de lUE n’ont pas pu sévir, ne sont-elles pas similaires à celles d’aujourd’hui ? L’UE n’a-t-elle pas voulu protéger  les commanditaires de ces atrocités au Burundi parce qu’appartenant à une même ethnie ? Ce dont les 4 personnes sont accusées pour se voir exclure et indexer par l’UE est-il moins lourd que les accusations de génocide formulées par les opposants radicaux contre l’Etat et le Parti CNDD-FDD jusqu’à soulever l’opinion internationale alors que ce ne sont que des montages  savamment  orchestrés par les opposants radicaux pour diaboliser le pouvoir ? Pourquoi une si grave décision de l’UE n’a pas été portée à la connaissance du Burundi, membre des pays ACP- UE alors qu’une réunion de ces pays venait de se tenir à Bruxelles du 22- 27 septembre 2015  en Belgique ?

  1. La réunion des pays Afrique Caraïbes et Pacifique (ACP) :
  1. En date du 22 au 27 septembre 2015 s’est tenue une réunion des pays ACP-UE à Bruxelles  au cours de laquelle la question concernant le conflit Burundais, sur base de la déclaration sortie à l’issue de la réunion des même pays ACP tenue dans la ville de SUVA au mois de juin 2015 dans les Iles FIJI n’a nullement soulevé la question des sanctions contre certains Burundais, a noté plutôt des progrès dans l’évolution de la situation politique au Burundi et  a souligné au cours de ces assises la nécessité d’organiser un dialogue inclusifs interburundais ;
  1.  Les Représentants du Parlement du Burundi invités à ce forum ont montré que toutes les institutions ont été mises en place à la suite des élections de 2015 qui se sont bien déroulées et consécutivement aux recommandations de l’UA, des pays de EAC de la CIRGL, de l’ONU et de l’UE,  des pays ACP-UE. Ce qui ne peut se saisir ni se comprendre est qu’à la suite de ce forum de Bruxelles il y ait une décision prise par l’UE contre des ressortissants du Burundi sans que le Burundi ne soit ni informé ni consulté ni interpellé pour donner son avis.
  1. Les problèmes politiques sont résolus politiquement, les questions de justice sont répondues judicieusement tandis que des problèmes mathématiques sont répondues mathématiquement :
  1. Les sanctions prises contre les 4  Burundais d’une même ethnie Hutu ne découlent d’une justice connue dans le monde puisqu’il n’existe pas de justice pour une seule ethnie au monde. Même en considérant les victimes des sanctions, il est à remarquer que les concernées n’ont jamais été informées  pour comparaitre devant les juridictions de l’UE afin de   donner leur  avis sur les charges retenues contre elles. Tout le monde se pose alors la question de savoir sur quoi l’UE s’est- elle fondée  pour décider les sanctions ? Comme dit plus haut, des gens habitués à assister à de telles décisions n’hésitent pas à dire qu’il y a un groupe de gens qui ont influencé et trompé les décideurs judiciaires et les conduire à prendre des sanctions en cachette car ayant été prises à l’insu des concernées et du Pays dont elles sont ressortissantes.
  1. Il est affligeant que de telles institutions judicaires de l’UE prennent des sanctions de nature à saper les institutions de sécurité du Burundi  ou le Chef directement supérieur de la Police n’a pas été inquiété pour se rabattre à un Responsable adjoint  car issu des ex-PMPA (Mouvement CNDD-FDD à l’époque) et HUTU en même temps  alors que cette organisation européenne sait bien comment les corps de sécurité fonctionnent;
  1. Des observateurs avisés savent bien que la création et la mise en route de la Police Nationale Intégrée n’a pas été chose facile car s’étant fondée sur l’Accord Global de Cessez-le-feu entre le Mouvement CNDD-FDD et le Gouvernement du Burundi à l’époque le 16 novembre 2003. Prendre une décision judiciaire illégale, d’exclusion frappant des anciens du CNDD-FDD et de surcroit de l’ethnie Hutu montre que l’UE  n’ a pas été d’accord avec cet Accord Global de Cessez-le-feu qui a conduit à la mise en place des corps de défense et de sécurité intégrés afin de stabiliser le pays.  C’est la raison pour laquelle cette Union Européenne vient de prendre des sanctions pour détruire l’intégration obtenue après mille efforts. Une telle position met également  à nu la démarche de l’UE de faire semblant d’accepter NGENDAKUMANA Leonard comme putschiste alors qu’en réalité le sujet n’avait été approché que pour défendre les intérêts de ceux que ces pays européens voulaient remettre sur  les rennes du Pouvoir. Cette réflexion est d’autant plus vraie que  Sieur Leonard n’a pas commis plus de crimes que Pacifique NININAHAZWE, Général Major Cyrile NDAYIRUKIYE, Vital NSHIMIRIMANA, Marguerite BARANKITSE, etc, mais a eu la malchance de se retrouver dans l’autre camp ethnique.
