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Sale temps pour Pierre Nkurunziza.

Le discours de fin d’année du Président de la République burundais, ce 31 décembre 2014, vide et léger a déçu. Les burundais attendaient un discours fort qui donne une lumière claire sur les dossiers chauds de l’actualité burundaise telle que la question de son troisième mandat, la question d’une rébellion qui venait d’attaquer le pays la veille, la problématique du processus électoral en panne…Mais pourquoi diable, Piere Nkurunziza qui prononçait son dernier discours de fin d’année a t-il raté une occasion de laisser une trace dans le registre des grands hommes politiques burundais?

De tout évidence le Président Nkurunziza est en difficultés. Il a une fronde interne qui lui demande de ne pas tenter un troisième mandat. Cette fronde qui redoute sa réaction féroce s’il restait au pouvoir en 2015, ne lui accordera aucun cadeau sur ce point. L’envoyé spécial américain, Monsieur Russ Feingold a réconforté cette position de la fronde en rappelant  l’esprit et la lettre  de l’Accord d’Arusha qui dispose que  » nul ne peut remplir plus de deux mandats présidentiels ». A côté de cette opposition interne l’autre patate chaude de Nkurunziza est son ancien mentor, El hadj Hussein Radjabu; il devait bénéficier d’une libération conditionnelle ce mercredi 31 décembre 2014 mais face à une démonstration de force qui était perceptible autour de cette libération, Nkurunziza s’est rétracté et a annulé la décision. Il redoute que ce vieux prisonnier ne lui fasse de l’ombre.

Face à ces contradictions et cette pression, quoi de plus normal donc qu’il manque un message a adressé au peuple burundais! Tétanisé par une attaque fulgurante et surprise d’une rébellion sans nom,venu de nul part, à la veille de son discours, Nkurunziza ne pouvait que perdre le fil de sa pensée!  Ce qu’on retiendra de ce discours vide, c’est que Nkurunziza dans l’adversité, il perd les pédales. Avec cette épreuve de l’attaque de Cibitoke, le commandant suprême vient de consacrer la division de sa propre armée en deux camps, celui des ex-rebelles et celui des ex- forces régulières; il vient de détruire ce que le Président Ndayizeye avait construit difficilement. Quel dommage, monsieur le Président!

S’il y avait la haute court de justice, le Président Nkurunziza devrait être accusé de haute trahison pour cette division des forces de défenses et de sécurité. Il devrait présenter sa démission  et laisser le soin d’organiser les élections à Pie Ntavyohanyuma, Président de l’Assemblée nationale. La préparation de ces élections  qui est en panne, c’est l’autre cauchemar du président sortant Pierre Nkurunziza. En effet avec une CENI très zélé qui affiche maladroitement sa partialité et un enrôlement des électeurs contesté, voilà une autre épine dans la botte du numéro un burundais.

Tout compte fait  le peuple burundais devrait être indulgent, contenir sa déception et comprendre le discours vide du Président de la République. Celui-ci est sous pression et déboussolé par  tant de défis alors qu’il était habitué à jouer au football et à s’atteler aux travaux communautaires. Chers compatriotes, comprenez que Nkurunziza traverse des moments difficiles en cette fin de règne. Supportez qu’il prononce un discours vide , loin de vos préoccupations!

Pancrace CIMPAYE