  1. Il est bouleversant de voir que les commanditaires des manifestations féroces et insurrections jusqu’au putsch manqué du 13mai 2015 ayant exposé les enfants de moins  de 18ans aux troubles pour les transformer en bouclier humain les nourrissant des aliments contenant des  drogues  fortes pour qu’ils commettent l’irréparable et ayant commis des actes à la limite génocidaires n’ont été inquiétés par personne jusqu’aujourd’hui. D’ailleurs la plupart si non la totalité de ces faiseurs de malheurs sont logés et nourris par certains pays de l’UE. Quiconque se poserait la question savoir l’origine de tels agissements? Les différents responsables de ces atrocités depuis le 26 Avril 2015 sont ceux-là mêmes  qui ont soulevé les  jeunes gens  pour les dresser contre d’innocents citoyens en général et en particulier les Bagumyabanga du Parti du CNDD-FDD et contre la Police chargée d’assurer la sécurité du pays. Ils ont tué, ils ont brûlé vif leur frères, ils ont incendié des maisons, des véhicules, détruits les routes devant l’œil complice des journalistes ressortissants de ces pays de l’UE, attisant parfois les manifestations  et tout cela devant la contemplation des Pays de l’UE.  Ceux-ci  aujourd’hui assurent la protection de ces différents responsables ayant échoué à l’insurrection et au putsch pour montrer à qui veut voir que l’UE a réussi l’exfiltration de ces agents après l’échec de la mission qui leur avait été confiée. Encore une fois quiconque peut s’interroger sur ce fait ;
  1. Ne pas respecter la procédure normale judicaire, utiliser les mécanismes d’exclure certains membres de la Police sans raison, ni explications fournies au Burundi dans le simple soucis de saper et de détruire l’institution du corps de sécurité mise après beaucoup d’énergie nationale en oubliant les forfaits commis par les responsables de l’insurrection et du putsch manqué du 13 Mai 2015, fermer les oreilles au Gouvernement qui n’a cessé d’alerter la Communauté Internationale devant la cruauté et le sang versé par les insurgés putschistes démontre à suffisance  que la justice empruntée par l’UE n’a cherché qu’atteindre les buts politiques par l’usage des moyens judiciaires, ce qui donne raison au Parti CNDD-FDD  qui affirme que  la justice a été faussée par les preneurs de la décision pour arriver à leurs objectifs ;
  1. Le Gouvernement démocratiquement élu n’a de problèmes avec personne.
    1. Des organisations de la société civile telles que l’Initiative et Changement, l’OLUCOME et autres  veulent faire entendre à ceux qui les écoutent à travers de multiples réunions ,ateliers et conférences de presse que l’origine des manifestations sanguinaires qui se sont vite transformées en insurrections pour terminer dans un putsch  contre les institutions démocratiquement élues résiderait dans un conflit entre le pouvoir et l’opposition radicale. Ce jugement  est tellement fallacieux qu’ils oublient que le détenteur du pouvoir c’est le Peuple.
    2. Comme tout le monde le  sait bien, des manifestations féroces ont commencé au lendemain de la décision des Bagumyabanga réunis  en congrès et ont  choisi S.E. Pierre NKURUNZIZA pour les représenter dans les élections présidentielles de 2015. Ce congrès  national a eu lieu après les congrès collinaires, communaux et provinciaux. Le rejet de la candidature présentée par le Parti CNDD-FDD à cet effet, est une expression honteuse de l’opposition radicale contre les desideratas  du Peuple. Ceci est d’autant plus significatif que le candidat n’appartient pas aux partis de l’opposition radicale. C’est pour dire  en définitif  que les organisations  ci haut- citées  ne font que colporter les idées de l’opposition radicale  qui sont un mensonge tout fait, la réalité étant que l’opposition radicale a des problèmes avec l’électeur Burundais ou tout simplement le Peuple Burundais. Il va sans dire que le Peuple renié par les commanditaires des manifestations sanguinaires , insurrections et putsch manqué devront s’exprimer devant le seul détenteur du pouvoir qui est le Peuple souverain à travers  le dialogue en vue.
  1. L’Union Européenne  ne veut pas de dialogue inter-Burundais au Burundi :
  1. Le Parti CNDD-FDD s’étonne des sanctions provocatrices prises  par l’ UE d’exclure et d’indexer certains responsables Burundais sans rien demander au Burundi ni exiger aux concernés de s’expliquer et de se défendre devant les juridictions nationales ou de l’UE. Et ceci intervient au moment où le pays se trouve dans une phase préparatoire du dialogue inclusif   malgré que les amis de la division ne cessent d’exprimer  en vain des velléités destructrices contre le  Parti CNDD-FDD et du Gouvernement qui en est issu. Cette démarche ne trompe personne  car visant la condamnation du dialogue avant qu’il ne commence en essayant de torpiller les efforts du Gouvernement dans sa volonté de réunir tout le monde autour de la table de dialogue. La détermination d’étouffer le dialogue parce que ne répondant pas aux desideratas des décideurs de l’UE qui auraient permis le renversement des institutions démocratiquement élues et la mise en place du Gouvernement de transition ne pourra pas dédire le peuple Burundais dans son désir ardant de se réconcilier avec lui-même. Le Gouvernement de transition qui aurait permis  à certains pays de l’UE de faire mains basses sur les richesses du pays attendra la décision des seuls  détenteurs du Pouvoir que sont le Peuple Burundais.
  1. Il est inconcevable que la mise en œuvre des recommandations issues des Sommets des Chefs d’Etats de l’EAC, de l’UA, de l’ONU, soit sabordée par l’UE qui elle-même n’a jamais cessé de formuler  de tels souhaits de dialogue inclusif. Le fait incompréhensible est exprimé par cette décision punitive contre certains  Burundais de la Police Nationale  qui apparait aux yeux des amis de la démocratie comme une volonté déguisée de diviser les Burundais au lieu de les encourager à se réconcilier. Cet acte est de nature à réveiller les vieux démons n’en déplaise aux preneurs de ladite décision
  1.  Un petit jet de regard dans l’histoire du Burundi s’impose:
  1. Comme annoncé précédemment dans les communiqués et analyses du Parti CNDD-FDD, une main  invisible a toujours fait et défait l’histoire sombre du Burundi depuis l’indépendance  jusqu’aujourd’hui. En 1961 plus exactement le 13 octobre, le Prince Louis RWAGASORE qui a réclamé   haut et fort la venue de l’indépendance immédiate a  été assassiné. Il a été dit et souvent redit que certains pays de l’UE en étaient responsables, raison pour laquelle le Prince et ses enfants ont disparu dans le silence absolu. En 1965, la mort du Premier Ministre a été annoncée bien avant sur les ondes de la Voix d’Amérique, ce qui prouve que le complot avait été ourdi ailleurs avec l’utilisation des réseaux burundais. A la suite de son assassinat, beaucoup d’intellectuels ont été massacrés surtout les députés, les ministres et quelques rescapés   ont pris le chemin de l’exil sous le regard silencieux de l’UE. De 1972-1973, un génocide orchestré par le Gouvernement du Capitaine Michel MICOMBERO a été commis au grand jour au Burundi sous les regards de la communauté internationale et surtout de l’UE. Malgré les cris d’alarmes poussées par des populations victimes, personne n’est venue à l’aide  comme si les victimes étaient condamnées d’avance à la mort. En 1988, plus de 5000 burundais ont été massacrés à  NTEGA et MARANGARA et 50.000 rescapés forcés à l’exil   sous le pouvoir BUYOYA ;  l’UE n’a pris aucune sanction contre ce pouvoir sanguinaire. En 1993, plus exactement le 21 octobre, le Premier Président Hutu démocratiquement élu a été sauvagement tué ; l’UE et la Communauté Internationale auraient pu le sauver mais ils n’ont rien fait comme si il était condamné d’avance. Depuis ce moment précis, le Peuple Burundais profondément blessé et abandonné,  a résisté contre la machine exterminatrice de l’armé mais chemin faisant la révolte a fini par devenir une véritable guérilla et se transformer plus tard en un mouvement de libération qui a enfin signé l’Accord Global de Cessez-le Feu avec le Gouvernement de l’époque. Cette résistance victorieuse n’a pas plu à certains esprits de l’UE et ceci est d’autant plus vrai que certains mots ont été formulés  par certaines autorités contre le CNDD-FDD encore Mouvement. Par la suite même, le tombeur de Feu NDADAYE Melchior est revenu au pouvoir encore une fois  et personne n’a levé le doigt pour l’en empêcher. Qui ne dit mot consent. Où était l’UE. Entre 1996 et 1997 plus exactement à SHABUNDA en RDC plus de 5000 fugitifs Hutu Burundais ont été massacrés  à l’époque lors de l’invasion de la RDC par le FPR-INKOTANYI du Rwanda, et tout ce monde a été massacré et jeté dans la rivière autour de la ville de SHABUNDA sans que la Communauté Internationale et principalement l’UE n’en disent mot comme s’ il y  a ceux qui  naissent pour vivre et d’autres pour mourir.
  1. Sans risque de se tromper, la transformation du Mouvement CNDD-FDD en un Parti Politique et son entrée triomphale à Bujumbura  n’a pas plu à certains pays de l’UE  à tel point que les parrains des anciens pouvoirs militaires de Bujumbura ont toujours  rêvé le retour au Pouvoir de leur protégé. Quoi alors d’anormal de voir l’UE prendre des mesures de nature à détruire l’Accord Global de Cessez-le Feu fondement actuel  des corps de défense et de sécurité ?
  1. En 2015, à peine le Parti CNDD-FDD termine son congrès ayant mis devant Son Excellence Pierre NKURUNZA pour le représenter dans les élections de 2015 que l’UE s’associe aux insurgés pour dire non. Ceci se voyait déjà dans des réunions, des manifestations  où des décisions et de stratégies contre le pouvoir étaient prises. Des rumeurs, des manipulations, des assassinats, des destructions publiques et individuelles, rien n’a été épargné dans le seul objectif de renverser les institutions démocratiquement élues. Des financements ont été accordés aux insurgés   et un coup d’Etat a échoué. Des journalistes envoyés sur terrain ne jouaient pas  leur rôle de véritable de journalistes car ils avaient eu la mission de voir comment les Bagumyabanga du CNDD-FDD allaient se tenir devant les cruelles provocations des insurgés et le mot IMBONERAKURE avait été transformé en une milice pour bien les diaboliser etc. Et tout cela devant l’œil complice de l’UE.  Nulle part au monde les coups d’Etat contre les pouvoirs démocratiquement élus ne sont acceptés.  L’exemple le plus récent est celui du Burkina Faso. Pourquoi deux poids deux mesures pour qu’au Burundi on accepte ce qu’on rejette ailleurs sous d’autres cieux. Un pays change la constitution mais l’UE ne le voit pas mais s’acharne sur le Burundi qui n’a pas changée la constitution. Ce qui est encore plus parlant que jamais  et que pendant  l’insurrection au sommet de la malfaisance l’UE a pris des sanctions contre le Burundi en suspendant les appuis budgétaires pour l’étouffer complètement  ce qui signifie que le putsch manqué le 13 mai 2015  se poursuit.
  1. Au regard de ce qui précède le Parti CNDD-FDD déclare ce qui suit :
  1. Demander à l’UE de retirer ses sanctions punitives car ne visant que la division entre les Burundais comme ci-haut mentionnés. Elle devrait revenir sur sa décision de suspendre les aides destinées au Burundi au lieu de chercher à l’asphyxier  comme le souhaite l’opposition radicale ;
  2. Mettre  fin au soutien des putschistes car le financement de leurs activités équivaut aux yeux des amis de la démocratie à la soif de parachever le putsch rampant ;
  3. Arrêter  et juger les putschistes abrités dans certains pays de l’Union Européenne ou les rapatrier de force pour être jugé au Burundi ;
  4. Exiger à l’Union Européenne  de remettre à l’état du Burundi le manque à gagner dû à la suspension des appuis budgétaires alloués au pays qui a provoqué l’arrêt des activités initialement financées ;
  5.  Demander aux pays membres de l’UE de distinguer les questions politiques   des questions judiciaires afin de prendre la bonne décision  objective sur le Burundi ;
  6. Démarrer le processus de dialogue inclusif interburundais et sans tarder qui se tiendra au Burundi et sans facilitateur étranger;
  7. Informer que le dialogue ne va pas enfreindre  la loi ni se substituer à la justice ;
  8. Informer que les sanctions d’ordre judiciaire  infligées par l’EU aux Burundais d’une seule ethnie  sont  de nature à mettre à mal le dialogue  en vue avant même son démarrage. Toutefois, il faut retenir que ce que Peuple veut  Dieu veut et que nul ne peut aller à l’encontre de la volonté du Peuple seul détenteur de la souveraineté nationale ;
  9.  Réfuter toutes les décisions prises contre le Burundi et les Burundais sans les concerter ni le permettre de se défendre ;
  10. Encourager le Peuple Burundais à rester serein et soudé et de ne pas prêter oreille  à ceux qui veulent le diviser car c’est l’unité  qui lui donnera la victoire finale ;
  11. Continuer à poursuivre la longue marche de la consolidation de la paix et de la sécurité puisqu’elles constituent  les piliers de la réconciliation nationale, la source d’éradication de toutes les formes de divisions surtout  à  caractère ethnique dans le Pays ;
  12. Faire savoir pour la nième fois à l’Union Européenne ainsi qu’à ses protégés que le Pouvoir issu des élections n’a de problèmes avec personne mais  que l’opposition radicale a des grands litiges avec le Peuple électeur seul détenteur du pouvoir ;
  13.  Poursuivre la politique de bon voisinage malgré les différentes  épreuves de provocation car le Parti CNDD-FDD  et le Gouvernement qui en émane sont préoccupés par la Paix pour les Burundais et la consolidation de bonnes relations  avec les pays frontaliers et étrangers.

                                                   Fait à Bujumbura, le 03 octobre 2015
                                                   Honorable Pascal NYABENDA

                                                        Président du Parti CNDD-FDD

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DECLARATION DE LA PORTE-PAROLE DU SERVICE D’ACTION EXTERIEURE DE L’UNION EUROPENNE SUITE A L’ATTENTAT A BUJUMBURA CONTRE LE GENERAL ADOLPHE NSHIMIRIMANA

L’attentat commis ce matin à Bujumbura qui a coûté la vie au Général Adolphe Nshimirimana,

reflète une dangereuse escalade de la violence au Burundi.

Le recours à la violence, quels qu’en soient les auteurs, ne pourra jamais contribuer à sortir le pays

de l’impasse politique actuelle.

L’UE appelle tous les acteurs burundais à la retenue et à l’impérieuse nécessité de revenir au

dialogue pour trouver une solution politique et consensuelle à la crise grave qu’il traverse. La

situation rend urgente la réactivation de la médiation ougandaise.

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Conclusions du Conseil des Ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne du 16 mars sur la situation politique au Burundi dans le contexte pré-électoral.

1. L’Union européenne (UE) salue les avancées au Burundi depuis la signature des Accords de paix
d’Arusha. Elles ont permis au Burundi de s’engager sur la voie du développement, de la stabilité et de
la démocratie, et de participer à des missions de paix sur le continent africain. L’UE a été un acteur
engagé en soutien de ce processus. Elle entend le rester en travaillant étroitement avec ses
partenaires, en particulier l’UA, la CIRGL, et les Nations Unies dont la mission électorale (MENUB)
doit pouvoir jouer pleinement son rôle.
2. Le prochain cycle électoral au Burundi, entre mai et août 2015, constitue un enjeu majeur pour
consolider les progrès accomplis et contribuer à la construction d’un avenir plus solide. Le pays ne
peut pas manquer cette opportunité au risque d’un retour en arrière. En adoptant le Code électoral,
la Feuille de route pour les élections de 2015 ainsi que le Code de bonne conduite, l’ensemble des
partis et acteurs politiques burundais ont tracé la voie. Il s’agit maintenant de les respecter dans leur
intégralité. L’UE salue les efforts de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) et
l’encourage à assumer son rôle en toute indépendance et impartialité. Elle appelle la CENI et les
institutions burundaises concernées à assurer la mise en oeuvre des mesures correctives à
l’enrôlement des électeurs agréées lors de la réunion d’évaluation du 22 décembre 2014 et à renouer
le fil du dialogue avec les partis et acteurs politiques tout au long du processus électoral.
3. Devant les tensions et intimidations qui ont marqué la période pré-électorale, l’UE appelle les
autorités à faire des efforts supplémentaires afin d’assurer le caractère inclusif, paisible et
transparent du processus. Opposition comme majorité portent des responsabilités à cet égard, mais
il incombe aux autorités de garantir l’exercice des droits civils et politiques, des libertés
fondamentales, y inclus la liberté d’expression et de la presse ainsi que l’indépendance de la justice,
dans le respect des lois et des engagements internationaux du Burundi. A cet égard, l’UE exprime sa
préoccupation face aux nombreux cas de poursuites judiciaires visant des leaders des partis
d’opposition et des représentants de la société civile engagés dans la défense des droits de l’Homme.
Ces arrestations et condamnations risquent de porter le discrédit sur l’ensemble du processus
électoral, et sur le fonctionnement de la justice.
4. L’UE attache une grande importance au maintien des acquis de l’Accord d’Arusha qui constitue le
socle sur lequel la paix et la démocratie se construisent au Burundi après la période de guerres
civiles. À l’heure actuelle, des voix s’élèvent au Burundi en faveur du respect de l’accord d’Arusha,
tout particulièrement au sujet d’un possible troisième mandat présidentiel. Ces voix ne peuvent être
ignorées. L’UE exhorte les autorités burundaises à aborder cette question avec sagesse et dans un
esprit de réconciliation afin de trouver rapidement une solution emportant une adhésion large de
sorte à apaiser les tensions et éviter une détérioration de la situation.
5. Suite à l’invitation des autorités burundaises, l’UE a décidé de déployer une mission d’observation électorale à partir du mois d’avril 2015 afin d’assurer l’évaluation continue et complète de l’ensemble du processus électoral, en contact étroit avec d’autres missions d’observation. Le soutien de l’UE au processus électoral, par la présence de cette mission d’observation et par son appui financier, ne peuvent se concevoir que dans le cadre d’une compétition électorale inclusive et transparente, ouverte de manière équitable à tous les partis et acteurs politiques.
6. L’UE invite tous les acteurs à prendre des initiatives visant à préserver la paix et à réduire les tensions. Elle déplore les évènements violents qui se sont produits en province de Cibitoke du 30 décembre 2014 au 3 janvier 2015 et exprime sa préoccupation face aux allégations d’exécutions sommaires commises par des membres des forces de l’ordre et des membres de l’aile de la jeunesse du parti CNDD-FDD. L’UE salue la formation d’une commission d’enquête judiciaire qui devra être en mesure de faire son travail sans entraves et en toute indépendance. L’UE attend également de recevoir les résultats de l’enquête en cours concernant l’assassinat de trois religieuses italiennes en septembre 2014 à Bujumbura, qui doit être menée de façon transparente et impartiale.

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Résolution du Parlement européen sur le Burundi: le cas de Bob Rugurika

Le Parlement européen,

– vu ses résolutions antérieures sur le Burundi, notamment celle du 16 septembre 2014 concernant en particulier le cas de Pierre Claver Mbonimpa(1),

– vu l’accord de Cotonou,

– vu la déclaration du Conseil de sécurité des Nations unies du 10 avril 2014 sur la situation au Burundi,

– vu l’accord d’Arusha pour la paix et la réconciliation,

– vu les conclusions du Conseil du 22 juillet 2014 sur la région des Grands Lacs,

– vu les rapports du Bureau des Nations unies au Burundi (BNUB),

– vu les orientations de l’Union européenne sur les défenseurs des droits de l’homme et la liberté d’expression, et les conclusions du Conseil de juin 2014, dans lesquelles celui‑ci s’engage à intensifier les travaux en faveur des défenseurs des droits de l’homme,

– vu la déclaration universelle des droits de l’homme,

– vu la charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance,

– vu l’avis rendu le 25 avril 2013 par la commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH),

– vu la déclaration de la délégation de l’Union européenne au Burundi du 10 septembre 2014,

– vu le pacte international relatif aux droits civils et politiques,

– vu la charte africaine des droits de l’homme et des peuples,

– vu l’article 135, paragraphe 5, et l’article 123, paragraphe 4, de son règlement,

A. considérant que les autorités burundaises ont arrêté et détenu, le 20 janvier 2015, le défenseur des droits de l’homme Bob Rugurika, directeur de la Radio publique africaine (RPA), au motif que celui‑ci a refusé de révéler ses sources quelques jours après la diffusion sur son antenne d’une série de reportages d’investigation sur le meurtre, en septembre 2014, de trois religieuses âgées italiennes, Lucia Pulici, Olga Raschietti et Bernadetta Boggian, dans la commune de Kamenge, au nord de Bujumbura;

B. considérant que les reportages évoquaient l’implication, dans ce meurtre, de hauts responsables des services de renseignement, à qui avait été donnée la possibilité de présenter leurs observations avant la diffusion des reportages;

C. considérant que les autorités burundaises n’ont produit aucun élément de preuve pour justifier la détention de M. Rugurika, arrêté pour « manquement à la solidarité publique, violation du secret de l’instruction, recel de malfaiteur et complicité d’assassinat »; que cette arrestation s’inscrit dans une approche du gouvernement visant à porter atteinte à la liberté d’expression, en prenant pour cibles les journalistes, les activistes et les membres des partis politiques; que ces atteintes se sont multipliées à l’approche des élections qui auront lieu au Burundi en mai et en juin 2015;

D. considérant que le droit international des droits de l’homme, notamment la charte africaine des droits de l’homme et des peuples et le pacte international relatif aux droits civils et politiques, qui ont été ratifiés par le Burundi, dispose clairement que la détention provisoire doit s’appuyer sur des charges crédibles juridiquement fondées; que les autorités burundaises n’ont produit aucun élément de preuve démontrant la nécessité de placer M. Rugurika en détention;

E. considérant que ce n’est pas la première fois que le gouvernement burundais tente d’empêcher des médias ou des groupes de défense des droits de l’homme de publier des informations sensibles et de dénoncer des abus de pouvoir que le gouvernement aurait commis; que, malgré cet acharnement persistant, les journalistes ne se sont pas abstenus de récolter et de publier des informations sur des sujets controversés, notamment sur l’affaire Pierre Claver Mbonimpa, figure de premier plan de la défense des droits de l’homme, qui a été arrêté en mai 2014 pour des déclarations qu’il a faites sur la Radio Publique Africaine et libéré seulement quelque temps après, sans que les poursuites à son encontre n’aient été abandonnées;

F. considérant que le Burundi a adopté, en juin 2013, une loi sur la presse, qui restreint la liberté des médias, limite le nombre de sujets pouvant être abordés par les journalistes et pourrait ériger en infraction la diffusion d’informations sur des sujets tels que l’ordre public et la sécurité; que l’union des journalistes du Burundi a saisi la Cour de justice de l’Afrique de l’Est;

G. considérant que l’adoption d’une série de lois restrictives à l’approche des élections de 2015, notamment la loi sur les médias d’avril 2013, a accentué l’acharnement et les menaces dont font l’objet, depuis 2010, les journalistes et les autres personnes qui dénoncent les assassinats politiques, la corruption et la mauvaise gestion du pays;

H. considérant que le Burundi se place au 142e rang sur 180 dans l’indice annuel 2014 de la liberté de la presse de Reporters sans frontières;

I. considérant que Reine Alapini-Gansou, rapporteure spéciale sur les défenseurs des droits de l’homme en Afrique, a condamné cette arrestation, réclamé la libération immédiate de Bob Rugurika et appelé les autorités burundaises à assumer leurs responsabilités en vertu de la déclaration de principes sur la liberté d’expression en Afrique et des déclarations de Kigali et de Grand Baie;

J. considérant que le droit à la liberté d’expression est garanti par la Constitution du Burundi ainsi que par les traités internationaux et régionaux ratifiés par le pays, qu’il est également inscrit dans la stratégie nationale de bonne gouvernance et de lutte contre la corruption et qu’il est essentiel pour la tenue d’élections libres et équitables en 2015 et pour que les résultats soient acceptés par l’ensemble des participants;

K. considérant qu’un processus électoral libre, équitable, transparent et pacifique permettra au pays, qui se trouve toujours dans une situation d’après-conflit, de sortir de l’impasse politique créée par le processus électoral de 2010;

L. considérant que, depuis la publication de sa résolution du 18 septembre 2014, et notamment de sa référence à l’article 96 de l’accord de Cotonou, les représentants de l’Union européenne insistent sur la nécessité d’ouvrir le processus électoral à toutes les forces politiques du pays, conformément à la feuille de route et au code de conduite;

M. considérant que le gouvernement burundais a confirmé qu’il s’engagerait à mener les négociations avec l’ensemble des forces politiques du pays en conformité avec les deux documents susmentionnés, et a demandé, une nouvelle fois, à l’Union européenne et à ses États membres d’apporter un soutien matériel et financier au processus électoral en cours et d’organiser des missions d’observation au Burundi avant, pendant et après les élections;

N. considérant que l’Union européenne a récemment alloué 432 millions d’euros au Burundi dans le cadre du Fonds européen de développement 2014‑2020, notamment dans le but de favoriser l’amélioration de la gouvernance et de la société civile dans le pays;

O. considérant que le Burundi reste confronté à sa pire crise politique depuis 2005, date à laquelle le pays est sorti de 12 années de guerre civile; qu’une fois encore, cette situation menace non seulement la stabilité intérieure du pays, mais aussi celle de ses voisins dans cette région déjà instable du continent africain;

1. condamne la détention injustifiée de Bob Rugurika et réclame sa libération immédiate et inconditionnelle; demande, en outre, aux autorités de continuer d’enquêter sur le meurtre tragique des trois religieuses italiennes et de traduire les responsables en justice; demande également que ce crime fasse l’objet d’une enquête indépendante;

2. dénonce toutes les violations des droits de l’homme commises au Burundi ainsi que l’adoption de lois restrictives à l’approche des élections présidentielles et législatives qui auront lieu dans le pays en 2015, notamment les lois qui portent préjudice à l’opposition, aux médias et à la société civile, du fait qu’elles entravent les libertés d’expression, d’association et de réunion;

3. invite les autorités burundaises à assurer un équilibre approprié et juste entre la liberté des médias, qui inclut la liberté des journalistes de chercher et de relayer des informations sur les crimes, et la nécessité de garantir l’intégrité des enquêtes judiciaires;

4. demande au gouvernement burundais de permettre un véritable débat politique ouvert à l’approche des élections de 2015 et de respecter la feuille de route et le code de conduite négociés sous l’égide des Nations unies et signés par l’ensemble des dirigeants politiques burundais; attire l’attention sur le texte suivant issu de la Constitution burundaise: « Le Président de la République est élu pour un mandat de cinq ans renouvelable une seule fois. Nul ne peut exercer plus de deux mandats présidentiels »;

5. demande au gouvernement burundais de respecter le calendrier électoral et d’associer les partis de l’opposition à la surveillance des élections, notamment dans la phase d’inscription partielle des nouveaux électeurs, comme convenu entre la commission électorale nationale indépendante (CENI) et les partis politiques au cours de la réunion d’évaluation de l’inscription des électeurs, qui s’est tenue les 29 et 30 janvier 2015;

6. est fortement préoccupé par l’ingérence du gouvernement dans la gestion interne des partis de l’opposition, l’impossibilité pour ces partis de faire campagne et la tendance croissante du pouvoir judiciaire à exclure les dirigeants de l’opposition du processus électoral;

7. demande instamment au gouvernement burundais de prendre des mesures pour contrôler l’aile jeune du parti CNDD-FDD et empêcher ses membres d’intimider et d’attaquer les personnes considérées comme des opposants, et veiller à ce que les responsables de ces abus soient traduits en justice; demande qu’une enquête internationale indépendante soit menée afin de vérifier si le CNDD‑FDD arme et entraîne son aile jeune; exhorte les dirigeants des partis de l’opposition à empêcher les violences perpétrées contre leurs opposants;

8. souligne l’importance de respecter le code de conduite en matière électorale et la feuille de route électorale négociée sous l’égide des Nations unies et signée par les acteurs politiques en 2013, et soutient pleinement les efforts des Nations unies et de la communauté internationale afin d’empêcher une nouvelle montée des actes de violence politique à l’approche des élections de 2015 et de contribuer à restaurer la sécurité et la paix à long terme;

9. invite toutes les parties associées au processus électoral, notamment les organes chargés d’organiser les élections et les services de sécurité, à honorer les engagements pris en vertu de l’accord d’Arusha et rappelle que cet accord a mis un terme à la guerre civile et constitue le fondement de la Constitution burundaise;

10. estime que l’Union européenne devrait jouer un rôle d’observateur de premier plan dans la période pré-électorale, de manière à éviter toute violation des engagements qui pourrait avoir des incidences néfastes non seulement sur le processus de démocratisation, mais aussi sur la paix et la sécurité au Burundi et dans l’ensemble de la région des Grands Lacs;

11. rappelle que le Burundi est lié par la clause sur les droits de l’homme de l’accord de Cotonou, le pacte international relatif aux droits civils et politiques et la charte africaine des droits de l’homme et des peuples, et a par conséquent l’obligation de respecter les droits de l’homme universels, y compris la liberté d’expression; demande au gouvernement burundais de permettre qu’un véritable débat politique ouvert ait lieu en prévision des élections de 2015 sans craintes d’intimidations, en évitant de s’immiscer dans la gestion interne des partis de l’opposition, d’édicter des restrictions de campagne s’appliquant à tous les partis, en particulier dans les régions rurales, et d’abuser du système judiciaire pour exclure les rivaux politiques;

12. invite la Commission, la vice-présidente/haute représentante de l’Union européenne et les États membres à continuer de veiller à l’existence d’une politique européenne claire à l’égard du Burundi, qui repose sur des principes et s’attaque aux violations graves des droits de l’homme observées actuellement, conformément au cadre stratégique de l’Union en matière de droits de l’homme; demande à la Commission d’envisager de lancer des consultations avec le Burundi, conformément à l’article 96 de l’accord de Cotonou, en vue de son retrait éventuel de l’accord, et de prendre des mesures appropriées simultanément à la conduite de ces consultations;

13. invite la vice-présidente/haute représentante de l’Union européenne à mettre à profit le dialogue politique approfondi prévu à l’article 8 de l’accord de partenariat de Cotonou avec le gouvernement burundais afin de trouver des solutions effectives au manque d’ouverture de la sphère politique au Burundi, de définir des critères précis et concrets pour mesurer l’évolution de la situation et d’élaborer une stratégie pour remédier à cette évolution;

14. demande au gouvernement burundais, aux dirigeants de l’opposition et aux militants de la société civile de tout mettre en œuvre pour apporter un soutien démocratique et transparent à la commission pour la paix et la réconciliation afin de régler la question des crimes du passé et de préparer l’avenir;

15. demande à l’Union européenne et à ses États membres de mobiliser les fonds nécessaires pour faire face à la situation humanitaire dans cette région du monde et de collaborer avec les organes des Nations unies, notamment sur la situation de malnutrition chronique;

16. demande à la Commission européenne d’allouer des fonds, pour la période 2014‑2020, en priorité aux ONG et aux organisations internationales qui œuvrent directement auprès des populations et de faire pression sur le gouvernement du Burundi pour qu’il mette en œuvre les réformes nécessaires afin de consolider le pays;

17. charge son Président de transmettre la présente résolution au Conseil, à la Commission, aux États membres, au gouvernement du Burundi, aux gouvernements des pays de la région des Grands Lacs, à l’Union africaine, au Secrétaire général des Nations unies, aux coprésidents de l’assemblée parlementaire paritaire ACP-UE et au Parlement panafricain.

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Communiqué de presse de l’Union Européenne

Les Chefs de missions de l’Union européenne au Burundi et les Représentants du Gouvernement du Burundi ont tenu le 23 janvier 2015 une réunion du dialogue politique en conformité avec l’article 8 de l’Accord de Cotonou.

Après celle tenue les 17 octobre et 9 décembre derniers, cette réunion s’inscrit dans le cadre de l’intensification du dialogue politique entre les deux parties. Elle a permis des échanges approfondis sur la préparation des élections de 2015, la situation sécuritaire et plusieurs affaires judiciaires en cours.

Concernant les élections, les Chefs de missions de l’Union européenne ont insisté sur la nécessité de poursuivre dans la voie de l’ouverture et du dialogue avec l’ensemble des parties prenantes au processus électoral, en particulier telle qu’elle a été initiée lors de la réunion d’évaluation de l’enrôlement du 22 décembre. Ils ont appelé chacune des parties prenantes à faire preuve de leur sens des responsabilités, en particulier dans la perspective de la tenue de l’atelier d’évaluation de l’enrôlement et de la mise en œuvre des mesures correctives qui seront adoptées. Ils ont rappelé l’importance du respect du calendrier constitutionnel pour la tenue des différents scrutins.

Concernant la situation sécuritaire, les Chefs de missions de l’Union européenne ont à nouveau exprimé leur préoccupation à propos des évènements violents qui se sont produits dans les provinces de Cibitoke et de Ruyigi, et sur leur impact sur la stabilité du pays en cette période pré-électorale ; ils ont réitéré leur souhait de voir les enquêtes, non seulement sur les commanditaires mais aussi sur le comportement des forces de sécurité, être menées à leur terme dans la plus grande transparence et le respect des règles de l’Etat de droit.

Concernant les affaires judiciaires, les Chefs de missions de l’Union européenne ont exprimé leur préoccupation devant, d’une part, les atteintes aux droits des personnes prévenues ou condamnées ainsi qu’aux droits de la défense dans plusieurs affaires, en particulier celles des militants du parti MSD, et, d’autre part, l’impact politique de certaines condamnations dont celle de M. Frédéric Bamvuginyumvira. A propos de l’arrestation et incarcération du Directeur de la radio RPA, ils demandent que l’affaire soit traitée dans le strict respect de la légalité, en particulier de la loi sur la presse et des principes constitutionnels de liberté d’expression et d’opinion. Ils appellent les autorités, conformément aux nombreux appels, nationaux et internationaux en ce sens, à remettre en liberté le Directeur de la radio RPA. Ils ont également exprimé leur préoccupation sur l’impact politique de cette affaire à quelques mois des élections.

Le Gouvernement du Burundi a fait part, dans le cadre du dialogue et de la concertation engagés sur l’enrôlement des électeurs, de la réunion tenue le 22 janvier 2015 entre la CENI et les parties prenantes dans l’objectif de dégager une vision commune sur la préparation de l’Atelier d’évaluation de l’enrôlement électoral et sur la participation inclusive à cet Atelier. Il a ainsi été décidé que l’Atelier se tiendra aux dates du 28 et 29 janvier 2015.

Le Gouvernement du Burundi a rassuré que, pour sa part, il est bien disposé à tout mettre en œuvre pour que les conclusions issues de cet Atelier soient traduites en actes concrets. Il a affirmé que les premières élections auront lieu en mai 2015 tel que prévu.

Au sujet des événements de Cibitoke, le Gouvernement du Burundi a indiqué que la situation sécuritaire est complètement assainie dans cette partie du pays. Le chef du groupe qui a mené l’attaque est aujourd’hui connu et les combattants identifiés ainsi que leurs provinces d’origine. Les investigations se poursuivent au niveau judiciaire dans la transparence et les résultats seront dûment communiqués au public. Quoique graves, ces événements ne peuvent causer aucune inquiétude sur le processus électoral. Le Gouvernement du Burundi a demandé aux Chefs de missions de l’Union Européenne d’être proactifs dans cet exercice d’identification des commanditaires de ces événements.

Le Gouvernement du Burundi a rappelé ses engagements internationaux en matière de défense et de protection des droits humains, notamment le droit à une justice équitable, le droit de recours devant les juridictions supérieures, le droit des détenus à un traitement humain, le droit de la défense. Ces droits sont par ailleurs consignés dans la Loi fondamentale de la République du Burundi et tous les citoyens sont tenus de s’y conformer. Les cas de justice ci-haut évoqués par la partie européenne sont de ce fait traités conformément à la loi.

Le Gouvernement du Burundi a demandé aux Chefs de missions de l’Union Européenne d’aider à la professionnalisation de la presse burundaise. Il a exprimé son souhait que le Directeur de la RPA accepte de collaborer avec la police afin que le criminel des trois sœurs religieuses soit appréhendé.

Les deux parties ont enfin convenu de poursuivre leurs échanges sur toutes les questions abordées, dans la perspective de recherche de solutions propres à garantir un environnement serein à l’approche des échéances électorales, et de tenir une nouvelle réunion de dialogue dans un mois.

Ont participé :

Pour le Gouvernement du Burundi :

– S.E. le Ministre des Relations Extérieures et de la Coopération Internationale

– S.E. le Ministre de l’Intérieur

– Monsieur le Président de la CENI

– Monsieur le Conseiller principal à la Présidence chargé de la communication

– Monsieur le Conseiller à la 1ère Vice-présidence

 

Pour l’Union européenne:

– S.E.M. l’Ambassadeur de l’Union européenne

– S.E.M. l’Ambassadeur d’Allemagne

-S.E.M. l’Ambassadeur de Belgique

– S.E.M. l’Ambassadeur de France

– S.E.M. l’Ambassadeur du Royaume Uni, en résidence à Kigali

– Monsieur le Chargé d’Affaires des Pays-Bas

 

 

Le 27 janvier 2015